‹ Géographie du moyen âgeChapitre 29 sur 135 · ARABES, 114. LJ · texte numérisé non relu

ARABES, 114. LJ

Quand on examine la distribution des positions par climats, on remarque que la moitié des positions du iv« climat sont mal placées et appartiennent au ▼* climat. Il y a donc dans l'annotation des climats quelques erreurs. Elles sont de peu d'importance quand les latitudes ne sont pas en défaut. Au reste, les erreurs de la tablette se laissent pour la plupart facilement rectifier; l'heureux contrôle avec les tables d'Aboul Hassan , débrouille plusieurs nettement. Sicile , lésée dans sa longitude et latitude, doit avoir au lieu de nD long. Hû *5, et au lieu de xh tatit. rb 38. — Les ^ 3 minutes de Miter, sont les 3 50 d'Aboul Hassan. — La latit. nD *b dc Balensia doit être r\2 lb 57 25- — Les 3 de la longitude de Toulouse , sont les b 50. — Et la long. b de Girone est privée d'unités : elle était probablement ^ 55, ou -\b 34. Ces erreurs sont de l'inadvertance des copistes et en partie peut-être de méprises involontaires de l'éditeur.

La tablette d'Abraham, confrontée avec la liste d'Aboul Hassan, fournit les indications pour la composition de la carte élaborée et dressée vers la fin du xr* siècle par certains géographes arabes et pour la position géographique de l'Espagne , comme ils l'ont déterminée. Mais ces indications sont (comme toutes les autres) lésées par quelques erreurs ou par quelque amalgame d'incohérence (voyez n° 38 de notre atlas , et la carte jointe à la fin des prolégomènes).

Maïorka est renvoyée par la double indication des tables à la longitude du 37e degré. Supposant erreur ou méprise du copiste hébreux, on croirait qu'au lieu de ]b 37 l'original portait fi 33; mais si c'est une méprise arabe, on croirait plutôt qu'au lieu de j) 57 l'original avait jJ 34 ou ^ wnJ 32 50. — La latitude de Malaka et de Menkeb (Almouniçar) J fo 37» dérive facilement de £ <fc 36. — Comment une méprise a pu changer la latitude de Batalios J 58 en U 39? Ibn Saïd la plaçait 58° 50r ou 39* de latitude, ilest^donc probable que l'annotation d'Aboul Hassan l'emprunta d'une composition trèsdifférente, discordante. — La plus révoltante confusion offrent: Balensia, Schatiba et Danîa. Les erreurs avec les éléments incohérents se croisent , empêchent tout essai de rectification , déroutent les combinaisons possibles. Dania étant 39° 10' de la latitude; par conséquent plaçant sur la latitude donnée 39° W à Schatiba, la longitude de cette dernière à J if 29* 50' (au lieu de v^f^l 31° W comme elle est

ftihmft,. Londoo, *8Si. — Dans la seconde position de la tablette }TlK&}uV ll tout Hp« 9*T \F*ùlV\yttf L'édition pour la tablette n'indique aucune variante des deux manuscrit». — Soria, séparé de la suite progressante des longitudes et placé en chef de toute la liste, est peut-être la patrie ou le séjour d'Abraham.

Lij PROLÉGOMÈNES.

annotée), on se trouverait autorisé de faire monter Balensia à la latitude de 39* 30'. En effet, telle est la position latitudinale de ces trois lieux, — De nouveaux matériaux , la découverte de nouvelles annotations viendront peut-être confirmer cette composition arabe. En attendant Toulouse, Girone, Maïorque, Sicile gênent l'ensemble, et on peut se demander si les latitudes de Batalios, Malaka, Menkeb, Grenada, Kordouba, Djian ne sont pas empruntées d'un autre genre d'annotation. Nous avons remarqué les erreurs dans la table d'Âboul Hassan, et nous avons même présumé quelques-unes dans les indications des latitudes observées; le collationnement avec la tablette d'Abraham confirme nos suppositions :1a latitude de Maïorka est une erreur; de même la longitude de Fes est suspecte, elles étaient plutôt 25° 0' (voyez la note 5, de la p. 736 des matériaux pour servir à l'hist. des sciences math., de Sedillot) (is). Viendront à la connaissance des investigateurs de nom* breuses annotations , et chacune d'elle sera viciée , infirmée. Tels sont les monuments de la science et du savoir arabe.

