REGNES ANIMAL, VEGETAL ET MINÉRAL
L'aridité de la Cordillère qui traverse celte province et l'élévation du sol en général est un grand obstacle à la végétation. Ainsi ce n'estque dans les gorges que l'on récoite une quantité d'ailleurs Irès-restreinte de Maïs^ de Pommée de terre^ d'Ocas et de céréales de peu d'importance, produits qui d'ailleurs ne suffisent pas à la nourriture des habitants.
Sur les plateaux élevés des montagnes il ne croît que des pâturages d'une herbe fine et de joncs ou Icchos dont se nourrissent les
rares troupeaux de vaches et de moutons que possèdent les Indiens de ce pays.
Avant la conquête du Pérou, au dix-huitième siècle et au commencement du dixneuvième, on a exploité dans cette province plusieurs mines très-riches , telles que la Descubridora de Chancay située dans la montagne de ce nom, et d'une profondeur de 150 varas (450 pieds, t)u 450 mètres;. Celte mine était si vaste qu'elle occupait toute la longueur et toute la largeur de la montagne. Elle a produit des quantités énormes d'argent. On voit encore aujourd'hui les ruines des cases, des ateliers où l'on travaillait les minerais, et qui prouvent l'antique splendeur de cette mine célèbre.
Dans la montagne de VinchoSy de la mission de Chiquian [Docirina (1) de Chiquian\ ou trouve des veines de galène et d'ai^ent blanc de 50 à 150 marcs par caisse de miuerai.Dans la montagne de Chanca (cette montagne est située dans la Docirina de Cajatambo) il y a une mine nommée Nueslra Seûora de la Caudelaria. On a commencé à exploiter celte mine au milieu du siècle dernier, à ciel ouvert et sans plan suivi. Elle a produit une grande quantité d'argent; mais à la fin les eaux l'inondèrent. Ses minerais sont composés de pyrites sulfureuses et arsenicales, de galènes (sulfure de plomb), de veines d'argent vierge et rouge , disséminées dans du spalh calcaire blanc. On rencontre en outre dans cette province un grand nombre de veines jiches qui, sous ce point de \tic, la placent au rang des premières provinces de la République. A Oyon on trouve des mines de sulfure double d'argent et d'antimoiDc incrusté dans du carbonate double de chaux et de magnésie. On a découvert dans ce pays une grande quantité de houille.
CXIMAT. — INDUSTRIE.
Dans la plus grande. partie des villes et des bourgades qui composent cette province, la hauteur de la colonne de mercure du baromètre est de O^'jSTO, et par conséquent le
(1) On appelle Doctrina, au Pérou» les peuplades d*lodiens convertis. {Note du Traducteur,)
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froid ne saurait manquer d'être assez vif à une aussi grande élévation.
L'industrie est très-peu importante. Les femmes Ûlent la laine nécessaire pour tisser leurs vêtements, qui ressemblent à ceux de la province de Puno et des autres localités de la Sierra ou Pays des Montagnes.
Le commerce se réduit à Feau-de-vie que Ton exporte d'Ica, et à quelques objets de TEurope et du pays. Depuis la décadence des filatures, les habitants de Cajatambo transportent leurs laines dans les provinces de Gonchucos et de Huamalies.
PROVINCE DE HUÂRL
ou CONCHUCOS ALTOS.
LIMITES
Cette province est bornée au nord par celle de Pomabamba; au sud par celle de Cajatambo ; à Test, par celle de Huamalies du département de Junin, et à Test par celle de Huaraz.
Sa longueur, du nord au sud, est de 60 lieues, et sa largeur, dei'est àTouest, de 30 lieues.
DIVISIOX POLITIQUE.
Elle renferme neufdistricts, une petite ville, dix-huit bourgs, quatre-vingt-neuf auberges (estància8)y onze fermes {haciendas), et sept cures.
Huari est la capitale de la province.
DlSTRlCrS.
Huari,
Huachis,
Huantar,
Uco,
Cbavin,
Llamellin,
San Marcos,
San Lui8,
Chacas.
CURES
Uco,
Chavin de Huantar,
San Marces,
Santo Domingo de Huari, San Luis de Huari, Uameliin,
Cbacas.
RIVIÈRES
Cette promce est arrosée par cinq rivières,
savoir : !• Le Conchucos ou Callejon. Sa source se trouve dans la cordillère de Cajiacara. Cette rivière reçoit les eaux de Cajatambo et d'autres localités et finit par devenir très-considérable. Elle se dirige vers Pataz.
