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DISTRICT DE LORETO

Le district de Loreto se trouve situé sur les frontières de la République du Pérou et de ^empire du Brésil. Il est formé par les petits bourgs de :

Loreto et de Caballococba.

et par les villages de :

Mosmorote et de Camucberos.

io LORBTO.

Le bourg de Loreto, situé sur la rive gauche du fleuve des Amazones^ n'a d'autre importance que d'avoir donné son nom à la province littorale , parce qu'il est la dernière possession péruvienne à PEst, et qu'il sert de limite entre le Pérou et le Brésil.

Sous le nom de Loreto, on comprend tout un territoire occupé par différents villages : mais le véritable bourg de Loreto , dont le nom est si célèbre, n'est formé que de dix ou douze maisons, assez éloignées les unes des autres, et bâties sur un terrain très -inégal. Ses habitants, au nombre de 80 à 100, sont presque tous Portugais ou Brésiliens.

Dans les environs, il y a un grand nombre de villages indiens (Rancherias), appartenant à la tribu des Ticunas^ et connus sous le nom de:

Amacayacu, Tauma,

Caillaru, Yanayacu et

Cuchillococha.

On donne généralement le nom de Loreto à l'ensemble de tous ces petits villages^ possédant un total de 300 habitants, dont l'occupation consiste à tisser des hamacs, à pré-

parer du poison et à recueillir les diverses productions des forêts voisines.

2o CABALLOCOCHA.

Le bourg connu sous le nom de Caballoeocha (c'est-à-dire Lac du cheval)^ est situé à six ou sept lieues en deçà de Loreto, sur le bord d'un lac assez considérable , à un peu plus d'une lieue de la rive droite de l'Amazone. Caballococba est un chef-lieu de missions : il est bâti sur un terrain uni, et habité par des Indiens de la tribu des Ticunas. Ce bourg a une population de 150 à 200 habitants : ces Indiens sont d'un caractère trèsinconstant, et changent continuellement de village : ce qui explique cette fluctuation dans le chiffre de la population.

5<> MOSMOROTE.

Mosmorote n'est qu'un petit village dlndiens de la tribu des Ticunas, situé sur la rive droite de l'Amazone, à cinq lieues au-dessus de Caballococba. La population ne s'élève pas au-dessus de 30 à 40 individus.

40 CAMUCHEROS.

Camucberos est également un petit village d'Indiens, de la tribu des Ticunas, situé sur la rive droite de l'Amazone, à trois lieues au-dessus de Mosmorote. Il renferme environ cent habitants, dont la principale industrie consiste à fabriquer du poison, connu sous le nom de poison ticunaj parce qu'il est composé par les Indiens de la tribu de ce nom.

GÉOGRAPHIE DE LA RÉPUBUQUE DU PÉROU

OIZIËIE DISTRICT.

DISTRICT DE SARAYACU.

Le district de Sarayacu comprend toutes les localités situées sur les bords de la grande rivière Ucayali. Ce district, qui actuellement se trouve isolé de tous les autres, est appelé à devenir plus tard un des plus importants, quand on aura établi la navigation à vapeur sur rUcayali.

Le district de Sarayacu est composé des bourgs de

Sarayacu, Tierra Blanca ou Yuracallpa,

Yapaya,

et d'un grand nombre de villages indiens, parmi lesquels nous citerons :

Bepuano, Gontumana, Charasmana, Callaria,

Santa Rita, Lima Rosa, ou

Santa Rosa de Lima, Jésus-Maria.

Belen et Canchahuaya n'existent plus aujourd'hui.

1» SARAYACU.

Le bourg de Sarayacu est situé à une lieue de la rive gauche du rio Ucayali, et à quatrevingt-dix lieues environ au-dessus de son confluent avec le Maranon. Sarayacu est un chef-lieu de missions, fondé en 1790 par le H. P. Girbal, avec quelques familles indiennes de la tribu des Setebos, Depuis cette époque, ce bourg a vu augmenter continuellement sa population, de sorte qu'en 1859, quand je passai par cette localité, Sarayacu renfermait une population de 1,030 habitants.

La population actuelle de Sarayacu est trèshétérogène : on y rencontre des individus de presque toutes les tribus indiennes qui habitent les bords de l'Ucayali. Néanmoins sa population peut se diviser en trois parties principales :

Les Panos, Les Omaguaset Les Llameos ;

mais ces derniers se sont mélangés avec les autres, de sorte qu^à l'époque de mon passage à Sarayacu, il n'y avait plus qu'une femme pur sang de la tribu des Llameos.

Outre ces trois tribus principales, on rencontre à Sarayacu quelques individus des tribus suivantes :

Setebos, Sipibos, Conibos, Amahuacas,

Remos, Campas, Mayorunas et Capanabuas.

Ënfm on trouve à Sarayacu quelques Indiens des tribus riveraines du rio Huallaga.

