VALLEE DE PAMPAS
Cette petite vallée est presque enfermée entre les premiers contre-forts de la Cordillère orientale; elle a à peine 4 à 5 lieues de long sur une et demie de large. L'alluvion dont elle est remplie provient nécessairement des débris schisteux des montagnes voisines : c'est mie argile brute, très-ferrugineuse, et qui ne contient qu'un petit nombre de galets, que les innombrables torrents d'hiver ont arrachés aux flancs des montagnes et roulés dans leurs flots.
A trois lieues au sud du bourg de Pampas la vallée se resserre et s'encaisse profondément, et toutes les eaux de ce bassin viennent se réunir à la rivière Mayoc.
En sortant de la vallée de Pampas, le Mayoc se dirige vers Huanta, pénètre au milieu de montagnes appartenant à la Cordillère orientale. Jusqu'au bourg de Piscas, à six lieues de Pampas, on ne rencontre que des schistes de nature et de couleur trèsvariables, et d'autres schistes chloriteux verts de diverses espèces. Ils sont traversés par de petites veines de carbonate de chaux lamellairei et par une foule innombrable d'autres petites veines de quartz blanc qui se coupent en tous sens.
BUNES D'ABGENT.
A une lieue de Pucas, au sommet d'une montagne, se trouve une mine d'argent exploitée autrefois. Le minerai consiste en une argile ferrugineuse, comme les pacos de Pasco : ils contiennent de 0,002 h 0,003 d'argent, n y a encore, aux environs de Pucas, des veines de pacos et de galènes plus ou moins argentifères.
De Pucas à Colcabamba, c'est-à-dire sur une distance de 4 lieues^ on rencontre successivement des schistes de couleurs trèsvariées, des porphyres bigarrés, des conglomérats porphyriques, et des calcaires noirâtres traversés de petites veines de spath blanc cristallisé.
Un peu avant d'arriver à Colcabamba, le terrain stratifié disparaît : il est remplacé par des roches granitiques bien caractérisées, dans lesquelles les grains de quartz et les cristaux de feldspath sont très-volumineux.
La couleur générale de là roche est d'un blanc jaunâtre qui tire quelquefois sur le rose.
En allant de Pucas à Huanta, sur un espace de dix lieues, on rencontre le granit formant une éruption longitudinale, dans la direction du nord au sud, au milieu de terrains stratifiés, métamorphosés et soulevés dans tous les sens.
De Paucarbamba àCharcampa, c'est-à-dire sur une distance de 8 lieues au sud^ la route traverse les derniers contre-forts de la Cordillère orientale. Le terrain contient des calcaires compactes, gris ou presque noirs, des porphyres rouges, des conglomérats et des poudingues porphyriques, et une espèce de ' tuf porphyrique gris, qui ressemble beaucoup au trachyte.
VEINES ABOENTIFÊBES.
A une demi-lieue de Paucarbamba on rencontre beaucoup de veines argentifères qui traversent les couches de porphyres à moitié décomposés de la montagne de Pampalca (Cerro de Pampalca) ; les minerais se coinposent de galène et d'un mélange d'argile, de carbonate et de sulfate de plomb terreux tachetés par l'oxyde de fer. Ces derniers contiennent plus d'argent, et on les appelle PacoSy nom souà lequel on désigne tous les minerais oxydés et terreux qui n'ont pas besoin d'être chauffés pour être soumis à l'amalgamation. De deux échantillons analysés par M. Crosnier, le premier a produit 0,004 et le second 0,005 d'argent.
En partant de Charcampa on descend une côte de deux lieues jusqu'au bourg de Mayoc^ en traversant des terrains composés de nombreuses assises porphyriques, de tuf, de porphyres rouges, de grès et d'argile schisteuse de différentes couleurs. Les couches, en gé- • néral inclinées de të^k l'ouest, et quelquefois môme presque verticales, sont d'une faible puissance, et dans les ravins, où la roche n'est visible que sur une largeur de 5 à 6 mètres, on peut compter jusqu'à 35 couches différentes les unes des autres, par leur nature, leur consistance et leur couleur. Quelquesunes n'ont que 0°*,05 d'épaisseur, et consistent en grès lamellaire et en argile schisteuse. Le terrain est désagrégé jusqu'à une profon-
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deur considérable, et transformé en argile bigarrée, sans consistance, au milieu de laquelle d'innombrables torrents ont creusé leur lit souterrain.
