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EMPIRE DU MEXIQUE

Bornes. Superficie, Population. — L'empire du Mexique est situé entre 15° et 32° lat. N. 80° et 149° 40/ long. O. Il est borné au nord par les États-Unis, à l’est par les États-Unis, le golfe du Mexique et la mer des Antilles, au sud par le Guatemala et l'océan Pacifique, à l’ouest par l’océan Pacifique et le golfe de Californie.

La superficie est de 2,220,000 kil. car., la population de 8,290,000 hab. dont une moitié d’Indiens, et'un sixième de race blanche sañs mélange.

L'empire se divise en 50 départements : la capitale est Mexico (490,000 h.)

Situation éommerciale. — Le Mexique, n'eût-il d’autre avantage que celui de sa situation, serait encore un des Etats les plus importants du Nouveau-Monde. Baïi- | gné par l'Océan Atlantique et par le Pacifique, il offre au transit entre les deux mers une route qui pourrait le disputer à celle de Panama si les communications étaient plus faciles dans l’intérieur du pays. Vera-Cruz, sur le golfe du Mexique, n’est qu’à 1,500 kilomètres de San-Blas sur le grand Océan, et la distance qui sépare le golfe de Campèche de celui de Tehuantepec est si peu considérable que l’on a songé à creuser un canal qui couperait l’isthme, et ferait de Tehuantepec le Suez américain.

Climat. — Aux avantages de sa situation géographique, le Mexique joint ceux d’un climat peut-être unique dans le monde. Grâce au relief des terres qui s'élèvent en pente rapide à partir des deux Océans, et qui au centre s'étendent en larges plateaux couronnés de montagnes

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volcaniques, le Mexique résume pour ainsi dire tous les climats depuis les plus brülants jusqu'aux plus tempérés.

Production agricele.— Dans les terres chaudes, sur le bord des deux mers, région humide, malsaine, mais d’une fertilité sans égale, on cultive le coton, le riz, la canne à sucre, le café, le tabac, le cacao, la vanille, les graines oléagineuses.

Dans les ferres tempérées réussissent toutes les céréales, la vigne, l'olivier, les arbres fruitiers d'Europe, le lin, les plantes médicinales. Les forêts qui couvrent les montagnes présentent, à côté de nos essences européennes, le cèdre blanc, l’ébène, l’acajou, le bois de campêche, le ricin, etc.

Les chevaux, les bœufs, les moutons, les porcs se sont multipliés d’une manière prodigieuse dans les savanes de l'intérieur, et surtout sur les vastes plateaux des terres tempérées et des terres froides. La cochenille est indigène, et l'éducation de ce précieux insecte ainsi que celle des abeilles est très-répandue dans les provinces d’'Oaxaca et du Yucatan.

Production minérale, Les mines du Mexique n’ont pas d’égales, même aux États-Unis. Les gisements aurifères de la Sonora, de Guerrero, d’Oaxaca, produisent déjà de 25 à 30 millions et sont à peine exploités.

Les mines d'argent de Zacatecas, de Guanajato, etc.…., les plus riches du monde, produisent annuellement de 140 à 180 millions.

On exploite en outre le fer, le cuivre, le mercure, le plomb ; on a découvert des mines de houille à Tuxpan et à Jalapa ; le marbre, le soufre, le salpêtre, le sel se rencontrent sur un grand nombre de points; enfin la pêche des perles et du cachalot, sur les côtes de l'Océan Pacifique, offrirait aux populations maritimes des ressources précieuses.

Industrie. Quant à l'industrie, elle n’est représentée que par les fabriques de cotonnades et de lainages de Puebla, de Queretaro, de Durango; la verrerie et la faïence

de Mexico, de Puebla, de Jalapa, de Michoacan ; les moulins à farine des environs de Mexico, quelques papeteries et quelques fabriques de meubles, dont les produits assez élégants sont d’une excessive cherté.

