‹ Géographie élémentaire, ancienne et moderne, précédée d'un abrégé d'astronomie, suivant le systeme de copernicChapitre 22 sur 85 · Belgique · texte numérisé non relu

Belgique

La Belgique comprenait tout le territoire de la rive occidentale du Rhin, jusqu’à l’embouchure de ce fleuve. On y distinguait deux Belgiques et deux Germanies. Les peuples se vantaient d’être Germains d’origine.

La première Belgique avait pour métropole Attgusta Treverorum ou Treveri, Trêves , qui fut souvent la résidence temporaire des empereurs ; ses écoles, ses manufactures, ses greniers, ses arsenaux, en firent, dans le troisième siècle, la ville la plus importante des Gaules, v Chez les Mediomatrici , on voyait' Métis, Metz , appelée d’abord Divodurum : chez les Verodunenses, Vçrodunim, Verdun, sur la Meuse; et chez les Leuci, Tullum , Toul.

La deuxième Belgique renfermait les Ambiani ,

3 ui ont laissé leur nom à la ville d’A miens, appelée amarobriva ; les Atrebates, dont le chef-lieu était Nemetacum, ou Arras;, les Morini, que Virgile appelle les plus reculés des hommes , et qui habitaient le long de la mer . près du Pas-de-Calais; leur chef-lieu était Taruenna , Térouane. Ce fut chez eux , au port Itius , que César s’embarqua pour la Grande-Bretagne.

Les Nervn s’étendaient dans tout le Hainaut et dans le midi de la Flandre ; leurs villes; étaient Bajacum , Bavai"; Camaracum , Cambrai , et Turnacum, Tournav. Chez les Veromandui, qui ont donné leur noni au Vermandois , on remarquait /fugusta y qui est le bourg Vermand, au S. de Saint-Quentin.

Les Bellovaci, qui étaient les plus puissants et les plus nombreux, avaient pour chef-lieu Ccesaromagus , Beauvais ; les Suessiones , Noviodunum , depuis appelée Soissons ; les Remi, Durocortorum ,

Reims, métropole de la deuxième Belgique; et ïçjqjimalauni , Catalaunum , Châlons-sur-Marne , j célèhrepar plus d’une sanglante bataille. - 3 $* ■j’ti a Germanie supérieure s’étendait sur la gauche, du Rhin, depuis l’Helvélie jusqu’au-delà du confluent du Rhin et de la Moselle. Lespeuplesétaient les Treveri, qui habitaient Confluentes , Coblentz ; les Vangiones qui avaient Borbetomagus , aujourd’hui Worms; les Nemetes , dont la capitale était Noviomagus , Spire , et les Triboei , dont lacapitale , était Argentoratum , Strasbourg. . MoguntiacumÛ

trbpole de cette province , fut longtemps le houlevart de l’empire romain.

’ 1 Dans la germanie inférieure , on trouvait chez les Ubii , Colonia agrippina , ou Cologne, métropole de la province, embellie par Agrippine; chez les Tungri ^ Atuatuca, qui a pris le nom de Ton- ', grès; chez les Menapii, Castellum, aujourd’hui- Cassel. On peut joindre à ces peuples les Bataves alliés des Romains. Leurs villes y LugduA : 4$j0^0,Woiiomqgus , rapellent Leyde et Nimègue.

? La forêt Arduenna ou des Ardennes s’étendait entre les Treveri et les Netvii, l’espace de 150 milles romains.

Plusieurs portions dé la Gaule avaient des noms particuliers. Les Romains appelèrent la Belgique ; îaLÿonnaise et l’Aquitaine, Gallia Cotnata , Gaulé chevelue , à cause de la longue chevelure de ses habitants; et la province NarbonUaise , Gallia Braccata , Gaule en pantalons.

vu . Bretagne.

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On comprenait communément sous le nom de Britannia ou Britannicee insulte , deux grandes îles et, plusieurs petites, situées au N.-O. de la Gaule.

La plus grande se nommait Britannia , Bretagne,, anciennement Albion ; c’est l’Angleterre actuelle. La partie du nord s’appelait Calédonie, aujourd’hui l’Ecosse.- ,

EüttOPE ANCIENNE. 87'

L’autre grande île se nommait Ierne ou Iri » , d’où les Romains firent Hibernia , Irlande.

Les petites étaient les Cassiterides , ou Sorlingues; les Ebudes (Hébrides ou Westernes) ; et les Orcades (Orcades). r ■ -

La Bretagne a plusieurs rivières dont les; noms étaient ; Tamesis , la Tamise, Sabrina ,1a Saverne, Abut , l’Humber, etc. '' i: ‘ -\*r

Avant que César descendit dans cette Ile,' les habitants des parties méridionales commerçaient avec les Gaulois, les Carthaginois, les Grecs, et les Phéniciens, qui venaient y chercher l’étain, abondant dans la partie S.- O. et dans les îles Cassitérides. ' '

Ce fut sous l’empereur Claude, et sous quelquesuns de ses successeurs , que la Bretagne fut coü^