On trouve sur ses bords les restes d*un antique cbàteau, dont la plus grande partie est sous terre. Ce qu'il y a de plus remarquable, c'est qu'une de ses galeries passe sous le lit du fleuve pour aboutir à la rive opposée, absolument comme le tunnel de la Tamise à Londres. Les pierres dont ce château est construit sont bien travaillées, et la plupart de dimensions colossales. Trois de ces pierres qui ont huit varas de long (24 pieds ou 8 mètres environ) servent aujourd'hui de pont pour traverser la rivière. Nous parlerons plus en détail de ces mines à l'article Antiquités, page 160.
2° Le MaranoUy dont nous avons déjà parlé en plusieurs endroits de cet ouvrage, traverse Rapayariy gisement minéral autrefois trèsriche; il continue son cours jusqu'à la vallée d'ilrancai, dans la Montaûa Real (Montagne royale), et traverse la province de Pataz (département de la Libertad).
3° Le Chacralj dont la source se trouve dans la cordillère d'Uicopacha; il traverse la gorge d'Ocaibamba et suit un aqueduc de plus de deux lieues de longueur.
4» et 5° Le Chuquicara et le Tablachaera^ qui descendent de la cordillère des Andes, traversent Tauca, pays où leurs sables contiennent de l'or que recueillent les naturels.
RÈGNES ANIMAL, VEGlÊTAL ET MINÉRAL.
Cette province renferme les produits des règnes végétal et animal correspondants aux pays froids : ils sont presque les mêmes que ceux de la province de Huaylas.
En ce qui concerne le règne minéral, la bourgade d*Arun-Conchucos possède une mine de mercure si riche que, d'une livre de minerai, on a extrait deux onces de métal.
A Llamellin on trouve des mines de salpêtre et de soufre : toutefois ces mines ne sont pas encore exploitées.
On rencontre dans le territoire de Huari la célèbre pierre appelée au Pérou Catachi^ et ^ui est très-utile en médecine.
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ANTIQUITÉS (1)
Dans la province de Conchucos Altos se trouve le bourg de Chavin de Uuanta^ situé dans une gorge étroite, qui va du nord au sud. Les habitants, au nombre de 800, jouissent d'une température très-douce, et possèdent des eaux sulfureuses qui sortent d'une roche arénacée, située près du rio Marias. Ces eaux accusent, au thermomètre Fahrenheit, une chaleur de 112 degrés, l'état deTatmosphère étant à 52°.
a A peu de distance de la bourgade on rencontre les ruines de monuments antiques, presque détruits et recouverts d'une couche de terre végétale. Les murs extérieurs sont construits de pierres de taille de différenfces grandeurs, et assises sans mortier ; mais les murs intérieurs sont en cailloux unis avec du
mortier d'argile.
a Curieux de visiter l'intérieur de ce château, j'y pénétrai, par un trou excessivement étroit, avec plusieurs personnes qui m'accompagnèrent. Nous étions guidés par des torches qui s'éteignaient continuellement à cause de la multitude de chauves-souris qui sortaient en volant avec rapidité du sein de ces profondeurs ténébreuses. Enfmje réussis, après avoir surmonté mille obstacles, et souffert beaucoup de la mauvaise odeur répandue par les excréments de ces animaux, à atteindre une espèce de corridor étroit, de deux varas (6 pieds) de largeur, et de trois varas (9 pieds) de hauteur. La voûte ou toit de cette galerie est formée de fragments de grès à moitié taillés, de plus de 4 varas de longueur (12 pieds). Des deux côtés du corridor principal, il y a quatre chambres de plus de 4 varas (12 pieds) de largeur, couvertes également de grands fragments de grès d'une demi-vara d'épaisseur (1 pied et demi), et de deux varas et demie à 3 varas (de 6 à 9 pieds) de large. Les murs de ces chambres sont de 2 varas (6 pieds) d'épaisseur, et sont perces de trous que je présume être ménagés pour le passage de l'air et de la lumière.
« Dans le pavé d'une de ces chambres, se trouve l'entrée d'un souterrain ti*ès-étroit.
(l) Ce passage est extrait des Memorias cieutificas de Rivei*o.
