PHYSIONOMIE GÉNÉRALE
sud au nord, suivant le cours des rivières principales, c'est naturellement vers le sud, c'est-à-dire dans la portion du département par laquelle entrent les cours d'eau venus des départements plus élevés, que se dressent les collines les plus hautes de la Vienne.
La colline la plus élevée du département de la Vienne, celle de Prun, atteint 233 mètres au-dessus des mers, au nord-est de la petite ville de Tlsle-Jourdain, non loin des frontières de la Haute-Vienne, entre des vallons dont les ruisseaux — la Grande- Blourde et la Petite-Blourde — portent les eaux à la Vienne. Cette altitude de 233 mètres est environ le double de celle des collines de Poitiers, mais ce n'est encore que le vingtième ou le vingt-et-unième du Mont-Blanc (4,810 mètres), la plus haute des montagnes de la France et même de l'Europe entière, jusqu'au Caucase.
D'autre pari, les points les plus bas du département, l'endroit où la Vienne reçoit la Creuse et passe en Indre-et-Loire, et celui où la Dive du Nord entre définitivement dans Maineet-Loire, se trouvent à environ 35 mètres d'altitude. De 35 mètres, point le plus bas, à 233 mètres, sommet le plus haut, il y a 198 mètres : ainsi la pente totale du département de la Vienne est d'à peu près 200 mètres.
Le département de la Vienne renferme diverses natures de terrain, et par conséquent diverses zones de végétation : des granits vers les frontières de la Haute-Vienne ; des liais, d'Availles !i la Trimouille ; des terres rouges très-propres au châtaignier, entre Civrai et le cours de la Vonne ; des terrains jurassiques, dans tout le centre, autour de Poitiers; des collines où de pures et abondantes fontaines donnent naissance à la Dive du Nord, jusqu'aux frontières de l'Indre ; des grès verts, dans le fertile canton de Lencloître; des craies, autour de Loudun et au nord de Châtellerault, etc. Mais en dépit de ces variétés de sol et des diversités de culture qui en résultent, il n'y a pas de régions naturelles bien tranchées dans le département de la Vienne, comme par exemple dans quelques départements voisins : la Charente, où le pays de Confolcns est absolument dif-
férent des Terres-Chaudes, — les Deux-Sèvres, qui ont leur Bocage, leur Plaine et leur Marais, — l'Indre, où l'on trouve le Bois-Chaud, la Brenne et la Champagne, toutes régions fort dissemblables de nature, de climat, d'aspect.
Le département de la Vienne se partage très-inégalement entre les bassins de la Loire, de la Charente et de la Sèvre Niortaise. Le bassin de la Loire embrasse tout le département sauf une petite partie du canton de Lusignan (bassin de la Sèvre) et les deux cantons presque entiers de Givrai et de Charroux (bassin de la Charente).
Le bassin de la Loire a dans le département de la Vienne une surlace d'environ 662,000 hectares, près des 19 vingtièmes du territoire. Il se divise en deux sous-bassins, celui de la Vienne et celui de la Dive du Nord, la première affluent considérable, la seconde sous-affluent de la Loire.
La Loire ne touche point le département de la Vienne, elle en passe au nord à une distance variable, qui est au minimum de 6 kilomètres en ligne droite sur la route de Loudun à Saumur par Fontevrault. Ce fleuve est le plus long cours d'eau de la France (1,000 kilomètres), si l'on considère le Rhin comme un fleuve purement allemand. Il y a en Europe douze ou treize fleuves plus longs, mais dix seulement ont un bassin plus étendu.
Le bassin de la Loire comprend en tout onze à douze millions d'hectares, ce qui est plus du cinquième et un peu moins du quart de la France ; mais, dans cette vaste surface, le fleuve ne recueille pas en moyenne une masse d'eau proportionnelle à l'étendue du pays dont il est l'artère, et, si ses crues sont terribles, son débit minimum est très-faible.
