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LE SOLDA

nou, est situé un grand lac d'eau douce (1), % l’est duquel est bâtie la ville de Birney. L’étendue de ce lac, qui reçoit une quantité de cours d'eau , n’est pas exactement définie ; les uns lui donnent quatre, d’autres quinze lieues d'étendue , etc. Il est couvert d’iles, et s'appelle <\au; de là, le nom de Hornuu qu'on donne au pays qui t’environne. Ses bords sont habités par des idolâtres, dont le plus grand nombre s'appelle Voey (2).

Birney n'est pas le nom propre de la ville; il ne désigne , dans la langue de Bornou (3) , que la capitale du pays ; de là vient qu'elle s'appelle également Bornou. Suivant Hadji-Hamet, prince indigène du Bornou , le Caire en Égypte n'est pas aussi grand que Bornou. Le grand fleuve qui coule ici, à une demi-journée au sud-est de cette ville, est le Kamadkou (1), nom appellalif qui, dans la langue de Bornou (S), signifie un grand Neuve. Un habitant du Bornou nous apprend qu’à l’époque du débordement, on y précipite annuellement , par ordre du roi , et avec une grande solenuité, une esclave vierge et richement habillée, et que ce sacrifice (comme autrefois en Égypte) préserve la ville de la destruction (6). iladji-llamet appelle la ville où se pratiquent ces usages, Gamburou (7); on y voit encore, dit-il , des débris de forts et de maisons bâtis par des chrétiens qui, suivant la tradition, avaient jadis possédé ces contrées; l'on y déterre aussi une quantité de monnaies de cuivre ; mais , avant de traverser le Bornou et de passer à Gambarou, le Neuve coule à travers le pays de Soudan ; ses sources sont inconnues ; à l’est de Bornou, il reçoit les eaux du fleuve Sbary. Seetzen apprit, à Alexandrie en Égypte, d'un pèlerin de Bornou ( Ber- X oh , dans Scetzen), que, près de cette ville , le fleuve est aussi grand que le Nil égyptien , et qu'il est couvert de grands bateaux à voiles et à rames.

Burckhardt, qui prit des informations trèsexactes sur les localités du Soudan, nous a tracé

(1) J.-L. lïurckbardl , TraveU la Subis. tond. , 1819, in-4". App-, 1, p. 447.

(3) Vofcs Note sixième, A l« fia du volume.

(3) nsdji-Hsmel, p. 231 .

;4t Ce nom <e trouve dt'ji sur Is carte d'Afrique de rsden.

(6) vocsbulxrlev of tb« Dorgo and Buruou lang., dans SurcLbardt Trav p. 491.

(8) Burckbardl, Trav., App.,11, p. 489.

(7) Detisle , dans sa carte d'Afrlquo pour Louis XIV , A. , 1700 , appelle déjà le Alger Caotbarou ; Il Ht dont usage dv très-bonnes sources.

LE TSUADI. STI

un itinéraire de Borgo(pays situé à l’est de Bornou , sur le Bahr-el-Ghazel), au Fezzan (au nordouest), d'où il résulte que les royaumes de Begharmi et de Bornou se trouvent placés à l'ouest (1 ) de cette route, et non pas au nord , comme ils ont été faussement dessinés sur toutes les cartes d'Afrique, depuis llennell et Arrowsmilh. D'après toutes les autres données que Buckhardt parvint à se procurer en Afrique, il parait maintenant certain que le Bornou est silué beaucoup plus à l'ouest qu’on ne l'a cru jusqu'à présent, c’est-à-dire directement au sud du Fezzan, ce qui s’accorde aussi parfaitement avec les rapports de Hornemann et de Ritchie.

Il importe donc, avant tout, de rectifier les cartes, à l’égard des royaumes du Soudan ; nous en rapportant aux indications de Ritchie, nous plaçons la capitale du Bornou à peu près au 16* lat. nord, et au 16" long, est deGreenw.; Kaocm, au contraire , au 18° 11' lat. nord , et du 17 au 18" long, est de Green w. (2).

Les nègres appellent proprement Soudan (3) le pays situé à l’ouest du Bornou, jusqu’à Timbouctou; de là le nom de f/a/ior- Aonrfnn, c’està-dire grande eau du Soudan, qu’ils donnent au graud lac de Niffé; de là encore le prétendu W angora d’Edrisi, au sud de ce Rahar-Soudan, appellation qui est commune à plusieurs pays marécageux (suivant le capitaine Lyon, à trois contrées). 11 faut donc ainsi nécessairement placer ce pays, de même que le Bornou , beaucoup plus à l’ouest qu'il ne l’a été jusqu'à présent sur les cartes (4). Burckhardt, ainsi que son prédécesseur Brownc (S>, dans le Darfour, n’entendirent nulle part parler d'un Wangara à l'est (6).

