‹ Géographie du département du GardChapitre 3 sur 24 · PHYSIONOMIE GÉNÉRALE · texte numérisé non relu

PHYSIONOMIE GÉNÉRALE

de FAveyron, elles fuirent dans le Gard par l'arrondissement du Vigan. Là elles l'ont partie de la grande ligne de faîte européenne entre l'Océan et la Méditerranée, puisqu'elles séparent les eaux qui vont à l'Océan par la Dourbie et le Tarn de celles qui descendent bien plus vite à la Méditerranée par l'Hérault. Dès son entrée dans le Gard, la chaîne des Cévennes atteint 1565 mètres d'altitude, au Puy-de-Guiral ou Saint-Guirai, qui se dresse au nord d'Àlzon, sur la limite de l'Aveyron; et, à peu de distance, 1 108, puis 1428. Elle remplit de ses montagnes granitiques les cantons du Vigan, de Valleraugue , de Trêves, de Saint-André-de-Valborgne et de Lasalle. Entre la source de l'Arreet celle de la Dourbie , les Cévennes portent le nom de Monta de Lenglas (1440 mètres); entre les sources de la Dourbie et l'Hérault naissant, elles s'appellent Monts de VEspéron ou Lespéron (Puy d"Auias\ 142*2 mètres) ; entre la Dourbie et le Trévezel, Monts de Sovquet (1401 mètres); au nord des sources de l'Hérault, sur le faîte entre cet affinent de la Méditerranée et le Tarnon, sous-tributaire de l'Océan, Y Aicjoual atteint 1567 mètres d'altitude à la montagne de YHort- Dieu, point culminant du département et dont la cime appartient à la fois au Gard et à la Lozère. L'Aigou?l est boisé : une de ses ramifications se nomme Forêt de l'Aigoual. Entre la Sumène, tributaire de l'Hérault, et la Salindrinque, affluent du Gard, entre Valleraugue et Lasalle, le Liron a 1000 à 1080 mètres. Toute cette partie des Cévennes, que la guerre des Camisards a remplie de souvenirs légendaires, est justement célèbre pour ses prairies, ses eaux limpides, ses bassins arrondis, ses gorges, ses cascatelles, ses bois de châtaigniers et de hêtres et ses monts granitiques ou schisteux, presque partout plantés d'arbres fruitiers et de vignes jusqu'à leur sommet. C'est surtout près du Vigan que se trouvent les sites les pins gracieux ou les plus grandioses.

Le pays du Vigan plaît d'autant plus pour ses monts boisés, ses torrents, sa verdure, que son noyau granitique est bordé, au nord, à l'ouest et au sud, par des massifs et des plateaux calcaires, pleins de beaux sites, mais nus, stériles, brûlés. Au

nord , ce sont : le vaste causse Méjean (Lozère), élevé de 900 à 1200 mètres (causse veut dire en patois plateau calcaire), les calcaires jurassiques du canton de Trêves et les immenses cavernes où s'engouffre le torrent de Bramabiau ; à l'ouest, c'est le plateau aveyronnais du Larzac , froid et dépouillé ; au sud, les plateaux et les monts de craie et de calcaire des cantons d'Alzon , du Vigan et de Sumène , la Tour (VArre (955 mètres), les Rochers de la Tude (896 mètres) et le Pic d'Anjeau (865 mètres), belle montagne pointue au pied de laquelle coule la Vis.

Au nord des sources de l'Hérault, au nord-est des montagnes blanches et dénudées du canton. de Sumène et de la chaîne du Liron, les montagnes de l'arrondissement d'Alais font également partie des Cévennes. Les divers chaînons qui s'y développent entre les Gardons, — Gardon de Saint-Jean, Gardon de Mialet, Gardon d'Alais, — leurs tributaires et la Cèze, viennent du département de la Lozère, où ils se détachent du massif considérable et élevé (1702 mètres) qui, précisément sous le nom de Lozère, élève ses croupes nues et ruinées audessus des sources de trois rivières importantes, l'Allier, le Lot, le Tarn. Granitiques comme au nord du Vigan, les monts d'Anduze, de Saint-Jean, d'Alais, de Génolhac, ne dépassent 1000 mètres que vers Saint-André-de-Valborgne et Génolhac, sur les frontières lozériennes, c'est-à-dire près du massif de l'Aigoual et du renflement de la Lozère : au-dessus deConcoules, le Puy de Costelades atteint 1508 mètres. En général, loin de leur point d'émergence, ces contre-forts se maintiennent entre 500 et 600, plus rarement entre 600 et 700 mètres d'altitude.

La dernière montagne un peu élevée des Cévennes se dresse entre Alais et Lussan, sur les limites de l'arrondissement d'Alais et de l'arrondissement d'Uzès : c'est le Guidon-du- Bouquet. Cette montagne n'a que 651 mètres ; mais son isolement, sa hauteur relative, sa situation en avant du massif, lui donnent un aspect grandiose, surtout quand on la contemple du haut des collines qui séparent la plaine de Nîmes de la

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