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formée de falaises arides, tandis que le rivage asiatique est moins escarpé et souvent sablon-
. neux. Le courant, qui va du Nord au Sud, est très-rapide et rend la navigation difficile. La profondeur ordinaire est de 50 à 60 mètres.
L'entrée des Dardanelles est défendue par deux forts qu’on appelle les châteaux des Dardanellest. Sur la rive européenne du détroit, c'est-à-dire sur la côte de la chersonèse de Thrace, on remarque : Ak-Bachi-Liman, petite baie où était Sestos, le Kara-Ovasou, petit cours d’eau, dont le nom grec, Ægos Potamos, rappelle la grande défaite des Athéniens en 405 av. J.-C. , et la ville de Gallipoli. — Sur la rive asiatique, on doit citer Kepos-Bouroun, village situé sur les ruines de l’ancienne ville de Dardanus, qui a donné son nom au canal, et dans laquelle Mithridate et Sylla signérent un traité de paix , Kaleh-Sultanieh , la pointe de Nagara (Abydos) et Lampsaki (Lampsaque).
Le détroit des Dardanelles serait infranchissable s’il était défendu par de bounes fortificaliuns. De nombreuses batteries et quelques furts ou châteaux s'élèvent sur les deux rives du canal et croisent leurs feux sur piusieurs points; mais la plupart de ces fortifications sont à moitié ruinées, et leur armement ne se compose le plus ordinairement que de vieux canons, d’un calibre énorme, il est vrai, mais sans affüts et ne lançant que des boulets de pierre. Aussi lex Russes, en 1770, les Anglais, en 1807, et les Grecs, en 1893, ont-ils forcé sans grand péril le passage du détroit ?. IL est de droit public actuellement, en vertu du traité des Détroits, signé à Londres le 13 juillet 1841, que les Dardanelles sont fermées à tous les bâtiments de guerre européens.
L'Archipel®, la mer Égée des Anciens, forme, sur le littoral de la Turquie, le golfe de Saros, qui baigne la côte occidentale de la presqu'île de Gallipoli ou chersonèse de Thrace, longue de 50 kilom., et large de 8 à 16 ; la Chersonèse forme, comme on vient de le dire, le détroit des Dardanelles. Au delà du golfe de Saros, on trouve le golfe d'Orfano et la Chalcidique, presqu'ile qui se termine au Sud par trois presqu'iles longues et étroites, qui sont : la presqu'île du mont Athos, la presqu’ile
* Le château d'Europe porte le nom turk de Kelidul-Bahar (la clef de la mer); le château d'Asie s'appelle Boghas-Hissar.
* Sur la Géographie mililaire des Durdanelles, Voy. la Revue Lritunnique de 1840.
3 Enturk Ak-denisi, mer Blanche. — Le nom d'Archipel vient du grec Argion pelagos, mer Blanche, ou Archi pelagos, mer principale,
à 6. La rive européenne des Dardanelles est
Longos et la presqu'ile Cassandra. La presqu'ile du mont Athos (en grec Hagion Oros, la sainte montagne; en turk Aüneros) a 40 kilom. de long sur 6 de large; elle est montueuse et renferme de célèbres rouvents. Elle est jointe à la Chalcidique par un isthme, plat et bas, large de 2 kilom. et qui porte le nom de plaine de Pravlica. On y voit encore les traces du canal de Xerxès, quoiqu'il ait été comblé depuis longtemps par les sables; il avait environ 2,000 mètres, sur 40 de largeur, La montagne Sainte se termine au Sud par le mont Athos (Acte des Anciens), haute montagne de 2,000 m., qui forme un cap encore redouté des marins de l’Archipel.
A l'Ouest de la Chalcidique est le golfe de Salonique. Au delà, la côte, qui descend au Sud, est élevée, escarpée et rocheuse. Sous le trente-neuvième parallèle, on trouve le canal de Trikhèri, entre la Thessalie et l'Eubée, par lequel on entre dans le golfe de Volo, qui baigne la Thessalie. Le canal de Trikhéri se continue, entre la Phthiotide et l'Eubée, sous le nom de canal d'Oréos ou d'Oréi, et forme sur la côte de Grèce le golfe de Lamia ou de Zeïtoun.
La grande ile appelée Eubée, Egripo ou Négrepont, est séparée de la Grèce, au Nord, par le canal d'Oréos que l’on vient d'indiquer, et à l'Ouest, par un long détroit qui porte les noms de canal de Talanti, au Nord de Chalcis, d'Euripe à Chalcis, et de canal d’Egripos, au Sud de Chalcis. Au Sud-Es!, l’Eubée est séparée de l'ile d'Andro par le canal d'Oro. On observe dans l'Euripe, pendant les nouvelles lunes, un singulier phénomène de flux et de reflux ; le courant se dirige alternativement du Nord au Sud, puis du Sud au Nord, et change ainsi de direction quatorze fois dans les vingt-quatre heures. L'Euripe est si peu large!, qu'on y à établi, en 1858, un pont tournant en fer, qui réunit l'Eubée à la Grèce; en mème temps le lit du canal a été creusé et est actuellement profond de 6 mètres et demi. ,
En suivant le littoral de la Grèce continentai: jusqu’au Sud de l'Attique, on arrive au cap Colonnes (Sunium), peu élevé et surmonté
de quelques colonnes, qui sont les seuls restes .
du fameux temple du cap Sunium. En doublant ce cap on entre dans le golfe d'Athènes, dans lequel se trouvent les deux iles de Colouri (Salamine) et d'Égine. Colouri est rocheuse et aride, et se trouve au fond du golfe, près du rivage de l'Attique, dont elle est séparée par un détroit de 1,800 m. C’est à la
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pointe Cynosure, extrémité orientale de Salamine et au Nord de la petite île Psytalie, que s'est livrée, dans le détroit, la célèbre bataille dans laquelle la flotte des Perses fut anéantie en 480 av. J.-C. — Égine est une île montueuse, trachytique et péu importante actuellement
Au golfe d’Athèries commence la Morée (Péloponèse des Anciens), presqu'ile réunie à la Grèce par l’isthme de Corinthe, compris entre les solfes d'Athènes, au Sud, et de Lépante, au Nord. L’isthme deCorinthe n’a que 6 kilom. de largeur; c’est un pays rocheux et stérile,, dont la plus grande élévation au-dessus du niveau de la mer n’est que de 78 mètres.