245. La petite tablette d'Abraham est cependant très-importante pour l'histoire de la cartographie. Elle prouve, que les arabes en Espagne levaient à cette époque les latitudes , élaboraient les cartes régulières; que la longitude qui fixait Tolède par 18° 25' n'était pas négligée et la réduction de la longueur de la médi terra née avait été opérée déjà du temps d'Arzakhel (voyez chap. 45, 1. 1, p. 79); qu'Aboul Hassan , vers 1230, avait à sa disposition une composition prête , dans laquelle il a pu régler différents points par ses observations de nombreuses latitudes. Or, la refonte de la carte de la mer médi terranée, que nous avons d'abord attribuée à Aboul Hassan (chap. 90, 94, 1. 1, p. 140), est antérieure. Elle ne diminue point le mérite de l'astronome marokain, lorsqu'il était capable d'apprécier le produit de ses prédécesseurs et discerner les compositions mieux élaborées, lorsqu'il courut le monde pour les rectifier (î*).

Mais en même temps cette tablette décèle l'extrême indolence de la cartographie arabe , qui aimait mieux les figurines grotesques, les car-

(13) M. Sedillot pense que Tizki est Tirki du Soudan; et Schalab, Silves en Algarve : mais les latitudes et les climats qu* Aboul Hassan assigne à ces lieux s'opposent à cette explication. Tizkie est aussi une ville où Aboul Hassan levait la latitude, et il n'allait pas à cet effet jusqu'à Soudan.

(14) La première carte arabe reconstruite fut celle d'Aboul Hassan, d'an des plus illustres géographes mahommédans, et l'honneur de la reconstruction est au savant Sedillot, qui le premier conçut l'idée d'examen la cartographie arabe par ce moyen (mémoire sur les systèmes géogr. des Grecs et des Arabes 1849). Nous avons suivi son exemple (chap. 85-91, n" 67, 68, de l'atlas). M. Sedillot de sa part reprit l'examen de la carte d'Aboul Hassan et confronta les longitudes de toutes les positions avec la pins grande précision (matériaux pour servir à l'hist. comparée des sciences mathém. p. 747-7*7). Appréciation admirable du progrès des arabes dans la cartographie.

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tes désinées à coup de main, les cartes réprouvées par des compositions supérieurement élaborées, enfin l'amalgame et la confusion de notices hétérogènes , que de discerner et apprécier le genre et le mérite du produit. Nous avons supposé qu'Ibn Saïd , Aboulféda , ignoraient l'existence des opérations d'Aboul Hassan (chap. 77, p. 128; 91, p. 142). Nous pouvons maintenant dire : qu'ils étaient trop ignorants pour savoir distinguer et choisir ce qui était préférable, que lui , le fameux Aboulféda, pendant toute sa vie studieuse, ne savait à quoi s'en tenir.

La petite tablette d'Abraham bar Haïia, qui nous a conservée une notice très-correcte pour la cartographie espagnole, annnota d'une manière étrange les. longitudes de Jérusalem et Mekka par 69° et 79", au lieu de 67, 77, deux fois un & 9 à la place de ? 7. Est-ce une erreur difficile à expliquer? ou le produit d'une composition encore inconnue et très-différente de toutes les autres? je ne saurais décider.

M. Sedillot dit, que les shafihahs des régions de l'astrolabe d'Ahmed ben Khalaf, de 1218, ne portent que les almicantharats, les heures et la ligne d'est et ouest (matériaux, p. 543); les heures de temps et les heures égales (p. 340), c'est-à-dire de latitude et de longitude. Or, les heures à côté les heures de la latitude indiquent les longitudes : ainsi que les 5h 18' 18" indiqueraient, 79* 34' pour la longitude de la Mekke; les 5h 14' 36" donneraient la longitude de 78° 40' à Harran; et les 5h 14f désigneraient 78° 31' de la longitude de Katyeh. — Si donc ces heures ne désignent autre chose que les longitudes , on aurait un autre exemple (assez astronomique) de la longitude , 79 degrés de Mekka dans les 79* 34'.

