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Bassin de la Seine

La Seine, un des grands fleuves de France, prend sa source dans le département de la Côte-d'Or, entre Chanceaux et Saint-Seine, un peu au Nord du mont Tasselot. Elle coule du S.-E, au N.-0., par Châtillon (Côte-d'Or), Barsur-Seine, Troyes, Méry, Nogent-sur-Seine (Aube), Bray, Montereau, Melun (Seine-et- Marne), Corbeil (Seine-et-Oise), Paris (Seine), Sèvres, Saint-Cloud (Seine-et-Oise), Neuilly, Saint-Denis (Seine), Saint-Germain, Poissy, Meulan, Ma:tes (Seine-et-Oise), Vernon, les Andelys, Pont-de-l'Arche (Eure), Elbeuf, Rouen, Caudeber, Quillebeuf, Honfleur, Harfleur ct le Havre (Seine-Inférieure) ; elle se jet‘: dans la Manche, au Havre, par une embou:hure large de 9 kilomètres. |

La longueur de la Seire est de 800 kilom., dont 600 navigables depuis Méry. En 1705, la navigation commençait à Troyes. Sa largeur moyenne est jusqu'à Paris de 62 m. ; et au-c;sous, de 150 à 400 m. Sa profondeur varie de 2",70 à 6" °0 ; à Rouen, elle est de 10 m. Son cours est lent; ses bords sont assez élevés, et ses crues ne causent pas en général de grands désordres. Les crues eee,

‘ Cest surtout dans sa partie supérieure, que la vallée de la Somme est marécageuse; entre Saint- Simon et Bray, on ne rencontre que des marais coupés de vies où digues, -- Vies dérive de vit.

principales de la Seine sont celles de 1615, qui atteignit 8",93; de 1658, 8,80; de 1719; de 1755; et celle de 1740, qni s’est élevée à 8,20.

La vallée de la Haute Seine est généraleme triste et monotone, quoique fertile; de Paris à Rouen, les rives sont plus accidentées, et les sinuosités du fleuve sont d‘terminées par de hautes falaises ; de Rouen au Havre, la Seine coule entre des falaises pittoresques!, et sa vallée plantureuse est une des plus riches et des plus belles de France; le paysaze qu'oflre la Seine maritime, dans toute cette étendue, est un des plus beaux de l'Europe.

La Seine est très-poissonneuse; on y pêche l'esturgeon, le saumon, l’alose, l’anguille, la carpe, le brochet, Le goujon et l’éperlan.

La navigation de la Seine est extrêmement active. On y transporte, pour la consommation parisien, des graias, des vins, du bois, du charbon, des fers, du foin et des fruits. Les sables et ies bas-fonds, qui, au-dessous de Rouen, encombrent la Basse Sete et changent souvent de place, rendaient la navigetion 25e dangeveuse, surtout entre Geudebec eï uillebeuf; de grands travaux d'amélioru'.: ont été faits dans cette partie de la riviñee, de même que dans tout le reste de son cours. En amont de ’aris, ou a arnélort le lit du fleuve au moyen de barrages éclusés?, de rectifications et de travaux de défense destinés à empêcher la corrosion des rives et à régulariser le chenal. Entre Paris et Rouen, on a étobli des écluses avec huit barrages mobiles, qui peuvent s’abaisser au moment des crues et qui, pendant l'étiage, retiennent les eaux. Au-dessous de Rouen, où l'action de la marée se fait sentir, on a cätenu un approfondissement considérable dans le chenal et la disparition de nombreux bancs de sable5, au moyen de la construction de digues longitudinales submersibles, qui limitent le lit de la rivière.

La marée, en entrant dans la Seine, occasionie un phénomène connu sous le nom de

‘ Les falaises sont de craie blanche et forment des talus tréserapides et quelquefois tout à l'ait abrupts; elles sunt profondément découpées par des gorges qui débouchent dans la vallée de la Seine. En face de Yéruon, la falaise a 158 mètres,

* £es barrages éclusés élablis pour canaliser la Grande-Seine entre Montereau etParis) sontau nombre de douze. On a amélioré la Petite-Seine (entre Nogent et Montereau) par des dérivations et des ba rages.

5 Entre Rouen et Quillebeuf, el de à jusqu'à la pointe de Berville, on a partout Gin. de profondeur en vive can.

4 Voy, sur la Seine maritime les artic:

dans la Revue des Deux Mondes des 1% :