La Morée ! est une presqu'île montueuse et dont le rivage, découpé par de nombreux golfes, est élevé et rocheux presque partout, excepté sur les côtes pccidentales.On rernarque d'abord lg presqu'ile de l’Argolide, comprise entre le golfe d’Athènes, au Nord-Est, et le golfe de Nauplie, au Sud-Ouest, et sur les côtes de laquelle sont situées : la petite presqu’ile volcanique de Methana, l'île trachytique de Poros et les îles d’Hydra et de Spetzia. Puis on entre dans le golle de Nauplie ou d’Argos, au fond duquel est l'importante ville de Nauplie. À partir de cette ville, la côte, tonjours élevée, abrupte et découpée par une infinité de petites échancrures, descend presque en ligne droite jusqu'au cap Malia ou Malée; c’est là que finit l’Archipel; au delà, la Morée est baignée par la Méditerranée.
Entre le cap Malia, qui termine la presqu'ile de Laccnie, et le cap Matapan (Ténare), qui termine la presqu'île du Magne, s'ouvre le golfe de Marathonisi, au Sud duquel est l’île de Cérigo (Cythère), dont le pourtour est formé de roches arides et stériles. Le cap Matapan, composé d’une masse de rochers noirs, déchiquetés et d'un aspect sombre, domine une mer orageuse et toujours redoutée. Au delà du cap Matapan on trouve le golfe de Coron, compris entre le cap Matapan et le cap Gallo, puis on entre dans la mer lonienne, qui baigne les côtes occidentales de la Morée et de la Grèce, et celles de la Turquie jusqu’au 40° parallèle.
Après le cap Gallo, la côte de la Morée se dirige au Nord; elle ect généralement basse, sablonneuse, bordée de lagunes et malsaine.
Entre Arkadia et le cap Katakolo, on remarque le golfe d'Arkadia ; puis, au Nord-Ouest de la Morée, au cap Kalogria, commence le golfe de Patras, qui se continue, à l'Est, sous le nom
! Moréë, du slave moré, mer, pays maritime, — où dé murns, marier, pays des müriers.
de golfe de Lépante, en baignant, au Sud, le rivage septentrional de la Morée, à l'Est, l'isthme de Corinthe, et au Nord le rivage de la Grèce continentale, Le golfe de Patras, sur lequel est l'importante ville de Patras, se rétrécit à l'Est de cette ville et forme un canal étroit et resserré par deux langues de sable, qui s’appelle le détroit de Lépante et arrose la ville de ce nom ; au delà du détroit de Lépante, on entre dans le golfe de Corinthe. Trés-accidentés dans tout leur parcours, les golfes de Patras et de Corinthe, dont les eaux bleues et calmes sont si belles, forment de nombreuses baies, dont les principales sont : la baie de Corinthe, à l'Est, la baie de Salona ( Crissa ), au Nord, et le golfe marécageux de Procopanisto, à l'Ouest, sur lequel est Missolonghi. Au Nord-Ouest de l'entrée du golfe de Patras et en face de l'embouchure de l’Aspropotamo, on remarque les îles Courzolaires ou Curzolari (Echinades), entre lesquélles et la côte de la Grèce fut livrée, en 1571, la bataille dite de Lépante. Plus au Nord est le golfe d’Arta, qui communique avec la mer lonienne par un détroit resserré, sur lequel est Prévéza, au Nord, et Azio (Actium), au Sud. Au golfe de l’Arta finit le territoire grec. Depuis Prévéza jusqu'a Antivari, le littoral de la péninsule gréco-slave est celui d’une grande province turque, l'Albanie. Les côtes de l'Albanie sont rocheuses et escarpées jusqu'au cap Glossa ou Linguetta, situé à l'extrémité d’une petite presqu'ile qui abrite le golfe d’Avlone. Le cap Glossa est sur le canal d'Otrante, qui réunit la mer lonienne et la mer Adriatique. Au Nord du cap Glossa, le littoral albanais est bas et formé par des plages marécageuses. — Au delà d'Antivari, et jusqu'au golfe de Fiume, le littoral de la péninsulé gréco-slave appartient à l'Autriche, qui possède la province de Dalmatie.
De nombreuses iles font partie de la région grécc-slave. Dans l’Archipel, i y a : au Nord-Est, Thaso, Samothraki, Imvro, Limno ou Stalimène, à la Turquie ; — à l'Ouest, Skopelo, Chilidromi, Skiatho, Négrepont, à la Grèce; —au Sud, les Cyclades, îles montueuses et le plus souvent nues et stériles, appartenant à la Grèce, à l'exception de Stampalie, au Sud-Est du groupe, qui est aux Turks. Habitées par un peuple de marins énergiques et pauvres, ces Îles ont été de tout temps le siége d'une piraterie. redoutable; une sévère surveillance, exercée depuis quelques années par les bâtiments à vapeur des grandes puissances commerciales, a mis un terme à la piraterie dans l’Archipel.
Au Sud des Cyclades, et séparées d'elles par
la mer de Candie, est la grande île de Candie ou de Crète, située entre 35° et 35° 1/2 de lat. Les Anciens l’appelaient la maîtresse des mers, et elle justifie encore ce titre, car elle domine la navigation de la Grèce, de l’Asie-Mineure, de la Syrie et de l'Égypte !. Enfin, au Sud-Ouest de la péninsule, on trouve les îles loniennes, qui sont : Cérigo, au Sud de la Morée; Zante, Céphalonie, Théaki, Sainte-Maure, à l'Ouest de la Grèce, entre le cap Katakolo et le golfe d’Arta ; Paxo et Corfou, à l'Ouest de l’Albanie méridionale.
