ROYAUME DES PAYS-BAS
(NEERLANDEN)
$1. Limites, frontières, places fortes.
— Le royaume des Pays-Bas est borné : au N.
et à l'O., par la mer du Nord; ausS., par la Belgique ; à l'E, par la Prusse rhénane et le Hanovre. Le duché de Luxembourg, entièrement séparé du reste du royaume, est situé entre la Belgique, la France et la Prusse.
Les frontières sont défendues par un grand nombre de places fortes. Au Sud, du côté de la Belgique et de la France, on trouve, dans la lélande, les places ou les forts de l'Écluse, Oostburg, Ysendyke, Biervliet, Philippines, Terneuse, Axel, le sas de Gand, Hulst, et dans le Brabant, Berg-op-Zoom*, Sleenbergen, Bréda et Bois-le-Duc. — En arriére de cette première barrière, la ligne de la Meuse est défendue par Willemstadt, Klundert, fort Saint- André, Gertruydenberg, Gorcum, lleusden et Grave; enfin, Nieuwpoort, sur le Leck, complète la défense de la frontière méridionale, à laquelle la largeur et la rapidité des cours d'eau que l’on vient de nommer ajoutent beaucoup de force, — À l'Est, la frontière de Prusse est couverte par la Meuse et par les places de Maëstricht, Ruremonde et Venlo, sur la Meuse, par Nimègue, sur le Wahal, et par Zutphen, sur l'Yssel. — La frontière de Hanovre, toute marécageuse, est défendue par Koeverden et Neue-Schanze.
La grande place forte de Luxembourg fait partie de la confédération Germanique et est une place fédérale.
1 Voy. A, Esquinos, a Néerlande, 2 vol. in-12, 1859. — Max, nu Cap, En Hollande, 4 vol. in-12, 1859, — Revue Britannique, la Hollande, 6° série, t, XIL.
* On a mis en italique les places les plus importantes,
Les places maritimes sont : Delfzyl, sur le Dollart ; Naarden et Muiden, sur le Zuiderzée ; le Helder, Hellevoetsluis, Goes, Arnemuiden, Middelbourg, Flessingue, Breskens et le fort Bath, sur la mer du Nord.
Le cœur du royaume, la province de Hollande, est en outre défendu par un système d'inondations qui permet au besoin d’ensevelir sous les eaux des fleuves une partie du pays, et d'arrèter la marche d’un ennemi qui aurait franchi les frontières. Dans ce but, on a construit des digues fortifiées, qui partent de Gorcum, sur le Wahal, s'appuient à Vianen, sur le Leck, et vont se terminer sur le Zuiderzée, à Naarden et à Muiden. En avant de ces digues, du côté de l'Est, l'ouverture de quelques écluses peut changer tout le pays en une mer artificielle qui couvre absolument la province d'Utrecht et le Bétau. De pareilles digues avec inondations existent : au Sud, sur la Vieille- Meuse, entre Gertruydenberg et Heusden, et de Bois-le-Duc à Grave; à l'Est, entre Nimègue et Arnheim, le long de l'Eem, et le long de l'Yssel, depuis Zutphen jusqu'à la mer!.
$ 2. Littoral, polders, digues et ports®.
— Les Pays-Bas sont entièrement composés d'une plaine de sable5 peu élevée au-dessus du niveau de la mer (16 mètres à Utrecht) et
1 Cf, Anvanr, Considérations polit, et milit. sur les travau: de fortif, exécutés depuis 1815 en France et à l'étranger, À vol. in-8°, 1846.
2 Cf, ue ve Braumonr, Leçons de géologie pratique, t. I, in-8e,
% Ce sont les alluvions du Rhin qui ont formé les Pays-Bas; on a calculé qu'il passe à Bonn, en 24 heures, 145,981 pieds cubes de matières sédimentaires eontenues dans les eaux du fleuve, (Cf. Proced. geol Soc, of London, t. , p, 1, 1854.)
