‹ Géographie du Péron, corrigée et augmentéeChapitre 135 sur 321 · CONSTITUTION PHYSIQUE · texte numérisé non relu

CONSTITUTION PHYSIQUE

iviëres A^Ayaeucho et de Huarpa cou- ; pied des derniers chaînons ou contrei la Cordillère occidentale. Le sol est constitution différente de celui de velica, car depuis Huanta jusqu'à la

Pacaicasa, on ne rencontre que des caires et marneux, des argiles et des

durcies, et quelquefois môme des analogues au trachyte, mais plus

et de couleur blanchâtre. Les count sensiblement horizontales, et, sui-

Crosnier, leur formation est postéà l'époque du soulèvement des Cor-

lus remarquable de ces roches est iii constitue une colline escarpée au i bourg de Pacaicasa : sa puissance est 3n 200 mètres, et sa stratification 3 horizontale ne se remarque qu'à une s distance. Vers le sommet de cette

on aperçoit une roche blanche qui les yeux : elle parait composée de

marneux qui renferme de petits de forme irrégulière : les uns, blancs la neige, semblent être des cristaux >path désagrégé; les autres sont durs ]ue noirs. Cette colline présente très- «ment les caractères de roche volcaît elle peut être désignée sous le nom orphyrique, suivant M. Crosnier.

ille d'Ayacucho est bâtie sur des d'origine volcanique, qui forment au la ville des couches assez puissantes {ue horizontales. Ces roches forment 3èce de masse compacte d'un gris Cette formation, d'où l'on tire la plus

grande partie des pierres de construction d'Ayacucho, est recouverte dans le voisinage de la ville d'une couche de plusieurs mètres d'épaisseur, formée par une roche noire, poreuse et scorifiée, très-semblable aux fragments disséminés dans les couches inférieures.

VILLE D'AYACUCHO.

Cette ville a été fondée, en 1539, par Francisco Pizarro» qui lui donna le nom de Huamanga. Ce mot vient de Huamanccaca qui, en quichua, signifie rocher des faucons. Le conquérant du Pérou la fonda malgré l'opposition des habitants de Lima et de Cuzco. L'emplacement qu'elle occupait lors de sa fondation n'est pas le môme que celui où elle s'élève aujourd'hui : elle fut bâtie primitivement dans le lieu appelé QuinuO' Cocha (lac de Quinua). Elle possède une Université fondée en 1677, un séminaire, et le collège de San Ramon. La ville est assez belle, ses rues sont bien alignées, et sa population est de 20 à 25,000 habitants. La Grande Place [Plaza Mayor) est entourée de galeries couvertes où se fait le commerce. La cathédrale est assez jolie et remplie de dorures. L'hôpital possède 70 lits pour les hommes, 42 pour les femmes et une rente de 6,000 piastres par an.

Les habitants d'Ayacucho se distinguent par .leurs talents pour la sculpture : on est étonné de rencontrer à chaque pas des hommes du peuple qui, sans instruction et sans instruments convenables, taillent des figures charmantes dans une pierre que l'on appelle pierre de Huamangay et qui est une espèce de marbre. Si l'on fondait une école de sculpture , il en sortirait de très-bons artistes.

Suivant la tradition, Huamanga vient de Huamancaj qui en quichua signifie rassasie^ toi^ faucon , paroles que l'Inca Viraccocha adressa à son faucon en lui donnant de la chair à manger, dans le temps où il faisait la guerre aux habitants du pays. D'autres croient que le nom de Huamanga vient de Uiux,manccacay qui signifie rocher du faucon. Le nom d'Ayacucho vient de ce qu'à l'époque de la conquête du pays par les Incas» le

GllX>GRAi>fltE DE LA RÉPUBLIQUE DU PÉROU.

combat fut si terrible que tout le champ de bataille fut couvert de cadavres : on donna alors à ce lieu funeste le nom quichua à'Ayucvcho, c'est-à-dire coin det mortt. Le nom de la gorge A'Ayahuarcvna, prés d'Ayaciicho, lui vient de ce que les naturels, s'étant soulevés, pendirent tous les chefs des Incas : en effet, Ayahnarcvna, eu quichua, veut dire (e lieu où fan pend tes cadavres.

