‹ Géographie du département du DoubsChapitre 6 sur 19 · COURS D'EAU; LACS · texte numérisé non relu

COURS D'EAU; LACS

à Bart (rive droite), le Rupt ou Ramier (17 kilomètres), descendu des collines du Yernois.

Le ruisseau de Lougres, qui tombe dans le Doubs (rive droite) en l'ace de Colombier-Fontaine, a une source d'une grande abondance, par laquelle reparaissent au jour les eaux d'un ruisseau de la Haute-Saône qui se perd dans un entonnoir à Villcrs-sur-Saulnot.

Le ruisseau des Trois-Rois ou de X Abbaye, né près des ruines de l'abbaye de Lieu-Croissant, a son embouchure à Appenans.

Le Cuisancin, ou Cusancin (14 kilomètres), rivière qui naît à Cusance-le-Cbâtel, d'une source superbe, dans un vallon profond parcouru par le petit torrent des Alloz,-se mêle au Doubs au pied de la colline de Baume-les-Dames. — Le Cuisancin reçoit : à Guillon, la Réverotte; au-dessous de Pont-les-Moulins, YAudeux (24 kilomètres), nommé Creuse dans son cours supérieur et qui forme, entre Orsans et Aïssey, non loin de l'abbaye de Trappistes dé la Grâce-Dieu, une cascade haute de 28 mètres.

Le Mercurot (embouchure à Beure, rive gauche) fait une chute de 10 mètres dans la vallée du Bout-du-Monde.

La Loue, rivière très-remarquable, la seconde du département par la beauté de sa vallée, la troisième par sa masse d'eau et la longueur de son cours (140 kilomètres), a sa source au fond d'un cirque immense de rochers de plus de 100 mètres de rayon, dans la commune d'Ouhans, à 544 mètres d'altitude. Elle jaillit en écumant d'une ouverture large de 60 mètres sur 52 mètres de hauteur, creusée à 10 mètres de la base d'un rocher dont le faîte atteint 106 mètres. A la sortie de ce gouffre, la Loue met eu mouvement les roues d'une importante usine qui mêle ses bruits divers à celui des eaux bondissant sur les quartiers de roche qu'elles paraissent avoir entraînés du sein de la montagne. On pense que la source de la Loue n'est que le débouché des eaux absorbées par les entonnoirs des plateaux supérieurs. Cette rivière est sujette à des crues subites pendant lesquelles elle désole ses rives, ou les fertilise au contraire par le dépôt de riches alluvions.

La rivière, coulant avec rapidité, descend les combes de Nouaille (tel est le nom de la partie de la vallée comprise entre la source et Mouthier), entre deux immenses parois de roc, presque à pic et entrecoupées de quelques bouquets d'arbustes mêlés de lianes et. de plantes sauvages. La Loue passe à Mouthier, Lods, Vuillafans, Montgesoye, Ornans, Chenecey et Quingey; puis, au point où ses gorges s'élargissant font place à une plaine fertile appelée Val d'Amour, elle entre dans le département du Jura, où elle se jette dans le Doubs par plusieurs bras, à Parcey. Son cours total est de 140 kilomètres, dont 89 environ dans le département du Doubs.

Comme le Doubs, la Loue est surtout grossie par des sources abondantes : les fontaines de Lods; la source de Cléron (près de Scey-en-Varais), qui forme un ruisseau considérable ; celles de la Froidière et de Buillon, etc. Ses principaux affluents sont : la Craie; au-dessus d'Ornans (rive droite), le ruisseau de Saules (cascade de 35 mètres) ; la Brème; à Cléron (rive gauche), le ruisseau de Valbois (cascade) ; le Lison.

La Craie, qui forme la cascade de Syralu (180 mètres en deux étages), doit soni nom aux propriétés incrustantes de ses eaux. Elle tombe dans la Loue (rive droite) à Mouthier.

La Brème (14 kilomètres), que grossit le ruisseau de Plaisir-Fontaine, débouche dans la Loue (rive droite) en aval d'Ornans. Elle passe à côté du Puits de la Brème : de ce gouffre, qui absorbe parfois une partie de la petite rivière, s'élancent, après les grandes pluies, des masses d'eaux troubles qui inondent le vallon ; ces eaux paraissent être les mêmes que celles qui s'engouffrent à 16 kilomètres au nord-est, près du moulin de Leubot et de Verrières-du-Grosbois, ou bien celles qui se perdent plus près de là, au nord, dans les marais de Saône.

Le Lison (25 kilomètres), né à 1,500 mètres au-dessus de Nans-sous-Sainte-Anne, dans le vallon profond de Fond-Lison, est remarquable par l'abondance et la beauté de ses sources, par l'encaissement de sa vallée. La fontaine du Lison doit le grand volume de ses eaux aux ruisseaux qui se perdent d-ns les marais de Villeneuve, à ceux du Crouzet et de Migette, qui

tombent dans le gouffre du Creux-Billard, et sans doute à d'autres encore. Le Lison baigne la base de la chaîne de rochers d'Alaise et tombe dans la Loue (rive gauche) au pied des rochers de Cbàtillon. — 11 reçoit le ruisseau d'Éternoz (cascade de 40 mètres) et, à Myon, le torrent qui a formé la belle cascade du Gour-de-Conche.

Bassin du Rhin. — L'Orbe, qui naît dans le département du Jura et se perd en Suisse dans l'Aar, un des principaux aflluents du Rhin, ne touche pas le département du Doubs; mais elle en reçoit un affluent, la Jougne ou Jougnena, qui passe au-dessous du bourg de Jougne et qui a sa source ainsi que son embouchure dans le canton de Vaud (Suisse).

Il n'y a dans le Doubs qu'un seul canal navigable, mais fort important dans le système de nos communications : c'est le canal du Rhône au Rhin, qui, projeté dès 1744, n'a été ouvert que 90 ans plus tard. Sa longueur est de 322 kilomètres, dont 192 seulement sont en France depuis la perte de l'Alsace, et 155 dans le département du Doubs. Ce canal ne va pas directement du Rhône au Rhin, mais de la Saône à l'Jll, affluent du Rhin. Il commence dans la Saône à Saint-Symphorien, près de Saint-Jean-de-Losne (Côte-d'Or). Dans le département du Doubs, il suit la vallée du Doubs, par Besançon, Baume-les-Dames, Clerval et l'Isle. Arrivé à Vougeaucourt, il remonte la vallée de FAllan par Montbéliard, franchit l'arête entre les bassins du Rhône et du Rhin, à Valdieu, par un bief de partage de près de 5 kilomètres, et tombe dans l'ULà Strasbourg.

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