s’abaissant peu à peu en approchant du rivage, si bien que le littoral est à peine plus haut de quelques centimètres que le niveau de la basse mer, et qu'il est partout au-dessous du niveau de la haute mer. Le sol n’est préservé de l'inondation, que par les dunes qui bordent le rivage; leur hauteur est de 12 à 15 mètres, et elles sont couvertes de roseaux des sables, de thym, de genêts et de bruyères. Les dunes existent sur toute la partie des côtes baignées par la mer; mais elles manquent le long des bras de mer intérieurs, le long des embouchures de l'Escaut et de la Meuse, et sur tout le pourtour du Zuiderzée. Partout où il n°y a pas de dunes, il a fallu construire des digues (dam); en conséquence, la presque totalité des côtes du Zuiderzée, toutes les côtes intérieures qui bordent les embouchures de l'Escaut et de la Meuse, toutes les îles qui se trouvent aux embouchures de ces deux fleuves, et l’île du Texel, sont bordées de « murs de mer » élevés au niveau des plus hautes marées et assez so!ides pour résister aux plus violentes temsètes. Les digues sont construites en pilotis et en blocs de granite apportés de Norwége, les Pays-Bas n'ayant pas une seule carrière de pierres. Leur construction a commencé dès le douzième siècle.
Dans les marées ordinaires, la mer baisse à Katwyk de 80 centimètres, et quelquefois, par les vents d'Est, de plus de 1 mètre; la marée haute y monte à 70 centimètres, et quelquelois par les vents du Nord et de Nord- Ouest, jusqu'à 2 mètres et plus. — Dans le golfe de l'Y, la mer descend à 34 centimètres, et quelquefois par les vents d'Est, à 23 seulement: elle n’y monte ordinairement qu'à 16 centimètres ; mais avec les vents du Nord et de Nord-Ouest, elle s'élève à 2 mètres. En général, la côte des Pays-Bas est donc d'environ 2 mètres plus basse que le niveau des hautes mers.
Sur plusieurs parties du littoral, sur les rives du Wadden?, par exemple, les dépôts de sable et de vase s'amoncellent assez vite en avant de la ligne des digues et forment des atterrissements (marsch), qui s'élèvent insensiblement au-dessus du niveau de la basse mer et forment une plage (watt); peu à peu, des plantes y poussent, et quand le watt est gazonné, on l’endigue : il est conquis sur la mer
1‘ Au-dessous du niveau moyen de la mer.
? Le Waddenestle détroit qui se trouve entre la Frise, la province de Groningue et les quatre iles situtes sur la côte de ces deux provinces,
3 Salicornia herbaceu, Aster tripodium, Plantage ma vitima,
et formealors un polder ou groden, qui devient une terre labourable d'une fertilité prodi.
gieuse. En avant de ces nouvelles digues, de nouveaux marsch se forment et sont conquis à leur tour. Au seizième siècle, la mer venait à Leeuwarden, et on peut voir sur la carte tout ce que la persévérance des Frisons a conquis sur l'Océan depuis trois cents ans. Tout ce pays est actuellement une belle et plantureuse prairie, couverte de bestiaux; les villages y sont bâtis sur des lerpen ou buttes, élevées pour mettre les habitants à l’abri des inondations terribles et fréquentes que détermine la rupture des digues.
Il ne suffirait pas que le littoral fût protégé par des dunes ou des digues, si la mer nouvait librement pénétrer dans lepays, à marée haute, par les embouchures des rivières. Les larges embouchures de l'Escaut et de la Meuse sont nécessairement restées ouvertes, mais les rives de ces estuaires sont endiguées, et la mer ne recouvre que l’espace qu’on lui abandonne, Sur quelques points où il a été possible de lui fermer le chemin, on l'a fait, à l’aide d'écluses ou de portes à flot. À Katwyk, par exemple, l'embouchure du Rhin est fermée par un barrage à écluses; les portes n'en sont ouvertes que pendant quelques heures, à marée basse, pour laisser écouler l'eau du fleuve; le reste du temps, elles sont fermées etempèchent la mer, à marée haute, de remonter dans le lit du Rhin. A Muiden, à l'embouchure du Vecht, il y a aussi une porte à flot; on l’ouvre seulement à marée basse pour faire écouler l'eau,
La mer du Nord forme, sur les côtes des Pays-Bas, trois golfes, le Dollart, le Lauwerzée et le Zuiderzée. — Le Dollart, situé entre la province de Groningue et le Hanovre, a 12kilomètres de long sur 4 de large ; il a été formé, en 1277, par une inondation de la mer. Actuellement il est endigué, et son étendue diminue sans cesse par la formation de nouveaux polders. — Le Lauwerxée n’a que 4 kilomètres de long sur 4 de large et est situé entre les provinces de Groningue et de Frise. — Le Zuiderxée, formé par les inondations de la mer en 4987 et en 1421, a environ 100 kilomètres de long sur 40 de large ?, I! forme le golfe de l'Y?, sur lequel est Amsterdam. Le Zuiderzée est encombré de bancs de sable, et son lit est peu profond.