Au bourg de Mayoc, le rio Iscuchaca prend le nom de Mayoc et coule entre des montagnes dont la base est formée de porphyre rouge obscur. Cette rivière prend sa source dans un petit lac du département de Jumn, situé sur un des plateaux de la Cordillère, au sud du Cerro de Pasco, où les deux chaînes des Andes se réunissent pour former un nœud. Le Mayoc descend ensuite dans la vallée de Jauja, qu'il traverse dans toute sa longueur ; au dessus de Huancayo il se précipite entre des montagnes escarpées, et, après vingt lieues d'un cours sinueux^ où il a reçu divers affluents, entre autres ceux de la vallée de Huancavelica, il pénètre dans le bassin d'Ayacucho. Il continue son cours vers le sud-est pendant .un espace de deux lieues, et grossit ses eaux de toutes celles du bassin ou vallée d'Ayacucho, réunies dans le lit du rio Uuafpa.
Le Ifo^oc fait ensuite un détour à l'est, entre dans la Cordillère orientale, qui s'ouvre à peine pour lui livrer un passage ; il se précipite ensuite par un ravin sinueux et profondément encaissé ; il se détourne de nouveau vers le nord-est , et coule parallèlement à sa première direction jusqu'à la hauteur de Huancayo, entre deux montagnes escarpées, de manière que la province deTayacaja forme ainsi une espèce de péninsule. Enfin le Mayoc fait un nouveau détour vers l'est pour se réunir bientôt avec VApurimac.
TERBALV D'AIXCVIOSr.
Sur la rive gauche du Mayoc, en partant du pont d'osier suspendu, on trouve, sur un espace de plus de 3 lieues, une alluvion considérable, formée par la rivière. Ce terrain est, en général, de couleur Touge-violetle ; il présente une alternative de couches horizon'^ taies d'argile et de cailloux roulés*
MIXES DE HUAILLAV.
Aux etivirons de Huanta, au milieu des premiers contre-forts latéraux de la Cordillôre
orientale, se trouve la tribu des Indiens y^gutchanos. Leur territoire contient plusieurs mines exploitées autrefois, et abandonnées aujourd'hui, à l'exception de celles du district de Huaillay, situé à 6 lieues de Huanta, dans l'intérieur de la Cordillère, aumilien des Yquichanos. Les mines que ron exploite dans ce pays depuis vingt ans se trouvent en bon état.
C'est à Pachanga que l'on travaille les uAnerais; mais, pour arriver dans ce pays, il faut traverser deux contre-forts latéraux de la Cordillère, et deux ravins profonds qui vont se terminer au nord, sur les bords du rio Mayoc. Le terrain est absolument semblable à celui que l'on rencontre en partant de Pampas, c'est-à-dire du porphyre bigarré, des schistes, des calcaires, etc.
La montagne de Ballesteroi (Cerro de Ballesteros) est la plus riche du district de Huaillay. Les couches de terrain^ peu inclinées, sont de calcaire comme celles de Pachanga. La mine la plus importante de cette montagne est celle connue sous le nom de San Juan de Dios^ qui, à plusieurs époques, a produit une grande quantité d'argent en minerai, et quelquefois même des lingots massifs.
Le minerai que l'on extrait aujourd'hui de la mine de San Juan de Dios se compose d'un mélange de galène, de blende ou sulfure de zinc, et de pyrites de fer arsenical ; ce mélange est mamelonné et lamellaire : il contient une certaine quantité d'argent, probablement combinée, et qui varie de 0^005 h 0,0i5.
