PROVINCE DE TRUJILLO
LIMITES
La province de Trujillo est bornée au nord par celle de Chiclayo; au sud par celle de Santa, du département d'Ancachs; à l'est par celles d'Huamachuco et de Cajamarca, et à l'ouest par le Pacifique. Du sud-est au nord-ouest, cette province a 27 lieues de longueur; sa largeur est d'environ 10 lieues.
Elle renferme trois vallées, savoir : VirUy Chimu et Chicama. Toutes les trois sont trèsfertiles et produisent toute espèce de fruits. Le sol est sablonneux, ce qui donne beaucoup de sécheresse à l'atmosphère. Il pleut à peine en juin, juillet et août, et il ne tombe guère que la petite pluie fine que l'on voit à Lima, et qu'on appelle garua.
La ville de Trujillo est la capitale de la province.
DIVISION POLITIQUE
Elle comprend 14 districts et 10 cures, savoir :
lE DU PÉROU.
DISTRICTS
Trujillo,
Âzcope,
Mancichc,
Chicama,
Huaucbaco,
Simbal,
Santiago de Cao,
Moche,
Magdalena de Cao,
Vini,
Paijan,
Huaman,
Ghocope,
Mampucslo.
GÉOGRAPHIE DE LA RÉPUBUQUE DU PÉROU
CURES
Trujillo, Ma^i^dalena de Cao,
Simbaly Azcope,
Yiru, Paijan,
Manciche et Iluanchaco, Facala,
Santiago de Cao, Chicama.
La cure de Trujillo se divise en deux paroisses ; le Sagrario et le San Sébastian.
RIVIÈRES
Les rivières qui arrosent cette province sont ail nombre de trois : elles tirent leurs noms des pays qu'elles traversent. La principale est celle de Chicama^ qui a sa source dans les montagnes de Cajamarca; \îent ensuite celle de Moche, qui prend sa source à une lieue de la ville de cq nom, et celle de Viru, qui descend de Conchucos.
Celte province renfermait des trésors cachés depuis une haute antiquité : depuis 1530 jusqu'à 1590, on en a extrait des sommes si considérables que le quint royal seul (droit du roi d'Espagne] s'éleva à cent mille castellanos d'or.
PRODrCTIONS DES TROIS REGNES.
Celte province n'est pas aussi riche en quadrupèdes et en oiseaux que d'autres provinces du nord, spécialement la région que nous appelons la Montana (Pays des forêts). Outre les animaux domestiques que l'on rencontre dans tout le Pérou, on trouve dans cette province des animaux féroces, tels que le Léopard, le Chat sauvage, etc., des Renards, des Zorrinos, espèce de Renard plus petit; des Cerfs; la Muca, animal semblable au Renard par sa forme et ses mœurs, des Furets, des Cuyes, des Lapins, etc.
Parmi les oiseaux, on rencontre presque tous ceux que nousavons déjàdécritsailleurs; on y trouve de plus la Bandurria (c'est-à-dire la Mandore), oiseau aquatique et d'un goût exquis; le Pingouin (Pajaro Niiîo) ; le Héron, VArrozero, d'un plumage magnifique : il pille les moissons; la Gallineta, d'une taille et d'une forme semblable à celle de la Poule; le Canard royal (Pato real); le Camanai, trèsgros, dont la chair elles œufs, couleur d'azur, sont un aliment très-répandu; la Sorda (c'est-
à-dire la Sourde), le Canard de rivière (Gallereta), le Pigeon de tnoniagne (Palomadel monte), des Moineaux (Gorriones), des (rfives (Tordos), des Chardonnerets (Jilgueros), des Piches, des Attrape-mouches (Papamoscas), des Chiroques, des Chiscos, etc.
Les poissons les plus remarquables sont: le Tauron, très-gros, très-vorace, et semblable ao Squale (Tollo); le Peje-Zapo, le Peje-Espada (c'est-à-dire poisson-épée) , le Corvina (poisson de mer à écailles, semblable au Congre), le Chita, le Caballito (c'est-à-dire petit cheval), d'une vara et un sixième de longueur (trois pieds et demi); le Peje-Sierra (c'est-à-dire le Poisson-Scie), moins abondant que dans la baie de Payta : il a une vara de longueur (trois pieds), et sa chair, bonne à manger, n'a ni écailles ni arêtes, à l'exception de celles de la colonne vertébrale ; le Bufeo ou Dafh jMn, de deux et même trois varas de longueur (de 6 à 9 pieds) , s'éloigne beaucoup de la côte; le Pajarito (c'est-à-dire petit moineau), armé à la gueule d'une pointe très-aiguô; leCochinito (c'est -'à-dire petit cochon); la Tortue, animal amphibie; la Mania, redoutable par son audace à attaquer celui qu'elle peut trouver à sa portée ; elle étreinl sa proie dans les replis de ses nageoires et lui suce le sang. Ce poisson porte sur son front deux belles cornes qu'il écarte ou rapproche selon qu'il lui plaît; le Congre, très-estimé pour sa chair qui est très-exquise; la Dorade, qui atteint quelquefois jusqu'à deux varas de longueur (six pieds): elle se tient presque constamment dans la haute mer ; la Sole (Lcnguado), d'une chair excellente; VAsedia, quia deux tètes, et saute constamment; enfin on en trouve encore une multitude d'autres que nous omettons ici pour ne pas fatiguer le lecteur.
Parmi les quadrupèdes, on trouve des moutons, des vaches, etc., et une bonne race de chevaux dans la vallée de Viru.
RÈGNE VÉGÉTAL
Dans les trois belles et fertiles vallées dé Viru, ChimueiChicama, qui forment cette province, on rencontre une végétation extraordinaire. La ville de Trujillo est située dans celle de Chimu, ayant au nord celle de Chicama et au sud celle de Viru.
GÉOGRAPHIE DE LA REPUBLIQUE DU PEROU
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Les arbres fruitiers soûl presque les mêmes que dans la province de Lima; on y trouve en outre les Papayas et les Tumbos^ de la grosseur d*un melon; ils sont très-agréables et très-rafraîchissants; la Pitajaya; la Cochenille^ qui forme aujourd'hui une branche trèsimportante de richesse pour le Pérou, puisqu'elle fournit environ un million de plantes par an. On rappelle Pilcai en langue quichua. Cette plante si utile fut introduite au Pérou il y 3 environ quinze ans, par deux Anglais, nommés John et William Blackwood, au prix de sacrifices et de pertes immenses. Ces honorables et industrieux Européens méritent à juste titre que nous signalions leurs noms à la reconnaissance de la postérité. On trouve également dans ce pays du Riz de première qualité, que l'on expédie à Lima ; mais on n'y coonait pas l'excellente Pomme de terre jaune (Papa amarilla] de Huamantanga^ ni les Poires de Lima.
Pour abréger, nous dirons en un mot que cette province produit tous les végétaux de celle de Lima, avec laquelle elle a beaucoup d'analogie.
On a observé que depuis le tremblement de»ierre de 1687, qui a détruit la ville de Lima, le sol de la province de Trujillo, qui était auparavant très-fertile, est devenu trèsaride, ainsi que les territoires voisins jusqu'à une distance de près de deux cents lieues.
KEGNE MINÉRAL.
Cette province est aussi pauvre en mines que celle de Lima : on n'y a découvert aucune veine de métal qui soit digne de quelque considération.
CLIMAT
Le climat est très-chaud sur la côte, surtout dans la ville de Trujillo ; mais dans l'intérieur de la province la température varie comme l'élévation du sol. L'atmosphère de Trujillo est très-sèche, et par conséquent très-saine.