1 août 1860 et 15 décembre 1861, page 119 de cette € âo: :aphie,

M, Baude 5bre 1809, suY, uussi

barre de flot. «La barre de la Seine est une montagne d’eau, qui vient du côté de la mer en se roulant sur elle-même, occupant toute la largeur du fleuve, et surmontant ses rivages à droite et à gauche avec un fracas épouvantablet. » Ce phénomène n'a lieu qu'aux pleines lunes et aux nouvelles lunes de: équinoxes. Tandis qu’en général, et même à l'enihoucaure de la Seine, au Havre et à Hontleur, i& ner, à l'instant du flux, monte par degrés insevsibles, on voit, au contraire, dans la portion du lit de la Seine située au-dessous et au-desis de Quilleheuf?, le flot former une vague roulanie, occuparnt le fleuve dar: toute :3 largeur et remplissant istantanément le vaste bassin de la Seine. « Risn de plus majestueux que cette formidable vague, si rapide. Dès qu'elle s’est brisée contre les quais de Quillebeuf, qu'elle inonde de ses rejaillissements, elle s'engage, en remontant, dans le lit plus étroit du fler.

qui court alors vers sa source avec la rapidiw d'un cheval au galop... » — On sait quelle est la cause très-simple de la barre. La marche des vagues est accélérée par la profondeur de l’eau et diminuée au contraire dans une eau moins profonde. Le lit de la Basse Seine étant peu profond, il en résulte que les premières vagues de la marée, retardées par le manque de profondeur de l’eau, sort bientôt atteintes et devancées par les suivantes, qui retombent en cascade par-dessus les premières et produisent cette immense cataracte roulante. Il est déjà résulté des travaux de régularisation accomplis dans la Seine maritime, que l'effet de la barre n’est plus sensible qu'aux grandes marées ; en effet, ces travaux ont donné une plus grande profondeur au lit de la rivière,

La ceinture du bassin de la Seine est formée, depuis la pointe de la Hève jusqu’à la source de l'Oise, par un faite qui traverse le pays de Caux et la Picardie; depuis la source de l'Oise jusqu'à celle de la Marne, par les Ardennes occidentales et l'Argonne: ensuite viennent le plateau de Langres et la côte d'Or; puis les monts du Morvan, les collines du Nivernais, ia forêt d'Orléans et les collines du Perche, desquelles se détache, à l'Ouest des sources de la Rille, un contre-fort appelé collines du Lieuvin.

Bornardin de Saint-Picrre,

2 C'est à Quillebeuf, en face droit où la Seine s'élargit subit:

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Les affluents de la Seine sont : à droite, l'Aube, la Marne, l'Oise, l'Epte; — à gauche, l'Yonne, le Loing, l'Eure et la Rille.

L’Ausr prend sa source dans le plateau de Langres, coule au N.-0., par Clairvaux, Barsur-Aube et Arcis-sur-Aube, et se jette dans la Seine au-dessous de Marcilly. Son cours est rapide et long de 190 kilom. La vallée de l'Aube est large et couverte de prairies. Près de Lesmont, l'Aube a 470 m. de largeur.

La Marne a sa source au pied de la moniagne de Langres, coule au N.-0., par Chauinont, Joinville, © ‘nt-Dizier, où elle devient navigable (Haute-Marne), à Vitry-le-Francois, Châlons, Épernay, Dizy (Marne), Château- Thierry (Aisne), Ja Ferté-sous-Jouarre, Meaux et Lagny (Seine-et-Marne), et se jette dans la Seine à Charenton. Le cours de la Marne est de 450 kilom., dont 360 navigables! ; la navigation y est fort active, et les transports consistent en fer, bois, vins, charbon, grains, etc., destinés à la consommation de Paris. La Marne déborde ordinairement deux fois par année, au commencement de l'hiver et à la fonte des neies; ses inondations sont quelquefois funestes, mais généralement elles déposent un limon qui fertilise les terres inondées. Au-dessous de Chaumont, la vallée de la Marne est lwge; entre Saint-Dizier et Epernay, ses rives sont bordées de collines qui, aux environs d'upernay, sont couvertes de vignobles renommés. La vallée de la Marne, dans la Brie et jusqu’à son confluent, est très-fertile, et les bords de la rivière sont fort agréables. Les affluents de la Marne sont : à droite, l'Ornain et l'Ourcq ; — à gauche, la Blaise, le Pet Morin et le Grand-Morin.

L'Ornain passe à Bar-le-Duc et se termine à Vitry; son cours eët de 80 kilom., etsa vallée est étroite et accidentée.

L'Ourcq arross ia Fère-en-Tardenois et la Ferté-Milon; à Mareuil, commence un canal qui dérive les eaux de cette rivière et les amène à Paris, nu bassin de la Villette.

La Blaise coule, pendant 70 kilom., dans une fertile vallée et passe à Vassy.

Le Pelit-Morin a son confluent à la Fertésous-Jouarre; on trouve ans s2 "6e 225 célèbres champs de bats: de Un: :5-Aubert et de Montmirail.

Le Grand-Mori: : 1sse à Sézanne, à Coulomiiers et se jette à Heaux.