Les iles que l'on remarque sur les côtes des
'ays-Bas se divisent en deux parties : 1° un
{I y avait, à la place du Zuiderzée, le grand lac Flevo; les inondations ont détruit la langue de terre qui le séparait de la mer,
2 On prononce aie,
groupe de 4 res de l’Es crites quan % une chaî lart et situ Ces îles, au le Texel!, S par un détr Ter-Schelli Rottum. Le la Frise et d détroit app et très-peu pied sec de Les ports sont très-n d'indiquer Diep, Dordi Flessingue, 83. As Nous avons une grande tiérement d forme ces al gérement ar qu'un sol st Le point le (Velurwve), o neuses appe ailleurs, le s Toute la par pine, le Lin Gueldre, l'O entiérement cages ou de embouchur lande et ext:
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‘L'ile du' peaux.
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groupe de grandes îles situées aux embouchures de l'Escaut et de la Meuse et qui seront décrites quand on parlera de ces deux fleuves; 9 une chaîne d’iles allant du Zuiderzée au Dollart et situées à une petite distance de la côte. Ces îles, au nombre de sept, sont Wieringen, le Texel!, séparé de la Hollande septentrionale par un détroit appelé le Mars-Diep, Vlieland, Ter-Schelling, Ameland, Schiermonnik-0og et Rottum. Les quatre dernières sont séparées de Ja Frise et de la province de Groningue par un détroit appelé le Wadden, rempli de bas-fonds et très-peu profond ; à marée basse, on va à pied sec de la terre ferme à Rottum.
Les ports et les villes maritimes des Pays-Bas sont très-nombreux; nous nous contenterons d'indiquer ici: Amsterdam, le Helder, Nieuw- Diep, Dordrecht, Rotterdam, Vlaardingen et Flessingue, comme les plus importants.
85. Aspect général, topographie. — Nous avons déjà dit que les Pays-Bas étaient une grande plaine très-basse et composée entiérement d’alluvions récentes. La geest, qui forme ces alluvions, est un sable quartzeux, lésérement argileux, et ne constituant en général qu'un sol stérile.
Le point le plus élévé du pays est le Wél:u {Veluwe), où il y a quelques collines sablonneuses appelées Nederrynsche-wald; partoui ailleurs, le sol est absolument plat et sans bois. Toute la partie’ orientale, comprenant la Campine, le Limbourg, le Brabant, le Wélau, la Gueldre, l'Over-Yssel et la Drenthe, est presque entièrement couverte de bruyères, de marécages ou de tourbières. Les îles qui sont aux emhouchures de l'Escaut et de la Meuse (Zélande et extrémité de la Hollande méridionale) sont la partie la plus fertile et la mieux cultivée de tout le royaume. La Nord-Hollande, la Sud- Hollande et les provinces d'Utrecht, de Frise et de Groningue, sont partout recouvertes d'admirables pâturages : « Représentez-vous un immense tapis du vert le plus frais, le plus tendre, le plus uni, ras à l'œil comme du velours et découpé par une grecque de canaux 2.»
$4. Hydrographie. — Rivières, Les Pays- Bas sont arr par le cours inférieur de l'Escaut, de la Meuse et du Rhin, et par plusieurs pelites rivières.
L'Escaut (Schelde), à son entrée dans la Z6lande, se partage en deux grands bras, l'Escaut oriental où Hond5, et l'Escaut occidental, sûparés l'un de l’autre par les îles de Sud-Bevecn D ee Dr or
‘L'ile du Texel est couverte de prairies el de troupeaux,
* Théophile Gautier,
3 Hond, le chien,
land, Nord-Beveland et Walcheren. L'Escaut occidental baigne Terneuse et Flessingue; l'Escaut oriental passe à Berg-op-Zoom et Lierikzée.