D’après l’ensemble de ces rapports géographiques, les faits que nous venons d'émettre ne peuvent plus , à la vérité, souffrir aucun doute; mais l'identité du Niger près de Timbouctou avec le Niger du Bornou n’en est pas encore prouvée pour cela ; Ritchie lui-même dit n’avoir rencontré aucun témoin oculaire qui eût affirmé que le fleuve appelé Issa à Timbouctou fût le même qui , traversant le lac d’eau douce près de Niffé, arrose le royaume de Kaschna , où il s’appelle Gulbi , et , après avoir baigné Gano , Bornou et

(1) Lurckhardt, Trav., App., II, p. 487-488.

(2) Hltchie , dans le Quart. Revlew , p. 234.

(3) Ibid., p. 234.- — Curcklurdl, Trav. , p. 480.

(4) lbW.,p. 234.

(6) Brovvne, Travcla, Appcndlx, 1 , p. 460.

(0> Burckbirdl, Trav., p, 489.

Kanr m , reprend son cours au sud de Begharmi, et reçoit les eaux du Shari. Cependant le voyageur anglais ajoute que l'identité des deux fleuves est généralement admise ; il pense avec son savant commentateur que l’opinion des indigènes, à cet égard, est d'autant plus vraisemblable qu’elle s’accorde avec tous les renseignemens recueillis par Park, Hornemann, Brou ne, Burckhardt, Jackson et par lui-mème, b Mourzouk.et qu’elle n’est combattue par aucun des géographes arabes.

Les anciens Arabes avaient admis qu'en tout cas , le fleuve de Timbouctou et celui île Bomou font partie d’un seul et même système , quand même ils ne seraient pas le même fleuve; cette opinion s’est conservée jusqu’à nos jours parmi les marcbandsdu Maroc, dont Jackson a recueilli les récits (1). A les en croire, le grand Babar- Soudan ou lac du Soudan est situé à quinze journées de marche (2jà l’estdu Timbouctou (3), et traversé par le grand Nil des nègres (4) (Nilel-Abid). Ces données furent confirmées unanimement par sept marchands maures , hommes intelligens et judicieux, qui tous avaient parcouru le Soudan. Le Bahar-Soudan est, dit-on, couvert de bateaux pontés portant 130 à 200 hommes et 40 tonneaux ; les habitans du fleuve sont ici les meilleurs marins.

Ali-Bey a pleinement confirmé toutes ces relations sur le Nil-Abid et le lac du Soudan par les informations qu’il parvint à se procurer dans le Maroc (3). L’espace, dit-il , qui sépare la source du Niger de la source du Misselad (23*30’ de l’ouest à l'est , et 20" du nord au sud) n’envoie aucun fleuve à l’Océan, mais toutes les eaux qu’il contient, coulent dans le Bahar-Soudan qui , comme il parait , est de la grandeur de la inar Caspienne. Le Nil-Abid inonde ses bords comme le Nil d’Égypte , et ressemble alors à un bras de mer. Il prend sa direction vers le centre de l’Afrique , où il forme une mer qui ne correspond à aucune autre; les barques nègres mettent, dit-on, quarante-huit jours pour naviguer d'un côté à l'autre. L’Arabe Bouhlal, auquel nous sommes redevables de ces détails, compare cette mer à la Méditerranée. Il n’est pas difficile de

(1) Jackson'» Account of Marocco, 2* <M. , ch. 13.

(2) Jackson'» Acc. of Timb. , p. 480.

(3) Il commencerait par continuent A cinq journée» rte marche , A l'est «le Boussa.

(4) Jacksnn's acc. of Timb., p. 517.

(3) Voyage «l’Ail- iey.

s'apercevoir que ce récit, empreint du style oriental, est, comme d’ordinaire, un peu exagéré.