L'Oise est formée par la réunion de deux ruissecus, dont l'un prend sa source en Bel-

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ESou cours cel canalist, entre bizy et son confluent, sur une étendue de 206 kilomètres.

gique, près de Chimay, et l’autre en France, près de Rocroi. L'Oise coule au N.-0., par Guise, la Fêre, Chauny, Quierzy (Aisne), Noyon, Compiègne, Verberie, Pont-Sainte-Maxence, Creil, Saint-Leu (Oise) et Pontoise (Seine-et- Oise), et se jette dans la Seine à Conflans- Sainte-Honorine, après un cours de 264 kilom. ; dont 136 navigables depuis Chauny. La navigation de l'Oise est très-active, et les transports consistent en houille, bois, charbon et grains destinés à la consommation parisienne. La largeur moyenne de cette riviére est de 400 à 140 m., et sa profondeur de 3 à 4 m.; ses rives sont en général basses et unies, et sa vallée très-fertile.

L'Oise a pour affluents principaux : à droite, le Thérain ; — à gauche, l'Aisne.

Le Thérain coule au S.-E., par Beauvais, et se Jette dans l'Oise, près et au-dessous de Creil. Sa vallée est marécageuse, remplie de tourbières, encaissée et étroite.

L'Aisne prend sa source dans l'Argonne, coule au N.-0., par Sainte-Menehould (Marne), Vouziers, Attigny, Rethel (Ardennes) et Soissons (Aisne), et se jette dans l'Oise, un peu au-dessus de Compiègne. Son cours est de 270 kilom.., dont 125 navigables depuis Soissons. L'Aisne arrose, dans le département de la Marne, une vallée étroite et boisée pratiquée dans le massif de l’Argonne. Au delà, sa vallée est large, très-fertile et bordée de prairies et de coteaux couverts de vignobles. Les débordements, quoique quelquefois très-dangereux, déposent sur le sol un limon fertile. Les affluents de l'Aisne sont : la Vesle, qui passe à Sillery, à Reims et à Fismes, et l'Aire, qui coule dans uxe vallée étroite, profonde et accidentée, au milieu de l'Argonne; elle passe à Varennes et finit au-dessous de Grandpré. La vallée de l'Aisne a été le théâtre d’une partie des opérations de Dumouriez, en 1792,

L'Éere est une petite rivière de 75 kilom., qui prend sa source au plateau de Forges, près de Gournay, passe à Gisors et à Saint-Clairsur-Epte, et se jette dans la Seine ar:-dessus de Vernon. L'Epte formait la limite entre la Normandie et l'Ile-de-France, et sépare actuellement le département de l'Eure de ceux de l'Oise et de Seine-et-Oise. La vallée de l'Epte est éiroite, couverte d’herbages, dans la partie supérieure, et ‘le cultures, dans la partie infé-

rieure,

L'Yon\i prend naissance dans les étangs de Belieperche, situés au pied du mont Beuyron ; elle coule dans une vallée profonde et étroite jusqu'à Clamecy; au-dessous, la vallée s'élargit, et la rivière arrose Auxerre, Joigny, Sens,

et se termine à Montereau, après un cours de 300 kilom., dont 110 navigables depuis Auxerre‘. L'Yonne amène à Paris environ 600,000 stères de bois à brûler et de bois de charpente, et du charbon. Les principaux affluents de l'Yonne sont, à droite : le Serein, qui passe à Chablis, et l’Armançon, qui prend sa source près de Pouilly et arrose Semur et Tonnerre. L'Armançon est une rivière de 165 kilom., dont la vallée est suivie par le canal de Bourgogne.

Le Loic est un cours d’eau de 130 kilom., qui passe par Montargis et Nemours, et se jette dans la Seine, à Moret. La navigation de cette rivière, très-difficile, est aujourd'hui remplacée par celle du canal du Loing, établi tantôt latéralement à la rivière, tantôt dans le lit même du Loing.

L'Eure a sa source dans la forèt de Longny (Orne); elle coule d’abord du N.-0. au S.—E., par Pontgouin, puis du $. au N., par Chartres, Maintenon, Anet, Ivry, Cocherel et Louviers, et setermine aux Damps, près de Pont-de-l'Arche, après un cours de 200 kilom., dont 90 navigables. L’Eure reçoit à gauche deux affluents, l’Avre et l’Iton. — L'Avre ou Aure coule à l'E., par Verneuil et Nonancourt. — L'Ilon prend sa source près de la Trappe (Orne), coule au N.-E., par Breteuil, et se perd à Villalet dans des bétoirs, trous coniques et peu profonds ; il coule, sous le nom de Fol-Iion, dans des canaux souterrains pendant l’espace de 15 kilom. et demi, et reparait à Vieux-Conches, par un grand nombre de sources; il arrose ensuite Évreux.

La Rice? sort, comme les trois rivières précédentes, du plateau du Perche (Orne), coule au N., par Laigle, Rugles, Châtel-de-la-Lune où elle se perd aussi dans des bétoirs; elle coule sous la forêt de Beaumont, pendant 6 kilom., et reparaît à la Fontaine-Enragée. La Riile arrose ensuite Beaumont-le-Roger et Pont-Audemer, et se jette dans l'estuaire de la Seme, entre Quillebeuf et Honfleur, après un cours de 130 kilomètres.

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