$3. ©rographie. — La péninsule grécoslave est une haute terre très-accidentée, présentant partout des chaînes de montagnes ou des plateaux, et s’abaissant sur les diverses mers qui la baignent par des terrasses aussi accidentées que les parties supérieures du pays.
La partie centrale de cette haute terre forme un plateau, moyennement élevé de 700 à 1,000 m. et qui comprend la Bosnie méridiouale ou Rascie, la Serbie méridionale, la Serbie turque, le Nord-Ouest de la Thrace, la Macédoine septentrionale et la partie orientale de la Haute Albanie, du Montenegro et de l’Herzégovine. Toute cette contrée est entièrement composée de hauts plateaux, généralement couverts de vastes forèts, dans lesquelles abondent les bêtes sauvages (ours, loups, sangliers); elle est aussi sillonnée par des crêtes et coupée de ravins, de crevasses et de gorges profondes, au fond desquelles coulent des rivières, qui presque toujours se perdent dans des gouffres (ponor). Les crêtes qui accidentent le plateau ont généralement de 4,200 à 1,500 mètres ; il y a cependant quelques sommets . beaucoup plus élevés ; les principaux sont : le inont Kom, entre le Montenegro et l’Albanie, dont les cimes ont 2,700 et 2,925 m.; le mont Schar *, entre Prisrendi en Albanie et Ouskoup en Macédoine, dont le plus haut sommet, le pic de Kobilitza, a 2,630 m.; le mont Dormitor, entre le Montenegro et la Rascie, 2,600 m.; le Rilo-Dagh, entre la Serbie turque et la Macédoine, 2,500 m.; le mont Koutch, 2,438 m.; le mont Visitor, 2,275 m.: le mont Prokletia, 2,245 m.;le mont Glieb, 2,015 m., dans la Jaute Albanie ; le Kopaonik-Planina, 1,950 m.; le Plotscha-Planina, 1,625 m.; le Slativor-Planina, 975 m., dans la Serbie méridionale, et le
1 Voy. sur la Crèteet les positions militaires de l'Archipel, les Souvenirs du comte Marnieu Dumas, 1, 289. * Scardus des Anciens, Schar-Dagh des Turks; Schara-Planina des Slaves, — Dagh et Planina signitient montagne,
mont Vranatz, 2,145 m., dans l'Herzésovine,
Le plateau central s’abaisse par des terrasses sur le Danube et la Save au Nord, sur la Thrace et la Bulgarie à l'Est, sur la Macé doine et l’Albanie au Sud, et sur l’Adriatique à l'Ouest. La terrasse septentrionale comprend la Bosnie et la Serbie septentrionales; la terrasse orientale comprend la Thrace occidentale ; la terrasse méridionale comprend la Macédoine méridionale et l'Albanie septentrionale; la terrasse occidentale comprend le Montenegro occidental, l’Herzégovine occidentale et la Dal. matie.
Ces chaines, ces hauts plateaux et ces terrasses, déterminent un certain nombre de petits pays séparés les uns des autres et qui ont.de tout temps formé dec: états ou des provinces ayant une existence particulière :
encore aujourd'hui, la péninsule gréco-slave est divisée géographiquement en un grand nombre de petites régions plus où moins in.
dépendantes.
Les principales routes qui traversent le plateau central de la Péninsule sont : la route de Novi-Bazar à Ouskoup, par Pristina ; la route de Scutari à Ouskoup, par Prisrendi et le col du mont Schar (2,073 m.) ; la route de Durazzo à Monastir, par Elbassan et Okhrida; la route de Durazzo à Kastoria, par Elbassan.
Du revers septentrional de ce plateau central se détachent un grand nombre de chaînons (planina), qui traversent en tous sens la Bosnie et la Serbie septentrionales pour finir sur la Save et le Danube. Il se détache aussi du plateau central quatre grandes chaînes qui ne s'y relient cependant que par des plateaux et des chainons isolés et séparés ‘ :8 des autres par de grandes cavités. Ce: e grandes chaînes sont : au Nord-Ouest, ies Alpes Dinariques ou Illyriennes; à l'Est, les Balkans et le Despoto-Dagh ; au Sud, les Alpes Helléniques.
Les Alpes Dinariques ou Illyriennes se relient au plateau de la Carniole (Voy. p. 42) et se composent d'une suite de chaines et de terrasses parallèles, larges, élevées, âpres et difficiles, qui couvrent la Croatie turque, l'extrémité nord de l'Herzégovine et la Dalmatie, Leur hauteur moyenne est de 1,000 à 1,600 mètres; le point culminant est le mont Dinara (1,841 m.), à l'Est de la ville dalmate de Knin. Les principales routes qui traversent les Alpes Dinariques sont celles : de Raguse à Fotcha; de Raguse à Séraïévo, par Opus et Mostar; d'Alnissa à Livno ; de Spalatro à Travnik, par Sign et Livno ; c'est la plus fréquentée ; enfitt celle de Zara à Travnik, par Knin.
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Les Balkans {mont Hæmus des Anciens) commencent à l'Est de Sophia; ils portent d'abord le nom de Vieux-Balkan‘, et leur hauteur est de 1,600 à 1,700 m. Les Balkans sont formés de chaînons parallèles et séparés par des vallées longitudinales; ils se dirigent de l'Ouest à l'Est et diminuent de hauteur à mesure qu'ils approchent de la mer Noire, de sorte que l'extrémité orientale de la chaîne (l'Emineh-Dagh®) n'a plusque 800 m. Les Balkans ont une longueur de 200 kilom., sur une largeur de 60 à 80 kilom., à l'Ouest, et de 30 à 40, à l'Est. Ils sont partout couverts de pâtu-, rages alpestres, sur les sommets, et de forêts de chènes et de hèêtres, sur les flancs. Ce sont des montagnes ardues et coupées de ravins et de délilés étroits et profonds. Leur versant méridional est abrupt, tandis que le versant septentrional s'abaisse sur le Danube en terrasses successives.
