‹ Géographie du département du RhôneChapitre 11 sur 14 · INDUSTRIE · texte numérisé non relu

INDUSTRIE

duit 2,502 kilogrammes de cocons. Le noyer, qui redoute peu les intempéries, se rencontre jusque dans les haules vallées; le châtaignier prospère également, mais les marrons dits de Lyon viennent surtout des départements voisins.

Le Rhône est un des départements les moins boisés de la France ; la plus grande partie de ses 52,042 hectares de forets ne se compose guère que de taillis et de broussailles (le produit des forets, en 1877, a été de 155,759 mètres cubes de bois). Les bois les plus importants sont, en allant du nord au sud : ceux de Cenves, de la Farge,d'Ajoux (le plus grand du département), de Pramenoux, des Molières, d'Alix (dont la plus grande partie a été défrichée et plantée en vignes), d'Yzeron, de Saint-André. Les essences dominantes sont : au nord, le sapin, le pin, le hêtre et le chêne ; au sud, le châtaignier, qui forme de magnifiques ombrages, notamment dans les montagnes d'Yzeron. On doit reboiser environ 12,000 hectares dans les montagnes du Lyonnais et du Beaujolais, ainsi que dans le massif du Pilât.

Industrie*

Le département du Rhône, qui est le 6^ par le chiffre de la population, figure au 7" rang au budget des recettes, où il est porté pour la somme de 57,500,000 francs environ. La Seine, le Nord, la Seine- Inférieure, la Gironde et la Loire-Inférieure sont les seuls départements qui contribuent, dans* une plus large mesure, à alimenter les caisses de l'État. Pour l'encaisse de la caisse d'épargne il est le 5^ avec près de 29 millions de francs. Ces chiffres donnent une haute idée de l'industrie de ce département et de l'esprit d'économie de ses habitants.

Le département du Rhône est en effet surtout industriel. Son commcrce embrasse toutes les denrées et tous les produits; mais son industrie, très variée d'ailleurs, a trois spécialités, qui lui ont valu i:ne réputation méritée : celle des produits cJiimiques, celle de la fnbricat'on des machines et celle de la soierie. La fabrication des étoffes de soie, importée par des Italiens au quinzième siècle, forme la branche la plus considérable de l'industrie lyonnaise. ,

L'industrie des soieries occupait à Lyon, depuis 1750 jusqu'à 1760, de 9,000 à 12,000 métiers; après la révocation de l'édit de Nantes, vers l'an 17G0, ce nombre était réduit à 5,000 ou 4,000 environ; de 1760 à 1789, il se relevait à 18,000, pour retomber à

5,000 ou 4,000 en 1794; de 1801 à 1812, il retombait à 12,000, et, en 1816, à 20,000; en 1827, il atteignait 27,000; en 1857, il était de 40,000, et à l'époque de la révolution de Février, 57,000 métiers fonctionnaient à Lyon ; aujourd'hui le nombre des métiers s'élève, en pleine prospérité, à 70,000, chiffre donné par la chambre de commerce de Lyon; ils sont dispersés dans l'agglomération lyonnaise, le département du Rhône et les départements voisins. Il y en a à peine 50,000 à Lyon même. Il est reconnu que chaque métier donne du travail à deux personnes, ce qui porte, par conséquent, à 140,000 le nombre des ouvriers, hommes et femmes, attachés à l'industrie des soieries et y trouvant des moyens d'existence.

En résumé, l'industrie des soieries dans tout le département comprenait en 1877, 15 usines fabriquant des étoffes de soie connues sous le nom de mélanges et pourvues de 200 métiers mécaniques (dont 50 inactifs) et de 1,220 à bras. La fabrication de la soie grège est représentée par 50 usines et 25,200 tavelles et fuseaux. Le tissage de la soie occupe 556 usines, 650 métiers mécaniques, dont 280 inactifs, et 41 ,800 métiers à bras.

La production des articles dans lesquels la soie domine s'élève actuellement au chiffre maximum de 575 milHons, dont 125 millions en main-d'œuvre et 250 millions en matières premières.

Le nombre des maisons de fabrique à Lyon est d'environ 500; comme quelques-unes ont plusieurs associés, on compte 450 à 500 noms de fabricants. Autour de la fabrique se groupent 80 maisons de marchands de soie et 60 maisons de commission, qui la mettent en rapport avec le monde entier. La fabrication des tulles de soie a repris faveur, grâce à un nouveau métier perfectionné; celle des foulards prend chaque année de l'extension. — La 'passementerie (tissus d'or et d'argent) occupe 800 métiers. — 4,000 ouvriers sont employés dans 80 teintureries, — L'industrie du fer occupe environ 9,000 ouvriers, ayant produit, en 1878, 65,054 tonnes de fonte au combustible minéral. — Nous devons nous borner à énumérer les industries principales: moulins à soie; — grands ateliers de construction de machines; — fonderies de cuivre, de cloches, de bronze; — tréfileries d'or et d'argent et d'acier de Lyon; — orfèvrerie, bijouterie en faux (8 millions par an); — fabrication de papiers peints^ la plus considérable de France, après Paris ; — 6 papeteries, ayant produit en 1877 pour 1 million de francs environ de papier; — 15 fabriques de produits chimiques, etc., en constatant que presque toutes les industries connues sont représentées à Lyon et dans les centres industriels du reste du déparlement. — Tissage de peluches et de velours à Tarare. — Fabriques de mousselines et d'impression des

