‹ Géographie générale du commerce et de l'industrie [microforme]Chapitre 107 sur 241 · PRODUCTIONS DE LA TURQUIE. — TURQUIE D'EUROPE · texte numérisé non relu

PRODUCTIONS DE LA TURQUIE. — TURQUIE D'EUROPE

Climat et nature du sel. — Le climat de la Turquie d'Europe, tempéré sur les bords de la mer, dont les brises amortissent l’ardeur du soleil, est rigoureux dans les hautes vallées, et dans tout le bassin du Danube ouvert aux vents du Nord. Le sol granitique et calcaire est un des plus accidentés de l’Europe. La chaîne du Pinde couvre de ses ramifications l’A/bante et la Thessalie, et se prolonge au nord en Æerzégovine et en Bosnie par les Alpes Dinariques ; à l’est en Macédoine, en Roumilie, en Bulgarie, par les puissants rameaux des Balkans et du Despoto-Dagh, couverts de forêts, et traversés à peine par quelques routes à demi tracées. Cependant la Bosnie et la Bulgarie, dans la vallée du Danube, la Roumilie dans celle de la Maritza, offrent de vastes plaines calcaires dont la fertilité rivaliserait, si elles étaient bien cultivées, avec celle de l'Italie et de l'Espagne méridionale.

1 Production agricole. — Les céréales (blé, seigle et A mais) sont cultivées en Bulgarie, en Thessalie, en Macédoine, et dépassent les besoins de la population. Les /égumes de toute espèce abondent dans toutes les provinces de l’Empire : le riz réussit sur les bords de la Maritza, la

pomme de terre en Bosnie et en Herzégovine; les îles de l’Archipel, Candie, l'Épire produisent des vins estimés ; les fruits, oranges, citrons, figues, et les fleurs, surtout les roses, d’où l'Orient tire ses précieuses essences, viennent presque sans culture en Thessalie et sur la côte de Roumilie; la culture du fabac est générale, celle de l’olvier et du sésame fait la richesse de l’Épire, de la Thessalie et des provinces situées au sud des Balkans.

D’immenses forêts d’ormes, de chènes, de platanes et de sycomores couvrent les montagnes de la Bosnie, de l’Albanie et les pentes des Balkans; enfin, la culture du lin, celle du coton, dans le district de Serès, en Macédoine, celle du safran et de la garence, etc., se développent de jour en jour.

Le gros bétail est peu nombreux en Turquie ; on ne l’évalue guère à plus de 3 millions de têtes; mais les moutons, recherchés à la fois pour leur chair et pour leurs laines, se comptent par millions dans la Bosnie, la Roumilie et la vallée du Danube. On élève des chèvres en Albanie, des porcs en Bulgarie, pays slave et chrétien ; des chevaux, petits, mais robustes et agiles, en Albanie et en Bosnie. La Roumilie, la Macédoine, la Bulgarie, l’Albanie, la Crète produisaient, en 14858, environ 450,000 kilog. de soie, récoltée, comme en Lombardie, par les paysans, achetée sur place par les agents des grandes maisons de Constantinople, de Salonique, d’Andrinople, ou même de l'étranger, et transportée dans les entrepôts de ces villes pour se répandre dans toute l'Europe.

Production minérale. — Le sol de la Turquie n’est pas moins riche en productions minérales qu’en produits agricoles, et cependant c’est à peine si ces richesses ont été effleurées. La houille existe en Crète; en Albanie, en Roumilie, mais n’est pas exploitée ; le fer et le cuivre se trouvent en abondance dans les Balkans, et malgré l’imperfection des procédés d'exploitation, dépassent les besoins du pays; les marbres le disputent à ceux de la Grèce; la pierre s’exporte jusqu’en Angleterre.

Péche. — La pêche des éponges dans l’Archipel, celle

e; les îles de vins estimés ; fleurs, surtout gsences, viensur la côte de , celle de l'ohe, de la Thesalkans.

de platanes el Ja Bosnie, de 1, la culture du erès, en Macéte., se dévelop-

quie ; on ne l'é- ; mais les mouir et pour leurs Bosnie, la Roues chèvres en Alet chrétien; des en Albanie et en garie ; l’Albanie, 80,000 kilog. de par les paysans, des maisons de ple, ou mème de Lôts de ces villes

la Turquie n'est > qu’en produits es richesses on

,et malgré l’imépassent les bet à ceux de la terre.

V’Archipel, celle

« en Albanie, en È r et le cuivre se E

des sangsues dans les marais de Bosnie produisent un revenu assez considérable, mais qui tend à diminuer.

