X. — Agriculture, productions
Sur les 628,031 hectares du de'partement du Gers, on comple :
Terres labourables 505,565 hectares.
Vignes 142,160
Bois et forêts 44,955
Prairies naturelles et vergers . . . 55,880
Pâturages et pacages 3,570
Terres incultes 23,870
Le département, en 1876, renfermait 20,000 chevaux, 1,500 mulets, 2,750 ânes, 40,000 bœufs et taureaux, 86,000 vaches et génisses, 17,000 veaux, 146,000 moutons des races du pays, 6,000 moutons de races perfectionnées, 2,600 boucs et chèvres, 56,000 porcs; ces derniers animaux avaient produit dans l'année 381,250 kilog. de laine valant 514,687 fr. , et 75,000 kilog. de suif valant 63,750 fr. Un grand nombre d'oies grasses, de dindons et autres volailles peuplent les basses-cours ; l'agriculture est représentée par 15,000 ruches en activité, qui produisent annuellement 46,500 kilog. de miel et 31,000 kilog. de cire.
Le Gers est un pays essentiellement agricole ; sa seule mais inépuisable richesse est dans ses produits végétaux. Sur les 305,565 hec-
tares de terres labourables qui forment presque la moitié de sa superficie, 190,000 environ sont cultivés en céréales dont la production s'est ainsi partagée en 1876 : froment, 1,357,151 hectol.; méteil, 2,450 hectol.; seigle, 11,458 hectol.; orge, 8,052 hectol.; maïs et millet, 259,889 hectol.; avoine, 418,105 hectol. La même année, 5,700 hectares ont produit 227,920 hectol. de pommes déterre; 8,525 hectares, 65,057 hectol. de légumes secs; 65 hectares, 7,150 hectol. de betteraves; 2,200 hectares, cultivés en lin, donnent 756,000 kilog. d'huile; le colza occupe 240 hectares seulement.
Les vins du Gers, grâce à la nature argileuse et à la bonne exposition des coteaux, jouissent d'une réputation bien méritée; les meilleurs crus, ceux de Goûts, de Verlus et de Canet, se rattachent au célèbre vignoble de Madiran (Hautes-Pyrénées), cultivé en espaliers et en hautains. D'autres crus doivent encore être mentionnés ; ce sont ceux du canton de Cazaubon, particulièrement des communes de Maupas, Sanjas et Estang, employés, comme la plupart des autres vins du Gers, à la fabrication de l'eau-de-vie dite d'Armagnac, la plus renommée, celle du bas Armagnac surtout, après l'eau-de-vie de la Charente. Il se distille chaque année plus de 80,000 hectol. d'eau de vie. Celle du Condomois est de beaucoup inférieure à l'eau-de-vie d'Armagnac, aussi cette dernière est-elle trop souvent employée pour des coupages avec la première. Chaque propriétaire fabrique ordinairement lui-même son eau-de-vie et la fait fabriquer par des ouvriers appelés « brûleurs », exercés dans ce genre de travail; les grands établissements de distilleries sont extrêmement rares. Un certain nombre de négociants bordelais achètent en gros les eaux-devic d'Armagnac, mais les dénaturent dans leurs entrepôts avant de les livrer au commerce.