Les matériaux arabes, que j'avais à ma disposition, conduisirent mes observations à travers plusieurs siècles (950-1080). Il n'en manque pas, comme on voit par l'échantillon tout-à-1'heurë examiné, pour avancer dans de temps postérieurs : mais je ne possède en abondance que ceux du xme siècle , séparés des premiers par un intervalle assez notable , qui resterait vide pour moi, si je n'avais pas à étudier un monument géographique mixte, autant arabe qu'il est sicilien , dans l'ouvrage d'Edrisi. Je l'abordais plus d'une fois (cartogr. chap. 54-64 ; analyse de la dixaine de sections , t. III ; cartes de l'Inde , chap. 7-20) > et je fesais tous les efforts pour avoir la copie de son atlas entier. Depuis qu'elle se trouve chez moi entière, je repris l'examen de ce monument, et je vais rendre compte de mes considérations.

UV PROLÉGOMjfcWSS.

Table ronde rogérienne restaurée; géographes de Sicik, Edriri, !i5é.

(Voyez l«f cartes jointes à la An des prolégomènes) (45).

£46. J'avançais l'utilité et la possibilité de la restauration de la table ronde des géographes siciliens (chap. 62, p. 100). La possibilité se fondait spécialement sur l'espérance de trouver un nombre suffisant de longitudes annotées. A mesure que les calques des sections édrisiennes m'arrivaient, cette espérance faiblit; elle a dû s'évanouir lorsqu'à la fin je me voyais possesseur de toutes les sections. Les indications des longitudes et latitudes s'y réduisent au seul climat premier, comme on le voit par l'extrait que nous avons fait (chap. 60, p. 99), et qui ne compte que 23 positions (te) auxquelles il faut ajouter du même climat :

(16) « Ma réduction (de toutes les sections édrisiennes ensemble), est gravée depuis je ne sais combien d'années (m'écrivit le 26 novembre 4850, l'illustre Jomard), j'ai substitué aux noms de lieux des numéros qui correspondent à une nomenclature faisant plusieurs feuilles in-folio. » Le monde savant était prévenu de l'existence de cette réduction dans la publication d'Edrisi par Jaubert en 4836,4840. Or, la priorité de la reproduction de l'ensemble de l'atlas édrisien esta M. Jomard. Quand il a secondé mon envie d'avoir la copie de l'atlas, il comprendra que la réduction ci-jointe, la mienne, ne vient pas lui enlever la priorité acquise, que la mienne est trop humble sons le rapport de l'échelle pour Caire ombrage, plus humble encore sous le rapport des milliers de numéros expliqués, pour avoir la prétention de se comparer avec la sienne parfaitement élaborée au prix de peines inouïes : mais il conviendra qu'une figurine réduite de l'ensemble de la carte édrisienne, était absolument nécessaire dans mon ouvrage, quand j'essai à son aide reconstruire la carte de Sicile. — La réduction ci-jointe est à un dixième de l'échelle. Par tout le climat vn, par les climats i et ijdans l'Afrique, et dans les sections 7-10 de tous les climats, presque tous les noms de lieux et de provinces sont reproduits comme ils se trouvent dans l'original ; exceptant de ces dernières les sections 6 du climat u ; 6 et 7 des climats m et iv. Dans ces dernières quatre sections, la copie indique plus qu'ailleurs de positions sans épigraphes dans l'original, et la leçon des épigraphes d'un nombre considérable d'inscrites se trouve douteuse, souvent impossible pour moi. — Lorsque la place et la certitude le permettaient, j'inscrivis dans ma réduction plusieurs épigraphe» qui ne se trouvent pas dans l'original (p. ex. Jatrib Médina) : elles sont ordinairement eu parenthèse. Ces additions ne sont pas indifférentes pour mon examen de la carte sicilienne, car très souvent la carte édrisienne laisse innommés les lieux les plus importants. Mais je ne puis déterminer de parmi les innommés , comme je le désirais , ni pour Meru, ni pour Hcrat, Termed , Taras, Bersadjan et quantité d'autres. Cependant l'étude approfondie des quatre sections 6 et 7 du m* et iv* climats est absolument nécessaire, autant pour comprendre leur confusion que l'intérieur de l'Asie tourke, qui se rattache aux dites sections. — Le manque de» épigraphes se déclare dans la plus grande partie des sections : Onkaria, Karantara, Sind ; Seville, Tolède, Malaga, Vahran, Boudja, Venise , ne s'y trouvent point, je le dis pour n'être pas accusé de négligence. L'origiual est privé de la 1" et 40m* section du vu* climat, et il n'y a que la moitié de la 9"" section ; entre Kerkina et Djerbi près de l'Afrique, et la mer de Koulzoum près de l'Ile Samari, il est râpé, et en Espagne et dans différentes sections orientales on remarque quelques ravages du temps.