Ce lac dont il est ici question est sans doute le même dont Mungo-Park entendit dire , à Sansanding , qu’il est situé à un mois de marche de cette ville (1), au delà de Baedou et de Gotto (2), et qu’il a beaucoup plus d’étendue que le lac Dibbie; scs eaux, lui dit-on, se portent tantôt dans l'nnc, tantôt dans l’autre direction; il s’appelle Ba-Sea/ina, c'est-à-dire eau des vaisseaux (3) , et des chrétiens habitent ses bords. Or, Jackson regarde le nom de Ba-Sea/ina comme identique avec Bahar-Soudan. En effet, on assure que les bords du Bahar Soudan sont habités par des blancs qui s’habillent comme les Maures Berbères, portent des turbans, mais ne parlent pas l'arabe. Suivant d’autres Arabes, ces chrétiens seraient les blancs qu’ils appellent X'sarrath (4). Nous trouvons au sud du Nil-Abid, surlesfrontières de Molli et de I.amlam , une tradition d’après laquelle les tribus perdues d’Israël habiteraient les contrées du Bahar-Soudan. C’est là aussi , dit-on , que se trouve ce peuple cavalier que les marchands comparent aux Maures et aux Européens, parce qu'ils se serrent de selles.

Hadji-llamct nous apprend , comme nous l’avons déjà vu ailleurs, que la tradition des pays habités par des chrétiens, se trouve aussi répandue dans les environs du lac de Bornou.

Il est donc suffisamment établi que déjà anciennement des chrétiens habitaient sur les bords du Bahar-Soudan. En tout cas, l’apparition de ces blancs, qui dans l’origine ne peuvent être que des Européens, n’est pas une raison suffisante pour nous faire admettre que le Ba-Seafina soit l’Océan près de la côte de Guinée. D’ailleurs Ebn Batuta avait vu des blancs longtemps avant la découverte de ces côtes par les Portugais ; en 1330, dans son voyage de Ségo à Mali, situé à l'est de Timbouctou , il prit dans cette capitale du royaume ses quartiers chez des blancs et y séjourna deux mois (ubi in alborum hospitio dirertalus sum) (8). Il en connut aussi à l’est de Timbouctou , à Saghar ; ils appartenaient ou

(1) Sungo-ParS , Jodrn.l, p. 166.

(2) Jackwn'* Acc. of Timb., p. 447.— H. Xurray, Dut or ta Acc. of bitcoM., Il , p. 417.

(3) Jackton’» Acc. of Tlmbucto, p. 430.

(4) Jaèkaon’» acc. of Marocco, p. 207.

(6) Cbn Batuta, p. 48.

LE SOUDAS.

à la secte de Charedshites(K)ouà celle des hérétiques Ryadha (B) (1).

Le shérif Imhammed, qui avait voyagé de Tripoli h Kaschna , sur le Grand-Fleuve, raconta à Lucas, que le Nil-Abid , le Nil des nègres, qu'il avait passé deux fois, en bac, au même endroit , avait 21 pieds de profondeur, et que la voix des mariniers ne porte jamais d'une rire b l’autre. Le fleuve , dit-il, ne coule pas de Kaschna à l'est , mais il l'ouest ; son courant est très-rapide et les bateaux sont dans l’impossibilité de naviguer contre. Ces indications du shérif pourraient nous faire croire que le Bahar- Soudan est alimenté de deux côtés à l’est et b l'ouest. Jackson , en effet, trouve dans cette hypothèse l'explication du double courant du Ba- Sea-Fina dont parle Mungo-Park , phénomène que dans l’Océan on s'expliquerait très-bien par le flux et le reflux.

Suivant le récit du shérif Imhammed , la longue ligne continue de ce grand fleuve du Soudan, que jusqu'ici on a pris pour le Niger, serait ainsi interrompue par la rencontre de deux fleuves qui, coulant dans une direction opposée, se réuniraient dans un bassin commun , le Bahar-Soudan. On ne nous parle nulle part d’un écoulement b l'est; au contraire, tout l’espace presque inconnu qui sépare le lioussa de Kaschna, espace de 100 milles au moins (il faut pour aller de Sansanding h Kaschna, deux mois de temps, voy. p. 239), est tellement grand, qu'il peut trèsbien y exister un immense bassin , sans que les Européens en aient jamais eu connaissance. Si ce bassin a en effet une décharge, ce ne pourrait être que le fleuve de 'Wassenah, le Zadi (voy. p. 209). Sidi-Hamcl s'exprime en faveur de cette hypothèse (2).

Mais la supposition du cours occidental du Gulbi, près de Kaschna, supposition qui ne repose absolument que sur le témoignage du shérif Imhammed , est en contradiction directe avec ce que nous avons dit ailleurs de l’embouchure du Kamadkou, ou Tsad dans le lac de Bornou, ainsi qu'avec les indications positives de Sidi- Mousa(3); ce voyageur affirme que le Nil coule à l'est par le Bornou et le Begharme; il passe, dit-il, à quatre journées de marcheau sud delà capitale du Begharme , où il a un mille anglais de largeur et est très-profond ; de l'a il se tourne vers le

(1) Zbn BsluU, p. 47. — Buriktisr-ll, p. 036.