La Loire prend sa source dans le département de l'Ardèche, sur le flanc d'un volcan «teint, le Gerbier de Joncs, haut de 1562 mètres, et par conséquent six à sept fois plus élevé que la colline de Prun. Sans compter l'Ardèche, il arrose onze dépar-
tements qui sont, en descendant son cours : la Haute-Loire, où il coule à environ quatre kilomètres du Puy-en-Velay; la Loire, où il touche Roanne; le département de Saône-et-Loire; celui de l'Allier; la Nièvre, où il passe devant Nevers; le Cher, où il baigne le pied de la haute colline de Sancerre; le Loiret, où il cesse de courir du su dau nord, pour tourner à l'ouest jusqu'à la mer, et où il arrose Orléans; le Loir-et-Cher, où il coule au pied de la ville en amphithéâtre de Blois; l'Indre-et-Loire, où il rencontre Tours ; le Maine-et-Loire, où il baigne Saumur ; la Loire- Inférieure, où il traverse Nantes, Tune de nos villes les plus peuplées et les plus commerçantes. C'est dans ce dernier département qu'il devient un estuaire, c'est-à-dire un golfe allongé de 2,500 à 4,000 mètres de large, et qu'il tombe dans l'océan Atlantique devant le port très-actif de Saint-Nazaire. On remarquera que sur les douze départements touchés par la Loire, six tirent entièrement ou en partie leur nom du fleuve : la Haute-Loire, la Loire, Saône-et-Loire, Indre-et-Loire, Maine-et-Loire et Loire- Inférieure.
On évalue le débit de la Loire à 60 mètres cubes d'eau ou à 60,000 litres par seconde à Yétiage, c'est-à-dire quand il n'a pas plu depuis longtemps et que les eaux sont fort basses; à 100 mètres dans les sécheresses ordinaires, à dix mille ou même douze mille dans les grandes crues.
Ses trois grands affluents sont l'Allier, la Vienne et la Maine, tous trois cours d'eau considérables, dont le second est la grande rivière du département.
La Vienne a, daus le département, un cours de H 6 kilomètres, sur une longueur totale d'environ 375. Quand elle pénètre sur le territoire du département, elle en a parcouru un peu plus de 200; quand elle le quitte, il ne lui en reste plus qu'environ 50 à parcourir.
Cette large et abondante rivière prend sa source dans le département de la Corrèze, sur le plateau de Millevache, qui fait partie des monts du Limousin, au pied d'un mamelon qu'on nomme Mont-Audouze et qui a 954 mètres d'altitude, c'est-àdire plus de quatre fois l'élévation delà colline de Prun au-des
sus du niveau de la mer. Elle coule d'abord vers l'ouest, comme si elle devait gagner la vallée de la Charente, et par conséquent se jeter directement dans l'océan Atlantique vis-à-vis de l'île d'Oléron; mais, à 25 kilomètres environ avant d'entrer dans le département de la Vienne, elle tourne brusquement au nord.
Lorsque la Vienne atteint le territoire du départernent auquel elle a donné son nom, elle a coulé pendant quelques heures dans la Corrèze, traversé la Haute-Vienne dans toute sa largeur, baigné la ville de Limoges, et, dans le département de la Charente, celle de Confolens.
Arrivée dans le département, au-dessus d'Availles-Limousine, par 124 mètres d'altitude, elle en ressort au Bec-des-Eaux (confluent de la Creuse) par 55 mètres : ce qui lui donne une penle de 89 mètres. Constamment dirigée vers le nord, elle arrose Availles-Limousine, l'Isle-Jourdain, passe près de Lussac-les- Châteaux, àCivaux, à Chauvigny, à Bonnes, à Vouneuil, à Cenon, à Châtellerault, à Ingrande, à Dangé, aux Ormes. Sa largeur varie entre 100 et 150 mètres. Elle est classée comme navigable à partir du barrage de la manufacture d'armes de Châtellerault; mais, en réalité, elle porte peu de bateaux, faute d'une grande profondeur et d'un lit régulier : en été son tirant d'eau se réduit, sur plusieurs seuils, à trente centimètres seulement, de Châtellerault au confluent de la Creuse.
Eu aval du département, la Vienne appartient à l'Indreet-Loire; elle passe à Chinon, et se perd dans la Loire, rive gauche, à Candes, à douze ou quinze kilomètres en amont de Saumur.