Au milieu du minerai qui ne contient pas d'argent visible , se trouvent quelquefois différentes combinaisons d'antimoine et d'ar-
gent qui contiennent jusqu'à 75 pour cent de ce dernier métal, sans mélange de gangue; de l'argent natif ramifié, de l'argent antimonial disséminé dans la galène et le carbonate de chaux lamellaire. On y rencon* tre aussi une assez grande quantité d'ai^nt rouge et d'argent sulfuré, intimement môle avec l'argent antimonial.
Suivant M. Crosnier, qui a analysé les minerais de San Juan de Dios, à Pachanga, ces minerais contiennent toutes les combinaisons naturelles de l'argent^ à l'exception do chlo-
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rure, du bromure, de Tiodure et de l'argent bismuthal; et, parmi ces combinaisons, deux ou trois alliages d'antimoine et d'argent en proportions diverses, qui constituent sans doute des espèces minéralogiques nouvelles et bien caractérisées. Outre la mine de San Juan de Dios, on exploite encore aujourd'hui d'autres mines dans le Cerro de Ballesteros, mais avec moins de bénéfices. Nous citerons spécialement les mines de San Pedro et de Santa Catalina,
A deux lieues de Pachanza, près du rio Majoc, on exploite encore la mine de Pallea, au milieu d'un terrain composé de porphyre. Quelquefois les minerais de Pallea renferment une assez grande quantité d'argent massif avec une gangue de quartz.
L'exploitation de ces mines est, suivant M. Crosnier, tout à fait grossière et barbare : elle consiste uniquement à broyer le minerai mêlé de mercure entre des meules de porphyre, et à le laver dans une cuve à travers laquelle passe un courant d'eau rapide. II arrive, en conséquence, que les lavages contiennent beaucoup d'argent, de mercure^ de galène, etc.
MINE DE NINÔ-BAMBA.
Cette mine, exploitée pa^les Espagnols dès l'époque de la conquête^ se trouve à 15 lieues de la Tille d'Ayacucho, et à 4 ou 5 du faite de la Cordillère occidentale. Les plus riches gisements de cette mine sont : le San Larenzo, la Desesperada et la Trinidad, La puissance des veines varie de 0™,20 à 0",10, et le minerai des deux dernières, qui est presque identique, se compose d'un mélange de pyrite de fer et de blende cristallisée, de galène lamellaire et de cuivre gris compacte, disséminé dans la masse qui est presque entièrement à l'état de sulfure d'argent.
Un échantillon de la mine de la Trinidad^ analysé par M. Crosnier, contenait 0,01 d'argent; comme le cuivre gris formait environ la dixième partie de la masse composée, en grande partie^ de pyrite de fer et de blende, on peut supposer, sans crainte de se tromper, qu'elle contenait aussi, au moins, un dixième d'ai^ent.
La mine de San Lorenzo est située au som-
met de la même montagne. La roche dans laquelle elle est située est entièrement différente : c'est une espèce de porphyre à grains quartzeux. La veine récemment découverte a une direction verticale du sud-est au nordouest. Sa puissance réelle est de 0",05 à 0^,06. La gangue est exactement le même grès métamorphosé qui forme le sommet dç la montagne. La veine exclusivement métallique, qui se trouve au centre, se compose de mispickel lamellaire, ou bien de cristaux isolés dans les géodes de blende et de galène, et, enfin, d'argent rouge antimonial. La roche qui contient cette veine est si dure, qu'on a été forcé d'en abandonner l'exploitation malgré sa richesse.
A San Pedro de Coris on exploite six mines de plomb, qui produisent âO à 30 quintaux par mesure de minerai {eqjon). R y a également deux mines d'argent^ qui produisent 4 à 5 marcs par cé^an, et une troisième qui en rend jusqu'à 50. Enfin on y trouve encore une autre mine d'argent appelée Patiluna, qui fournit 4 marcs. A Otobamba il y a aussi une mine d'argent qui ne produit que 1 marc et même la moitié d'un. La mine d'argent de Atillanqui est abandonnée.'