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Bassin du Rhône

Le Rhône! naît de trois sources au pied du glacier de la Furca, dans le massif du Saint- Gothard, à 26 kilom. au S.-0. de la source du Rhin. Il traverse de l'E. à l'O. le Valais, en Suisse, où il coule d'abord, avec une extrême rapidité, dans un lit étroit et encombré de rochers, et dans une haute et profonde vallée, formée par les Alpes Bernoises et les Alpes Pennines. À Brieg, son cours devient plus modéré, mais là commencent les marais qui infectent le Bas Valais. Le Rhône passe ensuite à Sion, traverse une gorge étroite près de Martigny, tourne au N -0., arrose Saint-Maurice et jetle ses eaux bourbeuses dans le lac de Genève, dont il sort à Genève même, en coulant dans la direction du S., jusqu'au confluent du Guiers.

À peu de distance de Genève, il reçoit le London et sépare la France du canton de (e-

{ Les habitants du Haut Valais i'appcilent Aodde on Rotten.

# Le lac de Genève est lonk de 60 kilom,, large de 11 et profond de 307 m, Rhône exhausse sans cesse le l'ond du lac, en y déposant d'énormes quantités de vase,

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nève: il sépare ensuite le département de l'Ain des départements de la Haute-Savoie et de la Savoie. Dans cette partie de son cours, le Rhône coule dans une vallée étroite et encaissée; à Fort-l'Écluse!, la vallée se resserre encore et le fleuve n'a plus ici que de 1% à 95 m. de large. Les montagnes qui forment ce défilé, long de 16 kilom.* et resserré entre des montagnes à pic, sont le Grand-Credo, à droite, dans le Jura, et le mont Vouache, à gauche, dans les Alpes 5. À environ 1 kilom. audessus de Bellegarde, au village de Coupy, des éboulements de rochers avaient formé ‘une arche de 60 m. de longueur, sous laquelle le Rhône continuait sa course; c'était ce qu'on appelait la perte du Rhône. Cette disparition totale du fleuve n'avait lieu cependant qu'en hiver, car à l'époque des hautes eaux, en été, le fleuve recouvrait la masse entière des rochers. Cette espèce d’arche naturelle, sous la-quelle le Rhône coulait dans un lit souterrain, a été coupée, en 1828, et remplacée par un canal qui permet au flottage de commencer au-dessus de Bellegarde. Au-dessous de la perte, le Rhône continue à être encaissé dans des beryes à pic, de 50 m. de hautur, et reçoit la Valserine, qui se précipite dans le fleuve, au hilieu d'un chaos de rochers. Plus loin, ie Rhône franchit encore le défilé de Malpertuis, étroit goulet de 6 m. de largeur et hérissé de rochers, et arrive enfin au Pare, où ii devient navigable et où sa vallée s’élargit ; il passe enà suite à Seyssel et Pierre-Châtel.

Après avoir reçu le Guiers, le Rhône coule de l'E, à l'O. et arrive à Lyon, où il tourne au S, À Vienne, sa vallée se rétrécit, et jusqu'à Avignon elle est bordée par des collines plantées de vignes, du côté du Dauphiné, et du côté des Cévennes, par des rochers nus et sauvages. À partir d'Avignon, le Rhône coule dans un pays bas et plat, et ses rives sont marécageuses jusqu’à la mer, Après avoir arrosé Lyon, le Rhône passe à Givors, Vienne, Tournon, l'Hermitage, près de Saint-Péray, à Valence, Montélimart, Viviers, Pont-Saint- Esprit, Avignon, Beaucaire et Tarascon ; enfin, il arrive à Arles, où il se partage en deux bras qui forment un delta couvert de steppes ct de marais, appelé la Camargue et composé de plusieurs iles ou Theys*. Le bras oriental,

! Qu'on écrivait autrefois et avec raison Fort les Cluses,

* De Fort-l'Écluse à Genissiat, Dans ce court inter. valle, lo Rhône a 62 m, de pente,

* De Saussune, L, 11, p, 17, — Doisse, Voyage pittor., { vol, in-4, an II,

* On écrit ce mot quelquelois Teys.

appelé le Grand-Rhône, se divise près de Saint Trophin en deux branches : le Grand-Rhône, à l'E., et une branche sinueuse à l’Ù., qui porte les divers noms de canal du Japon, Bras-de- Fer et Vieux-Rhône. Le bras occidental, appelé le Petit-Rhône, et sur lequel est Saint-Gilles, se partage aussi à Silvereal en deux branches, le Pelit-Rhône à V'E., et le Rhône- Mort à YO.

