‹ Géographie générale du commerce et de l'industrie [microforme]Chapitre 178 sur 241 · DE LA · texte numérisé non relu

DE LA

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NOTIONS GÉNÉRALES. 367 les efforts des gouvernements européens. Encore esclaves dans les Antilles espagnoles et au Brésil, libres depuis plus d'un demi-siècle à Saint-Domingue, émancipés d'hier aux États-Unis, les nègres sont restés des enfants, insouciants, cruels quand leurs passions ardentes sont excitées, indolents quand la Zorce et la crainte me leur imposent pas le travail, Mais ;! n’en est pas de mème des races mélangées, issues de leur union avec les Européens, et dont les passions énergiques, l'intelligence vive et facile, sont destinées peut-être à jouer un grand rôle dans l’avenir de l'Amérique, malgré le préjugé de la couleur, qui prévaut encore mème aux États-Unis conte les théories d'émancipation et d'égalité.

Races d’origine européenne, — Race anglosaxonne. — Toutefois c’est aux races de l’Europe que l’'Amérirue doit sa prospérité et la place qu’elle occupe dans le monue civilisé. Les Anglo-Saxons au Nord, les Espagnols et les Portugais au centre et au Sud lui ant imposé leurs langues, leurs mœurs et leurs idées, et lui ont fourni plus des deux tiers de sa population sans cesse augmentée et renouvelée par le courant de l’émigraltion européenne, qui grandit chaque jour entreles deux rives de l'Atlantique, Dans l'Amérique du Nord, la race anglosaxonne domine dans la Nouvelle-Bretagne, colonie britanrique à demi détachée de la métropole, et qui prélude, avec le consentement de l’Angleterre, à l'indépendance par la fédération : elle a fondé les É‘ats-Unis, cette grande république, qui a peu à peu absorbé plus de la moitié du continent, qui s’étend de l'Océan Pacifique à l'Atlantique, dont le commerce le dispule à celui de l'Angleterre et de la France, dont les vaisseaux couvrent les mers, et qui vient, sans se briser, de soutenir contre elle-même une des luttes les plus longues et les plus acharnées dont l'hisloire fasse mention. Le peuple américain, sans compter les nègres et les Indiens, est un méiange de toutes les races européennes, anglais, allemands, celtes irlandais, français, espagnols, etc. ; mais il est anglais par la langue et par le caractère, et l'élément anglo-saxon tend à ab-

sorber tous les autres, violemment ou pacifiquement,

Toutes les qualités et tous les défauts de la race ang: saxonne, transportée au milieu de cette nature puissai:ii, sur ce sol vierge, dans ces libres espaces qui s'ouvrent à son activité, se sont exagérés et agrandis : la fierté britannique s’est vue dépassée : l’énergie ei l'égoïsme individuel, ont pris au milieu de ce travail sans relâche, et de cette lutte héroïque contre la matière, des proportions inconnues à l’ancien monde : l'amour de la liberté et du self-governement, est devenu l'indépendance de chaque groupe et de chaque individu affirmé parfois aux dépens de la société : le génie du commerce et l'instinct du progrès se sont transformés en une fièvre de spéculation, de découvertes, de mouvement, qui brise tous les obstacles, au risque de se briser soi-même; qui dévore le temps et l’espace, et qui a écrit sur le drapeau américain cette audacieuse devise : Go head (En avant!)

Race hispano-portugaise, — Les républiques cspagnoles livrées trop tôt à elles-mêmes et que le gouvernement de la métropole n'avait pas préparées à la liberté sont lain de présenter le même spectacle.

Fakiites par des populations trop clairsemées, et qui n’ont pas les instincts laborieux des races anglo-saxonnes, elies Sottent depuis quaranteans du despotisme à l'anarchie et consument dans des luttes intestines toutes leurs ressources et toute leur activité. L'exemple du Brésil et celui du Mexique sembleraient prouver qu’elles trouveraient plus de garanties d'ordre et de prospérité dans une autorité fortement constituée et dans une action énergique du pouvoir central, que dans une liberté orageuse et dans

des institutions servilement calquées sur celles des États-

Unis.

Colonies européennes. — La vieille Europe, par ses relations commerciales, par sa supériorité industrielle,

par sa politique, par ses colonies, exerce encore sur lek Nouveau-Monde une puissante influence. Dans l’Océan Pacifique Y Amérique russe et la Colombie britanuiquek observent la route de l’Asie : dans l’Aflantique, la Nou-E

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velle-Bretagne occupe plus d’un tiers de l'Amérique du Nord, les Antilles espagnoles, anglaises, françaises, hollandaises, danoises, etc., commandent le golfe du Mexique et la route de Panama, les trois Guyanes dominent les embouchures de l’Amazone et de l’Orénoque; mais cette influence ne ressemble en rien à la domination que l’Europe exerce sur d’autres parties du monde; et si l’avenir de l’Asie et de l’Afrique appartient aux Européens, l’avenir de l’Amérique n'appartient qu'aux Américains.

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