Au rapport de personnes qui, munies de torches, en ont parcouru une grande partie, ce souterrain conduit, en passant sous le lit de la rivière, à la rive opposée. On a retiré de ce tunnel antique plusieurs tombeaux, des vases de pierre, des instruments en cuivre et en argent et le squelette d'un Indien assis. La direction de ce tunnel est de Test à l'ouest.
a A une distance d'un quart de lieue à l'ouest de la bourgade, et sur la cime d'une montagne appelée PosoCj mot quichua qui veut dire chose qui mûrit, se trouve un autre château en ruines qui, à l'extérieur, ne présente que des décombres : mais on dit qu'à l'intérieur on rencontre de vastes salles et un souterrain conduisant au premier château que nous avons déjà décrit. On assure qu'un Espagnol en retira un trésor, qu'il alla ensuite à Lima, et que là, se trouvant malade dans un des hôpitaux, il communiqua un itinéraire des galeries de ce château, itinéraire qui a passé entre plusieurs mains. Quelques personnes ont tenté de pénétrer dans l'intérieur de ce château, mais elles ont été arrêtées dans leur entreprise par la saillie d'une pierre qui ferme le passage.
a Le plus grand nombre des maisons de Chavin et des environs sont bâties sur des aqueducs. Le pont que Ton traverse pour aller aux deux châteaux est formé de trois pierres de granit taillé, qui ont chacune 8 varas (24 pieds) de longueur, trois quarts de vara (2 pieds 3 pouces) de largeur, et une demivara (1 pied et demi) d'épaisseur. Ces trois pierres ont été tirées de ces deux antiques forteresses.
a Devant la maison du curé se trouvent deux énormes figures taillées dans le grès : elles ont environ deux varas (6 pieds) de longueur et une demi-vara de hauteur. On les a placées de chaque côté de la porte cochère, où, dans ce but, on les a transportées depuis les ruines du château jusque-là.
« Fatigué et en même temps satisfait de mes pénibles recherches, je me reposai sur plusieurs pierres plates en granit de plus de 3 varas (9 pieds) de longueur, que je rencontrai, en sortant du souterrain, sur le bord de la rivière. Ces pierres portaient gravés certains signes ou dessins que je n'ai pu déchiffrer. En ce moment mon imagination pa^
GÉOGHAPHIK DE LA RÉPUBUQUE DU PÉROU.
courait avec la rapidité de Téclair tous les lieux antiques que j'avais visités, et se représentait les grands événements qui se passèrent au moment de la conquête du Pérou. Je levai mes yeux languissants vers les ruines qui couvraient ces lieux silencieux, et je vis les tristes tableaux de la dévastation commise par nos anciens oppresseurs.
a Trois siècles n*ont pas encore pu arracher de la mémoire les maux infinis qu'ont soufferts les simples et paisibles habitants des Andes ; il me semblait alors que je voyais les eaux du petit torrent qui coulait à mes pieds rougies par le sang des victimes ; que les ruines entassées sur ses bords étaient des monceaux de cadavres où s'est assis le Fanatisme et où a régné la Tyrannie, et d'où ces deux monstres rendaient grâces au Ciel d'avoir enfin accompli leur œuvre de destruction ! o
PROVINCE DE POMABAMBA.
Par une loi du 21 février 1861, l'ancienne province de Conchucos Bajos a été divisée en deux nouvelles provinces : celle de Pomabamba et celle de Pallasca.
UMITES.
La province de Pomabamba est bornée au nord par les provinces de Pataz et de Huamachuco, du département de la Libertad; à l'est par la province littorale de Loreto ; au sud par la province de Huari, et à l'ouest par celles de Pallasca, Huaylas et Huaraz.
DIVISION POLITIQUE
Elle comprend huit districts. La capitale est Pomabaniba.
DISTRICTS
Sihuas»
Chingalpo,
Piscobamba,
Yurioa,
Poinal)ainba,
Llumpa,
Quiches,
Uama.
ÇROVINCE DE PALLASCA.
UMITES.
La province de Pallasca est bornée au nord et à l'ouest par celle de Huamachuco, du département de la Libertad; au sud par la province de Huaylas et à Test par celle de Pomabamba.
DIVISION POLITIQUE
Elle a pour capitale la ville de Gorongo, et elle se compose de onze districts, savoir :
DISTRICTS
COFODgO,
Huandoval,
Lapampa,
Pallasca,
Llapo,
Pampas,
Tauca,
I«acabamba,
Cabana,
Puyaly.
CoDcbucos.
CURES
Sihuas,
Cabana,
Piscobamba,
Tauca,
Pomabamba,
Llapo,
Pallasca,
CoroDgo.
Ces cures sont communes aux deux provinces de Pomabamba et de Pallasca.
Le chiffre du clergé dans ces deux provinces et dans celle de Huari est de 29 prêtres.