Production industrielle, — Avec cette variété et ‘cette richesse de production, qui pourrait être décuplée par une exploitation intelligente, avec cette faculté précieuse de réunir sur son territoire toutes les matières premières, toutes les denrées alimentaires, la Turquie devrait posséder une industrie florissante; mais l’apathie des populations, les caprices et les exactions des fonctionnaires, le manque de routes, le système déplorable des impôts, le peu de protection accordée au commerce intérieur, ont fait descendre si bas l’industrie turque, qu’elle ne saurait être classée parmi les industries européennes. Malgré l’habileté des ouvriers et le bon marché de la main-d'œuvre, les procédés de fabrication sont tellement arriérés que les manufactures indigènes, sauf quelques établissements dirigés par des sujets chrétiens de l’Empire ou des Européens, ne sauraient lutter avec la concurrence étrangère, et disparaissent peu à peu. Les naftes, les tapis de pied, quelques articles de fabletterie, recherchés pour l'originalité et la perfection du travail, des maroquins, des armes et d’autres objets importés à titre de curiosités, sont les seuls produits de l’industrie turque qui se répandent dans l’Europe occidentale.

Les manufactures de soteries, de draps, de cotonnades de Serès, de Philippopoli, d’Andrinople, de Selimno, de Bosna-Seraï, de Salonique, les tanneries d'Andrinople, de Salonique, de Choumla, la quincaillerie de Bosna-Seraï, l'orfévrerie de Constantinople n'ont guère de débouchés | que dans les limites mêmes de l’Empire ottoman; les

savonneries de Candie, qui produisent annuellement 12 à millions de kilog. de savon, en exportent 9 à 10 milions,

Du reste, la grande industrie existe à peine, et dans les campagnes, c'est le paysan qui fabrique lui-même ses vêtements et presque tous les objets de première nécessité. { ClimatetProductionsagriceles (Turquie d’Asie). | — La Turquie d'Asie réunit toutes les variétés de sol et

de climat : dans les îles, que rafraichissent les brises de mer, une température égale et modérée ; sur les côtes de l'Archipel et surtout de la Méditerranée des chaleurs accablantes ; sur les plateaux de l’Anatolie, maigres pâtu- . rages ou déserts salés et sablonneux, des étés brûlants et des hivers rigoureux : sur les bords de la mer Noire etsur le plateau arménien dominé par les chaînes puissantes du Taurus et de l’Ararat, les pluies, les neiges et le climat de la Suisse ; dans les fraîches vallées du Liban, le printemps éternel de Cachemire ; dans les plaines basses et inondées qu'arrosentle Tigre et l’Euphrate, le soleil ardent du Bengale ; dans les déserts de Syrie, les feux et les sables du Sahara.

Les huit dixièmes du sol sont incultes, et le reste est mal cultivé; cependant telle est sa fécondité naturelle que la Turquie d’Asie est encore un des pays agricoles les plus riches de l'Orient.

Les céréales et surtout le millet et le mais réussissent presque partout : le riz abonde dans les plaines où existent des canaux d'irrigation ; la vigne produit dans les îles et surtout à Chypre et à Chio des vins renommés ; tous les arbres fruitiers, le figuier, l’oranger, le caroubier, sur les côtes de l’Archipel et de la Méditerranée; l’amandier, le cerisier, le pêcher sur celles de la mer Noire, et dans les vallées du Kurdistan, donnent des produits aussi abondants que variés : les hutles de la Syrie, des îles de l’Archipel, de la côte d’Asie Mineure, de la Mésopotamie le disputent à celles de la Grèce : le tabae de Syrie, connu sous le nom de latakié, n'a de rival en Orient que le tombéki d’Ispahan ; le pavot blanc qui produit l’optum est cultivé dans toutes les régions chaudes; la truffe abonde sur les marchés de Damas, où elle n’est guère plus estimée que la pomme de terre.

Les eultures industrielles ne sont pas moins riches : la production du coton, dont les centressontAïdin, Magnésie, Adana et Chypre en Asie Mineure, Damas, Alep, Naplouse en Syrie, Mossoul et Bassora dans le bassin oriental, a plus que décuplé en dix ans: Smyrne, qui n’exportait pas

les brises de r les côtes de y chaleurs acmaigres pâtu- :

és brûülants et er Noire etsur

uissantes du et le climat de , le printemps es et inondées rdent du Ben- 1t les sables du

, etle reste est té naturelle que gricoles les plus

naïs réussissent ines où existent dans les îles et ommés ; tous les iroubier, sur les ,: l'amandier, le Noire, et dans Luits aussi abondes îles de l’Ar- Mésopotamie le de Syrie, connu jent que le toml'opium est cul-

uffe abonde sur re plus estimée

oins riches : L idin, Magnésie, , Alep, Naploust assin oriental, à i n’exportait pas

42,000 balles en 1860, en a exporté 180,000 en 1865 : le lin et le chanvre du Kurdistan, de la Syrie, et de l’Asie Mineure, les matières tinctoriales, indigo de Judée, alizaris de Chypre, de Smyrne, de Damas, les graënes oléagineuses et surtout le sésame de Syrie, les gommes, la noix de galle, se récoltent en abondance : d'immenses forêts de chênes, de sapins, de cèdres couvrent les pentes du Taurus et du Liban.

