VALEUR.' EN PIASTRES
BÉNiFIGES.
En 1860 on a monnayé 13,784 marcs en réaux'et demi-réaux.
La quantité de lingots entrés en 1860 à l'hôtel des Monnaies, depuis le T' janvier jusqu'au 15 décembre, s'élève aux chiffres suivants :
De Pasco 716
De Hoalgayoc 10
De Huaras. 11
De Huari l
De Pacara 1
Fondus à Lima 161
Total 890
La fabrique de gaz établie en 1855, hors de la ville,' dans un espace compris entre S. Jacinto et la porte duGalIao, est une usine qui marche sur un excellent pied,. mais le contrat passé avec les propriétaires est trop onéreux pour le public. On a calculé qu'en 1860 la consommation mensuelle de gaz atteignait le chiffre dé 3,500,000 pieds cubes, entretenant 10,^560 becs pour le compte des particiiliers, et 1,780 lanternes dans les rues Se la ville. Cette consommation avait produit un revenu de 40,000 piastres (200,000 francs) par mois.
Le télégraphe électrique fut établi en 1855, entre Lima et Callao par D. Santiago Lombardo, et à titre d'essai. On sait que les entreprises de ce genre ne produisent de bénéfices que sur des lignes qui ont à franchir de grandes distances, et où la communication est difQcile. En effet, c'est dans ces circonstances seulement que l'on sent les avantages de la télégraphie. Le gouvernement, qui payait d'abord une subvention de 200 piastres par an à cette entreprise, fût obligé depuis de la porter à 500. En 1860, on a transmis 7,676 télégrammes commerciaux et 1,230 dépêches officielles, ce qui forme un total de 8,906, ou 34 télégrammes par jour en moyenne. Sur ce total, 3,323 ont été transmis de Lima à Callao et 5,583 de Callao à Lima.
La Maison des Fous fera honneur à Lima, comme toute institution de bicnfuisance et d'utilité publique. Elle est bâtie dans uh enclos où se trouvait auparavant la maison de campagne du senor Cortez. La bienfaisance n'a épargné aucune dépense pour établir convenablement cette maison, et pour y traiter les aliénés comme des êtres mal^ heureux *qu'il faut guérir et non maltraiter.
Les hôpitaux sont très-beaux, et le service
GÉOGRAPHIE DE LA RÉPUBLIQUE DU PÉROU
ne laisse rien à désirer. Celui de 5, Andres^ pour les hommes, a été fondé par le licencié Francisco de la Molina eu J552.' Il renferme sept grandes salles et quatre petites possédant 400 lits, et il est desservi par les meilleurs médecins -de la capitale.
Celui de Santa Ana^ pour les femmes, a été fondé en 1549, par Geronimo Loaiza, premier archevêque de Litna, pour y soigner les Indiens malades. C'est en 1841 qu'il a été destiné aux femmes; il renferme plus de 300 lits.
L'hôpital de S. Bartotoméy pour les militaires, fut fondé en 1661, par le doyen Cabrera qui l'avait destiné aux mulâtres des deux sexes. II contient onze salles et plus de âOO lits. La Maison des orphelins fut fondée, en 1603 avec les biens laissés par D. Luis Ojeda. Ces pauvres créatures sont assistées dans cette maison avec les soins les plus tendres. C'est surtout à la philanthropie et au dévouement de la senora Agûero, qu'on est redevable de sa prospérité et du bon état dans lequel il se trouve, •
La ville renferme encore d'autres institutions de bienfaisance, mais elles occupent un rang tout à fait secondaire.
Le théâtre n'est pas digne d'une ville et d'une capitale comme Lima : d'une architecture de mauvais goût, pour ne pas dire plus, il est d'ailleurs trop petit, et tout y respire la .\étusté. Il possède trois rangs de loges, sans compter celles destinées aux femmes, et le parterre. II peut contenir au plus 2000 spectateurs. Il fut fondé en 1602, par Juan Gutierrcz Molina, dans la rue appelée de la Comedia Vieja (la vieille comédie), il a coûté 58,000 piastres, et fut depuis, c'est-àdire en 1662, transféré dans le local qu'il occupe aujourd'hui. Les dépenses de cette nouvelle salle s'élevèrent à 62,132 piastres
Le Panthéon est un superbe monument :
il fut bftli en 1807, par le vice-roi Abascal, suivant le plan du célèbre D. Mathias Maestro, prôlre et architecte. Cet édifice renferme d'admirables mausolées : on distingue entre tous, pour sa magnificence et sa belle exécution, celui de D. Vicente Hocafuerte, qui fut président de la République de l'Equateur.
