DESCRIPTION PHYSIQUE ET POLITIQUE
Cette province, d'une haute importance pour le Pérou à cause de sa richesse et de sa position topographique , est bornée, au nord, par la province de Tarma ; au sud, par celle de Tayacaja, du département de Huancavelica, et celle de Huanta, du département d'Ayacucho-, à l'est, par la Montana (Pays des forêts)^ et, à l'ouest , par la province de Tanyos, du département de Lima.
La plus grande largeur de cette province, située dans la vallée de son nom, se trouve dans la direction du nord au sud : elle est d'environ 12 lieues.
DIVISION POUTIQUE.
Cette province comprend 5 districts, 2 vil* les, 62 bourgs, 33 métairies {haciendas)^ 7 exploitations minières (min^ro/w), 60 auberges leaserias), 27 hameaux ou groupes de maisons isolées (aldeas)y 3 relais de poste et 16 cures. Sa capitale est la ville de Jauja.
DISTRICTS
Jauja, Blito,
Gbupaca, ConcepcioD,
Huancayo.
CUBES
Huancayo,
Sapallanga,
Conoepcion,
Orcotuna,
ApaU,
Santo Domingo de Golca,
Cbupaca, Atumjauja, Chongos, San Geronimo,
Huaripampa, Comas, Parihuaca, Mito.
Sicaya,
Sincos.
Le chiffre du clergé de cette province, y compris les curés titulaires et les intérimaires, est de 33 prêtres. Dans ce nombre nous ne comprenons pas les religieux du Ck)llége des missions de Santa-Rosa de Ocopa.
ASPECT PHYSIQUE ET GlÊOLOGIQUE DE LA PROVINCE.
La constitution géologique de la Vallée ou Bassin de Javja (Hoya de Jauja) démontre d'une manière évidente que ce pays a dû autrefois former le lit d'un grand lac de douze lieues de long, sur trois à quatre de large, dont les eaux se sont ouvert un passage par la gorge au fond de laquelle coule la rivière Iscuchaca.
Une lieue avant d'arriver à Jauja, le terrain soulevé disparaît sous un autre sédiment d'une grande puissance, qui forme des collines élevées^ au pied desquelles se trouve la Vallée ou Bassin de Javja.
Cette vallée présente des ravins profonds que les eaiix ont creusés dans leur cours. En étudiant les couches de terrain qui forment les flancs de ces ravins, on voit de suite que le terrain de la vallée n'est pas homogène. En effet, il se compose de couches de sable jaune et d'argile rouge, de galets enveloppés dans le sable et l'argile, le tout disposé d'une manière irrégulière^ et avec des inclinaisons dans tous les sens, sans toutefois affecter d'une manière sensible la direction générale du sol.
Ce terrain^ dont la puissance moyenne est de 200 à 300 mètres, s'étend, vers l'ouest, en couches de quartzites , et descend vers l'est sous les alluvions de la vallée, qui sont sans doute plus modernes. 11 forme enfin des collines assez élevées de l'autre côté de la vallée.
La Vallée de Javja est limitée à l'est et à l'ouest par les premiers contre-forts des deux chaînes de montagnes qui la forment. Le contre-fort du sud ou chaîne transversale, qui va de l'une à l'autre cordillère, se trouve coupé ou interrompu par la gorge
GÉOGRAPHIE DE LA RÉPUBLIQUE DU PÉROU
étroite qui donne passage à la rivière de Javja,
Il n'y a pas de doute que Talluvion puissante qui remplit le fond de la vallée ne soit d'une époque postérieure au soulèvement des cordillères. On y trouve des couches épaisses et sensiblement horizontales de cailloux roulés, enfermés dans une terre argileuse, mêlée de gros sable. En plusieurs endroits on rencontre du calcaire concrétionné, d'où l'on tire de la chaux de bonne qualité.
Les couches de terrain sont les mômes depuis Jauja jusqu'à la montagne que dans la Pampa de l'Oroya.
Un peu au delà du bourg de Nahuinpuquio se trouve la gorge profonde où roule la rivière de Jaujdy mais en cet endroit elle porte déjà le nom d'Iscuchaca, Il y a, sur cette rivière, un pont de pierre d'une seule arche.
A partir de Nahuinpuquio, le sol se compose de couches contournées de quartzite, de grès jaune et rouge, et de calcaires siliceux aux environs de Iscuchaca.
Ce bourg est situé à 3,080 mètres au-dessus du niveau de la mer, et celui d'Oroya à 3,745 mètres. La rivière de la Oroya se jette dans celle de Jauja.