La Meuse (Maze) arrose les provinces de Limbourg, Brabant, Gueldre et Hollande méridionale; elle passe à Maëstricht, Stevensweert, Ruremonde, Venlo, Grave et au fort Saint-André situé à la pointe orientale de l'ile de Bommel. Là, elle se joint au bras du Rhin qu’on appelle le Wahal et prend le nom de Wahal; elle forme l'ile de Bommel et passe à Bommel, sur le bras septentrional, au fort Crèvecœur et à Hensden, sur le bras méridional. Elle arrose ensuite Gorcum, et au-dessous de cette ville elle se partage en deux bras. 1° Le bras méridional traverse le marais appelé le Bies-bosch, en sort sousle nom de Hollandsch-Diep, passe à Moerdyk et à Willemstadt, et au-dessous de cette ville se partage encore en deux bouches, séparées l’une de l’autre par les îles d'Over-Flakkee et de Goeree. La bouche méridionale appelée Volke-rak, puis Krammer et Grevelingen, n'arrose aucune ville importante et communique avec l’Escaut oriental par un bras, le Het- Keeten, qui arrive à Tholen!. La bouche septentrionale, appelée Haring-yii?t, puis Flakkee, passe à Hellevoetsluis. — 2% Le bras sep tentrional, qui est le plus important, s'appelle d'abord le Merwede, et au-dessous de Dordrecht il se partage en deux bras, séparés par les îles d'Ysselmonde et de Rozenburg ; le bras méridional s'appelle La Vieille-Meuse (Oude-Maze), au Sud d’Ysselmonde, et passe à Brielle, où son lit est si encombré et si rétréci, qu’un petit bateau peut difficilement entrer actuellement dans ce port, autrefois si important. Le bras septentrional reprend le nom de Meuse, et passe à Rotterdam, Delfshaven, Schiedam, Vlaardingen et Maasluis, et va se jeter dans la mer du Nord, entre l’île de Voorne et la pointe appelée Hoeck van Holland. Ce bras de mer es actuellement la partie de la Hollande la plus fréquentée par le rommerce maritime ; il s'y fait un mouvement d’affaires qui s'élève à plus de 50 millions de tonneaux de marchandises,
Les affluents de la Meuse sont la Roer, la Dommel et le Merk. La Roer n’a que son cours intérieur dans le Limbourg, où elle finit à Ruremonde, — La Dommel passe à Bois-le-Duc et reçoit l'Aa; elle s'appelle Diest entre Bois-le- Duc et son confluent. — Le Merk ou Mark arrose Bréda.
Le Rhin (Rijn} entre en Hollande au-dessous
{ Ce bras de la Meuse est séparé de l'Escaut orien-
tal par un groupe d'fes, dont la plus importante est Sehonwen,
d'Emmerich, et à 10 kilomètres plus loin, à Meillingn, il forme une première dérivation,
le Wahal, qui arrose Nimègue et Thiel, et va se |
joindre à la Meuse, au fort Saint-André. Après avoir formé le Wahal, le Rhin passe sur les ruines de Tolhuis, où les Français traversérent le fleuve en 1672, et à Huissen, où il forme une seconde dérivation, l’Yssel : il arrose ensuite Arnheim, Wageningen et Durstède. Là, il se partage en deux bras. Le bras méridional, qui continue le courant principal, s'appelle le Leck, passe à Vianen, Nieuwpoort et Schoonhoven, et va se joindre à la Meuse au-dessus de Rotterdam. Il forme une grande dérivation, appelée le Petit-Yssel, qui passe à Gouda et se joint aussi à la Meuse un peu au-dessous de l'embouchure du Leck. Le bras septentrional s'appelle le Rhin-courbé (Kromme-Rijn); c'étaitautrefois le courant principal, et aujourd'hui ce n’est plus qu'un faible cours d’eau. Arrivé à Utrecht, le Rhin-courbé se partage encore et forme le Vecht, qui se jette dans le Zuiderzée à Muiden, et le Vieux-Rhin (Oude-Rijn) qui passe à Leyde et se jette dans la mer du Nord à Katwyk.
L'Yssel, qui est actuellement une des bouches du Rhin, était jadis une rivière entièrement séparée de ce fleuve et composée du Vieil- Yssel et de l'Yssel d'aujou:l'hui. Ce fut Drusus qui joignit le Rhin à l’Yssel par une dérivation appelée le Nouvel-Yssel, et qui s'étend de Huissen à Doesburg, où le Vieil-Yssel, partie supérieure de la rivière, est joint au Rhin.
