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MERVEILLES

On rencontre dans ce département trois choses remarquables :

D'abord deux grottes, l'une (lans la Hacienda de PorcoUy district de Cajamarca, et l'autre dans le district de Llacanora. Ces deux grottes sont remplies de cristallisations produites par les eaux qui s'infiltrent à travers les terres, et personne n'a encore pénétré jusqu'au fond de ces immenses souterrains.

La troisième chose digne d'être signalée, c'est un pont naturel situé dans le district de la Encanada : il est connu sous le nom de Pachachaca,

ynXE DE CAJAMARCA.

La vil^e de Cajamarca est située dans une plaine magnifique, au pied du versant oriental de la cordillère des Andes, et à 2,860 mètres au-dessus du niveau de la mer. Elle a 18,330 habitants, et on en compte 24,000 en y comprenant les faubourgs.

Les rues de cette ville vont du sud-ouest au nord-est, et elles sont coupées à angles diroits par d'autres rues transversales. Les Ilots de maisons sont au nombre de 150, de construction régulière, en pierres, en briques et en tuiles.

De l'ouest à l'est, la ville est traversée par une petite rivière qui la divise en deux parties, communiquant entre elles par des ponts en mauvais état. Au centre de la ville se trouve une place spacieuse, ornée d'une fontaine de granit, d'une assez belle architecture. Il y a cinq autres petites places, et douze bassins qui fournissent de l'eau à la ville.

Parmi les temples remarquables nous citerons l'église métropolitaine à^ Santa Caialina, qui possède une belle façade et des basreliefs assez bien exécutés; et l'église de San Antonio. Ce sont deux vastes édifices à trois nefs en pierres de taille : les tours sont inacheyées.

Les couvents des Bethléémites et des Récollets (Franciscains) sontd'unebellearchitec-

iiO

GÉOGRAPHnS DE LA RÉPUBLIQUE DU PÉROU.

ture : les sculptures qui les embellissent sont également remarquables.

La salle du Conseil n'est pas achevée : la prison est due aux soins et au patriotisme du docteur Don Mariano Felipe Paz Soldan, juge de première instance de cette province, qui la fit construire sans grever d'un réal le budget de TÉtat.

ïiCs hôpitaux sont assez mal. entretenus; la promenade' de la ville est située sur un emplacement très-défavorable, étant exposée à tous les vents. Parmi Tes édifices publics nous citerons encore le Panthéon : les autres ne méritent pas d'être mentionnés ici.

La campagne qui entoure Cajamarca est charmante : elle a environ seize lieues de circuit.

PRODUCTIONS

Cette province produitprincipalement, dans le règne végétal, des pommes de terre de toute variété; elle est très-riche en maïs y en orge et cfn légumes. On y trouve une grande quantité de fruits divers, et presque toutes les productions de la zone torride. Elle donne par an jusqu'à 25,000 charges de blé (la charge est de 300 livres); 137,000 charges d'orge, de légumes secs (menesiras) et d'autres graines; la fabrication de chanconas ou chancacas (suc mielleux extrait de la canne à sucre) produit jusqu'à 40,800 piastres, et la récolte de la luzerne 10,350 piastres. Les chanconas se vendent au taux de 25 livres pour une piastre, et la luzerne au taux de 150 livres pour un réal.

Le bétail est très-nombreux dans ce pays. Cajamarca fournit annuellement 32,500 têtes environ de l'espèce bovine, 165,000 de l'espèce ovinêy et environ 16,200 de la race chevaline.

Dans le règne minéral, ce pays renferme de l'or, de Vargent, du cuivre, du plomhy du fer, du soufre^ du salpêtre, et même du charbon de terre.

Les mines de charbon de terre ne sont éloignées que de 16 lieues environ du petit port de Malabrigo; on pourrait donc les exploiter avec avantage. Néanmoins, les mines de ce pays sont généralement négligées. On rencontre en outre des eaux chargées de couperose ou sulfate de fer, d'où l'on pourrait extraire Tacide sulfurique de Nordhausen.

INDUSTRIE.— GOMMfiSGB.

On fabrique dans ce pays de bons tissus de laine et de coton : différentes branches d'industrie, comme la sellerie, la chapellerie en paille, la ferronnerie, la charpente, l'orfèvrerie, la confection des habits, etc., etc., possèdent de bons ouvriers.

On tisse également dans cette province de belles couvertures de lit à longs poils (/nuodas)y et des manteaux pour les dames. Certaines étoffes méritent d'attirer l'attentioD pour leur finesse et leur beauté. On sait que les tissus dont Atahualpa fit présent à Francisco Pizarro frappèrent d'admiration la cour d'Espagne elle-même.