La gravure de la petite carte représentant la table sicilienne restaurée, avait du malheur. J'espère qu'en collationnant ses inscriptions moins lisibles avec la carte édrisienne on comprendra ce qu'elle représente.

(46) Dans cet extrait et dans les longitudes de l'atlas, il faut corriger la long, de Berisa en 30° 0' le ta apparent et kef; aussi ta longit. de Tekrour doit être 14° 0'; en effet, entre Tekrour et Berisa, Berisa et Gana, les distances sont égales de 48 journées. — Aussi faut-il corriger la longitude de Lcmlem qui est 20° 0', quoique les distances sont insuffisantes pour s'appointer aussi loin.

TABLE ROGÉBIBIWE , 146. LV

Donkola, w J 53* 15' Jo 14° 0'

Zebid, slf Jt 64 20 b Jj 14 10 qui nous ont échappées, el de la section 6 du climat II

Nedjran, r 66 0 l 19 0

et peut-être Sonar d'Oman long. J jj 84 30; parce que» si je ne me trompe pas, je pense distinguer les indications de ces demi positions dans le second climat : mais inscrites dans le second climat , elles sont du premier. Par tous les autres climats je ne puis remarquer aucune trace de longitude annotée, il n'y en a pas. Ainsi il n'y a que 26 indications, dont la plupart sont très-insignifiantes pour régler la composition de l'ensemble de la carte. Suivant l'assertion d'Aboutféda, l'autre ouvrage d'Edrisi, que nous ne connaissons point, n'avait aucune indication de longitude. Or, quand Ibn Saïd exploite l'ouvrage d'Edrisi, il n'en tire que les descriptions des pays, et toutes les positions fixées chez lui par les longitudes et latitudes , ne sont pas édrisiennes et ne peuvent guère servir à la composition de la carte sicilienne. La preuve en est dans la latitude de l'ile Malaï , qu'il donna d'après Fatima; dans maintes latitudes contrairement aux annotations édrisiennes et surtout dans la différence de latitudes et longitudes de onze positions de l'Afrique et de l'Arabie , qui se trouvent également signalées par Ibn Saïd et par le premier climat d'Edrisi. Toutefois Ibn Saïd a dû se conformer souvent aux idées et proportions de la carte d'Edrisi , parce qu'il l'a pris pour modèle. — On connaît une carte du xvie siècle, dressée par Mohammed ben Ali, tounisien de Sfaks, d'après Edrisi et Alathar. Si donc cette carte observe les longitudes géographiques, la carte ne les a pas trouvées dans l'ouvrage d'Edrisi, elles ne proviennent point de cet ouvrage; le sifakesi ne se servit de celui-ci que pour la partie descriptive des pays.

Cet apperçu est suffisant pour mettre mes espérances en désespoir et débuter mon idée de la restauration possible. Mais bien que le fond m'échappe, j'ai remarqué que par mes observations précédentes (ehap. 59-64), j'ai déjà entamé l'essai de mes rêves, et dès que je possédais toutes les sections de la carte itinéraire , je ne cessais d'examiner si par quelques inductions on ne saurait arriver à un résultat quelconque. Et voici mes observations.

Les longitudes géographiques de Tarfi, de Donkola, de Zaïla et des positions de l'Arabie jusqu'à Sohar Oman, établissent irréfragablement que les géographes siciliens ne s'écartaient en rien du système arabe dans cette partie de rhabitable^Or, les longitudes de Mekke et Medine,

LTJ PROLÉGOMÈNES.

de Bagdad , enfin de Damaschk et d'Antakié furent puisées dans les cartes arabes. Bagdad 70° 0', Damaschk et Ântakié plus ou moins 60° 0'.

Nous avons examiné (chap. 62) la situation de Konstantinieh et la position relative de Djordjan qui se sont fixées raisonnablement sur les longitudes indiquées par les arabes. Djordjan étant 80° 0', Kostantinieh se trouve par 46° 40', conformément à la longitude que lui assignaient les productions andalouses.