Dans les steppes de l’Anatolie, dans les pâturages de la Syrie et du Kurdistan, paissent de nombreux troupeaux de bœufs, de chameaux, de chevaux aussi agiles et aussi - infatigables que ceux de l’Arabie : les /aines deSyrie, d’Ar-

ménie, et surtout d’Anatolie, les poils de chèvre d'Angora, sont un des principaux objets du commerce du Levant; enfin les paysans de la Syrie et de l’Anatolie, les insulaires de Rhodes et de Chypre, élèvent des abeilles et entretiennent de petites magnaneries dont la récolte, qui s’élève à

" plus de 800,000 kilog., est achetée sur place par les agents

des grandes maisons de Smyrne, de Brousse, d’Alep et de Damas.

Preductiens minérales. — Si les flots du Pactole et du Méandre ne roulent plus de paillettes d’or, la Turquie d'Asie possède de riches gisements de houille à Héraclée et dans le Liban, des mines de fer dans le Taurus et les à montagnes du Kurdistan, des mines de cuivre inépuisables

à Tokat, des mines de plomb à Chyp'e et à Sivas, des car- À rières de marbres et de porphyres, des salines à Larnaca et 1 àTarsous.

Péèche. — La pèche des sangsues dans le Kurdistan 1 et en Syrie, et celle des éponges sur les côtes de Syrie et M dans les îles de l’Archipel, sont une des richesses du A Pays.

1 Industrie, — L'industrie autrefois si florissante est

aujourd’hui ruinée : les soieries de Brousse et de Damas, les cotonnades de Mossoul et d'Alep, les cuirs de Bagdad,

et de Diarbekir, les draps de l'Arménie, l’orfévrerie, la sellerie, ne sauraient plus lutter contre la concurrence Jeuropéenne. Les seuls établissements prospères, les fila-

tures de Brousse et du Ziban, les raffineries de Smyrne sont dirigées par des Arméniens, des-Grecs et des Européens : cependant les villages des environs de Æoula (province de Smyrne), de Tokatet de Brousse fabriquent en-

core des tapis qui ne le cèdent pas aux plus beaux produits de nos manufactures.

COMMUNICATIONS EXTÉRIEURES

Communications par mer avec la France, — La navigation française a conservé dans les mers de l'Orient une importance exceptionnelle : l’intercourse entre les ports de France et ceux de Turquie, représente un mouvement de 540 navires français jaugeant 230,000 tonneaux : Marseille estle principal débouché de cecommerce; mais le Havre et Bordeaux y prennent une part assez active,

La France est rattachée à la Turquie par les lignes régulières des Messageries impériales, de la Compagnie Marseillaise, de la Société phocéenne, qui desservent tous les ports de la Turquie d'Europe et d’Asie, et qui ont Marseille pour point de départ.

Routes maritimes, Principaux ports. — Dans le versant de l'Adriatique, les côtes de la Turquie, basses et marécageuses, au nord, hérissées de rochers et bordées de falaises depuis l'embouchure du Voïoussa jusqu’au golfe d’Arta, n’ont que des ports peu profonds et incapables de recevoir de gros navires : Antivari, Durazzo, Parga, Prevesa (5,000 h.), qui n’ont guère de relations qu'avec les îles loniennes, et surtout Corfou, entrepôt du commerce de l’Albanie turque avec l'Autriche, l'Angleterre et l'Italie.

Dans le versant de l’Archipel, la côte est presque toujours élevée, creusée de golfes nombreux, ceux de Volo, de Saloniqy . de Comtessa, de Saros, découpée en presqu’iles capricieuses, la Chalcidique, la Chersonèse, etc. les ports y aboudent, et la nature en a fait tous les frais.

La première place de commerce de la Turquie d'Europe sur l’Archipel est Salonique (80,000 h.), sur le golfe du

de Smyrne et des Eurojs de Æoula briquent enaux produits

rance. — La rs de l'Orient irse entre les nte un MmMOou- 230,000 ton- Cecommerce; ne part assez

les lignes réla Compagnie esservent tous at qui ont Mar-

s. — Dans le quie, basses el s et bordées de jusqu’au golle incapables de 0, Parga, Prens qu'avéc les ucommerce de erre et l'Italie.

st presque toueux de Volo. de en presqu'iles etc. les ports rais.

rquie d'Europe sur le golfe du

même nom, desservie par les Messageries Impériales (ligne de Thessalie), la Compagnie Marseillaise; le Lic”À de Trieste, les bateaux à vapeur turcs, et les steamers à. glais de Londres ; débouché des céréales, des cotons, des laines, des soies, des tabacs, du bois et des fers de la Thessalie et de la Macédoine, et entrepôt de l'importation autrichienne, anglaise et française pour ces mêmes contrées.

Volo sur le golfe du même nom, en Thessalie, la Cavale en Roumilie, desservies par la Compagnie Marseillaise, doivent leur importance, la première au commerce des huiles, des céréales et de la soie, la seconde à celui du bois et des cotons.

Sur la mer de Marmara, Gallipoli, à l’entrée du détroit des Dardarelles (20,000 h.), large de 4,270 à 7,500 mètres, et long de 67 kil. ; et Rodosto sur une baïe vaste et sûre (30,000 h.), servent de relâche aux nombreux navires qui

se dirigent vers Constantinople, ou qui descendent vers

l'Archipel.

