HABITANTS DES DISTRICTS DE TL\GO-HARIA
ET DE PACillZA.
Les Indiens qui habitent sur les bords de l'Huallaga, et qui forment les districts de
GÉOGRAPHIE DE LA RÉPUBLIQUE DU PÉROU
Tingo-Maria et de Pachiza , appartiennent à deux tribus distinctes , qui furent soumises en 1676. Avant cette époque , ces tribus vivaient à rétat sauvage , et faisaient leurs incursions dans la province voisine de Pataz, principalement dans les bourgs de Contumaza et de Collai , où Ton a conservé la tradition de leurs pillages. Ces deux tribus sont connues sous le nom de Cholones et de Hibitos. Actuellement presque tous les bourgs, depuis Tingo-Maria jusqu'à El Valle, sont habités par la tribu des Cholones, et, en descendant depuis El Valle^ on ne rencontre que des Indiens de la tribu des Hibitos. Chaque tribu a un langage particulier, mais néanmoins beaucoup d'Indiens comprennent Tespagnol.
Un grand nombre de ces Indiens n'ont de chrétien que le baptême. Vivant à l'état demisauvage , ils conservent un grand nombre de leurs coutumes et de leurs superstitions anciennes. Ils sont, en général, paresseux; ils passeht une grande partie de la journée à s'enivrer avec le Masato: ils se peignent la tête et le corps avec le fruit du Huito ou Jagua [Genipa oblongifoHa^ Ruiz et Pavon) , ou bien avec l'Achiote {Bixa Orellana, Linné). Ils cultivent à peine ce qui leur est nécessaire pour satisfaire aux nécessités les plus urgentes de la vie.
Les Indiens des tribus Cholones et Hibitos portent aujourd'hui un pantalon et une chemise très -courte, ordinairement en toile de coton teinte en bleu avec une espèce d'indigo («ni/) sauvage. Ces Indiens sont en général de bons chasseurs. Leur arme est la sarbacane, avec laquelle ils lancent de petites flèches ou de petits dards empoisonnés. Ces Indiens ne préparent pas eux-mêmes de poison : ils Pachètent par des échanges à la tribu dos Lamistas.
HABITANTS I)U DISTRICT D£ JËVEROS.
Les habitants du district de Jéveros, conquis en 1G17, parlent un idiome particulier; une grande partie d'entre eux connaît la langue quichua , et , comme un grand nombre ont servi en qualité de domestiques dans les maisons de Moyobamba , ils ont pu apprendre Tespagnol. Ces Indiens sont robustes,
dociles et amis du travail; par leur activité, Qe sont les indigènes les plus utiles de toute la province. En effet, ce sont presque les seuls employés en qualité d'hommes de peine dans la capitale , et de cultivateurs dans les champs (chacras) qui environnent la ville de Moyobamba. Enfin, les Indiens du district de Jeveros sont les meilleurs portefaix de toute là province. On est véritablement frappé d'étonnement en voyant avec quelle facilité ils passent par les chemins les plus difficiles et les plus dangereux avec une charge de plus de quatre arrobes (cent livres I). Ces Indiens commencent à s'exercer à porter des br-' deaux dès leur plus tendre en&nce. Il suffit de voyager dans ces pays pour être témoinâ de ces exercices. On voit là déjeunes enfants, qui peuvent à peine se tenir sur leurs pieds, porter déjà leur petite charge sur l'épaule, et cette charge va toujours en augmentant au fur et à mesure qu'ils grandissent et qu'ils avancent en âge. Cette habitude qu'on bit prendre aux Indiens dès leur enfance fait qu'ils considèrent leur fardeau comme uoe partie d'eux-mêmes , et ils marchent ainsi chargés en toute sécurité^ et avec la plus grande vitesse , absolument comme s'ils ne portaient que le poids de leur corps.
Les hommes sont vêtus d'un pantalon de toile de coton ( tocuyo ) et d'une petite chemise du même tissu, qui leur couvre à peine le dos ; les femmes^ seulement d'une bande d'étoffe qui enveloppe la partie inférieure de leur corp3, et qu'elles appellent pampanUla, Cette pièce d'étoffe laisse nue la partie supérieure, qu'elles recouvrent quelquefois d'une espèce de mante dont elles s'enveloppent de différentes façons, et qui leur sert aussi pour porter leurs petits enfants, qu'elles tiennent toujours devant elles. Les traits de la figure de ces Indiens ne sont pas désagréables*