Ces diverses embouchures, appelées Gradus par les Romains, sont désignées encore sous le nom de Gras ‘; elles sont très-ensablées et une barre dangereuse y existe.

Le Rhône a un cours de 844 kilomètres.

Sa pente est en général fort rapide, surtout en Suisse; en effet, la source du Rhône est à 1760 m., et son entrée dans le lac de Genève, à 376 mètres.

La largeur du Rhône est :

mètres

Près de Brieg, de. . . . . . . . . 22

Près de Martigny. . . + . . . .. 191 Aux Chaînes de Genève. , . . . . 250

À DYOR. à 228 à 85 eue OU Entre la Drôme et la Durance. . 670 à 14670

La profordeur du Rhône, à Lyon, est :

mètres, En moyenne au-dessus de l'étiage. 1,14 Dans les hautes eaux ordinaires. . 5,50

Les crues ordinaires ont lieu en été et sont produites par la fonte des neiges des Alpes de la Suisse ; elles sont subites et terribles à cause de la rapidité du couraniet du peu d’encaissement du fleuve, mais elles ne durent ordinairement que 24 heures, Elles ne font pas monter le niveau du fleuve d'une manière égale aux différents points de son parcowrs ; ainsi la crue de 1840 s'est élevée de : 5",54, à Lyon; — 1,15, à Vienne; -- 6",83, à Valence; — 8,50, à Avignon ; — 6",50, à Tarascon.

Le Rhône est le fleuve le plus rapide de l'Europe. Sa vitesse esi en moyenne, de Lyon à Avignon, de 4",5 à 2",5 par seconde; mais à Arles, elle n’est que de 0",7. Pendant les hautes eaux, elle s'élève à 4 mètres par seconde. Le débit, à Beaucaire, pendant l’étiage, est de b00 môtres cubes par seconde, et de 12,000 mètres cubes dansles plus hautes eaux*.

Le Rhône est navigable peudant 497 kilom.,

# Hot identique à Grau, (Voy. page 154.)

? Dans les crues, le Rhône jette à la mer, en 21 heures, 5 millions de :aètres cubes de matières terreuses, Ce sont ces alluvions qui ont formé Lo Camur gue, qui modifient constamment les Gras lu fleuve, forment la barre et l'ont avancer sans cesse le rivage. Où croit, en eftet, que lu mer recule chaque année de 60 à 60 mètres

mais la navigation est gènée parles basses eaux, par les rochers, quelquefois par de véritables tempêtes soulevées par le mistral, et, à la remonte, par la force du courant, qui ne peut être vaincu que par de puissants remorqueurs.

Le Rhône coule sur un fond de gravier, de sable et de gros cailloux, dont il déplace des bancs immenses pendant ses crues; son lit est parsemé d'îles, surtout entre les contluents de la Drème et de la Durance. L'aspect de ce fleuve large et impétueux est partout grand et sévére. Ses eaux sont saines et il abonde en poissons excellents, truites, brochets, barbeaux, anguilles, lottes, aloses, carpes, perches, grandes lamproies (au-dessous d'Avignon) et esturgeons.

La ceinture du bassin est formée, à droite, depuis le Saint-Gothard, par les Alpes Beruvises, le Jorat, le Jura, les Vosges méridionales, les monts Faucilles, le platean de Lanures, lu côté ŒOr Cévennes ; — à gauche, jt lus Alpes Pentites, Grées, Cotflêmnes et sltfitimes, et par un contreÆort de ées derniéres, Jes Alpes dé Provence.

Les principaux canaux gi rattachent le Bhône aux Les voisins, s0bt le canal du Rhône au Rhin: ie curat de Bourgogne, entre la Saône et l'Yonne ; Ie canal du Centre, entre la Saône et la Loire; le canal de Beaucaire, le canal des Étangs ét le canal du Midi, qui le réunissent à la Garonne.