Elle reçoit les Blourdes, la Dive centrale, le Clain, l'Auzon ou Ozon, l'Envigne, la Creuse. Celle-ci et le Clain ont seuls quelque importance ; les autres ne sont que des ruisseaux. — La Grande-Blourde, venue du département de la Charente, est un affluent de droite : elle passe à l'est de l'Isle-Jourdain et se perd dans la Vienne à 5 kilomètres en amont du pont de Lussac. — La Petite-Blourde, autre affluent de droite, a son embouchure à peu de distance en aval de celle de la Grande- Blourde. — La Dive centrale, tributaire de gauche, débouche
entre Lussac et Chauvigny. — UAuzon, tributaire de droite, s'achève au-dessus du pont par lequel le chemin de fer de Paris à Bordeaux franchit la Vienne non loin de Châtellerault. — L'Enviyne ou ÏAnvigne arrose le fertile vallon de Lencloitre et se termine au-dessus du barrage de la fabrique d'armes de Châtellerault, rive gauche.
Pont de Châtellerault.
Le Clain draine à lui seul 240,000 hectares, soit un peu plus du tiers du département. Cette charmante rivière a un cours de 120 à 125 kilomètres, grâce à ses innombrables siv nuosités, car on ne compte guère que 80 kilomètres à vol d'oiseau entre sa source et son embouchure. Il naît à quelques kilomètres de Confolens, chef-lieu d'arrondissement du département de la Charente. Encore petit ruisseau quand il arrive sur le territoire de la Vienne, le Clain coule d'abord vers le nord-ouest, par Payroux, Sommière?, l'abbaye de Moraux, jusque dans le bassin de Voulon. où la Dive du Sud, presque aussi
abondante que lui, le repousse vers le nord, direction qu'il garde jusqu'à son confluent avec la Vienne. Devenu véritablement rivière dans le bassin de Vivonne, où débouchent successivement la Vonne et la Clouère, il baigne Ligugé, Saint- Benoît, coule au pied des beaux rochers de Passe-Lourdain, contourne la colline de Poitiers, passe à Ghasseneuil, à Clan, aux Barres, à Cenon où il s'unit à la Vienne, rive gauche, à & kilomètres en amont de Châtellerault. Quoique non navigable, le Glain porte en toute saison à la grande rivière poitevine une masse d'eau considérable, grâce à l'abondance des sources de son bassin, à sa profonde et tortueuse vallée et aux vallées également encaissées et sinueuses de ses affluents, généralement creusées au sein de plateaux extrêmement perméables dans lesquelles les eaux de pluie vont alimenter des réservoirs souterrains d'où elles rejaillissent par d'admirables fontaines. Le Glain, d'ailleurs, pourrait être aisément rendu navigable, car il est presque partout très-tranquille et trèsprofond; en revanche, il est étroit et gêné par de nombreuses retenues d'usines. Il reçoit la Dive du Sud, la Vône, la Clouère, le Miosson, la Boivre, l'Auxance et le Pallu.
La Dive du Sud. — On appelle cette rivière ainsi pour la distinguer d'une autre Dive plus considérable qui coule dans le nord du département : en y ajoutant la Dive centrale, on a trois rivières du même nom sur le territoire de la Vienne. La Dive du Sud vient du département des Deux- Sèvres, où elle se perd, puis renaît par de belles sources. Elle arrose le vallon de Couhé-Vérac ; arrivée dans le bassin de Voulon, elle reçoit la Boideure, et tombe presque aussitôt dans le Clain, rive gauche. — La Vonne vient également des Deux- Sèvres, où elle naît au pied du plus haut massif de collines de tout le département (272 mètres). Sinueuse comme le Clain (et on peut dire comme tous les affluents du Clain), augmentée comme lui par d'importantes fontaines, elle serpente dans la profonde vallée de Lusignan, que franchit un beau viaduc du chemin de fer de Poitiers à Niort, et va tomber dans le Clain à Vivonne, rive gauche. — La Clouère, affluent de droite, prend
sa source à quelques kilomètres au sud-ouest d'Availles. à la lisière du département de la Charente et de celui de la Vienne, et coule vers le nord-ouest, parallèlement au Gain. C'est elle qui baigne Gençay et le pied du plateau de Thorus, où se trouvent une grande quantité de monuments mégalithiques (près de Château-Larcher) : elle a son embouchure à une petite distance en aval de Vi vomie. — Le Miosson, tributaire de droite qui s'achève à Saint-Benoît, est un ruisseau insignifiant qui s'est creusé un vallon encaissé au milieu du plateau où le roi Jean fut vaincu par le Prince Noir. — La Boivre, affluent de gauche, commence sur la frontière du département des Deux-Sèvres; elle serpente dans un vallon profond et pittoresque, reçoit la fontaine considérable de Fleury et s'abîme dans le Clain à Poitiers même. — VAuzance ou Auxance naît dans le même massif de collines du département des Deux-Sèvres que la Vomie. Arrivée sur le territoire départemental, elle y reçoit la Vandelogne, près de Chiré, y baigne Vouillé, et devenue trèssinueuse, va tomber dans le Clain, rive gauche, au-dessus de Chasseneuil. — Le Fallu, tributaire de gauche, se termine entre les stations de Dissais et de la Tricherie. — De tous ces affluents de la jolie rivière de Poitiers, le plus long est la Clouère, qui a de 60 à 65 kilomètres; puis vient la Vomie, qui en a 55; puis l'Auzance (59), que suivent la Boivre (40), la Dive du Sud et le Pall.u (55), le Miosson (26).
