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possession. Si le percement de l’Isthme de Suez enlève à cette colonie britannique quelque chose de son importance stratégique et commerciale, comme station de la route des Indes, ses richesses agricoles, les relations chaque jour plus développées avec l’intérieur de l’Afrique, compenseront largement ce désavantage, et donneront à l’Angleterre, dans l'Afrique Australe, une autre Algérie, aussi vaste, aussi fertile, et aussi bien située que l’Algérie française. |
Débouchés maritimes. — La pointe extrème de l'Afrique, battue par une mer orageuse, rongée par les courants, bordée d’une chaine d’écueils et de bancs de sable dont le plus connu est le fameux banc des Aiguil- les, offre cependant de nombreux ports qui peuvent servir à la fois de refuge, de marchés d’approvisionnement et de débouchés au commerce du pays.
Sur l’Atlantique, le Cap (Cap-Town, 40,000 h.), capitale de la colonie, s’étend au pied de la montagne de la Tabie, sur la baie du même nom. Elle est rattachée à Plymouth par les vapeurs üe l’Union company qui prolongent leur service jusqu’à Natal et jusqu’à l’île Maurice. C’est le premier port de radonb et de ravitaillement, et le second débouché ducommerce de la colonie. Simons-Town, sur une baie large e‘ sûre, occupe le quatrième rang dans la navigation de l’Afrique australe : Mosselbay (Georges-Town) et Beaufort, au delà du Cap des Aiguilles, sur l'Océan Indien, le iroisième et le cinquième.
Le premier appartient à Port-Elisaheth, le chef-lieu de la province orientale, sur la baie d’Algoa, le grand marché des laines et des bestiaux, et l’une des villes de l'Afrique australe réservées au plus brillant avenir. Une ville récente, Port-Aljred, partage avec Port-Elisabeth le mouvsment des échanges dans la province de l'Est.
Dans la Cafrerie britannique, le centre des transactions commerciales est le port d’Æ'ast-Zondon dont le mouvement a presque décuplé en six ans.
Enfin dans la colonie de Natal, Port-Natal, à trois kilomètres de d’Urban, le chef-lieu de la colonie, est destiné
par sa position, par la sûreté de son mouillage, par l’activité croissante de son commerce, à devenir un des ports les plus fréquentés de l’Afrique orientale.
Le mouvement total de la navigation s’élevait en 1864, dans la colonie du Cap, à plus de 2,000 navires et 600,000 tonneaux, dont 4,000 navires et 150,000 tonneaux pour le cabotage : dans ce chiffre n'entre pas le mouvement de la Cafrerie et de Port-Natal.
Communications intérieures. — La na .:: intérieure offre peu de ressources : les cours d'> ;ont rares, et l’Orange même n’est pas navigable tou l’année ; car les chaleurs le dessèchent comme presque tous les fleuves de l’Afrique Australe. Les transports se font encore par des charriots attelés de bœufs, sur des routes à peine ébauchées, maïs qui malgré le relief du sol, et les nombreuses chaines de montagnes, présentent peu de difficultés ets’améliorent de jour en jour. En attendant la construction des chemins de fer, qui doivent unir le Cap à Port-Elisabeth, et ceite dernière ville à Grahams'town, à Graff- Reynet (215 kil.), à Uitenhagen, les grands marchés de l'intérieur, des services de malle-poste rattachent les principales villes de la colonie du Cap, et rayonnent même jusqu'à Aliwal et Colesberg, sur les bords du fleuve Orange, jusqu'à Xings’ William Town dans la Cafrerie britannique, et jusqu’à Port-Natal. Un vaste réseau télégraphique couvre déjà toute la province du Cap.
Climat. Productions. — Un climat tempéré, d’admirables pâturages, un sol fertile bien que coupé çà et là de terrains arides et pierreux, de sables et de marécages font de l’Afrique Australe une des plus riches colonies agricoles de l’Angleterre. |
Dans la seule colonie du Cap, on estimait, en 1859, la valeur de ia propriété foncière à 440 millions, celle du bétail à près de 240 millions de francs. Le froment, l'orge, l’avoine dépassent de beaucoup la consommation : les vins, surtout le célèbre vin de Constance, s’exportent dans le monde entier; et leur production moyenne s'élève à 235,000 hectolitres. Les légumes et les fruits de l’Europe
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mêlés à ceux des contrées tropicales, l’aloès, les bois de construction dans la colonie du Cap; le coton, l’indigo, le thé, le café, les céréales, les arbres fruitiers, et surtout la canne à sucre (4669 tonnes en 1861), dans la colonie de Natal et la Cafrerie; de riches gisements de cuivre, des mines de houille et de fer, assurent à la consommation locale et au commerce des ressources dépassées cependant par celles que fournit l’élève du bétail. D’immenses troupeaux de bœufs et de chevaux donnent à la fois des cuirs, des os, des graisses : les laines du Cap le disputent à celles d'Australie; Port-Natal, qui n'avait pas dix mille moutons en 4855, en nourrissait 76.000 en 1864, et l'éducation des vers à soie entreprise il y a peu d'années, celle des abeilles, de la volaille, ouvrent de nouvelles sources à la richesse agricole de la colonie.
L'activité industrielle est en progrès : des tanneries, des chapelleries, des fabriques de savon et de chandelles, des brasseries, des minoteries, des fonderies de fer, des sucreries, mettent en œuvre les richesses natureiles du sol, et, en 1859, on évaluait déjà la production industrielle à plus de 60 millions de francs.
Commerce extérieur. — Le commerce extérieur de la colonie du Cap, qui n’était en 1853 que de 67 millions, s'élevait en 1864 à 124 millions, dont 59,875,000 francs à l'exportation : celui de la colonie de Natal à 8,800,000 fr.., dont 2,723,000 à l’exportation : celui de la Cafrerie britannique à 8 millions.
L'Angleterre, Maurice, les Indes anglaises, les États- Unis, la Chine, les Républiques des Boërs, l'Afrique intérieure, le Brésil et la Hollande, y prennent la plus large
. part : celle de la France ne s’élevait en 1863 qu’à un mil-
lion à peine.
Les laines, les cuirs, les graisses, les céréales, les sucres, l’aloès, le guano, le cuivre, les peaux et fourrures, les vins, les animaux vivants, sont les principaux objets exportés : à l’importation, les tissus, les cuirs ouvrés, les armes, les métaux travaillés, la houille, les spiritueux, les huiles, occupent la première place.
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Fastitutions et usages commerciaux. — Deux races se trouvent en présence dans l’Afrique australe, les Européens, Boërs hollandais, colons anglais et allemands, et la race indigène, représentée par les Hottentots, peuple de pasteurs, doux, patients, plus intelligents que les nègres, dont ils se-rapprochent par la couleur et la physionomie, et par les Cafres, belliqueux, d’une nature vive et fière, et qui rappellent par leur caractère et leur aspect extérieur les Malais, dont ils sont peut-être les descendants.
La ténacité hollandaise et l’activité britannique se sont combinées pour exploiter ce sol vierge et ces populations primitives. De nombreuses compagnies, sociétés de chemins de fer et de navigation à vapeur, associations pour la pèche de la baleine, pour la culture du coton et du mùrier ; banques de Worcester, de l'Afrique méridionale, de Natal, banque agricole, etc... ont imprimé au commerce et à l’agriculture une énergique impulsion : le régime douanier est assez large et la colonie est ouverte à tous les pavillons.
Lespoids, mesuresetmonnaieslégalement adoptés depuis 1848 sont ceux de l’Angleterre; mais les anciennes mesures hollandaises sont encore en usage dans le commerce.