L'Yssel arrose Doesburg, Zutphen, où il reçoit le Berkel, Deventer, où il reçoit le Schipbeek, et se jette dans le Zuiderzée un peu au-dessous de Kampen.
Entre le Vecht et l’Yssel, le Zuiderzée reçoit deux petites rivières, l'Amstel et l'Eem. L’Amstel a son embouchure à Amsterdam ; l'Eem passe à Amersfort.
A l'Est de l’Yssel,ontrouve la Zwarte-Water, la Linde, le Kuinder, le Lauwers, la Hunse et la Fievel, qui arrosent l'Over-Yssel, la Drenthe, la Frise et la province de Groningue.
La Zwarte-Water (eau noire), qui arrose Zwolle et se jette dans le Zuiderzée à Genemuiden, reçoit le Vecht, la Regge, l'Aa et la Rest. — La Linde et le Kuinder arrosent la Fri et se jettent dans le Zuiderzée. — Le Lauwers arrose la Frise et se jette dans Île Lauwerzée. — La Hunse passe à Groningue, s'appelle ensuite Ryd-Diep et se termine aussi dans le Lauwerzée. — La Fievel, qui s'appelle dans sa partie inférieure Damster-Diep, a son embouchure dans le Dollart.
Presque partout, sur ce terrain plat et bas,
les fleuves sont au-dessus du niveau du sol au moment des crues, et inonderaient le pays, si on ne les avait endigués ; aussi la Meuse (depuis Ravenstein jusqu'à la mer) et toutes sos branches, le Wahal, le Rhin (depuis Millingen), le Leck, le Vieux-Rhin (depuis Utrecht) et tous les bras de l’Escaut{, coulent entre deux digues. Mais, souvent à l’époque des crues et des débacles, les digues sont brisées, et d'effroyables désastres sont la conséquence de ces inondations tombant d'en haut sur les cam.
pagnes. Les inondations de 1809, 1820, 1855et 1861 ont laissé de cruels souvenirs ; en effet, à la ruine des campagnes et à la misère, succèdent les maladies, la famine et une mortalité considérable, si bien qu'il faut plusieurs années pour faire disparaître les suites du ravage des eaux.
Menacés par la mer et par les fleuves, obligés de lutter sans relâche contre l’eau, les Pays-Bas ont une administration toute spéciale, chargée de l'entretien et de la construction des digues, des écluses et des canaux de désséchement ; c’est la Waterstaat, dont les ingénieurs se recrutent à l’école du génie hydraulique de Delft.
Canaux. Les canaux des Pays-Bas sont nombreux, larges et profonds, bordés d’allées de tilleuls et endigués. Comme les rivières, «ils coulent pour ainsi dire suspendus sur la tête des habitants; » en effet, le sol étant trés-bas, il faut que les canaux soient plus élévés que le sol pour pouvoir finalement jeter leurs eaux à la mer. Les canaux servent aux transports du commerce, aux voyageurs, au transport de la tourbe et au desséchement du sol, sans cesse inondé par les pluies et les filtrations. D'innombrables moulins à vent aspirent l'eau et la font monter dans les canaux, d'où elle s'écoule ensuite à la mer.
Les principaux canaux sont : le canal du Nord, qui commence à Buiksloot, village situé en face d'Amsterdam, et finit à Nieuw-Diep ; il a 80 kilomètres de long et 7 mêtres de prolondeur ; il est navigable aux plus grands bâtiments de commerce et à de grands bâtiments de guerre, Il évite aux vaisseaux qui se rendent à Amsterdam la navigation difficile du Zuiderzée et le banc de sable du Pampus qui, situé devant Amsterdam, forçait les navires à se décharger d'une partie de leur cargaison. À Buiksloot, l'entrée du canal est à 3,25 audessous du niveau moyen de la mer et est dé-
oo
4 De toutes les rivières que nous avons nommées plus haut, il n'y « que le Rhin-courbé, le Vecht et i'Yssel qui ne soient pas endigués,
fendue pa du Nord n° riorité con levée depu Ja navigatio halage do tage. — Ld canal se p Nieuwersli Le canal de al'Amstel, d entre Rotte Rotterdam Harlem.
