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DESCRIPTION GÉOLOGIQUE DE PASCO

Le sol de Pasco est formé de granit, de schiste noirâtre, de grès, de porphyre rouge^ de calcaire bleu et de conglomérats. Le fond du bassin est composé de schiste noir» depuis le lac de Quilacocha jusqu'à la mine de Ayapoto. Ce schiste est d'un grain fin, de couleur noirâtre, et très-dur; il renferme quelques particules de mica, et se trouve traversé en tous sens par de petites veines de pyrite de fer et de quartz blanc.

Dans presque toutes les mines on rencontre par grosses masses une pyrite que les ouvriers mineurs appellent Bronce (Bronze).

Celte pyrite se décompose et produit le sulfate de fer (couperose verte) ; en la calcinant on obtient de l'argent.

GÉOGRAPHIE DE LA RÉPUBLIQUE DU PÉROU

Le terrain schisteux dont nous avons parlé et qui parait appartenir aux terrains de transition, contient probablement la couche pyriteuse, et celle-ci à son tour de riches veines d'argent: en effet, dans les mines profondes, l'argent est toujours accompagné de cette couche de pyrite de fer.

On trouve également du grès dans le sol de Pasco et aux environs du lac de Quilacocha, près de Huliachin, Pargas, Suco, et dans toute la région des mines.

Les couches horizontales sont dans la direction du nord au sud, inclinées vers Test; dans les montagnes de. Huliachin et de San Juan , on remarque leur correspondance , entrecoupées qu'elles sont par le gisement minéral.

La constitution physique du terrain est identique à celle de Puno, Chucuito, Lampa, Huaipacha, Yauli et des environs de Tarma. Le sol contient des couches considérables de houille à Curaupucro, Rancas, Vinchos, dans les hauteurs de Tullurauca, la montagne de Alconocullpan, le lac de Piguaca, les hauteurs de Huisque et de Huarochiri. Dans les gorges qui entourent le Cerro de Pasco, dans la Pampa de Bombon, les hauteurs de Pargas, Vinchos, Yanamate, Guipian et la Viuda, celte formation est très-visible et forme une étendue considérable. Le grès est rouge, bigarré de jaune et de blanc, d'un grain fin, rude au toucher; il passe insensiblement au grès blanc et à la craie argileuse, en alternant avec des couches de calcaire blanc et bleu compacte, et de porphyre rouge et vert.

Le grès rouge de Pasco contient quelquefois de petites quantités de cinabre (bisulfure rouge de mercure) : il alterne avec du schiste noirâtre, en couches minces et calcaires, comme dans les hauteurs de la Vïuda (de la Veuve), et mêlées, de coquillages et de quartzolides ou pierres de touche, comme dans la montagne de CoUque-Hirca.

Des pics de roche quartzeuse se dressent au milieu du bassin minéral : cette roche renferme beaucoup de cavités jaunâtres comme l'ocre de fer : l'intérieur de sa masse est d'un blanc sale, à cassure conchoYdale. Quelquefois cette roche passe au quartz pyromaque (pierre à fusil). Ce dernier fait s'observe particulièrement dans la montagne de

Collqiie-Hirca : les caractères que présente la roche portent à croire que c'est du porphyre quartzeux, divers fragments présentent des poudingues ou conglomérats bien caractérisés, accompagnés de pyrites de fer et de quartz blanc encaissées dans la masse.

La montagne de Santa Gatalina, les collines de Yanacancha, Chaupimarca, Caya, Santa- Rosa, Trahuarmachai, etc., sont ainsi constituées. La roche quartzeuse passe à un grès décomposé dans l'intérieur des mines : le grain de ce dernier est très-peu adhérent, assez tendre et mêlé de beaucoup d'oxyde de fer. Celte roche est la gangue des minerais appelés Pacos que renferme abondamment la colline de Santa-Rosa.

On ne rencontre là aucune stratification : tout présente une masse métallique informe, qui peut produire cinq à six marcs par caisse de miner^ai.

Les minerais exploités forment une couche bien distincte qui se trouve placée entre celle du grès décomposé et celle de la pyrite de fer. On croit généralement dans le pays que l'on possède une veine véritable dans cette mine : mais la direction, le parallélisme, l'inclinaison semblable à celle des couches de la superficie et de l'intérieur, le mur (espèce d'enveloppe dans laquelle est renfermé le métal) offrant une nature différente, l'uniformité du minerai, le manque de cavités cristallisées, et autres circonstances caractéristiques des veines, prouvent évidemment que ce gisement minéral n'en est pas une. On reconnaît que c'est une couche métallique interrompue, analogue à celle du Cerro de Pasco, par les efflorescenccs ou quemazones, comme on les appelle au Pérou, qui se manifestent à la surface depuis la colline de Ullachin jusqu'à Matagente.

