XI. — Industrie; produits minéraux
Le minerai de fer oxydé limoneux se rencontre dans les cantons de Breteuil, Conches, Damville, Rugles et dans la forêt d'iivreux. La quantité extraite, qui s'élevait à 5,000 quintaux métriques en 1869, a considérablement diminué.
i : Il s'exploite depuis un temps immémorial, dans les coteaux de Vernonnet, d'immenses carrières de pierres calcaires, qui sont embarquées sur la Seine dans de grands chalands. Une trentaine d'autres communes, notamment Caumont extraient aussi de la pierre à bâtir : on cite les grès de la forêt d'Évreux et de Broglie.
Plusieurs localités limitrophes du Marais-Vernier possèdent de vastes tourbières^ qui sont inexploitées.
Parmi les sources minérales, il faut mentionner celle de Saint- Germain, près de Pont-Audemer ; celles du Bec-Hellouin, de Beaumont-le-Roger, deCarbec (commune de Fatouville-Grestain), de Verneuil, d'IIondouville, du Vieux-Gonches, de Saint-Philbert-sur-Rille (selfureuse) et de Mesnil-sur-l'Estrée; cette dernière est gazeuse.
Bien que l'Eure soit surtout un pays d'agriculture et d'élevage, l'industrie y est considérable : elle occupe près du tiers de la population. Diverses usines travaillent le cuivre et le laiton (63,000 tonnes par an, valant 14 miUions de francs), le zinc (2,600 tonnes, valant 2 millions). En 1878, les usines à fer du déparlement ont produit 5,189 tonnes de fontes. Parmi les usines métallurgiques, il faut citer : les forges de Tillières ; l'usine à cuivre et à zinc de Dangu; les fonderies (400 ouvriers) de Breteuil, d'Évreux et de Pont-Audemer; la fonderie et les laminoirs à cuivre de Romilly-sur-Andelle (235 ouvriers) ; les tréfileries et laminoirs d'Ambenay, des clouteries mécaniques et des ateliers de construction de machines à Verneuil, etc. Le bourg de Rugles possède des fonderies de cuivre, des laminoirs, des tréfileries de laiton, des fabriques de clous, de pointes et d'épmgles très importantes.
La fabrication du sucre a pris depuis quelques années un certain
développement : 4 sucreries (1,126 ouvriers) ont fabriqué, en 1875, 02,300 quintaux métriques de sucre et 45,000 de mélasse.
Mais les établissements industriels les plus importants du département sont ses filatures de coton, de laine, et ses manufactures de draps. Vindustrie coionnière comprend, dans l'arrondissement de Bernay : la filature, la fabrication des toiles et des rubans. La filature du coton y est représentée par 28 établissements, mis en activité par 850 chevaux de force hydraulique et 160 chevaux-vapeur. Ces établissements renferment. 170,000 broches, occupant 2,500 ouvriers. La fabrication des rubans de fil et de coton a pris, dans ces dernières années, notamment à Thibervilie, un développement considérable. Elle occupe 5,000 métiers et près de 10,000 ouvriers. Elle livre à la consommation française et étrangère pour 5,500,000 fr. de tissus ayant de 3 à 60 millimètres de largeur, représentant une longueur totale d'environ 3:- ) millions de mètres. Bernay possède aussi une filature de laine et une filature de lin, Corneville et Montfort, des filatures de coton, ne tissage de coton de Saint-Philbert-sur- Rille ocuupe près de 600 oLvriers.
La manipulation du Un (environs de Bernay) et du clianvre occupe dans le département envi on 1,200 ouvriers.
La filature (le la laine est répandue dans le canton de Montfort, h Pont-Saint-Pierre, à Brionne, à l*ont-Authou, Hondouville, N.-D.-du- Vaudreuil et surtout à Louviers. Avant la Révolution, il se fabriquait annuellement h Louviers 3,000 à 4,000 pièces de draps; en 1837, la fabrication s'élevait à 15,000; elle s'est encore accrue depuis cette époque. Ses produits sont recherchés en France et à l'étranger. La ville de Louviers fabrique des draps à bas prix ; elle s'est approprié la fabrication des étoffes dites nouveautés pour pantalons et celle des flanelles écossaises. L'ari'ondissement renferme un grand nombre d'usines hydrauliques et à vapeur (2000 chevaux), employées pour la plupart à la filature et au tissage de la laine. Louviers compte 19 filatures de laine, 5 moulins à foulon, d'importantes fabriques de draps, de cardes, de fils, une papeterie, des tanneries, 2 blanchisseries de toiles, des corroiries, mégisseries et teintureries. La construction des machines et mécaniques à carder, filer et fabriquer les draps occupe une large place dans l'industrie de celte ville.
Le muulinage et le retordage de la soie emploient aux Andelys 515 ouvriers dans deux ateliers. Bernay et Charleval ont des fabriques de casquettes (250 ouvriers) ; Saint-Pierre-du-Vauvray et Pont-de- VArche, des fabriques de chaussons (362 ouvriers).
En 1878, il existait 56 tanneries ou mégisseries (540 ouvriers) a Gisors, aux Andclvs et suiluut à Poiit-Audemer, où celte industiic