La Creuse, rivière de 255 kilomètres de longueur, n'appartient au département de la Vienne que pendant 40 kilomètres, et par sa rive gauche seulement, la rive droite relevant du département d'Indre-et-Loire. Elle prend sa source, ainsi que la Vienne, sur le plateau de Millevache. Avant d'atteindre l'arrondissement de Chatellerault, le seul qu'elle baigne sur le territoire de la Vienne, elle a parcouru, dans un cours généralement dirigé vers le nord-ouest, les départements de la Creuse, de l'Indre et d'Indre-et-Loire (en partie), baigné Aubusson, la ville des tapis, passé au bas du massif des collines de Guéret, traversé Argenton et le Blanc. Sa largeur moyenne, dans la dernière partie de son cours, approche de 100 mètres;
mais la profondeur de ses eaux presque toujours claires, est insuffisante pour permettre aux embarcations un peu fortes d'y naviguer commodément ; la Creuse, d'ailleurs, n'est censée navigable que pendant ses huit derniers kilomètres.
C'est un peu avant le confluent de la Gartempe que la Creuse commence à toucher le département : elle y baigne la Roche- Posay, Lésigny, Maire, Leugny, Saint-Remy, Buxeuil, Port-de- Piles, où la franchit le chemin de fer de Paris à Bordeaux, et se joint à la Vienne, rive droite, à deux où trois kilomètres en aval de Port-de-Piles, à l'endroit nommé le Bec-des-Eaux. Elle n'a dans le département qu'un tributaire notable, mais ce tribulaire est une rivière importante roulant à peu près autant d'eau que la Creuse, lorsqu'il la rencontre (rive gauche) à mille ou douze cents mètres au-dessus de la Roche-Posay. Cet affluent se nomme la Gartempe.
Sur un cours de 170 kilomètres, la Gartempe, rivière qui arrive à une largeur moyenne de 50 mètres, en a 70 dans la Vienne. Sensiblement parallèle à la Vienne, c'est-à-dire coulant d'abord de l'est à l'ouest, puis du sud au nord, elle commence au milieu de petites montagnes de 600 à 700 mètres d'élévation, au sud de Guéret, dans le département de la Creuse. De ce département, elle passe dans celui de la Haute- Vienne, puis dans celui de la Vienne, où elle baigne Montmorillon, Saint-Savin et Vicq. Elle n'est ni flottable, ni navigable. La Gartempe ne reçoit dans le département qu'un seul affluent ayant droit au nom de rivière, le charmant Anglin, et encore cet affluent a-t-il presque tout son cours dans la Creuse et dans l'Indre. — L' Anglin est un cours d'eau de 80 à 85 kilomètres de longueur, dont cinq ou six dans le département, où il ne baigne qu'une seule bourgade, Angles, et où coulent deux de ses principaux affluents, qui l'un et l'autre ont leurs sources dans la Haute-Vienne, une grande partie de leur trajet dans la Vienne, leur embouchure dans l'Indre : la Benaize (que grossit l'Asse) passe à la Trimouille ; le Salleron, parallèle à la Benaize et à la Gartempe entre lesquelles est resserré son bassin, n'arrose aucun chef-lieu de canton.