Spr le lieu môme où se trouvait-autrefois le couvent de la Conception, on achève ac-
tuellement une place pour y installer le marché de Lima. La ville est redevable de cette entreprise au zèle énergique de D. José 6. Paz Soldan, qui était alors ministre. Blalheureusement ce travail se prolonge trop, et coûte par conséquent plus cher q[u'U ae de\Tait (1).
Le quartier de l'Artillerie ou Fort de Sanla Catalina est en assez bon état. Il fut construit en 1806.
Il y a encore deux autres quartiers pour la
cavalerie hors de la porte de Barbâmes; h,
caserne appelée Colegio RecU (collège royal)
sert à loger l'infanterie. Elle peut contenir
. deux bataillons de 500 hommes.
La fabrique de Tocutjos (toile de coton) a été b&tie près du Paseo de Aguas (promenade de l'Eau) et de la Alameda de lot DescalsM (avenue des Déchaussés), parles capitalistes Herce, Santiago et Cajigao, pour tisser le Uh cuyo. Malheureusement le travail est inta^ rompu aujourd'hui.
La fabrique de papier fut établie en 1847, par les scnores Villota et Amunategui. Elle ne produit presque pas de bénéfices; aussi ne fournit-elle de papier que pour le journal el Comercio.
La fabrique de soie a été établie par le vertueux senor Navarrete : mais depuis sa mort, les travaux sont interrompus.
Les hôtels sont nombreux et bien servis dans la ville de Lima. Nous citerons spécialement celui du senor Maury.
COUVENTS. — ÉGLISBS.
Les églises et les couvents de Lima par leur étendue, leur belle architecture, qui est généralement le style de la renaissance, leur magnificence et leurs richesses extraordinaires, méritent assurément une place distinguée dans notre ouvrage.
Les églises les plus remarquables sont S. Pedro , S. Francisco , S. Agustin , la Merced, Santo-Domingo, avec sa tour élégantei la plus élevée de toutes. On déploie dansées églises, à l'occasion de certaines cérémonies religieuses, un luxe vraiment oriental.
(1) Cette place est aujourd'hui tenuinée, et on j t transféré le marché de Lima.
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iz premières vêpres et le jour de Notree du Rosaire, on voit brûler, dans l'église anto-Ddmiogo , cinq mille cierges en- I, placés sur des candélabres et des es de cristal du meilleur goût. Les lussont accrochés à la voûte de Téglise au m de sculptures rares et bien exécutées. [ue office coûte environ six mille pias- [aO,000 francs), i voit ie môme magnifique spectacle
les couvents de la Merced et de San »Un, le jour du patron de ces églises, murs du temple sont tapissés à l'intè- " de tentures de velours de soie cramoigarnies de franges d'or à la partie infé- *e,
!s candélabres d'argent massif;, des enoirs du même mêlai, et un grand nombre très objets précieux, font l'ornement de églises. Il • faut ajouter encore à toutes richesses- les ostensoirs, les ciboires, les es, les patènes d'or, les chasubles de la : la plus fine , qui resplendissent de îs parts, et en un mot une foule de es magnifiques qu'il serait trop long d'éérer. - .
ce déploiement si grandiose de richesses irielles vienti s'unir la douce et attendrisr mélodie des instruments de musique ss orgues. Les musiciens sont pour la art d'habiles artistes italiens.
int-Pierre de Rome, seul, présente un beau spectacle : et encore nous doutons
puisse rivaliser avec le luxe déployé l'église de San Agustin le jour de la fête otre-Dame de Barhaneda. Pendant huit ; consécutifs, avant le 8 septembre, on ire des offices d'une magnificence extralaire, qui frapperaient les Européens innement pour les dépenses qu'elles ocmnent. Chaque jour la Vierge change de :eau,-et la valeur moyenne de chacun c, est au moins de 1,600 piastres (8,000 is). Quelquefois môme on en a vu qui ont & 3,000 piastres (15,000 francs) à cause liamants, des rubis et autres pierres prêtes dont ils étaient ornés, s senoras Ramirès, remplies d'enlliouae religieux sont chargées d'organiser
fôte, et chaque année elles s'efforcent $ surpasser elles-mômes, etvde déployer
toujours de nouvelles et plus grandes magnificences.
Voici le nombre des églises de Lima :
Onze dans les couvents de réguliers ; treize dans les monastères de femmes; quatorze dans les béguinages; dix actuellement fermées; quatre chapelles d'hûpitaux, ^t dixhuit autres églises.
En résumé, Lima ne contient pas moins de soixante-dix temple.
Nous allons en dohner le détail.