au Zwarteau Dollart Groningue Groningue se détacheï lomètres ; Lauwerzée à Delfzyl; q de la Dre l'Yssel par de Bois-leneuse à G s'embrancl Lacs el Bies-bosch Meuse, dar a été form Dies-bosch basse, une de l'herbe Peel, entre le Limbou l'Ouest de et de Gron l'Opwcerd Meer, leZ Le plus lande, la ?
forme au sombre, « 1506, la :
3,000 he la mer rent sans perticie a dessécher commenc tourée di de dériva Katwyk, kilomètre furent je par la ve
iveau du sol aient le pays, la Meuse (deet toutes ses is Millingen), recht) et tous tre deux diles crues et sées, et d'efuence de ces sur les cam.
820, 1855et s ; en effet, à ère, succène mortalité lusieurs anttes du ra-
leuves, oblie l’eau, les n toute spéla construc- 'S Canaux de , dont les innie hydrau-
is sont noms d’allées de vières, «ils sur Ja tête nt très-bas, s élévés que leurs eaux transports ransport de sol, sans filtrations.
pirent l'eau , d'où elle
e canal du jillage situé w-Dicp ; il de profonrands bâtibâtiments se rendent du Zuiders qui, situé es à se dé- Maaison. À 3,95 au-
et est dé
ùs nommées le Vecht et
fendue par de gigantesques écluses. Le canal du Nord n’a pas rendu à Amsterdam la supériorité commerciale que Rotterdam lui a enlevée depuis longtemps ; la lenteur obligée de la navigation sur son parcours et les frais de halage donnent à Rotterdam un grand avantage. — Le Zederik, de Gorcum à Vianen ; ce canal se prolonge sur Utrecht. —- Le canal de Nieuwersluis, entre Utrecht et Amsterdam. — Le canal de Gouda, de Gouda, sur le Petit-Yssel, al'Amstel, établit unie première communication entre Rotterdam et Amsterdam. — Le canal de Rotterdam à Amsterdam, par Delft, Leyde et Harlem. — Le Willems-Waart joint l'Yssel au Zwarte-Water. — Le canal du Zuiderxée au Dollart, composé du canal de Harlingen à Groningue et du canal de Winschofen, allant de Groningue au Dollart. Deux embranchements se détachent de cette grande ligne de 76 kilomètres ; le Doklk:emer-Diep, de Dokkum au Lauwerzée, et le Damster-Diep, de Groningue à Delfzyl; c’est la Fievel canalisée. — Le canal de la Drenthe, allant de Groningue joindre l'Yssel par Meppel. — Le Zuid-Willems-Waart, de Bois-le-Duc à Maëstricht. — Le canal de Terneuse à Gand et le Moerbeeksch-Waart, qui s'embranche sur le canal précédentet va à Hulst.
Lacs et marais. Les principaux sont : le Bies-bosch (bois de joncs), traversé par la Meuse, dans la province de Sud-Hollande ; il a été formé par une inondation en 1421. Le Bies-bosch est peu profond, et à chaque marée basse, une grande partie est à sec; il y croit de l'herbe que l'on fauche; — le marais de Peel, entre l’Aa et la Meuse, dans le Brabant et le Limbourg; — le marais de Bourtange, à l'Ouest de l'Ems, dans les provinces de Drenthe et de Groningue; — les petits lacs de la Frise : l'Opwcerder-Meer, le Leckster-Meer, le Hoeks- Meer, le Zuidlaarder-Meer, le Shild-Meer, etc.
Le plus grand de tous les lacs de la Hollande, la mer de Harlem, a été desséché et forme aujourd'hui « une prairie veloutée, sombre, et s'étendant à perte de vue. » En 1506, la mer de Harlem n'avait encore que 3,000 hectares environ; les invudations de la mer du Nord et les filtratious agrandirent sans cesse la mer de Harlem, et sa superficie atteignit jusqu'à 18,000 hectares. Le desséchement de ce lac, ordonné en 1838, fut commencé en 1840 ; la mer de Harlem fut entourée d'une digue de 50 kilomètres; un canal de dérivation, chargé de conduire les eaux à Katwyk, fut construit sur une étendue de 9 kilomètres, et ? milliard de mètres eubes d'eau furent jetés à la mer du Nord. En 1855, l'Etat, par la vente des terres, rentrait dans les frais
de l'opération, qui s'étaient élevés à environ 20 millions de francs.