Nous avons trouvé dans la carte d'Edrisi la longitude de File kotroba 920 0' (chap. 60, p. 100). Dans Tau ire climat sur la section juxta-posée (II, 7), vis-à-vis de Kotroba , figure Daïbol du Sind ; on peut donc con • dure que la longitude de Daïbol, suivant Edrisi, est la même que celle de Kotroba. Or, elle est 92" 0' comme les cartes arabes l'assignaient à Daïbol. La carte itinéraire constate cette longitude par une autre annotation de son dessin. Elle inscrivit la longitude d'Àgna 108*0', rangeant à celle-ci Fanderina et Banah dur les rivages de l'Inde. Ces rivages sont tracés par la même parallèle et les journées de leur étendue, de Banah (108° 0') jusqu'à Daïbol donnent 16 degrés; or, Daïbol tombe évidemment sur la longitude 92° 0'. — Cette longitude est encore confirmée par les considérations analogues prises de l'autre côté. Edrisi étend les distances du rivage de Habesch jusqu'au delà de la ligne équinoxiale et les éloigne, comme il le dit, de 600 milles de leraen. Les rivages ultérieurs de Berber et Zendj avancent vers l'orient par les distances flexibles et de la proportion inconstante pour une réduction exacte en milles ; mais les réductions indiquées et la somme moyenne et modique de leurs distances les avance bien loin par trois sections, et les traces de la carte itinéraire marquent les situations de Melinde au delà de Kotroba, et celle de Tohnet plus à l'orient, qu'on peut fixer par le 102e degré de longitude. C'est ici cette montagne dangereuse pour les navigateurs, cette mer entraînante que Fat i ni a et Ibn Saïd placent près de Seyounah, entre Seyounah et Leirane (où Edrisi ne connaît aiicun danger) et ils donnent à Leirane le 102e degré de longitude (voyez note 11, du chap. 12, dans l'article cartes de l'Inde, t. III, p. 15). Tobnet et ses écueils se rengent à cette longitude , autant par le dessin de la carte itinéraire que par les distances du spacieux intervalle entre Djouah et Tohnet; la dimension de cet intervalle se conforme à la position d'Àgna et à celle de Daïbol , déterminée par 92° 0' de longitude (17).

Par cette indication il est claire que la carte itinéraire dans la 7me section du premier et du second climat, abîma dix degrés de

(17) Les distances, quoique interrompues, avancent les rivages de Sofala jusqu'au delà du ISO"* degré, où Dagouta se range en dernier lieu. D'Àilly, d'après Hali, nomme dans cet endroit deux villes : Deleyt, long. 4tt* 0' latit. sud 3° O' et Baraïa long. 4M° 0' latit. sud 30* 0'.

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longitude de la table sicilienne, dressée d'après les longitudes, ainsi que le 92e degré de Kotroba et de Daïbol devancent le 80* degré de Djordjan du i¥e climat. 11 s'en suit que les 408° de longitude d'Àgna Serindib dans le ier climat, devencent Samarkand et Osrouscbna du iv« climat. Les longitudes de Kostantinieh et de Djordjan, fixées sur la carte sicilienne, empêchent d'admettre pour son compte une semblable déviation. Osrouschna et Samarkand , dans la carte sicilienne, se trouvaient sans doute aux environs du 90e degré. La carte itinéraire fausse les longitudes de la table sicilienne, et par plusieurs sections du m* climat de la carte itinéraire les longitudes joutent et tordent les positions. Encore est-il singulier que la grande partie de ce climat offre dans le manuscrit un autre dessin, différent de celui du reste de l'atlas; mais il est en apparence très-régulièrement rapetassé aux ne et iv* climats.