On exporte par an environ 6,000 chaînes de farine, qui valent six piastres la charge; 2,500 de légumes secs {menestras) au prix de trois piastres chacune; 1,500 arrobes de suif (l'arrobe pèse 25 livres) de quatre piastres chaôune; 15,000 têtes de la race bovine, à 12 'piastres par tête; 5,500 de l'espèce ovine, à 1 piastre ; 6,000 mulets, à 22pi<istres chacun; 3,000 porcs, à 2 piastres 4 réaux par tête, et enfin 15,000 marcs d'argçnt en lingot.

L'importation dans cette province de toute espèce de marchandises provenant, soit des autres provinces du Pérou, soit de l'étranger, s'élève à 270,000 piastres par an.

En établissant la balance de la production et de la consommation dans ce pays, on trouve un déficit de 16,000 piastres environ.

CLIMAT.— IDIOBIE.

Le climat de la province de Cajamarca est assez tempéré ; dans la plupart des localités, le thermomètre Réaumur reste stationnaire

entre 9<» et 12° au-dessus de zéro : néanmoins,

pendant l'été, il s'élève quelquefois un peu plus. Vidiome du peuple est généralement le quichua, quoique presque tout le monde connaisse l'espagnol. L'eau entre en ébuUition à 93°3, suivant Humboldt,etlahauteur moyenne du baromètre est de 0",531 .

ANTIQCITÉS.

On dit que la pierre sur laquelle fut exécuté Atahualpa existe encore.

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Du moins les bsins de l'Inca subsistent toujours. Sur ta grande roule de Cuzco & Quito, dont il ne reste plus que des ruines, on rencontre une grande pierre, d'une seule pièce, que l'on appelle la Pierre du repos de l'Inca (Piedra del descanso del Inca).

A cinq lieues de Jésus, on trouve un grand édifice dont on ignore encore la destination. Suivant les uns, c'est un château; suivant les autres, un grenier d'abondance, et il y en a plusieurs qui pensent que c'était une forteresse. C'est une espèce de montagne de pierres, tout entière de main d'homme. Au sommet, que l'on appelle Tomba del Inca (Hôtellerie de rinca), il y a des constructions encore plas admirables : on y distingue quatre divisions ou compartiments, qui correspondent aux quatre points cardinaux. Cet édifice est si-vasle qu'il pourrait contenir cinq mille Eunilles. Le gem-e d'architecture dans lequel il est construit est simple et sévère.

PROVINCE DE CAJABAMBA.

La province de Cajabamba est bornée au nord par celle de Cajamarca, dont elle est séparée par le rio Cimdebamba', au sud et à l'ouest, par celle d'Huamactiueo, du département de la Libertad , et à l'est par celle de Pataz, du même département, dont elle est séparée par le Maranon.

DITISIO» POUnQDB.

Cette province comprend cinq districts, quatre cures et dix vicariats.

Cajabamba est la capitale de la province.

' Cajabamt», Cachache,

CondebuDba, Sitacocba,

.SayapuUo.

Les cures sont encore réparties suivant la division de l'ancienne province de Huamach uco.

BIVIEKE8.— LACS — EAVX THERMALES.

Les rivières de cette province sont : le Conilebamba, qui a pour tributaires le Fronça, le Lulichuco, qui arrosent également cette province; le Ponte, le Chimin, qui, avec ses afiluents, le Pucara, le Monion, le Carcelaicha, le Canari, VOropuUo, le Pikaimarca, arrose le district de C<tchacbe;

Les rios Jocos et Brasil, qui traversent le district de Sitacocha pour aller rejoindre le >laranon.

Le petit lac Ya/mareocha, d'où sortent les trois rivières Lulichuco, Franca et Jocos, est le seul qui mérite d'être nommé.

Les eaux thermales de Chichir, de sulfate calcaire, atteignent la température de l'eau touillante.

Comme il est naturel de le supposer, cette province produit plus ou moins les fruits de celle de Cajamarca.

Son commerce en bUt orge, légumes, en troupeaux des trois classes, en cAoncoetu (suc mielleux extrait de la canne à luere), eoea, cacao, tuif, etc., donne un revenu d'environ 81,000 piastres par an.

On exporte environ 24,000 marcs d'argent en lingot {platapiAa), ce qui, au taux de neuf piastres le marc, donne un produit de 216,000 piastres par an.

PROVINCE DE CHOTA.

Elle est born^ au nord par la province de Jaen ; au sud par celle de Cajamarca ; à l'est par une partie de celle de Cajamarca et celle de Ghachapoyas, du département de ce nom, et & l'ouest par celles de Lambayeque et de Cbiclayo, du département de la Libertad.

DITISIOM POLITIQUE.

Cette province comprend 16 districts, 13 cures proprement dites et 7 vicariats.

