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EMPIRE DU BRÉSIL

Bornes. Superficie. Population. -— Le Brésil est situé entre 4° 20’ de latitude nord et 33° 35’ de latitude sud ; 37° et 74° de longitude ouest. Il est borné au nord par les Guyanes et le Vénézuéla, à l’ouest par la Nouvelle- Grenade, l’Équateur, les deux Pérous, le Paraguay et la confédération Argentine ; au sud par l’Uruguay, à l’est par l'Océan Atlantique.

La superficie est de près de 8 millions de kil. carrés, la population de 9 millions d'habitants, dont un million et demi de blancs, et le reste indiens, noïrs ou métis.

Le Brésil se divise en vingt provinces. La capitale est Rio Janeiro (360,000 h.)

Situation commerciale, — Le Brésil n’a rien à en« vier aux contrées les plus favorisées de l’Ancien et du Nouveau-Monde. Il déploie sur l'Atlantique 8,400 kilomètres de côtes ; les courants de l’Équateur tracent aux navires qui viennent d Europe ou d’Afrique, une route directe vers les ports brésiliens ; enfin, le Brésil possède le cours supérieur des grands fleuves de l'Amérique du Sud, le Paraguay, le Parana, l’Uruguay, et‘la plus belle voie navigable de l'Amérique et du monde, l’'Amazone ou Marañon, ce fleuve de deux milie lieues, avec ses 500 affluents

dont quelques-uns, le Tocantins, le Purus, la Madeira, le

Rio Negro, sont aussi longs que le Danube, et peuvent ; être remontés presque jusqu’à leur source par des bateaux " à vapeur. | q Climat. Productions. — Le climat du Brésil, brülant dans le nord, est tempéré dans le sud, et n’est insa- f lubre que sur la côte et sur les bords des fleuves, souvent q couverts de marécages. tr La région maritime est accidentée, sillonnée de chaines al de montagnes, habitée et cultivée, tandis que dans l’inté- pe rieur s'étendent d'immenses forèts vierges, d’âpres plateaux, des pampas arides pendant la saison sèche, mais Br que la saison des pluies transforme en admirables pâtu- ja rages. le La fécondité du sol et la variété du climat se prêtent à le. toutes les cultures. Les plus importantes sont celles du avi café dont la production est évaluée à près de 200 millions sas de kilogrammes, de la canne à sucre qui produit de 420 à pal

440,000 tonnes ; du cacao, du tabac, du coton dont la production a quadruplé depuis 1860 ;.la vanille, le girofle, l’indigo, lès plantes médicinales, le manioc dont la fécule torréfiée produit le fapioca, réussissent dans les régions du centre et du nord, ainsi que le riz et le mais qui forment la nourriture des habitants. Dans le sud le blé, le chanvre, les graines oléagineuses, le maté ou thé américain, d'un usage général dans toute l’Amérique du Sud, les plantes d'Europe croissent presque sans travail. Les forèts abondent en bois de teinture, d’ébénisterie, en essences résineuses, parmi lesquellesle caoutchouc, etc...

Les pampas nourrissent d'innombrables troupeaux de bœufs, de moutons, de chevaux qui errent en liberté dans ces plaines sans limites.

Mines. — Les mines sont d'une richesse et d’une abondance qui défie les faibles ressources. de l’exploitation : aussi les seules qui soient sérieusement exploitées sont celles de la province de Minas-Geraës : on évalue à 10 millions la production de l’argent, à 15 millions celle de l'or ; à 25 ou 30 millions celle des diamants, Le fer, le

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Industrie, — Quant à l'industrie, si l’on en excepte les fonderies et les forges de la province de Minas-Geraës, quelques fabriques de cotonnades et quelques manufactures concentrées dans les grands ports, elle se borne aux objets de consommation quotidienne et mérite à peine une mention.

Relations avec la France, — L'intercourse entre le Brésil et la France met en mouvement 380 à 400 navires jaugeant 135,000 tonneaux, dont 102,000 couverts par le pavillon français. Tous nos grands ports, mais surtout le Havre, Bordeaux et Marseille, sont en relations suivies avec les ports brésiliens ; et la ligne mensuelle des Messageries Impériales,qui part de Bordeaux, communique par Lisbonne et les îles du cap Vert avec Fernambuco, Bahia et Rio en 25 ou 26 jours.