$ 5. Climat. — Le climat des Pays-Bas est froid et humide. L'air chargé de vapeurs rendrait le pays trés-malsain, sans la fréquence et la violence des vents du N. et de N.-E., qui purifient l'atmosphère. Les neiges sont abondantes en hiver, et le canal du Nord reste gelé rois mois ; souvent le Zuiderzée est glacé. La température moyenne est de + 8°,3 C. Les températures extrèraes sont — 28° et + 38°,8.
8 6. Productions minérales. — La geest, ou sable quartzeux qui constitue le sol des Pays-Bas, ne contient d’autres richesses minérales que quelques dépôts d'argile et de la tourbe. La tourbe (turf) abonde dans toutes les provinces, mais surtout dans la Drenthe, la Frise, Groningue, Over-Yssel et dans la Nord-Hollande, entre Rotterdam et le Helder. On fait une énorme consommation de tourbe dans les Pays-Bas ; on l’évaluait en 1852 à 34 millions de tonnes. Les tourbières épuisées deviennent des lacs ; mais on les dessèche et on les transforme en prairies ou en terres arables.
Le sol de la Batavie était autrefois couvert de forèts de pins et de marais. Les forèts ont été détruites, et leurs arbres ont disparu dans le fond des tourbières, où l’on retrouve avec les restes de cette végétation primitive les débris d’une faune, détruite actuellement (castors, daims), et d'une ancienne race d'hommes, qui a également disparu.
8 7. Productions végétales, bétail, géographie agricole. — La culture dominante dans les Pays-Bas est la culture herbagère; on y compte 1,550,000 hectares d'herbages, qui se trouvent surtout dans la Sud-Hollande, :a Nord-Hollande, le Brabant, la Gueldre, la Frise et la province de Groningue, et qui nourrissent 1,250,000 bêtes à cornes, dont 900,000 vaches, 250,000 chevaux et 800,000 moutons.
Les bôtes à cornes appartiennent aux deux races hollandaise et frisonne , excellentes laitières !. La Hollande, la Gueldre et le Brabant emploient le lait à la fabrication du fromage, qui est une des principales sources de la richesse des Lays-Bas, et dont on exporte près de 30 millions de kilogrammes x an dans le monde entier. La Frise etGroningue emploient leur lait à faire du beurre excellent, qui s’exporte en presque totalité en Angleterre. Les
‘I n'est pas rare de voir dans le Brabant, où sont les plus beaux types de la race hollandaise, des vaches qui donnent par jour de0 à 55 litres de lait,
Pays-Bas vendent braucoup de vaches à la Belgique et à la France, et de bétail à l'Angleterre. — Les chevaux, comme les bêtes à cornes, forment deux races , la hollandaise et ia frisonne ; toutes les deux fournissent des chevaux de gros trait et de cavalerie, mais le cheval frison !, à robe noire, est bien meilleur que le hollandais. — Les moutons appartiennent à quatre races : la race des bruyéres (Drenthe, Gueldre, Utrecht et Over-Yssel) ; la race de la Campine (Brabant, Limbourg et Zélande) ; la race frisonne (Frise et Groningue), de trèsgrande taille et très-bünne laitière, qui fournit d'abondantes toisons et dont le lait est employé à faire du fromage ; la race du Texel (Hollande), également de grande taille et fournissant beaucoup de laine grosse et longue. On experte beaucoup de moutons de race Texel en Angleterre pour la boucherie.
La région des ‘ultures se compose de toute la Zélande et es Îles de la Sui-Hicltande?, qui forment la meilleurs partis <: Pays-Bas, de l’ancienne mer de Harlem, ‘la part » sep tentrionale de la Frise et de la provaiw re Groningue, l'une des régions de cf 1e perfectionnée les plus belies de l'Eurepe*, et des terres contprises entre: le Wahal, is Meuse, le Leck et le Vicx-Rhin, Les cultures occupent 700,000 hectares de terres alluviales d'une grande fécondité. Les îles de la Zélande, composées des plus riches alluvions, ont été conquises tout entières sur la mer, polder par polier. Très-basses et humides, ces terres soni iraisaines ; les fièvres paludéennes y sévissent chaque été et étiolent les populations qui vivent sur ce sol fécond.
