‹ Géographie générale du commerce et de l'industrie [microforme]Chapitre 198 sur 241 · PANAMA · texte numérisé non relu

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« Son importance commerciale et politique n’est pas fondée seulement sur l'étendue de sa surface, sur l'admirable fertilité de son 80, sur ses établissements militaires, et sur sa population : elle s'aecroît encore par les avantages de sa position géographique. Sa forme longue et étroite la rend à la fois voisine de Haïti ct de la Jamaïque, de la partie la plus méridionale des États-Unis (Floride), et de la partie orientale du Mexique (Yucatan), » (4).

Productions agricoles, minérales et industriel les, — Cuba, avec son climat brûlant, mais qui n'est insalubre que sur la côte; ses plaines fertiles, ses montagnes couvertes de forêts où abondent le cèdre, l’acajou, l’ébène, est un pays essentiellement agricole.

Plus de 1,600 plantations consacrées à la culture de la canne à sucre et dont le produit dépasse 240 millions de francs; 9,500 plantations de tabac (180 millions), 1,600 plantations de café (42 millions); 10,000 fermes qui cultivent les fruits et le maïs, le coton, le cacao, et qui élèvent 800,000 moutons, 300,000 bêtes à cornes, 200,000 chevaux et un grand nombre d’abeilles, telles sont les ressources de cette riche contrée dont la moitié cependant est encore mal cultivée et qui pourrait quadrupler sa production.

Quelques mines de fer, de riches gisements de cuivre, des salines, de belles pêcheries, apportent leur contingent au commerce de Cuba : mais l’industrie n’existe que pour l'exploitation des produits agricoles; et la construction des navires, autrefois si active, est aujourd’hui abandonnée.

Communications extérieures. Principaux ports. — La France entretient avec Cuba des relations suivies. Les paquebots de la Compagnie transatlantique, qui partent de Saint-Nazaire, touchent à la Havane et à Santiago,

(4) Humbholdt cité par Lavallée, Géogr. physique. p. 585.

et l’intercourse met en mouvement près de 300 navires (100,000 tonneaux).

Les trois principaux Aébouchés du commerce de Cuba sont :

La Havane (198,000 h.), capitale de l'ile et résidence du capitaine général, sur la côle septentrionale, en face de la Floride, l’un des ports les plus vastes de l'Amérique, le grand marché des sucres et des tabacs, rattaché à Cadix, à Southampton, à Saint-Nazaire, à New-York, à la Nouvelle-Orléans, au Mexique, etc. par des lignes de steumers espagnols, anglais, français, et américains.

L’intercourse avec l'étranger dépasse 4,000 navires et 4,550,000 tonneaux.

Matanzas, sur la côte nord, à 96 kilomètres à l’est de la Havane, est une ville de 37,000 habitants qui sert de débouché au trop-plein du commerce havanais.

Santiago de Cuba (38,000 h.), sur la côte méridionale en face de la Jamaïque et de Haïti, station de la Compagnie transatlantique française (ligne annexe de Saint- Thomas à Santiago), est le second port de l’île et lecentre des relations avec les Antilles anglaises et Haïti.

Une ligne de chemins de fer coupe l’île dans toute sa longueur et rattache à la côte par des embranchements les grands marchés de l’intérieur, Puerto- Principe (31,000 h.), Santo-Espiritu (13,000), etc. La télégraphie électrique fonctionne dans toute l’étendue du territoire.

Porto-Rico.— Porto-Rico, la quatrième des Grandes- Antilles par son étendue et l’une des plus fertiles, possède environ 750,000 habitants, dont un dixième d'esclaves. Le sucre et le café sont ses deux grandes cultures, et cette ta y est même beaucoup plus florissante qu'à

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Saint-Jean de Porto-Rico, la capitale de l’île, Mayaguez, le grand marché des cafés, sont les principaux débouchés du commerce, et la première de ces villes sert de station aux lignes françaises et anglaises qui desservent les Antilles.

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merce extérieur des Antilles espagnoless’élève en moyenne à 400 ou 450 millions de francs, dont un peu moins de moitié à l'exportation.

Les États-Unis, l'Espagne, l’Angleterre occupent les premiers rangs : la France les suit avec une exportation moyenne de 85 millions etune importation de28 millions ; les villes Hanséatiques et la Hollande, avec un chiffre d'échanges beaucoup moins considérable.

Exportation. — Les principaux articles de l’exporta-

” tion sont les sucres, qui représentent un poids de 420 mil-

lions de kilogrammes, et les mélasses (100 millions de kil.), que la Havane et Matanzas expédient en Angleterre, aux États-Unis, en Espagne, en France (60 millions de kilog.), dans les ports de l’Europe septentrionale, à Gênes et à Trieste, par caisses de 180 à 188 kilogrammes :

Les fabacs en feuilles et les cigares expédiés en Espagne, aux États-Unis, en Angleterre, en France (8,500,000 francs), et dans l’Europe du Nord :

Le rhum exporté dans l'Amérique du Sud, aux États- Unis et en Angleterre, par pipes de 564 litres environ :

Le café de Porto-Rico et de Cuba, qui figure pour 7 à 8 millions dans les échanges avec la France :

Le cacao, le coton, destinés à l’Europe; la cire blanche, à l'Amérique du Sud et au Mexique; le miel, à la Hollande et aux États-Unis; les bois d’acajou et les minerais de cuivre à l’Angleterre,

Importation.— À l'importation, le premier rang appartient aux tissus anglais, français et allemands ; le second, aux céréales et aux riz fournis par les États-Unis et par l'Espagne ; le troisième, aux vins français et espagnols et à la bière anglaise; le quatrième, aux bois des Etats-Unis et du Canada. Puis viennent les salaisons des États-Unis et de la Plata, la houille anglaise, les peaux ouvrées, les

1 modes, la carrosserie, la verrerie de France, la quincaille-

rie et les machines anglaises, les métaux d'Espagne et du Zollverein.

Institutions commerciales. — Les Antilles espagno-

loppement qu’elles peuvent espérer. Les convoitises des États-Unis, le gouvernement jaloux de la métropole, les impôts excessifs qui pèsent sur l’agriculture, le maintien de l’esclavage, l'élévation des tarifs douaniers, les énormes priviléges accordés au pavillon espagnol compriment l'essor du commerce et ont soulevé plus d’une fois l’opposition d’une population ardente, énergique et intelligente, qui s’indigne de voir reculer devant elle l’avenir qu’elle à droit d'attendre. Cependant l'Espagne est entrée depuis quelques années dans une voie plus libérale. L’interdiction sérieuse de la traite vient de préluder à l'abolition progressive de l'esclavage ; les sociétés formées pour l’immigration des travailleurs libres ont cessé de trouver des obstacles : le commerce direct de Cuba avec les ports étrangers, est autorisé depuis 4809; les droits de sortie et d'entrée ont été réduits; une banque d’escompte et d'émission a été créée en 1854, et les compagnies de chemins de fér et de navigation ont été encouragées par le gouvernement espagnol.

Poids et mesures. Monnaies, — Les monnaies de compte sont la piastre ou le dollar de 8 réaux d'argent — 5 fr. 27 c.; les monnaies réelles, les poids et mesures sont les mêmes qu'en Espagne,

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