‹ Géographie du Péron, corrigée et augmentéeChapitre 1 sur 321 · D[] TRADUCTEUR · texte numérisé non relu

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La richesse du Pérou est proverbiale en Europe : mais malheureusement cette contrée, si favorisée du ciel sous tous les rapports, si hospitalière et si accessible aux étrangei*s, n'est guère plus connue parmi nous que le Japon ou la Chine.

En France , la connaissance de l'histoire de ce pays célèbre se borne généralement au roman de Marmontel, les Incas; Tétude de sa géographie , à la nomenclature stérile de quelques noms de villes, de montagnes, etc., épars dans les manuels destinés aux écoles. Cette stérilité serait encore pardonnable ,' puisque après tout on n'a voulu faire qu'un abrégé; mais ces abrégés révèlent une ignorance et une négligence coupables dans les compilateurs à l'usage de la jeunesse : les noms géographiques sont tellement estropiés , défigurés pour la plupart , qu'il est impossible à un Péruvien de les reconnaître. INon-seulement les compilateurs ont altéré ces noms géographiques, mais souvent ils ont pris, comme dans la fable, le Pirée pour un homme.

1). Mariano-Felipe Paz Soldan , frère de l'Auteur, et directeur général des travaux publics au Pérou , ayant été témoin lui-même , dans ses voyages en Europe , de l'ignorance et de la pauvreté de nos Traités de géographie, en ce qui concernait le Pérou, sa patrie , ne put s'empêcher d'en témoigner sa surprise et sa douleur. Il se crut donc obligé, pour faire connaître son pays, de publier une édition française de la Géographie du Pérou , composée en espagnol par feu son frère don Mateo Paz Soldan , ancien sousdirecteur de la direction de Hacienda.

D. Mariano-F. Paz Soldan a bien voulu nous charger de l'édition française.

Nous avons dit que l'histoire du Pérou n'était guère connue que par un roman. Une .occasion favorable de répandre en France la connaissance de l'histoire, en même temps que celle de la géographie du Pérou, se présentait à nous : l'auteur de ce livre avait composé, ainsi qu'il l'annonce dans sa préface^ un abrégé de l'histoire de sou pays, où

GiOGRArBM DU PÉROU. H

ij DISCOURS PRÉLIMINAIRE DU TRADUCTEUR.

nous avoDS trouvé des détails extrômemeut intéressants, sur ses origines, ses antiquités, l'Empire des Incas, etc., détails qu'on ne rencontre guère que dans des ouvrages fort peu répandus. Nous avions l'intention de placer une traduction de cet abrégé historique en tête de la Géographie ; mais des circonstances indépendantes de notre volonté ne nous ont pas permis d'exécuter notre projet; nous faisons néanmoins des vœux pour que cette histoire puisse paraître dans les futures éditions.

Cependant , avant de passer à un examen rapide des richesses , de l'industrie et du commerce, etc., du Pérou, nous allons donner, en quelques lignes, un aperçu sur ses origines et ses vicissitudes.

La race Qutchua, qui parle la langue de ce nom, parait être la plus ancienne du Pérou, la race véritablement autochthone. Depuis la conquête par les Espagnols , les auteurs se sont évertués à rechercher d'où pouvaient venir les habitants du Pérou : les uns les ont fait sortir de la Chine , les autres de l'Inde , d'autres encore de la Phénicie, de l'Egypte, et même de la Judée.

Il est un moyen plus sfmple de rechercher la véritable origine des Péruviens , si toutefois ce peuple n'est pas né sur le sol même , et s'il appartient à la grande famille sortie des plaines de l'Asie centrale : c'est de comparer sa langue à celles de l'ancien continent et de voir quelle affinité il peut s'y trouver.

Plusieurs siècles avant la conquête du Pérou par les Incas , une race blanche et barbue, suivant l'expression même des Quichuas> parut dans le Pérou : c'est à elle que ces indigènes attribuent ces constructions colossales en pierre ou en granit , d'un style tout particulier qui rappelle celui des Égyptiens.

Cette race blanche et barbue serait-elle une colonie égyptienne qui eût abordé un jour au Pérou? L'examen des monuments, des inscriptions, etc.., pourra peut-être décider la question.

Nous avons parlé d'inscriptions ; en effet , on trouve des hiéroglyphes , des figures symboliques dans plusieurs localités. Ces hiéroglyphes sont gravés sur le granit. Or le granit n'est attaquable que par le fer ou l'acier ; les métaux que possédaient les Quichuas , tels que Tor, l'argent, ou même le cuivre, sont trop tendres pour entamer une pierre aussi diure. Que conclure de ce qui précède? Qu'un peuple blanc, barbu et connaissant l'usage du fer, est indubitablement descendu sur ces rivages.

Un dernier rapprochement entre ce peuple et les Égyptiens. On connaît l'habileté des Égyptiens pour embaumer les corps : les momies innombrables et parfaitement conservées, retrouvées dans les monuments cyclopéens du Pérou , ne seraient-elles pas encore une preuve de plus qu'une colonie égyptienne a passé sur cette terre?

Nous disons avec raison que cette colonie n'a fait que passer. En effet , ce peuple a disparu depuis longtemps : on a tout lieu de croire qu'il s'était éteint même avant l'arrivée des Incas , sans avoir laissé d'autre trace de son existence que ses monuments , muets jusqu'ici à son égard comme la tradition. : Vers l'an 1000 de notre ère, une race nouvelle, sortie des environs du lac Titicaca ,

DISCOURS PHÉLlMlNAïaE DU TRADUCTEUR. iij

et parlant, dit-on, la langue Aymara, conduite par Manco-Capac ou Manco le Grand et Marna Ocllo , c'estrà-dire Mère OcUo , sa sœur et son épouse , vint s'établir au centre du Pérou, dans le territoire qqi forme aujourd'hui le département de Cuzco.

La tradition rapporte que Manco-Capac et son épouse se disaient enfants du Soleil, et que leur père les avait envoyés sur la terre pour instruire les hommes et les rendre heureux sous des lois paternelles.

Manco^apac , le Numa et le Minos du Pérou , bâtit la ville de Cuzco dont il fit la capitale de son nouvel empire. Cuzco signifie Ombilic, et Manco-Capac donna ce nom à sa capitale , parce qu'il prétendait que ce point était le centre ou l'ombilic de la terre. Chose singulière! les prêtres de Delphes avaient eu la même prétention. Il établit le culte du Soleil parmi ses sujets et créa un collège de vierges consacrées à ce Dieu.

Les successeurs de ManoorCapac , sous le nom d'Incas, continuèrent d'agrandir son empire. Ils contruisirent une foule de monuments remarquables par leur architecture et leur solidité. On cite, entre autres, le temple du Soleil, des palais, des aqueducs, et surtout la fameuse route de Cuzco à Quito d'une part, et de Cuzco jusqu'au Chili de l'autre.

Néanmoins plusieurs chefs Quichuas, appelés dans leur langue Caracos ou gouverneurs, résistèrent à leur domination, entre autres, le grand cacique Chimu, qui, du haut de ses forteresses inaccessibles , insultait à la puissance des Inoas.

Voici la lista , tirée de Thistorien (rarcilazo , des monarques Incas qui ont régné ^ur le Pérou jusqu'à l'arrivée de Francisco Pizarro , le célèbre aventurier espagnol qui , avec une poignée d'hommes , conquit ce vaste empire.

I. Maxco-Capac; il commença son règne en 1021, mourut en 1062, au bout de

40 ans de règne.

n. SiNCHi-RoccA , régna 30 ans , de 1 062 à 1 091 .

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