La carte d'Edrisi contient de très-nombreuses difformités qui dérivent sans doute de la composition sicilienne : mais il y en a qui sont démenties par les distances, par les longitudes; il y en a qui sont tout à fait incohérentes avec l'ensemble de la composition : ainsi qu'il est impossible de rejeter toutes ces difformités sur la conception des géographes siciliens ; il faut, à mon avis, réserver une grande partie pour le compte d'Edrisi. Sa carte itinéraire sans échelle, carte de fantaisie, est faite pour expliquer la description; lui, il rédige sa description pour expliquer cette carte. J'en ferais mention et j'en donnerais la carte ci -après dit-il (VI, 6, p. 45) de la cinquième section du septième climat; et ainsi plus d'une fois en se référant à la carte, il fait croire qu'elle est préparée par lui-même. Or, il y a de sa fantaisie , parce qu'il ne se gênait pas de rendre plus ostensible par l'image, ce qu'il avançait dans sa description; il enclavait dans les sections dessinées ce qui lui arrivait de mentionner dans sa description; il défigurait la construction sicilienne, faussait ses dimensions (voyez anal. chap. 40-45 p. 135-140). C'est ainsi que se laissant aller sans façon , il a avalé dix degrés dans les septième sections du i" et du ne climat, et s'il faut chercher et expliquer la cause de cet étrange disparition de dix degrés , on la trouverait peut-être dans l'emplacement forcée de la Mekke au milieu de la longueur de l'habitable. Prenons la distance de Sinia à la Mekke, et nous la retrouvons juste la même de Mekke aux rivages occidentaux. Ensuite il lui fallait raccourcir les deux tiers restants de l'habitable dans un intervalle moins spacieux et il opéra hardiment. Heureusement qu'il annota les longitudes géographiques, qui nous avertissent que les géographes de Sicile, à l'aide de leur compas, plaçaient autrement les positions et que la monstruosité de la carte est de son invention. C'est ainsi qu'Edrisi peut être suspect et accusé par ces contradictions qu'il

L Vil j PROLÉGOMÈNES .

amoncela sur plusieurs points de sa production. Mais comme il y avait dans la composition des siciliens de très-graves défectuosités , il nous reste à distinguer et discerner qu'elle est la part des uns et de l'autre. La tâche est très-difficile , et je pense que les siciliens seront accusés plus qu'ils n'ont mérité.

247. Tournons maintenant vers l'occident , où nous avons à opérer avec la longueur de la méditerranée. Celle de la mer noire s'est montrée longitudinale du grand cercle ; or, l'autre de la méditerranée est indubitablement longitudinale du grand cercle. Les 1156 parasanges déterminent par conséquent la longueur de la méditerranée à 45° 26' et à compter du 60e degré de la longitude approximative d'Antakia ou des rivages de Syrie, assignent à ZakaketSebta 14° 34f de longitude (25° 4C d'Abraham bar Haïia). Ce qui est très-conforme pour fixer Tolède à la longitude de (28° 30') 18° 30', connue par Arzakhel et Abraham en Espagne, et cette position de Tolède autorise d'admettre pour la composition sicilienne la position de Paris 23° 40' de longitude et 45° 50r de latitude, comme elles se trouvent dans la table d' Arzakhel.

Nous avons établi deux triangulations de distances édrisiennes pour nos investigations géographiques (voyez n" 40, 42, 44 de notre atlas). L'une à partir de Paris ou plutôt du bout le plus occidental de la Bretagne jusqu'à Kostanlinieh et l'embouchure du Danube; l'autre à commencer de Daibol par les Sind, Hind et Sin jusqu'aux dernières extrémités de l'orient. Aucune n'avait en vue de reconstruire exactement la composition sicilienne. La triangulation de la partie orientale voulait seulement, au moyen de données arabes relatées par Edrisi , retrouver les positions des Sind, Hind et Sin dans celles d'aujourd'hui. La triangulation occidentale, se conformant scrupuleusement à la description d'Edrisi et aux distances qu'il donnait , n'a fait pour la plupart que démêler les défectuosités de la description, qui empêchaient de discerner les positions. La première , construite par les distances des journées et contrariant la composition sicilienne, fournit une longitude insuffisante pour remplir le vaste intervalle de la table sicilienne; elle éternités parties orientales 50 degrés, partant de Daibol jusqu'au 145e degré tout au plus. La seconde , plus conforme à la composition sicilienne, se montre très-compatible pour remplir sur la 43e parallèle les 23 degrés entre Kostanlinieh et Paris, mais à condition que nous allons préalablement discuter sur l'application des distances à un degré.

J'ai observé qu'Edrisi, d'après les géographes siciliens, comptait 75 milles au degré. Les longueurs et largeurs des mers s'adaptent à cet évaluation. Je ne retracte point mon assertion , elle est je pense suffi-

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