La hauteur moyenne de la vallée de Jauja, au-dessus du niveau de la mer, est de 3,400 mètres ; et, néanmoins, à cette hauteur, elle produit du maïs, des pommes de terre, etc.
RIVIÈRES
La rivière considérable qui parcourt la vallée de Jauja et qui porte les noms de Mayo, Iscuchaca, Javja, etc., selon les pays qu'elle arrose, coule à travers cette vallée dans la direction du nord-ouest au sud-est. Sa source est dans le lac de Chinchaicocha , situé sur un plateau, au sud de Cerro de Pasco, au point où se réunissent les deux rameaux de la cordillère, pour former le nœud dont nous avons déjà parlé. Cette rivière traverse la vallée de Jauja dans toute sa longueur. Un peu au-dessous de Huancayo elle coule au milieu de montagnes escarpées, sur une distance d'au moins 20 lieues, en formant une foule de sinuosités ; elle reçoit alors les eaux de la vallée de Huancavelica et d'autres rivières tributaires.
Le Mayo pénètre un peu plus loin dans la vallée de Ayacucho : il continue son cours vers le sud-est pendant deux lieues , grossissant ses eaux de toutes celles de cette dernière vallée, réunies dans le rîo Huarpa, Il fait ensuite un détour vers l'est, puis il entre dans le rameau oriental de la cordillère qui lui ouvre à peine un étroit passage. 11 traverse alors une gorge profonde, sinueuse et escarpée. Il se détourne de nouveau vers le nord-ouest, en coulant, parallèlement à sa première direction, entre deux montagnes escarpées, jusqu'aux hauteurs de Huancayo, de sorte que la province de Tayacaja (département de Huancavelica) forme une espèce de péninsule.' Enfin il se dirige de nouveau vers l'est , pour se réunir bientôt avec la rivière Apufimac.
RÈGNE ANIMAL
La province de Jauja nourrit un nombre considérable de moutons, de vaches, de cachons, etc. La ville de Lima consomme presque exclusivement les produits de cette vallée, tels que le Beurre, le Fromage, les Œufs, les Jambons, le Porc salé, les Moutons^ etc. La ville de Cerro de Pasco reçoit également ses approvisionnements de la vallée de Jauja, quand les marchands de ce pays y trouvent plus de bénéfices qu'à Lima. Il en est de môme de Huancavelica. On trouve aussi dans la vallée de Jauja les animaux que Ton rencontre dans les autres provinces, savoir : des LlamaSy des Vigognes, des HuatmcoSy des Alpacasy des Vaclies, etc., et, parmi les oiseaux, des Perdrix, des Poules, des Pigeons, etc., en nombre considérable.
RÈGNE VÉGÉTAL
A l'exception des arbres et des céréales, qui demandent une température élevée, on récolte dans la vallée de Jauja un assez grand nombre de grains. Le Maïs, le Blé (moins abondant depuis 1824, époque à laquelle il a commencé à devenir plus rare) , les Pommes de terre, les Ocas, les Arracacfias, etc., sont les principales productions végétales. La Bataie et la Yucca, qui demandent un climat plus chaud, n'y sauraient croître. Les fruits
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ont une savear un peu aigre et même désagréable. On peut dire que la vallée de Jauja est le magasin d'approvisionnement de Lima et de Cerro de Pasco.
I<es gros arbres et les bois de construction sont très-rares. Quelques Saules et quelques Aunes, une seule espèce de Cèdre, et quelques Molles, forment toute la richesse végétale de cette charmante vallée.
BÈfiNE HUféftAL.
Cette province est également pauvre en métaux. 11 y a néanmoins plusieurs mines importantes, telles que celle de Quero, qui est assez productive. Rivero a reconnu dans ■ celte mine la présence du Sulfure d'antimoine. Le produit des mines de Jauja, y compris celle de Yauli, était de 35 à 30,000 marcs par an.
On y trouve aussi des mines de Fer, de Cuivre, de Plomb et d'autres métaux.
IHDITSTBIK. ■
■ COBIHBBCE.
On fabrique, dans ce pays, différentes étoffes destinées soit à l'usage des habitants, soit à l'exportation.
L'éducation du bétail forme l'industrie spéciale de cette vallée. Lima, Cerro de Pasco et Huancavelica sont les principaux marchés ob les habitants vont vendre les objets fabriqués et les autres genres de produits de ce paya.