Relations avec la France, Grâce à la position exceptionnelle qu’elle occupe au Mexique, la France a vu s’accroître rapidement ses relations avec les ports mexicains. Saint-Nazaire est le point de départ d’une ligne régulière de la Compagnie transatlantique qui fait en vingt-cinq jours le trajet de Vera-Cruz, et qui dessert également les principaux ports situés sur le golfe du Mexique.

Le Havre, Bordeaux et Nantes sont les ports français qui entretiennent le plus de relations avec l’Empire mexicain.

Principaux ports. Lignes de navigation. Sur le golfe du Mexique les côtes sont basses et sablonneuses, sauf dans quelques parties de la presqu'île de Yucatan; sur le grand Océan, elles sont plus élevées, et deviennent escarpées et rocheuses dans la presqu ‘île de la Vieille- Californie.

Deux ports se partagent le commerce du golfe du Mexique, Vera-Cruz et Tampico.

Vera-Cruz (28,000 h.), malgré l’insalubrité de son climat, le manque d’eau potable, et le peu de sûreté de son mouillage, doit à sa situation sur la route directe de Mexico, d’être le premier marché et le port le plus fréquenté du Mexique. A vingt-cinq jours de Saint-Nazaire, par les paquebots transatlantiques français, à vingt-sept jours de Southampton, par ceux du Royal Mail steam Packet, desservie par des lignes américaines et mexicaines, Vera-Cruz présente un mouvement moyen de 450 navires à voiles (70,000 tonneaux), et 124 vapeurs (125,000 tonneaux). | |

Tampico, à 460 kil. N. de Vera-Cruz, est d’un accès difficile, mais la rade est supérieure à celle de Vera-Cruz. Ce port est desservi par les lignes anglaises, françaises et mexicaines, Le mouvement moyen “est de 220 navires et de 22,000 tonneaux (1855-63).

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Matameras, à l'embouchure du Rio del No des relations avec le Texas, Tuspan, Carmen et Compéehe, sur le golfe de Campèche, débouchés des bois de teinture du Yucatan, sont réservés à un brillant avenir, si le commerce du Mexique sort de l'immobilité où il languit D > longtemps.

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Le mouvement de l’intercourse avec l'étranger s'élevait en moyenne, de 4854 à 1864, à 300,000 tonneaux, dont 160,000 couverts par le pavillon américain, 53 000 par le pavillon français et 51,000 par le pavillon anglais,

La marine marchande du Mexique ne comptait, en 1860, que 80 navires, jaugeant 6,700 tonneaux, dont quelques vapeurs affectés au service des côtes.

Marchés intérieurs. La navigation intérieure n'existe pas au Mexique, et la nature du pays, qui se compose d'une série de plateaux aux pentes abruptes, en rend l’établissement difficile; cependant on pourrait profiter des lacs et desrivières sans écoulement qui arrosent les hautes plaines pour créer un vaste système de canalisation, et quelques cours d'eau pourraient être rendus navigables, tels que le Panuco qui se jette à Tampico, le Santiago qui débouche à San Blas, le Zacatula qui peut conduire des bateaux de Puebla au Pacifique.

Mexico, la capitale de l’Empire (190,000 h.), est le centre des retations commerciales et des voies de comm unication ; c'est là que viendra aboutir le double chemin de fer de l’Océan Pacifique par Guanajato et San-Blas, et de l'Atlantique par Puebla et Vera-Cruz; c'est de là que partent aujourd'hui toutes les routes qui rayonnent vers les frontières de l’Empire, routes mal entretenues, encore infestées par le brigandage, et dont le mauvais état est

une des principales causes de l’infériorité du Mexique.

La télégraphie électrique fonctionne aujourd’hui dans presque tout l'Empire.

Commerce extérieur. — Le commerce extérieur du Mexique, y compris les métaux précieux, s’élève environ à 250 millions de francs, dont moitié à l’exportation.

L’Angleterre y figure en moyenne pour 65 millions, les E'tats- Unis pour 32, la France pour 30 millions, dont 20 ou 22 à l'importation, les villes Hanséatiques pour 7 à 8 millions, l’£'spagne pour 5 ou 6, Cuba pour un chiffre presque égal.