La ville de Chola est aujourd'hui capitale de la prorince, aux termes d'une loi en date I du 10 janvier 1861 : jusque-là, cet honneur I avait appartenu à la ville de Bualgayoc.

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DISTRICTS

GhoU,

Hualgayoc (1),

Santa Craz,

San Miguel,

Llama,

San Grêgorio,

Cachen,

Pion,

Cutervo,

Lajas,

Niepos,

Gochabamba,

Huambos,

Tacabamba,

Bambaniarca,

Socota.

CURES

Gbota,

Cachen et Tocmoche,

Haalgayoc,

Llama,

Bambamarca,

Santa Criu,

Tacabamba,

San Mig«el de Pallaqaes,

Huambos,

Niepos,

Catervo,

Pion.

Le chiffre du clergé de cette province, y compris le§ curés titulaires et les intérimaires, est de 22 prêtres.

RITlinES.-^ EAUX THERMALES.

Les principales rivières sont :

Le rio Chotano qui, avec ses affluents le Patu, le Pariamarcaj le Mollehamha^ traverse la province de Jaen^ et se jette dans le Huancabamba.

Le Chancaij dont la source se trouve dans le distrjict de Hualgayoc. Ses tributaires sont la Ramhlay le Chirivan et d'autres de peu d'importance. Il se jette dans le Pacifique après avoir parcouru la province de Lambayeque.

Le LlaucaUj qui prend sa source au nofd de la province de Cajamarca : il a onze rivières tributaires de peu d'importance; après avoir traversé le district de Bambamarca, il se jette dans le Maranon.

Parmi les eaux thermales, nous citerons les bains ferrugineux de Quilcate, dans le district de San Miguel. Leur température est celle de Teau bouillante.

* CHOSES REBIARQUABLES.

On trouve dans cette province, district de Santa-Cruz, une grotte remplie de cristallisa*

(1) Humboldt et les sattnts européens appellent cette Ville Micuipampa.

tions produites par l'infiltration des eaux. La saveur de ces eaux est acre et astringente. Cette grotte s'appelle Poludo. Le Guacharo, espèce d'oiseau nocturne^ habite dans les cavités de ce vaste souterrain. Ses petits donnent beaucoup d'huile. Humboldt est d'avis qu'on peut faire le voyage du Pérou uniquement pour voir ces magnifiques cristallisations.

Cette province n'est pas très-fertile : à peine produit -elle les végétaux nécessaires à la consommation. Le blé y est importé : Cajamarca et Cajabamba expédient pour ce pays des farines et des vivres.

On trouve quelques troupeaux dans cette province: on exporte annuellement pour la Côte 400 têtes environ de l'espèce bovine.

MINES

Cette province possède, après le Cerro de PascOy les mines les plus considérables de la République. Hualgayoc^ l'ancienne capitale, située dans une gorge sur le versant oriental des Andes, est très-célèbre pour ses riches mines d'argent.

On trouve également dans ce pays un grand nombre de mines d'or, de cuivre^ de fer» de plomb y de couperose , à^alumine, de salpêtre, de charbon de terre, etc.

Les mines d' Biialgay oc sonirégaMèremeni exploitées, et on en retire de grands profits. Les autres mines sont presque abandonnées: ainsi, par exemple, celles de Santa-Cruz et de Bambamarcaj faute de capitaux. Dans les premières (celles de Santa^Craz), on a découvert quatre gisements d'argent; on n'en a trouvé qu'un seul à Bambamarca,

Les montagnes de Hualgayoc qui renferment des mines d'argent sont : Yanakuanga, San Cirilo, Cisne, Colquerumiy San José, Jésus, Maria, Pozos ricos, Pampa de Nam, Fuentestiana, Quiranchugo, Chulipampa et Sitamayo.

Les mines aujourd^ui en exploitation dans ce pays sont : la Poderosa, hs Negros, Sogon, el Rosario, el Campanario, Agua Blanca, las Muertos, el Êey, Barbaneda, SacramentOi San Francisco, San Isidrito, San Isidroi

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tzasuj Humboldtina^ Bernuiy Colarada^ CmceSy Quiranchugo et el JReereo.

argent que Ton retire de ces mines s'é- . annuellement à 40,000 marcs environ; ui^ à raison de neuf piastres par marc, uit un total de 360,000 piastres. En déeuit les frais d'exploitation, nous trouvons énéfice net de 160,000 piastres environ, i ville de Hualgayoc a été, en 1856, en 3 à un horrible incendie, qui la détruisit que entièrement.

auuiAT.

»mme Hualgayoc est situé à 3,619 mèau-dessus du niveau de la mer, le climat *ès-froid et très-humide. Pendant la nuit lermomètre descend à O^'. L'eau bout à I y suivant Humboldt , et la hauteur 3Dne du baromètre est de 0,483.

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