Le principal contre-fort des Balkans est une longue chaîne qui se détache au Chatal -Dagh, à l'Est de Slivno, se dirige au Sud. en lougeant la mer Noire, et va finir sur le Bosphore. Ce contre-fort a 1,000 mètres au Nord, et seulement 200 m. à son extrémité méridionale. Sur leur versant septentrional, les Balkans ont pour contre-fort le Koutschouk-Balkan (le Petit-Balkan), qui commence au Nord deSlivno, se dirige au Nord-Est et va finir au Sud de Choumila.
La chaine des Balkans a une grande importance militaire ; parallèle au Danube, quicouvre toute lafrontière septentrionale de la Turquie, elle forme une seconde et excellente ligne de défense. Sept routes traversent les Balkans et conduisent du Danube à Constantinople. La première route va de Belgrade à Philippopoli, par Nisch, Sophia, Itchiman ct le défilé de la lorte de Trajan (Kapoulou-Derbend), passage diflicile et élevé de 730 m. Cette route suit une ancienne voie romaine et tourne les Balkans, à l'Ouest. De Nisch et de Sophia, deux mauvais chemins, au milieu de pays montueux et âpres, conduisent à Widdin, sur le Danube. — La seconde route va de Nicopoli à Tator- Bazardjyk, par Lovatz; elle est mauvaise et peu fréquentée. — La troisième part de Sistova et arrive à Tirnova, où elle se bifurque. Une branche va à Késanlyk, en traversant des gorges profondes, dans une partie très-élevée et très-âpre des Balkans. L'autre branche aboutit
* En turk : Kodja-Balkan ; en slave : Veliki-Balkan.
? Montagnes qui protégent ; en effet l'Emineh-Dagh couvre et défend les routes qui conduisent du bas Danube à Constantinople.
PÉNINSULE GRÉCO-SLAVE. d61
à Slivno et passe par le Demir-Kapou (975 im.). — La quatrième va de Roustschouk à Rasgrad, où elle se bifurque. Une branche se dirige sur Eski-Stamboul; l’autre passe par Choumla, Dobrad et Karnabad ; elle est très-fréquentée. —La cinquième route part à Silistrie et aboutit à Choumla. — La sixième va d'Ismaïl à Aïdos, en passant par Pravadi et le défilé de Nadir-Derbend. — La septiéme est un chemin littoral qui va de Varna à Andrinople, par Bourgas. Toutes ces routes sont mal tracées, non entretenues et traversent 60 ou 80 kilom. de pays raviné, boisé, sans villes ni villages, sans ressources d'aucune espèce, sans habitants, et souvent ravagé par les plus terribles ouragans. Les places de Tirnova, Osman-Bazar, Choumla, Pravadi et Varna défendent les passages des Balkans, surtout Choumla, qui est la plus forte. Mais les Balkans peuvent être tournés : à l'Ouest, par Widdin, Sophia et Philippopoli; et à l'Est, par le chemin littoral &e Varna à Bourgas, suivi par les Russes en 1898.
Le Despoto-Dagh ! où Rhodope se détache du plateau central au massif du Rilo-Dagh.
C'est une chaine large (50 kilom.), formée de plusieurs reliefs parallèles, se dirigeant du Nord-Ouest au Sud-Est, séparant la vallée de la Maritza de celle du Karasou, et finissant sur : la Maritza inférieure au Sud de Démotica. Le Despoto-Dagh est couvert de forèts ou de pâturages; il a 2,200 m. à sa naissance. Un de ses contre-{orts, le Perin-Dagh, entre le Karasou et le Strouma, a 4,900 mètres.
Les Alpes Helléniques se détachent du plaeau central au Sud du lac d'Okhrida et à l'Ouest du lac de Kastoria ; elles se dirigent du Nord au Sud, entre l’Albanie, à l'Ouest, et la Macédoine et la Thessalie, à l'Est. Elles portent le nom de mont Grammo, au Nord, entre la Vistritza et la Voïoutza, de mont Zygo*?
(2,000 m.), au Sud de Metzovo, et enfin elles s'appellent la chaîne du Pinde, entre la Thessalie et l'Épire. Après être entrée en Grèce, la chaîne du Pinde se partage en deux branches au mont Véloukhi (mont Tymphreste des Anciens). Toutes ces montagnes sont couvertes, sur les hauts plateaux, de pâturages alpestres excellents, où vivent de nombreux troupeaux de chèvres et de moutons. Les routes qui traversent les Alpes Helléniques sont celles de Tricala à Metzovo, par le mont Zygo, et de Tricala à Arta, par les gorges d’Agrapha (1,600 mètres).
! Montagnes des Prètres, à cause des nombreux couvents qui s'y trouvent.
# C'est le mont Lacmon des Anciens.
Les Alpes Helléniques ont de nombreux contre-forts qui couvrent la Basse-Albanie et l'Épire, à l'Ouest, et la Thessalie, à l'Est. Les principaux sont : 1° an chainon qui se détache du mont Zygo, porte le nom de monts Kroutchevo (1,500 m.), se dirige à l'Est, entre les bassins de la Vistritza et de ia Salamvria, et se termine sur le golfe de Salonique par le massif du mont Olympe, le Tschélé-Dagh des Turks, qui est la montagne la plus élevée de toute la péninsule et dont le plus haut sommet (Hagios- Elias) a 2,972 m.; tout le massif de l'Olympe est couvert d'énormes buis, de chênes, de chènes verts et de pins ; — 2° un chainon appelé le mont Othrys, qui commence à la source de la Hellada, se dirige aussi à l’Est, en séparant la Grèce de la Thessalie, et va finir sur le canal de Trikhéri.