Le bourg de Sarayacu jouit d'un bon climat : il est bâti sur un terrain élevé et sablonneux, qui, par sa grande perméabilité, se trouve complètement sec, peu de temps après les plus grandes pluies. Les maisonssont nombreuses et situées à une certaine distance les unes des autres, de sorte que le bourg occupe une étendue de terrain assez considérable. L'élévation de Sarayacu, au-dessus du niveau de la mer est de cent quatre-vingt-onze varas (160 mètres).

A la distance d'une cuadra (100 mètres) au sud de ce bourg, passe une petite rivière, appelée Cano de Sarayacu, Celle rivière ou canal naturel est navigable même pour les embarcations, au moment de la crue; mais, pendant l'été, elle renferme à peine assez d'eau pour les petits canots. A une autre époque, vers la fin du siècle dernier, le bourg de Sarayacu possédait plus d'eau qu'aujourd'hui, parce que, par la vallée du Cano^ passait aussi la rivière qui porte également le nom de Sarayacu; mais cette rivière, ayant changé de Ut^ se jette actuellement dans l'Ucayali un peu plus au sud du Cano.

APPENDICE

Sarayacu possède un grand édifice appelé El ConventOy où résident plusieurs Pères franciscains , chargés de toutes les missions de rUcayali. Ces missionnaires tiennent également dans leur couvent une école, où ils enseignent à lire et à écrire à un grand nombre d'enfants.

2® TIERRA BLANCA OU TURAC-AIXPA.

La localité de Tierra-Blanca porte également le nom de Yurac-Allpa ou Yuracallpa (de yuracy blanc et de allpa, terre). C'est un chef-lieu de missions, fondé, il y a environ vingt ans, par le R. P. Plaza, avec quelques Indiens de la tribu des Panos, qu'il emmena de Sarayacu. Tierra Blanca est située sur la rive gauche de rUcayali , à peu de distance de Sarayacu, c'est-à-dire à environ une journée de navigation en aval. Peu à peu, d'autres familles se sont agglomérées dans ce pays, et dans un recensement, fait en 1857, on a constaté que Tierra Blanca possédait environ 150 habitants; aujourd'hui il y en a environ 200.

Un Père missionnaire de Sarayacu réside ordinairement à la mission de Tierra Blanca.

5o TAPATA.

La localité appelée Yapaya n'est guère qu'un village (Caserio), situé à quatre ou cinq lieues, au Nord de Sarayacu, sur la rive droite de la petite rivière de Santa-Catalina, à qui l'on a donné également le nom de Cano Yapaya. Ce village est habité par les Indiens Panos, et sa population ne s'élève pas à 100 habitants.

4» BEPrANO.

Ce village a été fondé en 1803 par le R. P. Fray Pedro Garcia, avec quelques familles dlndiens de la tribu des Piros, qui, par les soins du P. Marquez, s'étaient déjà réunies à Canchahuaya. Bepuano est situé dans une lie du rio Ucayali , à cinq ou six lieues audessus de Canchahuaya, village aujourd'hui abandonné, dont nous parlerons ci-après. Au commencement de ce siècle, Bepuano renfermait environ 150 habitants, mais depuis sa population a toujours été en diminuant.

En 1845 et en 1856, un certain nombre de

personnes moururent d'une épidémie qui régna dans presque toutes les localités riveraines de rUcayali. Alors tous les Indiens abandonnèrent le bourg de Bepuano et allèrent s'établir sur les rives du rio Cucciabatay. Toutefois, en 1859, ils vinrent se réunir de nouveau au village de Bepuano.

K» GONTUMANA.

San Buenaventura de Contumanà est une petite localité, fondée en 1807 par le R. P. Marquez avec quelques familles d'Indiens de la tribu des Conibos. Ce petit village est situé sur la rive droite de l'Ucayali, à sept lieues au-dessus de Bepuano. Peu de temps après sa fondation , il renfermait environ 150 habitants; mais, depuis l'indépendance du Pérou, il avait été complètement abandonné. Cependant, en 1858, deux familles d'Indiens de la tribu des Sipibos sont allées s'y établir.

6» CHARASMANA.

Le bourg de Charasmana a été fondé en 1809 par les RR. PP. Fray José Baro et Fray Tomas Alcamaza, avec quelques familles indiennes de la tribu des Sipibos. Charasmana est situé sur la rive gauche du rio Pisqui. Quelques années après sa fondation, il renfermait, en y comprenant plusieurs groupes de cases indiennes, situées dans les environs^ une population de plus de 400 habitants; mais aujourd'hui ce bourg est presque complètement abandonné.

70 CALLARIA.

Le nouveau village de Callaria a été fondé en 1859 par le R. P. Fray Don Vincente Calvo, avec quelques familles indiennes, venues du bourg de Santa-Catalina. Ce village est situé sur le bord du rio Callaria qui lui a donné son nom, et à un jour de navigation en amont de son embouchure dans l'Ucayali.