A l'extrémité de la mer de Marmara, à l'entrée du Bosphore, à 30 kil. de la mer Noire, et à 3 kil. de la côte d’Asie, s'élève Constantinople, l'antique Byzance, aujourd’hui la résidence des sultans, la première ville du monde musulman, le port le mieux situé de la Méditerranée, et peutêtre du monde entier (800,000 h.).

Avec son port de la Corne d'Or, long de huit kilomètres, et où les plus gros navires peuvent aborder contre les quais, avec ses quartiers turcs dont les ruelles étroites, les palais, ies mosquées s'élèvent en amphithéâtre sur le flanc des collines baignées par le Bosphore, avec ses fau-

bourgs européens de Péra et de Galata, et son faubourg

asiatique de Scutari, ses bazars où affluent les marchan-

dises de l'Orient, et ses maisons européennes dont l'acti-

vité le dispute à celle de Londres et de Marseille; sa popu-

lation d'Osmanlis, de Grecs, d’Arméniens, d'Israélites, de

Maltais, et d'Européens appartenant à toutes les nations et

parlant toutes les langues, avec ses caïques et ses bateaux

à vapeur qui sillonnent par milliers les eaux du Bosphore,

Constantinople est le trait d’union entre l'Occident et l’O- GÉOGR. GÉNÉR. 10

rient, entre l'Europe et l’Asie, entre le présent et le passé. |

Entrepôt commercial, marché financier, centré politique de la Turquie d'Europe et de la Turquie d’Asie, elle est en relations avec toutes les parties du monde européen. Rattachée à Marseille parles Messageries impériales et la Compagnie Marseillaise, à Trieste par le Lloyd autrichien, à Londres, à Southampton, à Liverpool par les lignes anglaises, au Havre, à Rotterdam et à Anvers par les paquebots belges et hollandais; à Odessa par la Compagnie Russe, à Alexandrie par une ligne Égyptienne, Constantinople est le point de départ des lignes françaises, anglaises, autrichiennes qui se dirigent vers Trébizonde ou vers le Danube : le siége des Compagnies turques qui desservent l’Archipel tout entier jusqu'à Candie, st jusqu'à Smyrne.

Le mouvement de la navigation flotte entre 24,000 et 28,000 navires jaugeant de 5 millions à 6 miilions de tonneaux. Les pavillons anglais, grec, autrichien, turc, français et italien occupent les premiers rangs.

Dans le versant de la mer Noîre, aux rivages tour à tour escarpés ou marécageux, Bourgas, en Roumilie, Varna (16,000 h.), en Bulgarie, et Xustendji dans la Dobrustcha,

-sont les principales échelles dela navigation entre Constantinople et les bouches du Danube, desservie par les Messageries impériales, la Compagnie Marseillaise, le Lloyd autrichien, la Compagnie russe, et les services anglais.

Les deux ports de Candie et de la Canée, dans l’île de Crète, ont un mouvement de plus de 2,000 navires et un commerce de 25 à 26 millions de francs.

Le mouvement total de la navigation dans les différents ports de la Turquie d'Europe, s’élève à 40,000 navires (1860-63), dont un sixième sous pavillon turc. L’effectif de la marine marchande est de 2,400 navires jaugeant 200,000 tonneaux.

Turquie d’Asie. Echelles du Levant. — On peut diviser la Turquie d’Asie, au point de vue commercial, en trois grandes régions : celle de la mer Notre, celle de la

résent et le

tré politique ie, elle est en ropéen. Ratles et la Comautrichien, à lignes anglailes paquebots nie Russe, à antinople est glaises, autripu vers le Day qui desser- >, st jusqu'à

ntro 24,000 et 6 millions de richien, turc, gs.

ges tour à tour umilie, Varna la Dobrustcha, entre Constanpar les Messaaise, le Lloyd ces anglais.

+, dans l’ile de navires et un

is les différents D,000 navires turc. L’effectif ires jaugeant

t. — On peui ommercial, en e, celle de Ja

PRINCIPAUX PORTS. 219 Méditerranée, et celle du golfe Persique (bassin du Tigre et de l’Euphrate).

4° Sur les côtes de la mer Noire, que bordent d’une ceinture de forèts et de rochers les chaînes escarpées de l'Olympe, le centre du commerce maritime est Fréhizonde (60,000 h.), le débouché du transit entre l’Europe, la Perse, la Transcaucasie, et le marché de toute l’Anatolie septentrionale.

Cinq lignes de vapeurs font le service entre Constantinople et Trébizonde, en relâchant, à Zneholi, à Sinope, à Samsoun et à Aerasoun ; ce sont :

4° Les Messageries impériales (12 jours de Marseille).

2° Le Lloyd autrichien (12 jours de Trieste),

3° La Compagnie des Pyroscuphes ottomans.

4° La Compagnie russe d’Odessa, qui touche à Caffa, Kertch, Redout-Kalé et Poti.