Ayacucbo compte plusieurs personnages illustres. Alcedo cite spécialement Dodu Maria Tercsa de Munive, marquise de Feria, femme trés-érudite, qui 'connaissait la philosophie, les humanités et un grand nombre de langues.

De nos jours vivait D. Antonio Garcia de los Godos, savant véritable : sa tëLe était une bibliothèque ambulante. Son érudition était si étendue, que l'on ne pouvait le consulter sur une question sans qu'il donn&t sur-le~ cbnmp quelques renseignements. Son application BU travail était si grande que, pour ne pas s'endormir quand il étudiait, il tenait um pierre dans la main, altn de pouvoir se réveiller par le bruit de sa chute dans un bassin rempli d'eau placé à ses pieds. On nous assure qu'il a laissé plusieurs ouvrages manuscrits, et, dans ce cas, il est à regrclter qu'on ne se donne pas la peine de les imprimer, car la gloire de ses œuvres rejaillirait sur le Pérou.

Ayacucbo est la résidence de l'évéque du diocèse. Ayacucho fut érigé en siège épiscopal par des bulles de Paul V, expédiées le 20juilletl609etlelGjanvier16]2, etpnrune Cédule royale de Philippe III. Ce nouveau diocèse fut alors composé'de plusieurs provinces, qui avaient appartenu jusque-là au diocèse de Cuzco.

Suto Domingo, LuMerwi,

San FraDcisco, San Juan de Dios(EI6|ii(a1),

San Aguslin, La Compa^ia.

MOXASTÈBES (supprimés).

Santa Clara, Et Carmen.

Le nombre total des églises et des chapelles est de a. La ville est divisée en trois pa-

roisses : le Sagtario (chapelle annexée h li cathédrale, et servant & l'administration des sacrements], Sanfa^^no i\,\iMagdaleiia.\jt chapitre se compose de 8 chanoines.

Vingt-six évëques ont gouverné cette église jusqu'en l'année 1787, époque à laquelle les renseignements nous manquent; savoir:

Élat. H^.

DonFray AgustiDCarvajal. . . leil — leu

DoD Francisco Verdugo 1633 — leJt

Don Fray Gabriel de Zarale. . . I«3S — 1617 Don Fray Antonio Conderina. . l«4s — Don Aulonio de Castro del Cas-

t'Ilo N'a pM acwp!f.

[)an Andm Garcia de ZnriU. . IB4S — ruo Don Fraocitco Godoy.'. .... 1050 — Don Fray Cipriano de Médina. .

Don Vaico do Contrerai. . . .

Don Sancbo Pardo de Aodrade y

FigueroB

iXiQ Diego Ladron de Guevara..

Don Diego Deiay Ulloa. . . .

Don Fray AltoDBoRoldan.. . . 1713 — 174g

Don Fray Francisco Galeano . - 17tl — 17U

Don Miguel Bernardode laFuen-

Don Francisco Gulierrea. . . . |74s — I7tl

Don Felipe Haorique de Lara. . I75D ~ 17U

Don Fray Joeé LuiadeLila. . . 17M — 1711

Don Uiguel Moreno y Ollo. . . 1771 — 17tl Don Francisco Lopei, Abad de

Motril 178J —

PRODUCTIONS

Ce pays renferme toutes les produclions des climats froids et tempérés.

La ville d'Ayacucho est entourée de Tuao- /««(cactus), à tel point qu'un grand nombre d'habitants ne se nourrissent presque que de ce fruit. On croit que les peUtes épines dont les feuilles sont couvertes, emportées par le vent, attaquent les yeux, et que c'est Ik la raison pour laquelle il y a beaucoup d'aveo- (;les dans le pays.

On trouve également, dans ce pays, la cochenille, qui un jour sera un de ses produits les plus considérables.

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