Au mont Véloukhi (2,319 m.), à la source de la Hellada, la chaine du Pinde se bifurque, et ses deux branches couvrent de leurs contreforts toute la wièce septentrionale. L'une va au Sud-Ouest, traverse l'Étolie et tinit sur le golfe de Patras. L'autre va au Sud-Est, à travers la Phocide, la Béotie et l’Attique, et se termine au cap Colonnes, C'est dans cette dernière chaîne que se trouvent les sommets si connus du Parnasse (2,459 m.), de l'Hélicon (1,749 m.), du Cithéron (1,411 m.), du Pentélique ou Mendéni (1,110 m.), si important par ses beaux marbres blancs et ses ossements fossiles, de l'Hymette ou Trélo-Vouni (1,025 m.), dont les plantes aromatiques nourrissent toujours beaucoup d'abeilles, et du Laurium, qui renfermait de riches mines d'argent. Toutes ces inontagnes de l’Attique, formées de marbre, sont blanches, nues et arides, mais sont admiräbles d'aspect et de formes.
Entre le mont Véloukhi et le Parnasse, il se détache de la chaine principale un court chainon qui va finir à l'embouchure de la Hellida, ous le nom de mont Katavothra ; c'est l'ancien mont Œta, au pied duquel est le défilé des Thermopyles. L'altitude du mont Œta est de 2,152 m.— Du Cythéron se détache aussi un petit contre-fort, qui se dirige à l’Ouest, dansla Mégaride, et va finir dans la dépression qui existe sur l'isthme de Corinthe ; ce sont les montsGéraniens ou Makriplagi (1,570 m.).
-— Au mont Katavothra commence une petite chaine littorale qui va au Sud-Est, le long de l'Euripe, se rejoindre au mont Pentélique, en formant avec la chaine principale une vallée intérieure arrosée par le Céphise et lelac Copais, et dont l'altitude est seulement de 98 mètres.
Une autre chaine littorale, plus importante,
commence au Sud de l'Olympe, au mont kissavo ou Ossa (1,520 m.); elle se prolonge au Sud-Est dans la presqu'île de Magnésie, où elle forme le mont Plessidhi ou Pélion, et semble se continuer dans la chaîne qui traverse l'Eubée! pour aller finir dans les montagnes des îles Andro, Tino et Mykono.
La presqu'ile de Morée forme un massif s6paré du système du Pinde. C'est une haute terre ‘montueuse, accidentée, et dont le point culminant est au plateau d'Arcadie, qui occupe le centre de la presqu'ile et d’où sortent toutes les rivières de la Morée. C'est au Nord de ce plateau, entre l'Arcadie et l'Achaïe, que s trouvent les hauts sommets de l’Olonos ou Érymanthe (2,224 m.), du Zyria ou Cyllène (2,374 m.) et du Khelmos (2,355 m.), et les lacs Zarata ou Stymphale et Phonia.
Du plateau central de l’Arcadie se détachent quatre chaînes, hautes et abruptes, qui couvrent de leurs nombreux contre-forts toute la Morée et la partagent en plusieurs petites régions séparées les unes des autres. La pre.
mière chaine va à l'Est, traverse l’Argolide et finit au cap Skyli (Scyllée). — La seconde va au Sud-Est, traverse la Laconie, forme le mont Malevo ou Parnon (1,937 m.), puis le mont Kolokera ou Zarex, et finit au cap Malée. Le mont Zarex est habité par les Zakouniotes, qui prétendent descendre des anciens Spartiates. — La troisième chaîne va au Sud, traverse la Laconie, au Nord, et le Magne, au Sud, et se termine au cap Matapan. Cette chaine porte le nom de Taygète, dans le Magne, et son principal sominet, le mont Elias, à 2,409 m. Le Magne, ou région du Taygète, est une presqu'ile aux côtes escarpées et dont le sol est pre, raviné, sauvage, entièrement déboisé, presque désert et partout hérissé de rochers rouges, nus et arides. Les Maïnotes ont pour ancêtres les anciens Messéniens et les anciens Spartiates, qui, aidés de l’âpreté de leurs montagnes, n'ont jamais été soumis au joug des Turks.— La quatrième chaine va a Sud-Ouest, traverse la Messénie et finit au cap Gallo; on y remarque le mont. Vourkhano où mont Ithôme (802 m.).—Le plateau d’Arcatie n'envoie à l'Est, en Élide, que des chaînons peu élevés; il s’en détache, au Nord, dans l'Achaïe et la Corinthie, des contre-forts élevés de 2,275 m. et qui tombent brusquement sur le golfe de Lépante,
Quant aux Karpathes, qui couvrent une partie de la Moldo-Valaquie, qu’ils séparent et rachats
t On trouve, au centre de l'Eubée, le mont Delphi, haut de 1,745 mètres.
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de la Transylvanie, ils ont été décrits p. 10 et n'appartiennent pas à la région gréco-slave.
$ 4 Hydrographie. — On distingue trois versants dans la péninsule gréco-slave :
Le versant septentrional, tributaire de la mer Noire;
Le versant oriental, tributaire de l'Archipel ;
Le versant occidental, tributaire de la mer Jonienne et de la mer Adriatique.
Versant septentrional.