5° La Compagnie anglo-hellène, qui touche à Smyrne, Salonique, Alexandrie, Malte, ei Liverpool.

Le mouvement de la navigation s’élève à plus de 880 navires, sans compter le cabotage de la mer Noire, qui emploie à Trébizonde seulement 1,000 barques appartenant à ce port et à celui de Samsoun. Le pavillon russe, ture,

autrichien, et français domine pour le nombre des na-

vires, le pavillon anglais pour la valeur des marchandises.

L’importation dépasse 450 millions, cotonnades, soieries, draps, articles de Paris, armes, cuirs, sucres, vins et liqueurs, etc. L’exportation des soies, des laines, du cuivre, et des produits de la Perse, s'élève à 400 millions. La presque totalité de ces marchandises est destinée à la réexportation. .

90 Sur l’Archipel, Smyrne (150,000 h.), ville à demi orientale, à demi européenne, où les négociants anglais, français, autrichiens, suisses et italiens font concurrence aux maisons grecques et arméniennes, est aujourd’hui le grandentrepôtducommerce du Levantetle principal débouché de l’Asie Mineure. Desservie par les Messageries Impériales, la Compagnie Marseillaise, le Lloyd autrichien, la Compagnie russe d’Odessa et la Compagnie ottomane, qui

220 EMPTRE TURC.

la mettent en relations avec tous les ports de la Méditerranée et de la mer Noire, entrepôt des houilles, des métaux, des denrées coloniales, des produits manufacturés que lui apporte la nâvigation européenne et américaine, débouché des coton, des saies, des garances, de l’opium, des fruits, des céréales, deslaincs et des tapis du Levant, Smyrnea vu son commerce tripler en 20 ans, et s’élever de 43 millions en 1844, à 150 millions en 1864, et le tonnage d'entrée et de sortie monter de 300,000 à 4 million de tonneaux, dont les deux tiers par navires à vapeur.

Les iles semées sur la côte d’Asie-Mineure depuis le détroit des Dardanelles jusqu’au cap Khelidonia, Metelin, Chio, Rhodes, ont une double importance comme relâche des grandes lignes de l’Archipel, surtout du Lloyd et des Messageries, et comme pays producteurs riches en vins, en fruits, en soies, en cires, en éponges, etc...

Du golfe de Satalié à celui d’Alexandrette s'étend une côte découpée, mais abrupte et dangereuse, qui n'offre que deux ports, Safalieh et Tarsous, peu fréquentés par le commerce européen. |

Du golfe d’Alexandrette à l’isthme de Suez, descend presque en ligne droite la côte de Syrie dominée par les cimes du Liban, et qui fut au temps des Phéniciens le berceau du commerce et de la navigation.

Si nous suivons l'itinéraire des Messageries impériales et du Zloyd autrichien, qui desservent lous les ports de Syrie, nous rencontrons d’abord WMersina, puis Alexandrette et Latakié, les deux ports d'Alep; sur un golfe profond à l'entrée duquel s'élève l'ile de Chypre avec ses rivages escarpés, et ses trois ports de Zarnaca (40,000 h.), de Famagouste et de Zimasol, visités par les navires français et anglais, qui viennent y chercher les céréales, les vins, les soïes et les tabacs de l’île.

Tripoli , qui sert de port à Hama, un des grands marchés de l’intérieur, n’est plus aujourd’hui qu’une échelle de Beyrouth, la rivale de Smyrne et la première place de commerce de la Syrie.

Beyrouth, desservie par les lignes russes, françaises,

a Méditerrades métaux, urês que lui e, débouché , des fruits, Ssmyrnea vu , 43 millions e d'entrée et ineaux, dont

depuis le déia, Metelin, mme relâche Lloyd et des hes en vins,

; s'étend une >, qui n'offre quentés par le

juez, descend inée par les iciens le ber-

tes impériales s les ports de puis Alexansur un golfe Chypre avec de ZLarnaca isités par les chercher les île.

s grands marqu’une échelle nière place de

ss, françaises,

autrichiennes, anglaises et ottomanes, doit son importance à sa proximité de Damas, qui communique avec la côte par une belle route ouverte en 1859.

Malgré le peu de sûreté de la rade, le mouvement de son commerce dépasse 60 millions et celui de sa navigation 5,500 bâtiments et 600,000 tonneaux, Le coton, la soie, les éponges à l'exportation, les produits de l’industrie européenne et les denrées coloniales à l'importation, forment la base de ses échanges.

De Beyrouth à Alexandrie, s'échelonnent sur la côte de Syrie et de Palestine, Saida, entrepôt des tabacs du Liban, Caiffa, débouché des huiles de Naplouse, des bois de construction, des cotons de la Palestine, et qui sert de port à Saint-Jean-d’Acre, dont la rade est inabordable pour les gros navires; et Jaffa (9,000 h.), le jardin de la Syrie etle port de Jérusalem.