A l'exportation, les métaux précieux, presque entièrement destinés à l’Angleterre et à la France, occupent le premier rang; puis viennent les bois de teinture et les matières tinctoriales, indigo, cochenille , etc... exportés par la Grande-Bretagne, les États-Unis et la France, les cotons en laine qui se dirigent sur Hambourg et sur les ports anglais et français; les plantes médicinales, la vanille, le sucre, les peaux brutes, les viandes salées, les bois d’ébénisterie, etc. L’exportalion du cacao et du tabac et celle du cuivre commencent à prendre une certaine importance. .

L'Importation consiste surtout en objets manufacturés. Nos draps, nos soieries de Lyon, nos toiles peintes de Mulhouse, nos papiers peints, notre verrerie, nos porcelaines, notre bijouterie, nos articles de Paris forment la masse de notre exportation et soutiennent la concurrence étrangère. Nos vins n’ont d’autre rivalité à redouter que celle de l'Espagne qui approvisionne également le Mexique d'huiles d'olive. |

L'Angleterre l'emporte pour les cotonnades à bon marché, les tissus de lin, la quincaillerie; les États-Unis pour les farines, les ouvrages en métaux, le mercure de Californie, les produits de la pêche, etc.

Races diverses. La moitié de la population du Mexique se compose d’Indiens de race pure, pauvres, livrés pour la plupart au travail de la terre ou des mines, et

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maintenus par les conquérants dans un abaissement et une ignorance systématiques.

Les métis forment environ un tiers de la population totale, et les descendants d’Européens ne comptent que pour un sixième; c’est parmi eux que se trouvent presque tous les riches propriétaires d’haciendas qui forment l’aristocratie .erritoriale. Livré à l'anarchie depuis son émancipatic1, bouleversé par des révolutions qui n’ont rien su fonder et qui ont compromis tous les intérèts étrangers et nationaux, convoité et déjà entamé par les États-Unis qui lui ont enlevé le Texas et la Californie, le Mexique n’a pas de finances, pas de routes, pas de commerce; presque toutes les grandes maisons sont anglaises, françaises ou américaines; l’agriculture est imparfaite; les mines devraient produire dix fois plus qu’elles ne rendent chaque année, la contrebande diminue d’un tiers le revenu des douanes, et le brigandage est un mal chronique et accepté, même en dehors de l’état de guerre.

Régénérer cette terré si riche et si abandonnée, ceserait rendre un immense service à la cause de la civilisation. Telle est la tâche qu’a entreprise la France et la nouvelle dynastie impériale du Mexique. Malgré la guerre et les difficultés financières, de nombreux progrès ont été accomplis en trois ans.

Institutions commerciales. Les principes des s0ciétés européennes et régulières ont été proclamés; l’industrie, l’agriculture, l'exploitation des mines encouragées. Le gouvernement a cherché à attirer l'immigration européenne ou américaine ; des compagnies de chemins de fer et de navigation (Compagnie impériale mexicaine de Panama à San Francisco) ont été créées, une banque impériale a été fondée à Mexico sur le modèle de la banque de France, et le système décimal français adopté pour les poids et mesures, et en principe pour les monnaies.

Régime douanier. Les droits de douane et de navigation sont assez élevés ; on estime à 70 millions le revenu normal des douanes; il n’existe pas de droit de sortie, |

Poids, mesures et mennales. Les monnaies de compte sont la plastre, peso ou dollar = 5 fr. 3758, le real — 0,6719 et le grano — 0,0559.

Les anciennes mesures les plus usitées sont : Mesure de longueur, la vara, 0",83695. Mesure itinéraire, la lega, M75 m. Mesures de capacité, la earga —: 666 litres, la fanega "5 lit. 501, l'almud — 4 lit, 625. Poids. Le tercio = 49 kil. 014, la livre — 0,460.

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