Les fleuves de ce versant sont le Danube et ieKamtschyk, qui se jettent dans la mer Noire,
Le Danube! est le fleuve principal du versant septentrional?; il entre en Turquie à Belgrade, passe à Sémendria et sépare la Serbie de la Hongrie. Au delà de Neu-Orsova, le Danube franchit les Portes de Fer, puis il sépare la Bulgarie, province turque, de la Valaquie et de la Moldavie, en coulant, jusqu'à la mer Noire, dans une plaine large, marécageuseet toujours malsaine, surtout en été; il forme de nombreuses iles, couvertes, comme ses rives, de véritables forêts de roseaux et de joncs, ou de flaques d’eau. La rive moldo-valaque est plate, tandis que la rive bulgare est partout bordée de collines pittoresques. La largeur ordinaire du lit du fleuve est de 7 à 800 m. — Les villes situées sur le Danube sont : sur la rive gauche, Giourgévo, Oltenitza et Braïla, en Valaquie; Galatz et Réni, en Moldavie ; — sur la rive droite, Gladova, en Serbie; Widdin, Ra hova, Nicopoli Sistova, Roustschouk, Tourtoukai, Silistrie, Rassova, Tchernavoda, Hirsova, Matchinet Isaktchi, en Bulgarie. À Réni, le Danube tourne à l'Est, et arrivé à quelques kilomètres au-dessous d'Isaktchi, il se partage en trois bras qui forment un delta bas, souvent inondé, marécageux, trés-malsain, couvert de joncs et désert. Actuellement tout ce delta appartient à la Turquie.
Les trois bouches du Danube sont : au Nord, le bras de Kilia, sur lequel on trouve Ismaïl et Kilia; au centre, la Sulina5 ; au Sud, le bras de Saint-George, qui passe à Toultcha. La Sulina, qui a 75 kilom. de long sur une largeur moyenne de 75 à 150 m., est le bras que suit la navigation maritime, La barre des Alghanis, qui obstruait l'embouchure de la Sulina, rendait la navigation fort dangereuse; de grands travaux ont été accomplis sur ce point depuis 1858, et les dignes construites à l'embou- RTS SRE SRE
"En slave Dounaaz en valaque Dounare; en
lurk Touna ; en hongrois Douna.
* Voy. pages 427-8 le Danube allemand, Ÿ Ou Soulina,
chure de la Sulina ont donné une profondeur de5",60 au passage accessible à la navigation, lequel, avant les travaux, n'avait pas 3 mètres. Un port a été établi à Sulina, ville d’origine toute récente et fondée à l'embouchure du fleuve.
Les bouches du Danube ahondent en poissons, suriout en esturgeons. Les pêcheries du delta du Danube sont importantes et fournissent du catiar et du poisson salé, dont il se fait une grande exportation.
Pendant tout son cours dans la Turquie, excepté à ses embouchures, le Danube forme une ligne de défense très-forte, sur laquelle, dans toutes les guerres des Turks contre l’Autriche et la Russie, il s’est accompli de nombreux événements militaires. Les trois principales places fortes qui défendent la ligne du Danube sont : Widdin, à l'Ouest, Roustschouk, au centre, et Silistrie, à l'Est.
Vers ses embouchures, le Danube, divisé en bras nombreux, devient facile à traverser ; aussi a-t-il été franchi souvent de ce côté. Déjà les Romains, pour arrêter les Barbares, avaient construit un retranchement avec fossés, dont les restes existent encore entre Tchernavoda et Kostendjeh, sous le nom de Val de Trajan.
Les affluents du Danube, dans la Turquie d'Europe, sont, à droite : la Save, la Morava, le Timok, l'Iskar, le lantra, le Lom et le Taban; — à gauche : le Schill, l’Aluta, l’Ardjisch, la Jalomitza, le Sereth et le Pruth.
La Save (voy. p. 430) forme la limite entre l'Autriche et la Turquie depuis le confluent de l'Unna jusqu’à Belgrade ; elle sépare l’Esclavonie de la Bosnie et de la Serbie, passe à Gradiska, à Schabacz et finit à Belgrade. C'est une rivière large et profonde, dont la vallée est couverte de forêts épaisses ou de vastes marécages, et qui forme une bonne ligne de défense contre l'Autriche. Les affluents de la Save sont des coursd’eau torrentiels, dont les vallées sont encaissées, accidentées, ravinées et couvertes de bois et de pâturages dans leurs parties supérieures, Les principales rivières qui se jettent dans la Save sont : l'Unna, le Verbas, la Bosna, la Drina et la Grande-Morava.
L'Unna sépare la Croatie turque de la Croatie autrichienne et passe à Bihacz et à Novi. — Le Verbas arrose la Bosnie et passe à Banialouka. — La Bosna est une grande rivière qui traverse la Bosnie et recoit, à droite, la Miliaska,
! Pendant l’année 1864, 3,450 bâtiments grecs; turks, autrichiens, anglais, italiens, russes, fran: çais, etc., sont sortis du Danube:
d64 GÉOGRAPHIE GÉNÉRALE.
qui passe à Séraïévo, et la Lachva, qui passe à Travnik. — La Drina ou Drin bosniaque descend du mont. Dormitor, passe à Fotcha, dans l’Herzégovine, et sépare la Bosnie de la Serbie en traversant Zvornik et Losnitza. Elle reçoit à droite, le Lim qui arrose la Rascie et Priépolii. La Drina a 100 m. de largeur.
La Morava (en slave Velika-Morava) est une rivière formée par la réunion de la Morava serbe (Morava serbska) ou occidentale et de la Morava bulgare (Morava boulgarska) ou orientale. La Morava serbe descend du mont Slatibor, arrose la Serbie e: reçoit l’Ibar, qui sort
du mont Schar et traverse la haute plaine de’
Cassovo. La Morava bulgare prend aussi sa source au mont Schar, arrose la Serbie turque, passe à Vrania et à Leskovatz, et reçoit la Nisava, qui passe à Nisch. La Morava traverse la Serbie; elle coule d’abord dans une vallée profonde et étroite, puis dans une vallée large et marécageuse, et se jette dans le Danube après s'être partagée en deux bras, dont l'occidental, qui porte le nom de Jésava, se jette dans le Danube à Sémendria.