Le calcaire des Alpes se trouve dans le grès, dans le conglomérat bien caractérisé de Suco et de Chauquilhuanca; dans le trachyte granitique de Huallai, et dans le porphyre rouge de Bombon. Le calcaire est très-abondant dans ce terrain, et c'est delà qu'on tire le minerai d'argent. Cette roche calcaire constitue la partie orientale de Lauricocha, les gorges voisines et les collines du plateau de Bombon. Elle forme des couches horizontales inclinées vers l'est, sauf quelques exceptions.

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Ce calcaire est bleu, semi-compacte, avec des veines très-minces de spath calcaire blanc. Au milieu des coquillages se trouvent quelques couches métalliques, spécialement du plomb et de la pyrite sulfureuse d'où l'on tire l'argent. Cette formation est plus étendue dans la montagne de Vinchos, très-riche en couches de pyrite et de minerai de plomb. Les trois pics qui forment cette montagne sont de calcaire moyen décomposé à la sui^ iace ; les assises calcaires sont presque horizontales^ et les couches de minerai de plomb sont placées dans la même direction ; elles ont jusqu'à un mètre d'épaisseur dans la mine de la Descubridoray qui est si célèbre.

La couche métallique de Vinchos a 9 pouces d'épaisseur, et le mur y qui est une des enveloppes, est de pyrite ferrugineuse trèscompacte. Pour cette raison, cette mine est peu avantageuse.

Cette montagne est presque entièrement composée de couches métalliques qui produisent de huit à trente marcs par caisse de minerai.

Vers le nord, on rencontre un grand nombre de couches de Pacos dans le grès. On a découvert une grande couche de charbon de terre aux environs de Pallanchacra.

On trouve du calcaire dans le grès à Guipan. Les couches sont blanches, moins compactes qu'ailleurs, et ne contiennent que de petits coquillages. La couche métallique est argileuse et calcaire : elle contient du cinabre et des filons de lignite. Quelquefois le cinabre se présente en masses connues au Pérou sous le nom de bolsonadas. La gangue est ordinairement calcaire ou argileuse et de couleur cendrée.

La montagne de Collque-Hirca renferme du calcaire de couleur blanchâtre : ce calcaire est composé de plusieurs couches ; quelques-unes sont traversées dans toutes les directions par du spath calcaire cristallisé. Ces couches de calcaire alternent avec une argile verdâtre de plusieurs mètres d'épaisseur.

Ce calcaire renferme encore trois couches minces de houille ; sur la houille se trouve le quartz et le grès; l'aspect de ce quartz se rapproche beaucoup du quartz pyromaque, qui constitue la gangue du minerai de cette montagne*

On rencontre de très-riches holsoncidas quand plusieurs couches métalliques se réunissent dans un même centre. Leur épaisseur atteint alors plusieurs mètres, et elles produisent de 25 à 30 marcs par caisse de minerai.

Le quartz moyen décomposé , rempli de nombreuses cavités, occupe la surface de cette montagne; il forme une ligne très-distincte des autres couches.

La mine de Huaipacha se trouve dans une gorge étroite : on y rencontre du granit bien caractérisé, d'une couleur faiblement rouge, des cristaux de feldspath et de mica. Sur plusieurs points cette roche passe au granit fin et au gneiss. Vers l'est, on trouve du schiste micacé et argileux, de couleur verdâtre ; au-dessus, on remarque une autre roche verte, compacte et très-dure, semblable au grûnstein, avec des veines très-minces de quartz blanc.

Les couches horizontales de grès, possédant une direction du nord au sud, avec une inclinaison vers l'est, et alternant avec le calcaire, se remarquent surtout dans la mine de Huaipacha. A l'entrée de la gorge, on trouve dans le grès une couche de porphyre vert au milieu de cristaux de feldspath. L'épaisseur de cette couche de porphyre est d'un mètre environ. Les mines de Nuestra Senora de la O se trouvent dans cette formation calcaire et arénacée.