Les affluents du Rhône sont : en Suisse, 80 torrents jusqu’à son entrée dans ie lac de Genève; — en France, à droite, le Fondon, la Valserine, le Seran, l'Ain, la Saône, le Gier, l'Ardèche, la Cèze et le Gard; à gauche, la Dranse, l’Arve, le Fier, la Laisse, le Guiers, l'Isère, la Drôme, l’Aigues, la Sorgues et la Durance.

Les affluents de droite du Rhône, en France, ne sont d'abord que de petits cours d'eau, tels que le London, la Valserine, torrent rapide, et le Seran. Vient ensuite l'Ain, qui descend du Jura, coule au S., en traversant les départements du Jura et de l'Ain, et se jette dans le Rhône à 55 kilom, au-dessus de Lyon, après un cours de 167 kilom., pendant lequel il n'arrose aucune ville importante.

La Saône a sa source dans les monts Faucilles au pied de Ja montagne de Ménamont et coule auS., par Gray, où elle devient navigable (Haute-Saône), Auxonne, Saint-Jean-de-Losne {Côte-d'Or}, Verdun, Chalon, Tournus, Mâcon (Saône-et-Loire), Villefranche (Rhône) et Tréveux (Ain), et se jette dans le Rhône, au-dessous de Lyon, à la Mulatiére. Son cours est de 451 kilom., dont 272 navigables. La navigation

est très-considérable sur la Saône ; elle est facilitée par le peu de vitesse de la rivière! et n'éprouve des difficultés qu’à l’époque des basses ou des hautes eaux. Les bords de la Saône, plats, unis et bordés d'immenses prairies jusqu’à Mâcon, serelèvent depuis cette ville jusqu'à Lyon ; dans cette partie, la vallée de la Saône, par la beauté des aspects et la richesse du sol, est une des plus belles vallées de la France. Les eaux de cette rivière sont très-bonnes pet: la teinture et très-poissonneuses; on y "éche d'excellentes carpes, des tanches, des brochets, des anguilles, des truites, des lottes, des ombres et des écrevisses. — La hauteur moyenne des eaux au-dessus de l'étiage est de 1",56, à Lyon. Les inondations de la Saône sont fréquentes et atteignent souvent 5 m. En 1540, la Saône monta à 9",81,

La Saône recoit de nombreux affluents.

’armi ceux de droite, qui sont en général de petits cours d'eau, nous citerons : la Vingeanne (autrefois la Vigenne), qui formait la limite de Ja Bourgogne et de la Franche-Conité, et au passage de laquelle l’armée de Gallas fut en grande partie détruite en novembre 1636, après son échec devant Saint-Jean-de- Losne. C’est dans la vallée de cetterivière que se trouve Fontaine-Française. = L'Ouche, qui sort de l'étang de Lusigny, dans fa côte d'Or, passe à Dijon et se termine près de Saint-Jean de-Losne; son cours est de 88 kiloin. — x Dheune, dont la vallée est en partie suivie par le canal du Centre. — La Grone, qui descend des montagnes du Cnarolais et coule au or,

À gauche, la Saône reçoit l'Uignon, k Doubs, la Seille et la Reyssouse. L'Oignon ou l'Ognon est une rivicré torrentielle de 150 kilom., qui coule au 8.-0, dans une vallée trèspittoresque, — Le Doubs prend sa source dans le Jura au pied du mont Rixop, ét coule d’abord au N.-E., dans des gorges abruptes, boistes et profondes de 200 m., où il forme le lac de Saint-Point; il arrose ensuite Pontarlier et Morteau, et forme une cascade de 27 1.

appelée le sant du Doubs, un peu au-dessous de laquelle it commence à servir de limite entre la France et la Suisse. Après avoir séparé les deux pays, le Doubs couie en ; iisse pendanit quelques kilomètres et arrose Suinte-Drsanne; il y change de dirertion, coule à l'O. et rentre en France; après avoir passé à Monthéliard, il se dirige au 8.0., par Baume-les-Damies, D sancon et Dôle, et se jette dans la Saône, à Verdun, après un cours de 453 kilom. — Les derniers affluents de la Saône sont la Seille,

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