ATHOSPHJtKE. — CUMAT.
L'atmosphère de la vallée de Jauja est trèspure et très-limpide : son climat passe pour le meilleur du Pérou pour rétablir les santés délabrées et guérir les maladies de poitrine. En effet, à cause de son élévation qui est de 3,000 mètres environ au-dessus du niveau de ta mer, l'air est très-rare. Ce pays est en outre une vallée ouverte, et, par conséquent, il y souffle un vent frais et très-pur. Cette disposition particulière du climat contribue & ce que les pbtbisiques et les autres malades de la poitrine rétablissent parfaitement leur santé, quand la maladie n'est pas trés-avancée. La diarrhée y est presque inconnue. En un mot, ce pays est un des plus sains que l'oD connaisse : aussi non-seulement on peut
l'appeler le magasin de Lima, mais encore la pharmacie de la capitale, et le meilleur remède pour certaines maladies. Le climat, quoique froid, est très-favorable à la guérison, parce qu'il agit alors comme tonique.
VILLE DE JAUJA.
Le plau de cette ville est bien tracé, et ses rues sont coupées à angles droits. La rue principale, ou celle qui traverse le milieu de la ville, a jusqu'à 22 varas (ou 23 mètres environ) de largeur. Cette ville est construite en briques et en tuiles. La profondeur à laquelle se trouve la rivière rend inutile le trésor de ses eaux : cet inconvénient pourrait être évité à peu de frais, si le gouvernement établissait une machine hydraulique. Vu !e manque d'eau, tous les jardins et les champs de Jauja, k quelques exceptions près, ne sont arrosés que par les eaux du ciel. En plusieurs circonstances même on a manqué de l'eau nécessaire pour boire.
CHEMIN DE PEB DE UHA A JAUJA.
Le Gouvernement a nommé, en 1860, une commission composée de D. Felipe Barreda, D. José Canevaro, D. Manuel Pardo et D. Mariano Felipe Paz Soldan, pour examiner le projet d'un chemin de fer de Lima à Jauja, et dresser un rapport sur l'établissement de cette voie" ferrée.
Ce chemin de fer aura à traverser une distance de cinquante lieues. Les 14 ou 16 premières lieues, jusqu'à Cucacbacra, et les 18 ou 20 suivantes, jusqu'à Morococha, traversent un pays entrecoupé de ravins, et de Morococha à Jauja, sur une distance d'environ 16 lieues,.le sol est trës-ondulé.
Dans le premier tiers de la ligne, la rampe est de 3,976 pieds; dans le second, de 9,937; et dans le dernier, de 3,109 ; ce qui donne, dans le premier cas, une pente de 1,30 pour cent; de 2,50 pour cent dans le second; et de 1,25 dans le troisième.
La première section est évaluée à 2,000,000 de piastres , en supposant une dépense moyenne de 130,000 piastres par lieue. La seconde section coûtera de 18 à 20,000,000 , de piastres, ta supposaut que chaque lieue
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exige une dépense de 1^000,000 de piastres ; enfin la troisième section est évaluée à 3,800,000 piastres, en calculant chaque lieue sur le pied de 200,000 piastres.
La seconde section sera la plus coûteuse^ parce qu'on aura à construire un grand nombre de tunnels et de ponts. En admettant que les stations et autres frais de matériel et de premier établissement exigent une somme de 4 à 5,000,000 de piastres , il en résulte que la ligne entière coûtera 30,000,000 de piastres, ou 180,000,000 de francs, c'est-àdire 3,000,000 de francs par lieue.
Mais que Ton réfléchisse un moment^ et que l'on se demande ce que sont 30,000,000 de piastres, quand le pays possède les ressources nécessaires pour les payer. En effet, que sont 30,000,000 de piastres quand ils doivent produire des bénéfices incalculables? quand le chemin de fer qu'ils vont créer, au-milieu de montagnes inaccessibles, sera la grande artère qui doit porter les bienfaits de la civilisation au milieu de peuples entièrement séparés de la côte et de la capitale de l'État? Quand on compare la différence qu'il y a entre un voyage de 5 ou 6 heures^ que Ton ne peut faire aujourd'hui qu'en 5 ou 6 jours, au milieu des plus grands périls et des plus grandes incommodités ; quand on songe que cette voie ferrée va relier la capitale avec une des provinces les plus riches du Pérou, où des milliers de personnes trouvent chaque année la santé, on trouvera que la dépense est peu de chose vis-à-vis des avantages immenses que l'on doit en retirer. Aussi nous ne doutons pas un instant que le Gouvernement n'entreprenne une œuvre que le pays réclame à grands cris, et qui offre tant de ressources pour l'avenir.