Principaux ports. — Basses, marécageuses, bordées de bancs de sable et à demi noyées depuis les bouches . de l’Amazone jusqu’ à celles du Maranham, les côtes du Brésil se relèvent à partir du cap Saint-Roch, jusqu’au cap de Sainte-Marthe, et se terminent par de vastes lagunes qui occupent tout le littoral de la province de Rio-Grande.— Les principaux débouchés du commerce sont, à partir de l'embouchure de l’'Amazone, Para ou Belem, sur le bras méridional de l’Amazone, à 420 kil, de la mer (30,000 h.), le grand marché du caoutchouc et du cacao, le débouché de la navigation de l’Amazone et de ses affluents, et la dernière station des vapeurs brésiliens qui desservent la côte depuis Rio-Janeiro : Saint-Louis de Maranham (Maragnan) (30,000 h.), l’entrepôt des cotons, des cacaos, du riz, des bois du Brésil septentrional :

. Parahiba (10,000 h.) qui compte plusieurs maisons an-

glaises et françaises et qui exporte surtout les sucres et les cotons.

Fernambueo (90,000 h.), le débouché d’une des plus

riches provinces du Brésil, est en mème temps la première relâche des paquebots anglais de Southampton, des Me: sageries Impériales françaises et des vapeurs de New- York, le grand marché des sucres et des cotons, On évalue le mouvement de la navigation à 400,000 tonneaux, et celui du commerce avec l’ étranger à à 150 millions.

Bahia ou San Salvador, la troisième place de commerce du Brésil, desservie par les lignes françaises, anglaises et américaines, est l’entrepôt des sucres, des tabacs, des cotons, des cuirs de la vaste et riche province dont elle est la capitale, Le mouvement du port s'élève à près de 300,000 tonneaux.

Rio-Janelro, capitale de l'empire (360,000 h.), bâtie en amphithéâtre sur le bord occidental d’une baie qui n’a pas de rivale pour la sécurité et l'étendue, est le premier port etle premier marché du Brésil. Siége de toutes les grandes maisons brésiliennes ou étrangères, centre du commerce des cafés, des métaux et des pierres précieuses, des tabacs, des sucres, entrepôt de l'importation; animée par de nombreuses fabriques, et des magasins de détail presque tous français, pour la vente des objets de luxe, cette ville est le point de départ des vapeurs brésiliens, qui desservent toute la côte, et le point où aboutissent les lignes françaises, anglaises et américaines du Brésil. On évalue son commerce à 500 millions, et le mouvement de son port à 4 million et demi de tonneaux.

Santos est le débouché maritime de la province de Saint-Paul. Porto-Alegre et Rio-Grande du sud se partagent le commerce de la province de Rio-Grande, dont les principaux objets sont les cuirs, les viandes salées, les graisses, provenant des innombrables iroupeaux qui parcourent les pampas, et le maté qui s’expédie dans toute l'Amérique.

On évalue à près de 4 millions de tonneaux le mouvement de la navigation, dont 3 millions pour le commerce avec l'étranger,

Le pavillon brésilien ne figure dans ce dernier chiffre que pour 100,000 tonneaux.

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Communications intérieures, Le fleuve des Amazenes. — Les communications intérieures sont encore. très-imparfaites, malgré le merveilleux réseau de voies navigables qui comprend pour le bassin de l’Amazone plus de 22,000 kilomètres, et dont la nature a fait tous les frais, Quelques centaines de barques et une irentaine de petits vapeurs font le trajet de Be/em à Rio-Negro sur l’Amazone, ville destinée à devenir le Saint-Louis de l'Amérique du Sud ; mais la navigation intérieure n’est pas ouverte aux pavillons étrangers.

Quelques belles routes sur la côte, et 1,500 kilomètres de chemins de fer exploités ou en construction, mettent les ports en communication avec les marchés intérieurs de la région maritime, Agua-Preta, Saint-Paul, etc...; mais les provinces du centre, du nord et de l'ouest ne sont sillonnées que par de véritables sentiers de caravanes, dont le parcours exige des mois entiers, et n’est pas même sans danger.

Le télégraphe électrique fonctionne sur tout le littoral, et il est question de rattacher le Brésil à l’Europe par un câble transatlantique qui passerait par la côte d'Afrique et les îles du cap Vert.

Commerce extérieur. — Le commerce extérieur du Brésil, qui s'élevait en 1857 à 715 millions, dépasse aujourd'hui un milliard ; le chiffre des importations et celui des exportationsse balancentà peu près depuisquelquesannées,

La Grande-Bretagne etses possessions y figurent au premier rang pour 350 à 400 millions de franes, dont près des deux tiers à l’importation.

