‹ Géographie du département du GersChapitre 3 sur 19 · PHYSIONOMIE GENERALE · texte numérisé non relu

PHYSIONOMIE GENERALE

raient à ces rivières pour rejoindre soit le fleuve, soit la Nés te, si la pente générale du terrain ne les versait dans la direction de l'est et du nord.

C'est par conséquent dans la région du sud, voisine à la fois des Hautes-Pyrénées et de la Haute-Garonne, qu'il faut chercher les points culminants du département du Gers. Le plateau de Lannemezan, dont la plus grande altitude est de 660 mètres, au point où il se sépare des derniers contre-forts des Pyrénées, est déjà bien abaissé lorsqu'il arrive aux confins du Gers. Sur la limite des trois départements qui se le sont partagé, il n'a plus que 400 mètres, et ce point est le plus élevé du département du Gers. Déjà aussi les vallées se dessinent, dominées et séparées par des collines à pentes très variables mais rarement escarpées, au sous-sol calcaire et argileux, hautes de 100 à 150 mètres au-dessus des principaux cours d'eau. On a observé que les versants de ces vallées tombant sur la droite des rivières sont en général plus rapides que ceux de gauche ; ce phénomène, dont il existe d'autres exemples, est attribué au mouvement de rotation de la Terre. Il est à remarquer également que les villages se sont élevés de préférence sur les coteaux et les sommets, sans doute pour se trouver à proximité de leurs moulins à vent, indispensables dans une région si pauvre en eaux rapides ; et aussi à cause des nécessités de la défense pendant la période si agitée du moyen âge. Les villes s'étendent plus souvent près des rivières. Si Lectoure, Auch, Montréal, Montesquiou, Montfort et quelques autres villes sont bâties sur des hauteurs, elles doivent cette situation aux besoins de la défense : ce sont généralement les villes antérieures aux xme siècle; après cette époque, les fondateurs, se préoccupant davantage des besoins du commerce et de l'industrie, préfèrent les vallées.

Les chaînes de collines détachées du plateau de Lannemezan se continuent sur toute la largeur du département et ne s'amortissent que sur la rive gauche de la Garonne, dans la Haute-Garonne, Tarn-et-Garonne et Lot-et-Garonne. Dans la partie orientale de l'arrondissement de Mirande, elles se main-

tiennent assez constamment à une altitude très supérieure a 300 mètres (360 à 385 mètres dans le canton de Masseube) ; dans les environs d'Auch, à 10 kilomètres à la ronde, quelques collines seulement atteignent de 270 à 296 mètres. Les points les plus bas du département sont, au nord d'Auch et de Condom, ceux où les rivières du Gers et de la Baïse entrent dans Lot-et-Garonne; ils peuvent être évalués à 60 mètres, ce qui donne 340 mètres de différence entre les altitudes extrêmes du département. Mais ce chiffre n'indique pas la pente générale du sol : à la limite septentrionale du Gers, au nord de Condom et de Lectoure, les crêtes qui séparent les vallées ont encore 175 mètres; c'est donc à peu près de 225 mètres que l'ensemble du territoire s'incline du sud au nord, sur une étendue de 85 kilomètres, égale à la largeur du département, soit environ 2 mètres 65 centimètres par kilomètre.

Les chefs-lieux d'arrondissement ou de canton varient d'altitude entre 282 et 84 mètres. Voici leurs hauteurs relatives en allant du plus élevé au plus bas : — Miélan, 282 mètres;

— Montesquiou, 215; — Masseube, 205; — Jegun, Miradoux, 200; — Cologne, 198; — Lectoure, Saramon, 180; — Aignan, 172; — Lombez, Saint-Clan, 170; — Auch, Mirande, Gimont, 166; — Samatan, 165; — Eauze, 161; — Mauvezin, 157; — l'Isle-Jourdain, Marciac, 150; — Plaisance, Montréal, 151; — Cazaubon, 130; — Vic-Fezensac, 110;

— Valence, 105; — Risclc, 107; — Nogaro, 95; — Fleurance, 90 ; — Condom, 84.

Le Gers offre, en général, un aspect assez pittoresque; mais il ne possède point de sites véritablement grandioses, et les paysages y sont trop peu variés. Des ruines féodales à la silhouette déchiquetée, de vieilles tours isolées, qui deviennent chaque jour plus rares, les flèches rustiques des clochers, les moulins à vent, qui tendent aussi à disparaître , lui donnent sur certains points de l'animation et de l'originalité.

Par suite de la disposition du terrain, les relations ne sont faciles et les routes commodes que dans le sens du nord au sud,

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