Sur le chemin de Tarma, à une demi-lieue de Huaipacha, le calcaire alterne avec une couche de gypse blanc compacte.

Le calcaire alternant avec le grès se rencontre dans toutes les gorges, soit en couches horizontales, soit en couches verticales, suivant la direction des gorges. Dans celles de Pucayacu et de Tullurauca il y a un calcaire de formation récente, postérieure au soulèvement de la montagne, qui contient des fragments dispersés de calcaire noir à moitié décomposé, et réunis comme le poudingue par un ciment d'un blanc sale.

Une formation intéressante, recouverte en plusieurs endroits par le grès, se trouve dans le fond de la vallée. Une roche blanche semisaccharoîde se voit à l'entrée : elle contient des fragments de quartz hyalin blanc, à cassure conchoïdale^ des lentilles de talc verdâtre, et de petits morceaux de pyrite.

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Elle parait être une roche feldspathique. On l'emploie dans les moulins pour moudre le minerai d'or.

Peu après Ton rencontre une roche de granit décomposé, dans laquelle se trouvent des filons de quartz, de mica et de feldspath. Elle contient en outre une substance vitreuse, d'une couleur verte tirant sur le jaune, et semblable au péridot. D'autres fragments, au contraire, sont de véritables grenats.

La montagne de Ghuquitambo qui contient des mines d'or, est formée de grès et de quartz porphyroîde. Ce dernier forme des couches d'une grande étendue et d'une grande épaisseur : c'est là qu'on rencontre les pyri • tes cubiques aurifères et le carbonate de cuivre vert.

Ces pyrites alternent avec du schiste argileux , qui contient également les mômes pyrites cubiques. Une caisse de ce minerai produit environ quatre à cinq onces d'or. Dans les montagnes de Quinua, de Chiquirin et de Huamanranca, il y a des mines qui nef seront guère épuisées de longtemps.

Sur les hauteurs de Pargas on rencontre une formation intéressante de granit bien caractérisé, quoique de peu d'étendue. Elle forme des couches stratifiées, et repose sur du schiste noir. Le quartz est transparent et d'une cassure conchoïdaie; le feldspath est blanc, tantôt en cristaux bien déterminés, tantôt en cristaux plus petits : il constitue le fond môme de la roche.

Le mica est très-noir, et en prismes hexaèdres : le granit n'est pas très-fin. On reconnaît que cette formation est moderne : elle se rencontre sur les cimes des cordillères, et sert de base au trachyte, quoique ce dernier paraisse un granit très-décomposé.

Cette formation granitique est accompagnée^ du côté du nord, d'un calcaire compact de couleur blanchâtre; au sud, d'un schiste noir ; et de grès à l'est et à l'ouest. Dans la pampa de San Andres on rencontre du schiste noir. Ce granit se décompose et passe à une roche blanche qui renferme beaucoup de quartz.

A l'ouest de cette mine, à une distance de 3 lieues, se trouve la montagne isolée ûv Raco dont la forme est celle d'un cône tronqué. Elle est formée de grùnstein fin avec

des cristaux d'amphibole. Ce corps est très-dur, de couleur bleue avec des taches noires.

DÉGOrVERTE ET EXPLOITATION DE LA MINE

DE LAURICOCHA.

La mine de Lauricocha ou Santiestevan de Laurieocha fut, ainsi que nous l'avons déjà dit, découverte en 1630, par un Indien nommé Huari Capcha, berger dans une ferme voisine. Ayant allumé du feu pour faire cuire ses aliments, il s'aperçut que les pierres qui lui servaient de foyer s'étaient fondues, et laissaient échapper des filets d'argent. Il fit part de sa découverte, et successivement, de bouche en bouche^ la nouvelle s'en répandit et le nombre des chercheurs d'argent se multiplia. Cette découverte ressemble à ce que nous raconte l'histoire de la manière dont les Phéniciens ont trouvé le verre.

On exploite encore les minerais suivant l'ancienne méthode indiquée par Bartholomé Médina^ c'est-à-dire Vamalgamadon. A Pasco l'aident se présente à l'état natif; mais on rencontre aussi les minerais appelés Pacos ou ColoradoSy la PolvoHlla ou Sulfure d'argent décomposé ; le Bronce ou Pyrite argentifère; le Carbonate de cuivre et de plomb et le Sulfure de cuivre que l'on appelle Cobrizo, On trouve rarement ce dernier à l'état de cristallisation, mais l'argent se rencontre souvent pur et en morceaux d'un volume assez considérable.