La France pour 180 millions, répartis d’une manière à peu près égale entre l'importation et l'exportation.

Les £'tats-Unis pour 160 à 180 millions, dont les trois quarts à l'exportation.

Puis viennent le Portugal et ses possessions, les villes Hanséatiques, les États scandinaves, la Belgique et les r'publiques de l'Amérique du Sud.

L’exportation consiste uniquement en matières premières ou denrées alimentaires.

Les cafés expédiés par sacs de 72 kilogrammés, représentent une somme de 200 à 240 millions, destinés aux États-Unis, à l'Angleterre et à la France (48 millions),

Les sucres s’exportent par ‘caisses de 600 kilogrammes ; l'Angleterre, les États-Unis, la France (7 millions) et les villes Hanséatiques sont les principaux acheteurs.

Les cotons, dont l'exportation a presque quadruplé depuis 4861, sont presque tous destinés à la Grande-Bretagne.

Les cuirs bruts s'expédient au Havre (40 millions), à Anvers, à Liverpool, à New-York :

Les métaux précieux et les diamants en Angleterre, à Hambourg et en Hollande :

Le tabac en Angleterre, en Allemagne et en France.

Les bois de teinture et d’ébénisterie, les potasses, le caoutchouc, les graines oléagineuses, les laines en masse, se partagent entre les diverses nations européennes : la France et le Portugal se disputent l’exportation du cacao, les républiques de l'Amérique du Sud, celle du rhum et du maté.

L’importation consiste en objets manufacturés et denrées alimentaires. La houille anglaise est à peu près la seule marchandisequine rentre pas dans l’une de ces deux catégories. L’Angleterre l'emporte sur nous pour les cotonnades et les métaux travaillés ; les États-Unis pour les farines, le Portugal pour les huiles d'olive; maïs pour les nombreux articles sortis de nos manufactures : lainages, soieries, vêtements confectionnés, modes, chapellerie, ouvrages en peau et en cuir, et pour les vins, les beurres, les sels, etc. la France ne redoute aucune concurrence et occupe une place privilégiée sur le marché du Brésil.

Institutions commerciales, — L'empire du Brésil est un des plus jeunes États de l'Amérique, car son indé- pendance ne date que de 1824, et cependant c’est un des plus florissants, grâce à ses institutions monarchiques et constitutionnelles, qui lui ont épargné les sanglantes épreuves des républiques espagnoles de l'Amérique du Sud.

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L'esclavage des noirs a été maintenu jusqu'ici, et l’on évalue à près de 3 millions le nombre des esclaves : du reste le préjugé de la couleur est beaucoup plus vivace dans l'Amérique du Nord qu’au Brésil, où un tiers à peine de la population libre appartient à la race blanche sans mélange.

Le manque de bras et de capitaux, et l'immense étendue de l’Empire, tels sont les deux grands obstacles qui retardent les progrès du Brésil, Le gouvernement n’a rien négligé cependant pour profiter des ressources du pays : il a essayé d'attirer l'émigration européenne; mais, sauf quelques colonies allemandes et quelques Français qui s'établissent dans les villes, la plupart des émigrants préfèrent le climat presque européen des États-Unis aux chaleurs accablantes du Brésil.

Des compagnies de navigation à vapeur, de chemins de fer d'exploitation agricole et minérale se sont fondées, pour la plupart, avec des capitaux anglais ou français : les institutions de crédit se sont multipliées, et parmi elles la Banque générale du Brésil, privilégiée pour l'émission des billets, la Zanqgue rurale, la Banque agricole et commerciale réunissent un capital de 200 millions de francs.

Le régime douanier du Brésil est sévère; les tarifs sont élevés, et pèsent surtout sur les objets de luxe et sur les spirilueux.

La France qui compte au Brésil de nombreux émigrants et d'importantes maisons de commerce, y entretient un ministre et sept agents consulaires.

Poids. Mesures. Monnaies, — Le Brésil a gardé la langue, les mesures et les monnaies du Portugal, son ancienne métropole,

Les mesures les plus usitées sont la vara — 1 m. 087 c., la pipe — 502 lit. 20, l’alqueire — 13 lit, 8441.

Les poids du commerce sont l’arrobe — 14 k. 688 et le quintal de 4 arrobes.

Les monnaies de compte sont le res — Ofr. 003 et le

milreis = 3 fr, L’or et l'argent ont cours légal.

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