La céréalc !2 plus cultivée est le seigle, qui sert à faire du pain et surtout de l’eau-de-vie ;
‘ Les meilleurs chevaux de race frisonne sont ceux de l'île Ameland,
* C’est dans la Sud-Hollande, que se trouve, à 8 kilométres au Sud de la Haye, le Westland, région de culture maraîchère très-développée. Le Westland a de 50 à 60 kilomètres de circonférence et est entouré de digues; les principaux villages qu'il renferme sont Wateringen, Poelwyck, Monster et Loosduine, dont la vopulation tout entière est composée de jardiniers. Le Westland produit des légumes, des fruits et des primeurs pour la Haye et les autres grandes villes dela Hollande,
% La mer de äiarlem repporte aujourd'hui un revenu de # millions de fr.; elle est couverte d'herbages et de cultures agricoles,
4 Surtout dans les polders du Dollart, Cette région produit en abondance du millet, du blé, de l'orge, des féveroles, des pommes de terre, de la chicoi du lin, du colza, du trèfle, desfruits, du beurre et fromages ; les chevaux ct les moutons y sont : breux,
viennent ensuite le blé, le sarrasin, l'orge! l'avoine ; les cultures produisent aussi des pommes de terre, des féveroles, des légumes, des pois zélandais, des betteraves, des navets pour le bétail, du colza, du lin, du chanvre, de la chicorée, du tabac (Amersfort , Hocrn, Arnheim), de la garance (Zélande), di teèfie, et des fruits (vallées du Rhin, de ix Meuse, du Wahal et îles de la Zélande «1 de la Sud.
Hollande).
Les Pays-Bas contiennent 800,008 hectares de bruyères, de tourbières, de marais et €.
dunes, dont on défriche tous les ans des éten. dues assez considérables. Les proviues qui contiennent lé plus de ces terres inculies, sont le Brubant, la Gusidre, la Drenthe et Over- Yssel, qui en renferment les trois quarts.
Les Pays-Bas, autrefois couverts de marais et de forêts, n'ont plus aujourd'hui que 220,000 hectares de bois ; des urovinces entières sont complétement déboisées£.
$ 8. Ethnographie, races et langues.
— Les Pays-Bas sont habités par deux races :
les Hollandais, anciens Bataves, de race saxonne, et les Frisons, d'origine scandinave ou germanique. Cette dernière population, remarquable par sa beauté et sa vigueur, habitela Frise et Groningue, et la Frise orientale dans le Hanovre. Les Hollandais peuplent le reste des Pays-Bas, excepté l’ancienne Flandre hollandaise (Zélande méridionale), peuplée de Flamands, et le Limbourg et le Luxembourg, pays allemands. — Les langues parlées dans les Pays-Bas sont le hollandais (nederduitsch), le frison (Voy. p. 71), le flamand et l’allemana,
$ 9. Gsographie historique. -- Les Pays-Bas, habités par les Batavis et les Frisii, firent partie de la Gaule ; au dixième siècle, ils étaient compris dansleduchédeFrise, qui contenait le comté de Hollande, l'évêché d'Utrecht, la Gueldre et la Zélande. Toutes ces provinces devinrent la propriété des ducs de Bourgogne et passérent ensuite à Charles- Quint, qui les réunit à l'Espagne. En 1579, la Hollande et la Zélande secouérent le joug de l'Espagne et tormèrent la république des Sept-Provinces-Unies, dont l'indépendance fut reconnue par la paix de Westphalie, en 1648,
La république des Sept-Provinces-Unies se composait des provinces de Hoïlande, 7‘ande, Utrecht, Gueldre, Frise, Over-Yssel et oin-
gue, qui avait la Drenthe sous sa dé: ‘ce, 3 L'orge perlé est l'objet d'une grand: tation et d'un commerce considérable 0. :< ? ,s-Bas.
3 Groningue et Drenthe.
5 Dont le nom se conserve ence:
taw ou Betuwe,
sua celui de Bé-
Les Provil qui les 8 pays qu ol et qui le en 1648 et hollandais tricht, le Venlo et St
La rép dura jusq par les arn jut tra