Sur le golfe Persique, la Turquie n'a qu’un port, Bassora (60,000 h.), sur le Chat-el-Arab, débouché de Bagdad, et centre des relations avec les Indes, la Perse et l'Arabie. Une ligne de vapeurs l’unit à Bombay per Kurrachee, Mascate et Bushir; et l’Angleterre a le monopole de son commerce, qui, du reste, est profondément déchu et ne dépasse pas 5 ou 6 millions.

Navigatien fluviale. — [a Turquie ne connait pas la navigation artificielle, mais elle partage avec les principautés roumaines la plus belle ligne navigable que la nature ait donnée à l’Europe, {e Danube, qui forme la frontière turque depuis Widdin jusqu’à la mer Noire. Bien qu’ils soient loin d’égaler l’activité des ports roumains, les ports turcs de la rive droite, Zoultcha, à l'entrée du Delta, Routschouk et Widdin en Bulgarie, servent de stations aux bateaux à vapeur de la Compagnie autrichienne et à ceux de la Compagnie française, et de débouchés au com-

} merce du pays.

La Turquie possède en commun avec l’Autriche le cours

de la Save, le plus grand affluent du Danube; mais la navigation y est sans importance.

Les autres cours d’eau de la Turquie d'Europe ne sont que des torrents sans eau pendant l’été, à l'exception d’un fleuve, tributaire de l’Archipel, la Maritza sur laquelle est située une des plus grandes places de commerce de l'empire, Andrinople (100,000 h.), dans une plaine riche en vignobles, en plantations de tabac, de müriers, de cotons, de garance, à peu de distance du port d’Enos, sur l’Archipel, et qu’un chemin de fer suffirait à relever de la décadence où elle est tombée.

Dans la Turquie d’Asie, l’Euphrate et le Tigre ouvrent d’'Erzeroum à Bassora une admirable voie de navigation; mais c’est à peine si quelques centaines de barques et de bateaux circulent sur ces deux fleuves qui tracent de la mer Noire au golfe Persique une des plus belles routes commerciales de l’Asie.

Routes de terre. — Les RE TT par terre sont difficiles dans tout l’empire, impraticables dans les pays de montagnes. Plusieurs lignes de chemins de fer ont été projetées, d'Andrinople à Enos, de Routschouk à

Varna, de Belgrade à Constantinople : un seul tronçon a été exécuté, de Czernavoda, sur le bas Danube, à Æstendji, sur la mer Noire, pour abréger la route de Constantinople par le Danube. Le gouvernement ottoman s’occupe assez activement d'ouvrir des routes praticables aux voitures, ou du moins aux lourds charriots, qui sont, avec les mulets et les chameaux, les seuls moyensde transport que permette l’état déplorable des voies de terre.

Les plus importantes sont celles :

4° De Routschouk à Constantinople par Djouma, où se tient la principale des trois grandes foires de Bulgarie, fréquentées surtout par les commerçants autrichiens; Selimno. à l’entrée du défilé des Portes de Fer, principal passage des Balkans ; et Andrinople.

2 De Belgrade à Constantinople, par Nissa , capitale de la Servie turque; Sophia, en Bulgarie; Philippopoli (60,000 h.), au pied des Balkans, et Andrinople,

mais la na-

ope ne sont ception d’un sur laquelle ymmerce de plaine riche jers, de cod’Enos, sur relever de la

igre ouvrent navigation; jarques et de tracent de la belles routes

ons par terre bles dans les emins de fer Routschouk à eul tronçon a nube, à Ausoute de Consottoman s’ocaticables aux ots, qui sont, pyens de transpies de terre.

Djouma , où se s de Bulgarie, s autrichiens; Fer, principal

sa , Capitale de 5 Philippopol ople,

3° De Gradiska sur la Save (frontière autrichienne), à Bosna-Seraï (10,000 h.), capitale de la Bosnie, centre des relations par terre entre la Turquie et l’Autriche; cette route se prolonge de Bosna-Seraï au littoral Dalmate, par Mostar, et de Bosna-Seraï à Salonique, par Novi-Bazar et Uskup en Macédoine.

& De Prevesa, station du Lloyd sur la mer lonienne, à Salonique, par Janina , capitale de l'Épire, ruinée depuis la mort du fameux Ali-Pacha, mais encore peuplée de 20,000 hab. et entrepôt des productions de l’Épire et de l'importation étrangère.

La plupart de ces routes sont pourvues de lignes télégraphiques, et Constantinople est le point où vient aboutir en Europe, à travers le Bosphore, le télégraphe indien qui traverse la Turquie d’Asie, en partant de Bassora sur le golfe Persique.

Dans la Turquie d'Asie, les voies de terre, bien que décorées du nom de routes de postes, ne sont que des routes de caravanes où les transports se font à dos de chameau, de cheval ou de mulet, et qui sont souvent interceptées par les brigandages des Turkomans de l'Asie Mineure, desKurdes de la vallée du Tigre et des Bédouins de laSyrie.

Les points de départ des caravanes sur la frontière de l'Est sont Bagdad (80,000 h.), et Mossoul (60,000 h.), sur le Tigre, entrepôts du commerce avec la Perse et le golfe Persique ; et £rzeroum (50,000 h.), centre du transit entre Trébizonde et Tauris (Perse).