(2, H. Vnrray, dan» J.ckion's Acc. or TJmb-, p. ft!4. (3) Stdl-Xouw, 4anj Siu-bte,p. 233.

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sud-est. Or, ne se pourrait-il pas que le cours occidental près de Kaschna, dont parle le shérif Imhammed, nefrtt qu'un simple détour du Heuve qui , par là même , le rendrait si rapide ? En effet, il arrive souvent que des fleuves abandonnent pendant un certain temps leur direction normale pour en prendre une tout opposée. Ou bien ce fleuve de Kaschna serait-il un affluent nord-est du Bahar-Soudan? Dans ce cas, ce grand lac n’aurait aucune décharge à l'est, ou il en aurait une souterraine, ou enfin une autre quelconque inconnue jusqu'ici aux Européens.

Barrow et Murray (1) sont disposés à prendre le fleuve de Kaschna pour un affluent nord-est du Bahar-Soudan, c’est-à-dire pour le véritable N Hua Xitjrorum de Ptolémée, que cet auteur fait couler à l’est dans le IVigrities Palus (lat. 14 Gr., longit. 18 Gr.), et dont il a le premier séparé les sources de celles du Nil d’Égypte; il s'étend , disent ces géographes , jusqu'au Bar- Zarah d'Adams , appelé Gozen-Zair dans Sidi-llamel, et le Nigrities Palus est identique avec le Bahar-Soudau. D’un autre côté, ces deux géographes considèrent le fleuve de Wassenah, dont parle Sidi-Hamel, comme un Niger plus méridional, ou comme un second Niger, le Joliba de Park et des géographes modernes, qui, inconnu de tous temps aux anciens, se dirigerait vers l'Océan et irait se jeter dans le Congo, où, comme croit Reichard (2), dans le golfe de Guinée. Cette hypothèse ne détruit en rien l'ancienne opinion de d'Anville et de llennell, qui regardent le Soudan comme un bassin de l'Afrique centrale, dont l'eau forme des lacs et des marais autour du Bahar-Soudan , et s'évapore dans cette vaste étendue de steppes. Cependant il ne faut pas, comme l'on fait jusqu'à présent tous les cartographes, placer ce bassin ainsi que le pays marécageux et couvert d’or de Wangara , à l'est de Kaschna , mais , au contraire , à l’ouest de Bornou et de Kaschna.

En supposant que le Bahar-Soudan eût un écoulement à l’est, du côté de Bornou , le fleuve auquel il donnerait naissance, devrait nécessairement se diriger vers le sud ou le sud-est, pour ne pas se confondre avec celui de Kaschna; cette hypothèse pourrait encore s’accorder avec la tradition des marchands maures et mahométans qui soutiennent que , depuis Timbouctou, le Jo-

(1) H. Murray, Hiator. àcc. of Diacor., 11, p. 401.

(2) Richard, l e ber den îauf d« Niger , In den ail. gengr. fcphem., XII B.f 1803, p. 157.

AFRIQUE, SYSTEMES U EAli : II* DIVISION , 5 22.

lilia est navigable jusqu'au Nil d'Égypte. Mais il faudrait nécessairement la rejeter comme fausse . si l’on voulait admettre que l’émissaire du liahar Soudan ne coule d’abord que sous la terre , comme à peu près la perte du llhône. Marmol cherche à établir la possibilité d'une semblable hypothèse, sans doute en s'appuyant de relations arabes. En parlant du royaume de fiornou, il dit : Avant (1) d'arriver ici, le Niger parcourt un espace de 18 lieues sous la terre; il sort ensuite, reçoit les eaux de plusieurs rivières et va se jeter , après un long cours, dans la mer. Nous ne déciderons pas si le Heure de Bornou sort ou non de terre ; en tout cas , il ne nous est connu que depuis Gano et Gainbanou, où Iladji-Ilamel le vit de ses propres yeux. Mais if est-il pas surprenant, que là, le nom de Joliba, Gulbi disparaisse tout h coup pour faire place au nom tout nouveau de Ts/iadi, qui est évidemment identique, sinon physiquement, du moins sous le rapport étymologique , avec le prétendu émissaire méridional du Niger, le Moicnzi-Enzaddi-Kongos ( voyez page 131)?