Les nombreux affluents du Danube en Bulgarie descendent d2s Balkans ; ce ne sont que des torrents qui coulent dans des ravins encaissés et dont les plus importants sont : le Timok, qui sépare dans sa partie inférieure ]: Serbie et la Bulgarie; il finit au-dessus de Widdin. — L'Iskar (Escus des Anciens) prend sa source sur le haut plateau de Samakovo, passe près de Sophia et arrose la Bulgarie dans son cours inférieur. — L'lantra descend des Balkans, arrose aussi la Bulgarie et passe à Tirnoya.—Le Lom, formé du Kara-Lom (Lom noir) et del’4k-Lom (Lom blanc), est un cours d’eau torrentiel qui se jette dans le Danube à Roustschouk. — Le Taban, autre petit cours d'eau torrentiel, a son confluent à l'Est de Silistrie.
Les affluents de rive gauche du Danube arrosent la Moldo-Valaquie. Le Schill coule d'abord en Transylvanie et en sort en traversant les Karpathes par le délilé de Vulkan, puis il descend en Valaquie où il passe près de Craïova. — L'Aluta ou Olto coule d’abord en Transylvanie, comme le Schill; il sort aussi de ce haut pays par une coupure des Karpathes, longue de 40 kilom. et appelée le défilé de la Tour-Rouge. L'Aluta est une rivière large et encaissée, qui sépare la Petite de la Grande- Valaquie et finit en face de Nicopoli. — L’Ardjisch descend des Karpathes, passe à Pitechti et finit à Oltenitza; il reçoit, à gauche, la Dimbowitza sur laquelle est Bukharest. -— La Jalomilxa est une grande rivière qui descend des
Karpathes et passe à Tergowitz. — Le Sererh descend des Karpathes ; c'est une rivière large, mais dont les rives sont basses ét qui est ficile à traverser, à cause des gués nombreux qu'on y trouve; il arrose d’abord la Bukowine, puis la Moldavie et finit près de Galatz, Le Sereth reçoit la Moldava et la Milkova : ce dernier cours d’eau sépare la Valaquie de la Moldavie et passe à Fokschani. — Le Pruth descend aussi des Karpathes; il sépare d'abord la Bukowine de la Galicie, puis sert de limite entre la Moldavie et la Russie jusqu'à kKatamori, et coule ensuite dans la Moldavie jusqu'à Réni, où il se jette dans le Danube. Le Pruth passe près de Husch. Il reçoit le Bakloui, ruisseau qui arrose Jassy.
Le second cours d’eau que reçoit la mer Noire est le Kamischyk, formé par la réunion du Dély-Kamtschyk et de l'Akilly-Kamtschyk, qui descendent du Petit-Balkan et reçoivent tous les torrents sortant du Balkan oriental. C'est dans le bassin de l’Akilly-Kamtschyk qu'est situé Choumla.
Versant de l'Archipel.
Les fleuves de ce versant sont :
La Maritza (Hebrus).. .
Le Karasou (Nestus). . .
Le Strouma (Strymon). .
Le Vardar (Axius).
La Vistritza (Haliacmon), La Salamvria {Pénée). .
La Hellada (Sperchius). .
Le Potami (Cephisus). .
L'Iri (Eurotas). . . ..
Le Pamiso (Pamisus). .
en Turquie,
| en Grèce, | dans la Morée,
La Maritxa, rivière torrentielle, prend sa source sur le plateau central an point où commencent les Balkans ; elle coule d’abord au Sud-Est, en passant par Tatar-Bazardjyk, Philippopoli et Andrinople ; là, elle change de direction, va au Sud, passe par Démotica et finit à Enos. La vallée de la Maritza est généralement très-fertile, passablement cultivée et couverte de la plus riche végétation ; elle est quelquefois marécageuse. La Maritza a de nombreux affluents, dont les principaux sont, à droite : l'Arda, qui sort du Despoto-Dagh et finit à Andrinople ;— à gauche : la Toundja, qui prend sa source dans les Balkans, passe à Késanlyk, près de Slivno et finit aussi à Andrinople ; — l'Ergheneh, qui est formé par la réunion d'une infinité de petits cours d’eau sortant du grand
EEE SRE
! Enturk, Maralch.
contre-forL des et se termine Pémolica.
Le Karasou source dans le désache le Les de la Maritza ; du Nord au entre le Desp son cours inf
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La Salam mont /ygo, sant la The:
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contre-forL des Balkans qui longe la mer Noire et se termine au Bosphore ; il finit au Sud de Pémolica.
Le Karasou (eau noire) ou Mesta prend .sa source dans le plateau central au point où s'en désache le Despoto-Dagh et au Sud des sources de la Maritza ; il arrose la Macédoine et coule du Nord au Sud, dans une vallée encaissée entre le Despoto-Dagh et le Perin-Dagh. Dans son cours inférieur le Karasou tri erse une plaine fertile. Son embouchure est &:; face de l'ile de Thaso.
Le Strouma, appelé aussi le Grand-Karasou, est une grande rivière torrentielle qui prend» sa source sur le plateau central, à l'Ouest de Sophia, et traverse la Macédoine, en coulant du Nord au Sud dans une vallée rocheuse et étroite, dans laquelle on trouve Kostendil.
Dans son cours inférieur, le Strouma arrose la vaste et fertile plaine de Sérès et traverse des marais auxquels on donne le nom de lac Takhynos ; il se jette dans le golfe d'Orfano. Au printemps, le Strouma déborde et inonde la plaine de Sérès; en été, il est presque à sec et s'y traîne lentement. Ses affluents principaux sont : à droite, la Séroumnilxa, et à gauche, l'Angista, dans la vallée de laquelle on trouve Drama.