3 uise jusqu’à la Calédonie. La partie soumise fut éfenaue contre les incursions des Calédoniens par les remparts que les empereurs Adrien et Sévère firent élever de l’O. à l’E., et qui subsistent encore en partie. Les Calédoniens furent aussi nommés Pietés , parce qu’ils se peignaient le corps. •

On connaît peu les limites des provinces de là Bretagne. Les villes principales étaient : Londtnum, Londres, au pays des Trinobantes ; Durovernum , Cantorbéry, dans le Cantium ou comté de Kent ; Magnus Portas (Ports moût h), chez les Belgæ aqum toits (eauxdu soleil), désignées aujourd’hui par le nom de Balh , célèbres par ses bains : Lindum Colonia , Lincoln, chez les Caritani ; Eboracum , Yorck , chez les Brigantes, résidence de l’empereur Sévère : Alata Castra, dans le lieu qu’occupe Edimbourg^ près du rempart de Sévère. Les Romains ne débarquèrent jamais dansl’Hibernie. C’estdecette île que sortirent les Scott, pour envahir li^Galédonie , qui a pris d’eux lé nom d’Ecosse.

On a donné souvent le nom de Thuléà l’Islande ; mais il paraît appartenir plutôt aux îles Schetland,

qui furent découvertes par le Marseillais Pythéas, et vues par les Romains , lorsqu’ils firent la conquête des Orcades. Selon d’autres , ce serait la Norwégc.

viii . Germanie.

f La Germanie séparée de la Gaule par le Rhin * s’étendait jusqu’à la Vislule. La mer la bornait au N, , et le Danube , au midi : le reste du . territoire entre ce fleuve et les Alpes n’en dépendaient pas r quoiqu’on l’y ait compris depuis.

On y distinguait cinq fleuves principaux: Rkenus , le Rbin ; Danubius ou Ister, le Danube ; Visurgis , le Wéser; Albis , l’Elbe; Viadrus , l’Oder. La forêt d’Hercynie (Silva Hercynia) la couvrait presque tout entière.

Le nom à? Allemagne, qu’elle porte aujourd’hui ., vient des Allemunni , qui s’étaient établis dans la Souabe. • ■ . ' ’ *

Les mœurs des Germains étaient sauvages et féroces: ils faisaient de la guerre leur principale occupation. Jamais leur pays ne fut soumis comme les Gaules ; ils attaquèrent même souvent les Romains , et détruisirent enfin leur domination.

Parmi les peuples nombreux qui habitaient cette vaste contrée , on distinguait les Frisii ou Frisons, séparés des Bafaves par le Rhin; les Caution Cauques, près de la mer, surlesdeux rives du Wéser, nation puissante et recommandable par son amour pour la justice; dans le nord, de la Chersonèse* Cimbrique , ou du Jutland , les Cimbres et les Teutons, qui ayant entrepris de porter leurs armes en Italie, turent taillés en pièces par Marius et Catulus. Le sud de la presqu’île était occupé par les Angles et les Saxons, qui se rendirent fort célèbres dans la suite.

En revenant à l’O. , on trouvait les Bructcri ; les Tubantcsy les Usipii , les Cherusci ou Chérusques, qui défirent entièrement trois légions

romaines, commandées par Varus, mais qui furent à leur tour affaiblis par les victoires de Germanicus ; les Sicambri ou Sicambres , que Tibère vainquit et transporta dans les Gaules ; les Caiti ou Suevi , peuple puissant et belliqueux , d’où sont sortis les Suédois; les Mattiaci, alliés des Romains; les Allemanni x qui s’étendaient des bords du Mein jusqu’au Danube; les Hermunduri , nation puissante et amie dés Romains ; plus bas, les Narisci, dans la Bavière ; dans le Boiohemum , ou la Bohême , les Marcomani, qui remplacèrent les Boïens ; les Quadi ou Quades dans la Moravie, le long du Danube.

En descendant au nord , les Longobardi , dans la Suévie, que l’oncroitlesancêtres des Lombards qui entrèrent en Italie avant la fin du sixième siècle : < les Burgundiones ou Bourguignons, qui pénétrèrent dans la Gaule; les Gothones ou Goths, sur les bords de la Vistule; et les Vindili , les mêmes que les . Vandales , qui ravagèrent la Gaule , l’Espagne et l’Afrique.

Tacite joint la description de la Scandinavie à celle delà Germanie. L’intérieur de cette contrée est baignée par un grand golfe , que les anciens; appelaient Sinux Codanus, Mare Suevicum et Baltia, aujourd’hui la mer Baltique. Les peuples étaient les Sitones , en , Norwége ; les Suiones , dans la Suède ; les Hilleviones , vers le midi ; et à l’orient , les Fenni ou Finni, dans la Finlande. Du reste , on sait peu de chose de celte contrée où les Romains n’ont point pénétré.

Rhétie , N or ique , Pannonie.

La Rhétie qui, avec la Vindélicie, formait une province de l’empire Romain , comprenait le pays des Grisons, leTyrol , av.ec une partie de la Souabe et de la Bavière. Elle avait pour limites le Danube au N. , l’Kelvétie à l’O. , l’Italie au S. , et le Nurique à l’E.