Après avoir extrait le minerai, on le transporte pour être broyé aux moulins des métairies où se fait l'exploitation des mines. Cette opération a lieu au moyen d'une roue hydraulique, qui met en mouvement une meule qui broie le minerai. On voit encore deux autres espèces de moulins que l'on appelle Tabladilla et Rosira. Le minerai étant moulu par le procédé que l'on appelle st<6^7, c'est-à-dire au moyen de l'eau, et non à sec à cause des pertes que ce dernier système occasionne, et pour obtenir une plus grande ténuité dans le minerai, on le transporte au i?îii7ron, espèce de cour grossièrement pavée, où on le dépose, ou bien encore au Cirque (Circo) espace circulaire de 6 mètres de large plus ou moins^ et entouré d'une muraille peu

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élevée. Là le mineur essaye la qualité du métal : mais cet essai est naturellement grossier et imparfait, puisqu'il est fait par un homme qui n'a aucune connaissance de la chimie et de la minéralogie. L'ouvrier, ayant calculé ce que son minerai peut lui produire de métal, fait alors dans le Cirque un mélange de 8 à 9 CBiisses {cûjones) de minerai, du poids de 52 quintaux, de 50 arrobes (poids de 25 livres) de sel marin, et, si le minerai est riche, de 60 arrobes. L'eau étant mêlée avec le sel, opération que l'on appelle Hormigueo (c'està-dire fourmillement) et qui se fait au moyen de chevaux, on y ajoute 50 à 100 livres de mercure. On remue de nouveau cette masse au moyen de chevaux; si le minerai est ce que l'on appelle frio (c'est-à-dire froid), on y jette un ingrédient nommé i/a^*5^ro/, et s'il est caliente (c'est-à-dire chaud) on y môle de la chaux ou de la boue. On laisse ainsi la masse pendant deux ou trois mois jusqu'à ce qu'elle soit en état convenable. Alors on la retire pour la mettre dans des espèces d'entonnoirs dont le fond est formé d'un tamis de crin; le mélange s'égouttant, la Pella (c'est-à-dire la masse de métal) ou amalgame d'argent reste à sec : on introduit ensuite la Pella dans des creusets d'argile (Porongos de harro) munis d'un canon de fusil dont la bouche pénètre dans un vase d'eau : on place les creusetsL d'une façon un peu inclinée, et l'on chauffe. Le mercure s'écoule, se condense, et l'argent reste pur dans les 'creusets.

Ce procédé est, comme on voit, grossier et très-imparfait : il occasionne beaucoup de pertes : on calcule par exemple celle du mercure à 75 pour cent. De plus, ce moyen est

très-lent : ainsi dans les mines de Freyberg on tire en un jour jusqu'à 200 quintaux de minerai, et l'on n'éprouve qu'une perte de trois quarts d'once de mercure par quintal. A Pasco on perd une livre de mercure par chaque marc d'argent.

En 1847,* M. Davelouis, élève de M. Becquerel, habile métallurgiste, proposa un nouveau procédé qui devait amener une économie de 85 piastres par série de .six caisses de minerai {caj(mes)^ chacune de trois li\Tes 4 onces d'argent.

D'un autre côté il faut considérer ici le manque de bras, le désaccord et la jalousie qui régnent parmi les mineurs, la cherté du mercure, etc. De toutes ces causes il résulte que la mine de Pasco, qui est la première du Pérou, et qui ne le cède en rien à celles de Potosi et de Guanajuato, ne donne pas tout le produit qu'on pourrait en tirer. On a calculé que chaque caisse, contenant 3 livres d'argent , coûte en moyenne 40 piastres (200 fr.) de main d 'œuvre.

U existe dans le Cerro de Pasco 568 mines, sans compter les tranchées pratiquées sur différents points de la montagne, et qui s'élèvent à plus d^un mille ; ni les mines qui s'éloignent du centre de l'exploitation et qui atteignent le chiffre de plus de deux mille.

En 1846, il y avait 93 métairies et 211 moulins en activité : le nombre des tranchées ouvertes, et des mines proprement dites s'élevait à 2,039. Mais malheureusement une grande parlie de ces mines est aujourd'hui abandonnée pour les causes que nous avons déjà exposées.

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Etal des lingots fgndus dam le Cerro de Pasco de i828 à 1846.

ANNÉES

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