Les points d'arrivée sur le littoral de la mer Noire et de la Méditerranée sont : Zrébizonde, Brousse (45,000 h.), près de la mer de Marmara, A/ep et Damas (150,000 h.), les deux grands marchés de la Syrie, d’où part chaque année la caravane de la Mecque.

Le commerce intérieur de la Turquie est beaucoup moins actif que son commerce extérieur : les communications de province à province qui ont lieu surtout par terre, offrant beaucoup plus de difficultés que les relations

avec l'étranger. Le revenu public de tout l'empire ottoman, y compris ses possessions d'Asie, ne dépasse pas 368 millions, et la dette s'élève à près de 1,100 millions : c'est donc à peine si chaque habitant rapporte au trésor 40 fr. 80 cent,

Le commerce extérieur de tout l'empire s’élève à près de 1,500 millions, dont 860 pour la Turquie d'Europe.

L'Angleterre occupe dans le commerce de la Turquie le premier rang avec un chiffre de 346 millions, dont 240 pour l'importation britannique , qui ne s’élevait en 1831 qu’à 23 millions dans tout l'empire ottoman!

La France suit l'Angleterre avec un chiffre d'environ 300 millions : 420 millions pour l’exportation française, 480 millions pour l'importation de la Turquie en France. Viennent ensuite l’Autriche, qui, en Bulgarie seulement, importe 30 millions de marchandises, la Grèce, l'Italie, la Russie et la Belgique.

Expertation. —Les matières premières et les denrées alimentaires forment seules l'exportation turque, qui s’élève à 800 millions. Les sotes, destinées à l'Autriche et à la France; lescotons et les laines, àl’' Angleterre, à la France et à la Belgique; les poils de chèvre, à l'Angleterre; la garance, que le commerce de Londres dispute à celui dé Trieste ; les graines oléagineuses , les éponges, la vallonée, les peaux brutes, les marbres, les bois, le cuivre, que se partagent la France, la Grèce et l'Italie, sont les matières premières les plus importantes.

Parmi les denrées alimentaires, les céréales à destination de Londres, de Marseille, de Gênes; les hutles d'olive, les fruits, les vins, les tabacs, atteignent les chiffres les plus considérables.

Impertation, — Sauf la houille et quelques métaux fournis par l'Angleterre, le sucre raffiné, les cafés et autres denrées coloniales, tirées de France, d'Autriche, de Belgique et des entrepôts anglais , les viandes salées importées d'Angleterre et de France, et les vins français, l’'importation, dont la valeur dépasse 700 millions, consiste surtout en objets manufacturés. Pour les fils ef tissus de

mpire ottodépasse pas 0 millions :

rte au trésor

élève à près d'Europe.

à la Turquie ns, dont 240 vait en 4831 !

re d’environ )n française, e en France.

je seulement, e, l'Italie, la

et les denrées rque, qui s'é- Autriche et à e, à la France eterre; la gate à celui dé s, la vallonée , uivre, que Se tles matières

bles à destinahuiles d'olive, es chiffres les

lques métaux cafés et autres riche, de Belsalées imporfrançais, l'imlions, consiste fils et tissus de

coton, l'Angleterre n’a pas de rivale, et les manufactures anglaises en exportent en Turquie pour près de 100 millions-contre 7 millions fournis par la France.

Pour les draps, les produits français, trop chers ou trop grossiers, le cèdent à ceux de la Belgique, du Zollverein, de l'Autriche , de l'Angleterre, moins coûteux ou de meilleure qualité.

Pour les ouvrages en fer, la coutellerie, la quincaillerie, les armes, les machines, la France lutte avec la Belgique et l'Angleterre. La verrerie,et la poterie belge, anglaise et allemande , rivalisent avec les produits similaires de la France : la bougie de Trieste le dispute à celle de Marseille. La France n’a conservé son antique supériorité que pour les soteries, la passementerie, la mercerie, les meubles, les peaux préparées et les articles de Paris, dont l’enszmble représente une valeur de près de 30 millions.

Transitetréexpertation. — Le commerce de transit, très-important dans la Turquie d’Asie , est peu considérable dans la Turquie d'Europe , et la réexportation ne se fait sur une grande échelle qu’à Constantinople, entrepôt des produits européens qu’elle répand en Orient, et des marchandises de la Turquie d’Asie et de la Perse, qu’elle livre au commerce européen.

Caractère national. Races diverses. — Deux races ou.plutôt deux religions se trouvent en présence, dans l'empire Ottoman. En Europe, 4 millions de mahométans dont 1,600,000 à peine de race Ottomane sont dispersés au milieu de 9 millions de chrétiens, Grecs, Bulgares, Bosniaques, Serbes qu’ils méprisent et qui les détestent. De toutes ces populations si diverses de mœurs, d'origine, de langues et de croyances, aucune n’est vraiment civilisée. Sous le costume européen, l’Osmanli est resté Asiatiqueet Tartare, etse sent étranger en Europe : le paysan bulgare, industrieux, patient, doux et résigné jusqu’à Ja faiblesse, vit sous des huttes pêle-mêle avec ses 10,

bestiaux : le montagnard albanais, le Grec de Thessalie et de Macédoine renoncent avec peine à la vie aventureuse du Klephte pour se plier aux lois d’un État régulier : et le pâtre bosniaque, sans cesse en révolte contre la Turquie, est aussi sauvage que ses forêts et ses montagnes.