COMMKî'iGE, CHEMINS DE FER, ROUTES. 55

indiennes. — Fabriques de foulards à Amplepuis. — Fabriques de colonnades, de toiles de fil et de coton spécialement à Amplepuis et àThizy(en tout 36 établissements mettant en mouvement près de 56,000 broches dont 6,000 inactives, 400 métiers mécaniques dont 88 inactifs, et 4,080 métiers à bras). — Fabriques de couvertures à Cours (canton de Tbizy), 2,000 ouvriers. — Toiles dites de Beaujolais. — Verreries, au nombre de 9, occupant ensemble 1,147 ouvriers et ayant produit en 1877 pour une valeur de 4,784,000 francs de verres. — 700 moulins. — 9 fabriques de bougies, dont le produit total en 1877 a été d'environ 8 millions de francs. — 14 savonneries, où l'on fabrique pour près de 3 millions de savon, etc.

hdi houille s'exploite (52,557 tonnes en 1878) à Sainte-Foy-FArgenlière, Saint-Martin-de-Cornas, Saint-Andéol-le-Chateau, Chassagny, Givors, Courzieu, Bassenay, Brussieux, Saint-Romiiin-en-Gicr, Sainl- Génis, Souzy, Mcys, Haute-Rivoire et Aveize ; V anthracite à Ample puis (l'étendue totale des concessions de combustibles minéraux est de 2,869 hectares). On extrait le plomb argentifère aux Ardillats, à Monsols, Chenelette, Poule, Propières, Vernay, Saint-Didier-sur- Beaujeu, Beaujeu (étendue totale des concessions, 5,428 hectares); le cuivre à Ghevinay, Saint-Pierre-la-Palud, Sourcieux, Sain- Bel, ClaveisoUes, Chessy (dont les pyrites sont exploitées pour en extraire l'acide sulfurique) : la mine de Baronnat, dans cette dernière commune, est une des plus importantes de la France. 11 y a du manganèse à Saint-Julien, près de Villefranche, et à Légny.

Sur le territoire de l'Arbresle, aux Molières, des carrières immenses de pierre à bâtir et de chaux maigre ont été ouvertes dans des bancs de calcaire coqu illier. Couzon possède des carrières d'un aspect grandiose, très pittoresques, et dont la pierre est fort belle. Dardilly, Cogny,Yille-sur-Jarnioux, Limonest, Saint-Andéol-le-Chaleau, Saint-Didier-au-Mont-d'Or, Charnay, Bagnols, Pommiers, ont aussi des carrières de pierre. Les carrières d'Anse et de Lucenay donnent une très belle pierre de taille, qui, dit-on, fut employée pour la construction de la cathédrale de Lyon. On exploite du mnrbre à Bully. ► A Charbonnières, Neuville, Sarcey, Orliénas, Chessy, jaillissent des sources minérales froides, carbonalées, ferrugineuses, sulfureuses. On n'ulilise que celle de Charbonnières.

Commerce, chemins de fer, routes.

Lyon achète annuellement 400 à 420 millions de soie de Franco,

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d'Italie, du Levant, de l'Inde, de la Chine et du Japon, et exporte pour 450 à 500 millions de matières fabriquées, or, laine et soie, les trois quarts de sa production; la Grande-Bretagne et rAmériqiie du Nord sont les principaux débouchés pour la soie et les étoffes façonnées ; les foulards s'expédient surtout en Espagne. Commerce de vins et caux-de-vie; de colon et de laine (5 à 6 millions de kilogrammes); de draperie et toilerie; de charcuterie (saucissons renommés); démarrons, de fromages, eîc; de houille : le déj)arlcment du Rhône consomme annuellement près de 8 millions de quintaux métriques de houille, provenant presque exclusivement de Saint-Etienne et de la vallée du Gier.

Tarare est, après Lyon, la place de commerce la plus considérab'e du déparlement : mousselines, peluches de soie, velours, toiles, cotonnades, fils, chanvre, cuirs apprêtés. Thizy est le centre du commerce des colonnades.

Le département du Rhône est traversé par 9 chemins de fer, d'un développement toi al de 240 kilomètres.

1° Le chemin de fer de Paris à Lyon et à la Méditerranée entre dans le département du Rhône près de la station de Romanèche (Saône-et- Loire), sut la vallée de la Saône, dessert les stations de Belleville, Saint-Georges-de-Reneins, Villefranche, Anse, Trévoux (Ain), Saint-Germain, Neuville, Couzon, CoUonges et l'Ile-Barbe, passe par les tunnels de Sainl-Rambcrl et de la Mignonne, arrive à la gare de Vaise, s'engage dans le tunnel de Sainllrénée, franchit la Saône sur le pont de la (juarantaine, traverse la gare de Perrache, franchit le Rhône, côtoie à distance la rive gauche de ce fleuve, dessert la station de Saint-Fons, et, un peu au delà, sort du département, api es un parcours de G5 kilomètres.

2° Le chemin de fer de Paris à Lijon par le Bourbonnais enîrc dans le département près de la station de Saint-Victor (Loii'c), remonte d'abord la vallée du Rhin, dessert la station d'Amplepuis, s'engage dans la vallée de la Turdine, après avoir traversé le grand tunnel ties Sauvages, dessert les stations de Tarare, Pontcharra, Saint-Rumaiude-Popey, FArbresle, entre dans la vallée de l'Azergues, desseï t Lozanne, Chazay, les Chères, et se raccorde avec la ligne de Màcon à Lyon, à Sainl-Germain-au-Mont-d'Or, après un parcours d'environ 44 kilomètres.

5** Le chemin de fer de Lyon à Bourg, qui traverse une contrée marécageuse appelée les Bombes, part de la Croix-Rousse et sort du département du l^hône un peu au delà de Caluire, après un parcours d'environ 6 kilomètres, pour entrer dans celui de l'Ain. Le quartier de la Croix-Rousse est relié avec le centre de Lyon par un

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