Ce projet de chemin de fer, comme toute grande entreprise, épouvante les hommes d'un esprit médiocre et borné, qui ne voient que des impossibilités et des obstacles insurmontables. Us répètent sans cesse : a Comment traverser les Andes? Comment franchir ces crêtes, ces précipices» ces rivières et ces plateaux immenses qui se perdent dans les nues ? Ce raisonnement pourrait avoir quelque fondement auprès de celui qui n'a jamais vu les audacieuses entreprises de l'homme. Celui qui a traversé les montagnes du Sem- |
mering sur le chemin de fer de Vienne à Trieste, sera convaincu que ces obstacles, qui paraissent insurmontables, ne sont qu'un Jeo pour l'homme civilisé d'aujourd'hui.
Les locomotives franchissent les nunpa comme le ferait un cheval ; elles ronteiit mr des voies aussi remplies de ravins que le sont nos Cordillères, sur le botd des précipices et des abtmes. Elles font mille détours, s'il est nécessaire, pour parvenir jusqu'à la cime d'une montagne (I). Les chemins de fer sont, nous le répétons pour nos compatriotes incrédules, l'œuvre la plus étonnante des temps modernes.
Le tunnel que Pon perce aujourd'hui sons le mont Cenis pour traverser les Alpes, et raccorder ainsi les chemins de fer de France et ceux d'Italie, est une nouvelle entreprise qui ne fait que confirmer encore davantage ce que nous venons de dire des chemins de fer. Le tunnel du mont Cenis, qui doit trave^ ser une des grandes chaînes de montagnes de l'Europe, aura trois lieues de longueur.
A la vue de ces travaux gigantesques, exécutés par les Européens, comment oserait-on nier encore la possibilité d'établir une voie ferrée entre Lima et Jauja? Tous les obstacles que nous avons à surmonter dans les Andes sont déjà vaincus en Europe, parla constance et l'habileté des ingénieurs, l'encouragement et la protection des gouvernements. Ayons donc une volonté énergique pour prendre une détermination définitive. Ayons confiance dans l'avenir, et nous n'hésiterons pas à entreprendre cette œuvre colossale qui donnera la vie au Pérou tout entier 1
En envisageant la question sous un autre point de vue, nous trouverons d'autres motifs, peut-être encore plus séduisants, pour nous engager à entreprendre cet inmiense travail. Nous savons que notre beau pays est rempli de métaux précieux dont les veines traversent les montagnes dans toutes les directions. II est plus que probable qu'en perçant une de nos montagnes on rencontrera dans son intérieur des veines d'argent, de cuivre ou de houille, etc., et leur exploita-
(1) Nous en avons un exemple remarquable diuk chemin de fer de Paris à Sceaux. (Note du Tradactêur,)
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couvrira largement les dépenses occa- Ses par l'ouverture du tunnel du chele fer.
quelque côté que Ton examine la quesle rétablissement de ce chemin de fer, iperçoit que des avantages, et les obsqu'elle présente sont trop faibles pour cher la réalisation de cette magnifique )rise.
is avons confiance dans le génie patrioet entreprenant du président actuel de oblique du Pérou, le grand maréchal don n Castilla : il voudra ajoutera sa gloire le réaliser cette œuvre gigantesque.
PROVINCE DE HUAMALIES.
LUUTES.
est bornée au Nord par la province litde Loreto ; à l'Est, par la province de .00 ; à l'Ouest, par celles de Poma- I9 Huari et Cajatambo du département ichs; au Sud, par celle de Pasco. Elle eues de longueur du Nord au Sud, sur large de l'Est à l'Ouest, à l'exception sieurs points où elle n'a que 12 lieues [eur.
DIVISION POLITIQUE
rovince de Huamalies renferme 13 dis- 8 cures, une ville, 13 bourgs, 23 métaiaeiend(u)y 5 hameaux (aldeas), 15 ca- (sorte d'auberge), 2 relais de poste, irges {estancias) et 3 exploitations de
ille de Llata est la capitale de la pro«
ta.
bas,
Hiiacaybamba, Huallanca,
pan, icracbuco,
Singa, Arancay, Jesus^ ChaviD,
MODZOD.
CURES
Chavin de Pariarca,
Huacrachuoo^
Jésus,
lybamba^
Singa.