La Dive du Nord est, avons-nous dit, la seconde rivière par laquelle les eaux du département de la Vienne s'écoulent dans la Loire. Ces eaux, elle ne les porte pas elle-même au fleuve, ne s'y rendant pas directement, car elle est un affluent du Thouet, cours d'eau de 130 kilomètres de développement qui naît dan-s le Bocage des Deux-Sèvres et s'achève dans la Loire au-dessous de Saumur.
La Dive du Nord n'a pas plus de 75 kilomètres de longueur; elle n'en est pas moins une rivière abondante, grâce à un certain nombre de sources de premier ordre qui, telles que celles de la Grimaudière, jaillissent avec force même en plein été. Née près du village de Montgauguier, au nord-ouest de Vouillé, au sud-ouest de Mirebeau, elle coule presque constamment dans la direction du nord, passe à Moncontour et s'engage dans une vallée marécageuse, où on l'a canalisée à partir de Pas-de-Jeu, village situé sur la route de Loudun à Thouars. De Pas-de-Jeu à son embouchure dans le Thouet, c'est-à-dire pendant 40 kilomètres, elle porte des bateaux de 30 à 50 tonnes, avec un tirant d'eau de 1 mètre 60 centimètres. Après avoir longtemps séparé la Vienne des Deux-Sèvres, puis de Maine-et-Loire, elle quitte définitivement le département pour gagner le Thouet, rive droite, à huit ou dix kilomètres au-dessus de Saumur. Outre ses magnifiques fontaines, qui lui donnent beaucoup d'eau mais ne forment que des ruisseaux presque aussitôt engloutis par la rivière, la Dive du Nord reçoit : le Prepson, venu des collines de Mirebeau par la vallée de Sauves, et la Grève, qui prend sa source sur le territoire de la commune de Sauves; la Briande, qui commence par une source remarquable au pied du massif de Monts-sur-Guesnes, et la Petite-Maine, qui reçoit les eaux de Loudun.
Le bassin de la Charente a dans le département de la Vienne une surface de 26,000 hectares, soit les 37 millièmes seulement du territoire. Il n'y comprend même pas le quart de l'arrondissement de Civrai, pas même] les cantons entiers de Civrai et de Char roux.
La Charente est une rivière extraordinairement sinueuse : à
peine s'il y a 150 kilomètres en ligne droite entre sa source et son embouchure; mais son cours développé dépasse 350 kilomètres, dont 40 environ appartiennent au département, où elle entre par 155 mètres d'altitude, et dont elle sort par 95, après y avoir passé près de Charroux et sous les ponts de Civrai.
Ce fleuve prend naissance dans le département de la Haute- Vienne, au sud-ouest de Rochechouart. Il passe presque aussitôt dans le département qui lui doit son nom, puis de ce département dans la Vienne. De la Vienne, il rentre dans la Charente, où il coule au pied d'Angoulême et devant Cognac, puis quitte la Charente pour la Charente-Inférieure, où il traverse Saintes, Rochefort, grand port de guerre et chantier de constructions navales. Il se perd dans l'océan Atlantique près de l'île d'Aix, en face de l'île d'Oléron.
Ses deux affluents viennois, le Transon, rive droite, et le Cibiou, rive gauche, ne sont que des ruisseaux.
Le bassin de la Sèvre Niortaise ne comprend pas plus de 9,000 hectares répartis sur deux ou trois communes du canton de Lusignan. La rivière limpide qui baigne Niort traverse d'immenses marais et va tomber dans l'Atlantique près de Marans, au nord de la Rochelle. La Sèvre ne touche point le département et n'en reçoit pas le moindre ruisseau ; mais ce sont les infiltrations des plateaux de Rouillé et de Saint-Sauvant qui vont former, sur le territoire des Deux-Sèvres, les belles sources du Pamproux, Tune des deux branches mères de la Sèvre Niortaise.
Les étangs couvrent une superficie de 907 hectares. Ils sont très nombreux, mais petits, dans les arrondissements de Civrai et de Montmorillon.