Dans la Turquie d'Asie, l’insubordination des Kurdes et des Turcomans, la rivalité des Druses et des Maronites chrétiens du Liban, les brigandages des Bédouins deSyrie, perpétuent l'anarchie et paralysent le progrès.

Progrès de la civilisation. — Le gouvernement Ottoman, sous la pression des puissances occidentales, qui le défendent contre les convoitises de la Russie, et contre sa propre insouciance, « essayé depuis un demi-siècle de réagir contre la barbaric: des impôts réguliers ont été créés, les chrétiens relevés de l’état d’abaissement où les maintenait l’orgueil ottoman, la traite des esclaves interdite, le brigandage combattu, l’industrie encouragée, les écoles multipliées dans les campagnes, l'administration organisée; un code de commerce publié ; mais tout est à créer, et il faudra de longues années pour répandre l’instruction élémentaire, faire oublier aux populations des haïines ét des habitudes d’anarchie séculaires, forcer les fonctionnaires à la probité, ouvrir des voies de communication, organiser en un mot les éléments de la civilisation, surtout si l’on songe que le gouvernement ottoman voit dans les chrétiens qui sont tout l’avenir et toute la force de l'empire, ses héritiers et peut-être ses destructeurs.

Compagnies de commerce. Institutions de crédit. — Aussi tout le commerce, toute l’industrie de la Turquie sont-ils entre les mains des étrangers, Maltais, Italiens, Anglais, Français, Allemands même, ou des puissantes maisons grecques, arméniennes et israélites de Smyrne, de Péra et de Galata; les marchands des bazars sont seuls de race turque.,

Les compagnies de navigation et d'assurances sont grecques : les nombreuses banques particulières ont pour chefs des Arméniens, des Grecs ou des étrangers ; la Banque ottomane, fondée en 1853, au capital de 200

l'hessalie et 1tureuse du ilier : et le a Turquie, Les.

des Kurdes 8 Maronites ins deSyrie,

rnement Otlentales, qui ie, et contre mi-siècle de liers ont été ment où les claves interouragée, les Iministration ais tout est à pandre l’inspulations des s, forcer les de communià civilisation, bttoman voit oute la force tructeurs.

ens de crédustrie de la vers, Maltais, ême, ou des tisraélites de ds des bazars

urances sont iculières ont es étrangers ; apital de 200

millions de piastres, est une société anglaise, et toutes les grandes entreprises sont l’œuvre des capitaux anglais, français ou autrichiens. Du reste, les commerçants européens trouvent une protection énergique sinon dans les agents du gouvernement, au moins dans les consuls qui, d’après les capitulations signées avec les diverses puissances, jouissent de droits de juridiction et de police très-étendus, exorbitants mème s'ils avaient affaire à un gouvernement régulier.

Traités de commerce. — Des traités de commerce conclus avec toutes les puissances commerçantes, en particulier la Grande-Bretagne, la France, l'Autriche, garantissent la liberté dela navigation, l'abolition desmonopoles commerciaux, la liberté complète du commerce intérieur. Le système douanier est peu intelligent: les produits européens importés ne sont frappés, il est vrai, qued’un droit de 3 p. ‘/, de la vente, et d’un droit additionnel de 2 p. °/, lors de leur expédition à l’intérieur, mais tous les produits indigènes exportés sont frappés d’un droit de 2 à 3 p. °/,, qui paralyse l’agriculture et l'exploitation des richesses naturelles du sol: aussi, le produit des douanes de tout l'empire est-il inférieur à 36 millions. Ilexiste à Constantinople un tribunal et une chambre de commerce.

POIDS, MESURES, MONNAIES

Les principales mesures sont :

Mesure itinéraire. Le Farsang — 5,001 mètres.

Mesure de longueur. L'Endaseh (pour la soie, le fil et le coton) — 0 ». 6528.

Mesure de capacité pour les grains, lekilo., — 35 lit., 266.

Poids. L’oka, — 1 kilog., 2855. Le Cantaro, — 56 kilog., 565. La tonne — 1,049 Lilog.

Les monnaies de compte sont la piastre, — Ofr., 2220 etlepara— 0,00555. — Lahourse de 500 piastres—111 fr.

Les monnaies réelles sont très-différentes de valeur et de titre, et les pièces anciennes ainsi que les monnaies étrangères circulent concurremment avec la monnaie nouvelle frappée depuis 1845.

Pour remédier au manque de numéraire, il a été créé un papier monnaie (caëmés) qui a perdu plus de 42 p. °/ de sa valeur, depuis 1854.

Page 1