Le chiffre du clergé de cette province, y compris les curés titulaires et les intérimaires, est de 15 prêtres.
PRODUCTIONS. — mnVES. — EAUX THERMALES.
Le Marafion traverse cette province, qui est une véritable vallée. On y récolte abondamment toutes sortes de productions et de céréales ; on y élève beaucoup de bétail que l'on expédie à Cerro de Pasco et à Huanuco; et on y fabrique, delà laine des moutons, etc., des étoffes du pays qui forment une des principales branches de son commerce. Le sol produit également la Coca y du bois de construction, tel que le Cèdre, etc., des Fruits, des Légumes, etc. Plusieurs gorges produisent les céréales de la Sierra, comme le Mats, mais en petite quantité. L'Est de cette province est la partie la plus fertile à cause de son voisinage de la Montana. Elle produit de la Coca, du Quinquina, du Coton, des Résinesy et plusieurs herbes médicinales.
Cette province renferme plusieurs mines d'argent, et dans la montagne deChonta,dont nous allons parler tout à l'heure, on trouve des veines de mercure. A Chuquibamba, et dans plusieurs autres localités situées sur les bords du Maranon, on recueille de l'or dans le lit du fleuve. Les principaux minerais sont ceux que l'on appelle Pacos et Soroches. A Huallanca, on a découvert des mines magnifiques de charbon de terre.
Près des bourgs d'Aguamiro et de Banos, on trouve des eaux thermales. Les bains de vapeur d'Aguamiro sont très-renonunés.
ANTIQUmÉS.
On rencontre dans cette province des rul • nés d'édifices et de monuments antiques, principalement des restes considérables de la grande route de Cuzco à Quito. •
Les ruines de Huanuco Viejo sont très-considérables ; on croît qu'elles n'appartiennent pas aux Incas, mais à une époque antérieure, car l'architecture est différente de celle des Incas. On remarque surtout la forteresse et le palais des Incas. Ces rumes sont éloignées de 2 lieues d'Aguamiro, et situées à 3,600 mètres au-dessus du niveau de la
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mer. La direction des bâtiments est de l'Est à l'Ouest. Au bourg de Chupan, on rencontre une tour construite sur une hauteur et sur les bords du Mara&on. On précipitait les criminels du haut de cette tour.
PROVINCE DE TARMA.
Cette province fut créée par une loi du 14 décembre 1855, et formée d'une partie de celle de Pasco. La ville de Tarma est la capitale de la province.
LIMITES
La province de Tarma est bornée au Nord par les provinces de Pasco et de Huanuco ; à l'Est, par la Montaûa; au Sud, par la province de Jauja, et à l'Ouest par celles de Canta et de Huarochiri , du département de Lima.
DISTRICTS
Tarma, Junin, Acobamba,
Carhuamayo,
Yaull,
Marcapomacocha.
Pour ce qui concerne les cures, nous renvoyons le lecteur à la province de Pasco.
Les productions étant les mômes dans les deux provinces, nous nous abstiendrons de faire ici des répétitions inutiles.
ANTIQUmÉS (1).
(( A partir du bourg de Chavinillo, commence un système de fortifications ou de castillos (châteaux), comme on dit dans le pays^ qui s'étend sur les deux flancs de la gorge. Je n'ai pu découvrir ce qui aurait poussé les Incas à construire de semblables remparts à l'intérieur du pays, et loin du grand chemin qui conduit à Quito. Toutefois je présume que cette ligne de forts a été élevée pour repousser les invasions des tribus qui habitent les Pampas du Sacramento, et les bords des grandes rivières qui arrosent ces immenses plaines. Une preuve à l'appui de l'opinion que j'émets ici, c'est que la forteresse d*UrpiSy située dans l'intérieur de la
(1) Rivero, Mcmoireft icieuiifique».
Montaûa^ à cinq lieues de Tuntamayo, sur le chemin de Monzon et de Chicoplaya, est la plus grande, la mieux située et la mieux construite de toutes : elle est bâtie presque entièrement en pierres de taille.
« Le premier fort que je visitai de ce côté fut celui de Masor^ près de Chavinillo. U est bâti sur une éminence : ses murailles sont en schiste micacé dont leS fragments sont liés entre eux par de l'argile. Aux angles du grand carré se trouvent des espèces de guérites rondes, construites de la môme matière, d'une hauteur ded varas (10 pieds), et toutes remplies d'ossements. Au dehors, on rencoD* tre des habitations rondes et carrées, avec des niches pratiquées dans les murailles. Le seuil est également en schiste.
a On faisait monter de l'eau jusque sur ces éminences, car il existe encore des restes de l'aqueduc.