L'infatigable et intelligent P. Calvo a réalisé, par la fondation de Callaria, le projet qu'il nourrissait depuis longtemps d'établir un bourg entre Sarayacu et l'embouchure du Pachiteac, dans le but de former d'abord un lieu de repos et de ravitaillement, quand la navigation serait établie sur les rios Ucayali

4» CHAYAVITAS.

Le bourg de Chayavitas est situé sur la rive gauche du rio Paranapuras, et non loin de sa source. Il est éloigné de sept ou huit lieues de Jeveros , distance que l'on peut parcourir en deux jours ; il y a environ neuf lieues à partir de Balsapuerto , et Ton peut les franchir commodément en trois jours. On peut également aller de Balsapuerto à Chayavitas par eau, en remontant le rio Paranapuras audessous du bourg de ce nom. Chayavitas renferme 250 à 300 habitants, qui font peu de commerce, attendu que ce bourg se trouve en dehors de tous les chemins de grande communication.

^o CAHfJAPANAS.

Le bourg de Cahuapanas se trouve situé sur la rive gauche de la rivière du même nom, qui se jette dans le Maranon presque en face du bourg aujourd'hui ruiné de la Barranca. Le bourg de Cahuapanas renferme environ 400 habitants , et est éloigné de Chayavitas de deux jours de marche à travers de bien mauvais chemins.

6o BARRANQIJ1TA«

Le bourg de Barranquita a été fondé en 1844, également sur la rive gauche du rio Cahuapanas, à six ou huit lieues au-dessous du bourg de Cahuapanas. Le bourg de Barranquita possède actuellement 200 habitants environ.

Qo ET 7<' PINCHES ET ANDOAS.

Ces deux bourgs sont situés sur la rive gauche du rio Pastaza , qui descend de la Répubhque de l'Equateur et se jette dans le Maranon avant le confluent de ce dernier avec le rio Huallaga. Le bourg de Pinches se trouve au confluent de la rivière de ce nom et du rio Pastaza , et à douze jours de navigation en amont de l'embouchure de ce dernier dans le Maranon. Le bourg de Pinches renferme de 150 à 200 habitants.

Le bourg d'Andoas est situé à trois jours de navigation au-dessus du bourg de Pinches. Sa population est de 250 à 300 habitants.

Comme on le voit, ces deux bourgs $oÉt très-éloignés de la capitale du dbtrict,etilj a peu de temps encore, les autorités de Jmros n'avaient de communication ave^sPiiidies et Andoas qu'une fois tous les deux nuis. Mais depuis, ces communications sont dennues encore plus rares, par crainte dessnvages de la tribu des Jivaros, qui ont récen» ment détruit plusieurs localités situées» les rives du Maranon et du rio Pastaza.

Outre les bourgs de ce district que do« avons nommés, nous en citerons encore des autres qui se forment actuellement. Le pie* mier est le Varadero (Bassin) du Paramfh ras, qu'il ne faut pas confondre avec le ?»>' radero de YAipena dont nous avons parlé plus haut.

8» EL VARADERO DU PARANAPURAS.

Le Varadero du Paranapuras est situé svl la rive gauche de la rivière qui porte le ffléae nom , à quelques cuadras (hectomètres) vt dessous de son confluent avec le Cachijaco. Cette bourgade naissante est d'une grande importance, tant pour ceux qui remontent le rio Paranapuras, de Yurimaguas à Balsapoerbvj que pour ceux qui viennent de Jeveros i même bourg de Balsapuerto. Ils trouvent as Varadero du Paranapuras tout le ravitaifc ment nécessaire pour continuer leur vopjt

Le Varadero du Paranapuras possède tftuellement plus de 100 habitants qui loaeA leurs bras en qualité de rameurs surlesii-J vières.

90 UNGURAGUI.

L'autre bourg qui se forme actuellenMst se nomme Vnguragui, Il est situé surlirivB gauche du rio Cahuapanas, à une demi-Ueoe au-dessus du confluent du rio Sillay.Ce poiolt est éloigné des bords du Maranon d'environ trois jours de navigation en amont, et d'un jour de navigation en aval. Les fondateurs do bourg naissant de Unguragui sont quelques habitants du bourg aujourd'hui détruit de b Barranca , qui ont transporté dans leur noovelle patrie les images et les cloches de l'église du bourg qu'ils ont été forcés d'abiS' donner au moment de l'invasion des sao-

APPENDICE

1859, il s'était déjà établi à Unie colonie composée de six fa-

*gm qui n'existent plus aujourd Itui.

!er lieu, nous allons rappeler au

: la postérité les noms des bourgs

naient à ce district, et qui n'exis-

parce qu'ils ont été détruits par

gs étaient ceux de Borja, de La

t de San- Antonio.

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