Mais si ce fleuve de Bornou, comme Niger oriental , dilfère en effet du Niger occidental du Tiinbouctou, d'où vient cette tradition si généralement répandue de l'identité du Ml des nègres ou Joliba (Nil-Abid, Niger) avec le if il de l'Égypte?

Le Niger, suivant le manuscrit arabe de Sidi- Mohammed-Bcn-Amrau-Sudauie (2), reçoit, h l'est de la ville de Timbouctou , deux affluens très-considérables , qui , dit-on, changent toutes les terres planes de Waugara en un seul grand marais. L’un de ces afHuens se jette dans le Niger, h dix journées de marche ( er/iallal ), h l’est de Timbouctou, l’autre près de Wangara. Toute cette masse d’eau réunie prend alors le nom de Jfibet-Kabir et continue son cours à l’est, sur une étendue de SK) erhallut, jusqu’au Nil d’Égypte.

Tous les marchands mabomélans du Soudan regardent comme un fait établi la réunion du Nil des nègres , qui coule à Timbouctou , avec le Nil du Caire (3) ; le transport des marchandises, disent-ils, est plus avantageux par terre, parce que la route les conduit continuellement^ traversde pays fertiles , agréables et bien peuplés, lis ne savent cependant pas indiquer au juste où le grand bras occidental du N il rencontre le grand

(1) Marinai, Alrico, III, p. 70.

(2) JackMD'* Acc. of Marocco, p. 312.

'.3) Jackson'» Acc , p. 340.

bras de l'est. Jackson nous communique à ce sujet les récits suivans (1) : Des hommes dignes de foi lui racontèrent à Mogodore. qu’en 1780, une société de 17 habitans de Jinnie s’étant embarqués sur le Joliba, pour se rendre h Timbouctou , échangèrent plusieurs fois leurs marchandises en route et arrivèrent, après quatorze mois, au Caire. Ils racontèrent avoir rencontré sur les bords du Nil, depuis Timbouctou jusqu’au Caire, près de 1,200 villes et villages qui avaient des fondaques (c’est -h-dire des caravansérails), des mosquées et des tours; ils s'y étaieolparfoisarrètéspoury faire des affaires. Ils trouvèrent , en trois endroits différais , le Nil si bas par suite de l'eau que lui empruntaient les canaux, qu'ils furent obligés de porter euxmèrnes leur barque. (Serait-ce là l’endroit où se trouve le partage du Niger et du Nil, comme l’affirma un africain à Mourzouk ? (2). Ils rencontrèrent aussi trois grandes cataractes; la plus considérable se trouvait sur la limite occidentale de Wangara. Ne pouvant naviguer plus loin eu cet endroit, ils portèrent leur barque jusqu'au lac Merja (Bahar-Soudan? Maberiah?), qui, dit-on , est si grand qu'on ne peut apercevoir l’autre bord. Ces nègres jinniens s'en retournèrent du Caire, avec la grande akkabah el garbie ( c'est-à-dire la grande caravane de l’ouest), par Barca , Tripoli , Tunis, Alger et Angad à Fez , et de là se joignant à Vakka (c’està-dire la grande caravane du sud ) , ils se rendirent à Jinnie. Cet immense voyage dura trois ans et deux mois.

Nous trouvons le plus ancien témoignage en faveur de l’identité des deux Nils dans Hérodote, le père de la géographie et de l’histoire. Nous y lisons (3) que le grand fleuve que les Nasarnoniens découvrirent dans le pays des noirs, au sud du grand désert, venant de la Libye, passe près du royaume ou de la ville ( rxpi Ji n je sit.iy) et se dirige du couchant au levant ; on pourrait, dit-il, le comparer à Pister, parce qu'il sépare l'Afrique eu deux parties , comme celui-ci l’Europe. Déjà de son temps , l’étearque d'Ammon qui lui communiquait ces renseignemens, avait établi l’hypothèse que ce fleuve pourrait bien être le Nil. Le grand historien faisant observer à cette occasion que cette idee n'est pas contraire à la raison, nous communique tout ce qu'il put

(1) JacksftD'a Acc. of K.rocco» p. 313.

(3) aoroemann, dan. Langlci, p. 233.

(3) Ht roJoCus Bill. sa. Rc a, I, Itb. 2, c. 33, p. 1 48.

LE SOl'DXS. LE T5HADI.

tirrr de la comparaison du connu avec l'inconnu.

A ces obserTatious critiques, nous ajouterons en peu de mots la description des localités et des villes situées le long du Grand-Fleuve , de l'ouest à l’est.

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