Pour arrâter les courses que les peuples de cette < contrée faisaient en Italie, Auguste envoya contre eux Drusus et Tibère, qui les réduisirent àl’o- . béissance. Horace a cbanté cette victoire.

Leurs villes principales étaient : Curia, Coire, sur le Rhin ; Tridentum , Trente ; Augusta Vmdelicorum, Augsbourg; Brigantia, Brégentz, sur lelac Brig antinus , .aujourd’hui de Constance, et Regina , Regensbourg sur le Danube.

LaNorique, Noricum , entre la Rhétie et la Pan- • nonie, comprenait la Carintbie, laSlyrie, et une partie de l’Autriche jusqu’au- dessus de Vienne. Il suivit le sort de la Pannonie , quand elle fut soumise aux Romains. On y remarquait Boiodurum , (Ions tarît) , au confluent de l'Inn et du Danube ; jLentia, Lintz, sur le même fleuve; Juvavum , aujourd’hui Saltzbourg; et Celeia, Cilley, vers le sua.

La Pannonie, à l’E. du Norique, comprenait une •

S artie de l’Autriche, de la Croatie ; de la Bosnie , e la Servie , toute la Basse-Hongrie , et l’Escla- . vonie. Elle fut conquise par les Romains sous Auguste et Tibère; qui en fit une province romaine , puis par les Goths et par les Huns.

Parmi les villes, on' remarquait Ÿindobona , Vienne, sur le Danube; Arrabona , aujourd’hui Raab ou Javarin ; Aquincum , aujourd’hui Bude , surle Danube; Petovio, Pétau, sur la Draye; CibdKs (Swilei), sur la Save , fameuse par la victoire de Constantin sur Licinius; et Sirmium , Sirmich y métropole de la province , patrie des empereurs Probus, Aurélien, Gratienet Constance II.

Dacie, Mœsie.

La Dacie est une contrée comprise entre la Pannonie et le Pont-Euxin, la Samartie et le Danube. Elle était habitée par les Daces , les Gètes , les Scythes et les Iazyges. Trajan les subjugua , et

réduisit leur pays en province romaine ; mais . ils ne tardèrent pas à secouer le joug de leur vainqueur. ; V > > « * ■

La capitale où résidait Décébale, vaincu par

Trajan , fut nommée Ulpia Trajam. . ^

Entre la üacie et la Thrace était la Mœsie > qui répond à la Servie et à la Bulgarie. Sa fertilité la fit nommer par les Romains le Grenier de Cérèi^\>- Les peuples les plus connus étaient les Scardis-

Ï ues, les Tribailes , les Dardaniens et les Scythes.

)n y remarquait , sur le -Danube, la ville de Singidunum (Belgrade); Viminacium , colonie romaibe; et au- dessus de Zernis , les ruines du fameux pont de Trajan 9 qu’on présume avoir eir 520 toises de longueur îNtcopolts, bâtie par Trajan sur le Danube pour perpétuer le souvenir de ses victoires.C/est à Tomi, près des bouches du Danube, que fut exilé le poète Ovide. * :

. ix. Sarmatie Européenne.

Germanie, s’étendait depuis la Vistülé jusqu aux monts Riphées, et se prolongeait dans 1 Asie ; elle était bornée au N. , Dar la Scandinavie ; et au S. par la Dacie , le Pont-Euxin . le Palus-Méotide et le Tanais. Elle répondait à la Pologne et à la Rus*

sie d’Europe. . .... ,

Parmi les fleuves qui l’arrosaient, ondistingue le Rha , aujourd’hui Wolga qui se jette dans la |peqjf Caspienne; le Borysthène ou Dméper, ^qni COUle, dans le Pont-Euxin , après avoir reçu 1 Hypantt , ou le Bog ; et lef Tanais ou le Don , qui se décharge

dans le Palus-Méotide. • >

Les peuples de cette contrée portaient en général le nom de Safmptes ou de Sauromales. Ils sortaient de la Scythie, èt mènaient, comme les Scythes, la

vie pastorale. 1 >/“ . • . • .. .

- Les plus connus d’entre eux étaient, sur la mer

Baltique, les Vénèdes, dont le nom se retrouve ■ dans Wenden, en Livonie, et qui , avec les Estyens, leurs voisins , recueillaient l’ambre jaune que la mer jette sur ces côtes ; les Agathyrses , et les Gélons , quiavaient coutume dese peindre lecorps; les Bastames , an N. de la Oacie , les Roxohns , et les Jazyges , ver le Palus-Méotide.

Entre le Pont-Euxin et le Palus-Méotide, se trouvela Chersonèse Taurique, au jourd’bui Crimée, fameuse dans la fablepar les aventures d’Iphigénie èt d’Oreste. Elle fut d’abord babitée par les Cimmériens , qui donnèrent leur nom au Bosphore , puis par des Scythes, nommés aussi Tauri etTauro - Scythœ.

L’entrée de la presqu’île était fermée par un fossé , en grec , Taphros , et défendue, par la ville de Taphroe. Sur le Bosphore , était Panticapée, capitale du royaume du Bosphore, fondée parles Grecs, et Théodosie, remplacée depuis par Caffa.

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