«Sur le côté opposé, et sur l'autre bord de la rivière, on voit deux de ces châteaux : le premier est situé au sommet d'une montagne escarpée et l'autre un peu plus bas. Entre ces deux forteresses il y a plusieurs petits forts qui, de loin, forment comme une suite de gradins. Tous ces châteaux communiquent ensemble par des chemins taillés dans le flanc de la montagne.
a En suivant le cours de la rivière, dans la direction de Chuquibamba, je passai par les bourgs de Cagua, d'Obas et de Chupan. Sur toute la longueur de la route on rencontre des restes de bourgades et de châteaux antiques. Prés de Chupan, on remarque une de ces citadelles, qui possède un escalier d'une largeur considérable, solidement construit, d'une rampe peu sensible, et qui conduit jusqu'au sommet de l'édifice. »
MINE DE CHONTA.
La petite \îlle de Chonta est élevée de 4,478 mètres au-dessus du niveau de la mer. La température en est très-froide : le thermomètre descend en hiver pendant la nuit à 3"* et môme à 6^" centigrades au-dessous de zéro. On ne connaît dans ce pays que deux saisons : celle des pluies^ du mois de novembre au mois de mars, et celle des froids, qui dure tout le reste de l'année. La ville est située au pied
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du mont Chonta-Jireay et bâtie sur un terrain humide. '
Les mines principales sont des mines de cinabre (bisulfure rouge de mercure), d'où l'on peut extraire le mercure au moyen de la distillation. Ce métal se présente en veines dont la direction va du nord au sud, et dont l'épaisseur varie. On le rencontre dans les roches conglomérées, dans le sable, l'argile^ la pierre calcaire, môle avec du pyrite de fer ou Bronce^ du cuivre gris ai^entifère, du sulfate de fer et du bitume.
On croit que les Incas ont exploité ces mines, mais elles ne furent connues des Espagnols qu'en 1761 , époque où elles furent découvertes par Manuel Perez Bustamente, pendant la vice-royauté du comté de Superunda. Toutefois^ ce ne fut qu'au commencement de ce siècle, c'est-à-dire en 18i7, que l'on reprit les travaux abandonnés depuis longtemps.
En 1844, il existait 94 mines, dont i5 seulement étaient en pleine exploitation; les autres étaient abandonnées^ ou le travail était suspendu par manque de bras. En 1846, il n'y en avait plus que 9 en exploitation.
Sur 75 quintaux de minerai, on retire en moyenne 45 livres de mercure. On extrait également de l'argent.
On a rencontré des couches de houille de très-bonne qualité, quoique celle de Pasco produise une fls^me plus claire; mais la houille deChonta n'exhale pas de gaz fétide^ de sorte qu'on peut remployer sans inconvénient pour les usages domestiques.
En 1844, les fourneaux étaient au nombre
de 18 et en mauvais état, de sorte qu'il se perdait une grande partie du mercure.
Les quantités de mercure que les mines de Chonta ont produites pendant une période de quatre ans, de 1842 à 1845, s'élèvent aux chiffres suivants :
1842 35,693 livres.
1843 38,602 ? onoe.
1844 42,115 i once.
1845 23,946 et 1 once.
Pendant le mois de janvier 1846, ces mines ont produit 3,302 livres et une once, ce qui forme un total de 143,658 livres 3 onces.
Ce mercure a été employé dans les mines des départements d'Ancachs et de Junin.
Toutefois, s'il y avait de bons chemins, si les mines étaient bien exploitées, si celte industrie était protégée et s'il y avait suffisamment de bras, les mines de Chonta pourraient suffire non-seulement aux besoins du Pérou, mais môme è ceux de toute l'Amérique, puisque la couche de mercure de Chonta est la môme qui traverse Jauja^ Huancavelica, etc.
A 8 ou 113 kilomètres de distance, on rencontre Pachachaca, dont le climat est sain. Ce pays renferme des mines de mercure, d'argent et de houille. Les mines d'argent sont très-riches : elles produisent 12 marcs par caisse de minerai.
Il y a également des mines d'argent à Queropalca, Auquimarca, Huallanga.
Huallanga possède 10 mines, qui produisent par an jusqu'à 3,000 marcs (960 kilogrammes). Ces produits sont exportés à l'étranger à l'état de minerai.