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en Boukharie et en Chine, les cordages et les toiles à voiles qui s’expédient en Europe et en Amérique.
Transit et réexpertation, — Le transit est considérable en Russie : c’est par son territoire que les métaux de laSibérie, les pelleteries asiatiques et américaines, et les thés de caravane parviennent en Europe; et ce sont les négociants russes qui répandent en Asie, un grand nombre de produits de l’industrie européenne que les voyageurs retrouvent avec étonnement jusque dans les steppes de la Mongolie et sous la tente du Khirghiz.
Relations avec la France. — Le mouvement des échanges avec la France varie entre 130 et 200 millions, au moins pour le commerce apparent, car une partie des marchandises françaises exportées pour les villes hanséatiques et la Prusse sont destinées à la Russie, et nous recevons nous-mêmes de Hambourg, de l’Angleterre et du transit continental un certain nombre de produits d'origine russe.
Les marchandises que nous demandons à la Russie sont exclusivement des matières premières, à l’exception des céréales que Marseille tire d’Odessa. Les principales sont les bois communs, les laines en masse, les lins et les chanvres, les graines oléagineuses, les graisses de toute sorte, les veaux brutes pour une valeur totale de 60 à 130 millions.
Les produits français exportés en Russie sont les vins, les sucres, les fruits de table, les huiles, les sels, et surtout les objets manufacturés, tissus de soie, lainages, cotonnades, mercerie, papier, ouvragesen métaux, produits chimiques, etc... pour une valeur toti!e de 30 à 80 millions.
Relations aveclesautres pays. —iesautresnations qui entretiennent avec la Russie les relations les plus étendues sont la Grande-Bretagne (500 millions), la Prusse, 148 Pays-Bas, la Turquie, l'Autriche, les villes hanséatiqe, la hine stles États-Unis d'Amérique.
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Caractère national. Etat social. Réformes écenomiques. — Par sa population, par ses mœurs, par ses institutions, comme par sa structure géologique, la Russie n’est qu’à demi européenne : c’est là que commence avec les vagues horizons et les steppes monotones de l'Asie ce nêle-mèle de peuples qui se superposent sans se fondre et uni rappellent l'étrange confusion des hordes asiatiques : au Nord, des Finnois à demi sauvages comme les Permiens, ou entreprenants et industrieux comme les Finlandais :
A l'Ouest, des Allemands avec la ténacité laborieuse de leur race : des Slaves Polonais, soldats brillants et intrépides, poëtes enthousiastes, mais dénués des qualités solides qui font vivre les peuples, et qu'ils n’ont commencé à acquérir qu’à l’école du malheur ;
Au Centre des Slaves Russes, doux, patients, laborieux mème, mais apathiques comme les Orientaux et résignés comme eux à souffrir plutôt que d'agir :
Au Sud enfin, un mélange de Cosaques, de Tartares, et de Kalmouks, qui ne se décident que lentement à désapprendre la vie à cheval et les habitudes du nomade.
A cela, si l’on ajoute une organisationsociale imparfaite, une monarchie despotique, souvent intelligente, maissourdement combattue par unc aristocratie de propriétaires et
de fonctionnaires jalouse, civilisée violemment par Pierre
le Grand, et qui se fait libérale contre le czar, pour rester tyrannique envers le reste de la nation; une bourgeoisie presque entièrementcomposée de marchands sur qui pèsent encore les chaînes des guildes ou corporations; un peuple de paysans, serfs d'hier, embarrassés de leur émancipation récente, et ne comprenant pas les avantages d’une liberté restreinte, et d’une propriétémesquine qu'ils payent trop cher ; le manque d'institutions et de garanties, enfin cette plaie de la Pologne attachée aux flancs de la Russie; si l’on songe de plus à l’absence de la petite propriété, à
la rareté de la population par rapport à l’étendue de l’Empire, on comprendra l’infériorité de la Russie, malgré ses immenses ressources. |
Compagnies de commerce, -- Le commerce presque tout entier est entre les mains des étrangers : Anglais,
: Françaiset Allemands sur les côtes de la Baltique, ftaliens, Grecs et Arméniens, sur celles de la mer Noire, Persans et Boukhariotes à Astrakhan, sans compter près de deux millions de juifs répandus dans tout l'empire, où ils possèdent la moitié des capitaux, population persécutée et que les mesures libérales prises récemment par le gouvernement russe n’ont émancipée qu'à demi.
L'esprit d'association ne se développe que lentement sous l’initiative et le patronage du gouvernement qui a fondé cinq grandes Compagnies privilégiées : la Compagnie Russe- Américaine (1799), la Société decommerce et de navigation d'Odessa, espèce de Lloyd russe organisé en 1856 : la Compagnie de la mer Blanche, créée à Arkhangel en 1858, la Compagnie du fleuve Amour, qui date de 1856, et celle des Paquebots du Havre, dont le siége est à Saint- Pétersbourg.
Presque toutes les autres Compagnies, les sociétés de chemins de fer, celle de la navigation du Volga et de la Caspienne , celle du télégraphe transcontinental sont étrangères.
Institutions de Crédit. — Les établissements de Crédit les plus importants sont la Banque d'Etat, fondée en 1860, banque de dépôt, de prêt et d’escompte mais non d’émission, qui entretient des comptoirs dans les principales places de commerce : la Banque de Varsovie, les Caisses d'épargne de Moscou et de Saint-Pétersbourg. Il est question d'organiser dans les provinces des banques de prèt hypothécaire et des Sociétés de Crédit foncier.
Régime deuanier. Traités de commerce. — Les tarifs douaniers de la Russie sont presque le: seuls en Europe qui aient laissé subsister les prohibitions sur un petit nombre d'articles : la Finlande est en dehors du système des douanes de l’Empire et jouit de tarifs privilégiés.
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Le revenu douanier est évalué à plus de 150 millions de francs qui représentent un dixième du revenu de l’État; les droits portent surtout sur les objets de consommation, vins, sucres, cafés, sels, et produits manufacturés. La plupart des matières premières sont exemples.
Toutes les grandes puissances commerçantes d’ Europe, les États-Unis, la Chine, le Japon, la Perse, sont liées à la Russie par des traités de commerce conclussur les bases
de la réciprocité : mais elle repousse encore les principes de la liberté commerciale.
MONNAIES, POIDS ET MESURES
L'unité monétaire est le roukle argent — 4 francs, dont le 400° est le kopeck — 4 centimes. Les billets de crédit depuis rouble jusqu’à 400 sont presque la seule monnaie de circulation : ce papier-monnaie est frappé d’un discrédit considérable qui s’explique quand on sait qu’en 1860, il cireulait en Russie 679,877,853 roubles papier, garantis seulement par un fonds de 96,241,628 roubles or et argent.
L'unité de poids est le pou — 16 kil. 380 gr. La tonne française vaut 61 pouds.
La principale mesure itinéraire est le verste — 1066 mètres.
L'unité de longueur est la sagèns = 2 mètres, 133, divisée en 7 pieds.
Les mesures de capacité les plus usitées sont pour les liquides : le vedro — 12 1/4 Litres, et pour les céréales le tchetvert — 210 litres.