Le Vardar est encore une rivière torrentielle, qui descend du mont Schar, traverse la Macédoine en coulant du Nord au Sud et se jette dans le golfe de Salonique. Le Vardar passe à Ouskoup. Dans son cours supérieur, il traverse une région montueuse; mais dans la partie inférieure de son bassin, il n'y a guère que des marais. Son affluent principal est, à droite, le Koutschouk-Karasou, qui passe près de Bitolia. ù
La Vistritxa ou Indjeh-Karasou descend du mont Grammo, coule de l'Ouest à l'Est, dans la Macédoine, passe près de Verria et au pied de l'Olympe, et se jette dans le golfe de Salonique. La Vistritza reçoit à gauche un petit cours d’eau, qui lui amène les eaux du lac de Kastoria, ancien cratère élevé de 625 métres.
La Salamvria ou Pénée prend sa source au mont Zygo, coule de l'Ouest à l'Est en traversant la Thessalie et en passant par Tricala et Larisse. Toute la vallée de la Salamvria est extrêmement fertile et produit en abondance le coton, le vin, l'huile, les fruits et le blé. Près de la mer, la Salamvria coule dans la vallée de Tempé, formée, au Nord, par le bas Olympe (mont Octolophos), et au Sud, par l'Ossa (mont Kissavo) ; une splendide végétation, où dominent les platanes, les lauriers-
roses et les agnus-castus, augmente la heauté de cette admirable vallée. Au-dessous du village de Baba, la vallée de Tempé se gesserre et forme un defilé long de 8 kilom., trés-étroit et encaissé entre deux falaises rouges, de 650 m. de hauteur. Cette gorge sauvage et pittoresque s'appelle le Lycostomo (gueule de loup). — Le principal affluent de la Salamvria est le Phersalii, qui descend du mont Othrys et se dirige au Nord, en passant à Phersala et au pied des monts Cynoscéphales.
La Hellada prend sa source au mont Véloukhi, coule de l'Ouest à l'Est, traverse la Phthiotide, passe près de Zeïtoun et au pied des Thermopyles, et finit dans le golfe de leitoun.
Le Potami (Cephisus) arrose la Béotie et se jette dans le lac Topolias ou Copaïs. Comme toutes les rivières de la Grèce, c'est un torrent redoutable en hiver, et dont le lit est à sec en été.— Le lac Copaïs change d'aspect suivant les saisons; au printemps, après les pluies, c'est un véritable lac ; en été, la plus grande partie de ses eaux s’évapore et il se couvre d'herbes, de roseaux et devient un marais insalubre. Les eaux du lac Copaïs se déversaient autrefois dans le canal de Talanti par des cavités naturelles! qui se trouvaientau milieu du mont Ptoos, situé à l'Est du lac. Ces cavités, soigneusement entretenues par les Anciens, se sont obstruées par la négligence des Grecs modernes, et les eaux, ne trouvant pas d'écoulement, inondaient de plus en plus la contrée ; la grande sécheresse de 1856, qui mit à sec le lac Copais dans toute son étendue, a permis de faire quelques travaux dans les katavothra et de les nettoyer, et l’eau du lac a recommencé à s'écouler dans le canal de Talanti.
L'Iri ou Eurotas arrose la Laconie, coule du Nord au Sud dans une vallée large et fertile, passe près de Mistra et à Sparte, et se jette 5 le golfe de Marathonisi.
Le Pamiso arrose la Messénie, coule du Nord au Sud et a son embouchure dans le golfe de Coron. La vallée du Pamiso est très-fertile et l’une des plus belles régions de la Grèce; on sait quels efforts firent les Spartiates pour soumettre à leur domination ce beau et riche pays. En général, les rives de l’Iri et du Pamiso sont bordées de prairies et de jardins, et les coteaux qui les encaissent sont couverts de vignes et d'oliviers.
* Ces cavités naturelles, par lesquelles les eaux se perdent dans le sol, sont très nombreuses dans toute la péninsule gréco-slave ; les Grecs leur donnent le nom de katavothron ; les Slaves les appellent ponor.
Versant occidental.
Les fleuves de ce versant sont :
L’Arta, en Turquie
La Voïoutza. . . . . ..
L'Ergent. . .. . . . . [qui arrosent la Tur- Le Scoumbi À quie et sont tribu- Le Drin albanais, , , . , | taires de la mer La Moratcha,, . : ,., Adriatique.
La Narenta. . ,...,
Le Rouphia ou Alphée, le plus grand cours
d’eau de la Morée, traverse le plateau d'Arcadie, dont il reçoit tous les torrents; il sort du plateau, au-dessous de Karytæna, par une profonde coupure du mont Lycée (aujourd'hui mont Diaphorti), traverse la plaine de l'Elide et y coule de l'E. à l'O., au milieu de riches pâturages et entre deux rives bordées de platanes, de lauriers-roses, de myrtes et d’agnus-castus, que l’on trouve sur les bords de toutes les eaux de la Grèce. L’Alphée se jette dans le golfe d’Arkadia au Sud de Pyrgos.
L'Aspropotamo (Acheloüs des Anciens) descend du mont Zygo, coule du Nord au Sud, arrose d’abord l’Albanie méridionale, puis sépare l'Acarnanie de l’Etolie, et se jette dans la mer lonienne en face des îles Courzolaires. Il reçoit à gauche les eaux du grand lac de Vrakhori.
L’Arta (Arachtus des Anciens) descend aussi du mont Zygo, coule du Nord au Sud, arrose l'Epire, passe à Arta et se jette dans le golfe d Arta.
La Voïoutzu sort encore du mont Zygo, et coule au Nord-Ouest dans la Basse Albanie.
L’Ergent prend sa source au mont Grammo, sépare la Haute et la Basse Albanie, coule au Nord-Ouest et passe à Bérat ; il reçoit à droite un grand cours d'eau appelé le Dévol.
Le Scoumbi arrose l'Albanie et Elbassan.
Le Drin (Drilo des Anciens) est formé par la réunion du Drin Blanc et du Drin Noir.
Le Drin Blanc'sort du lac volcanique d'Okhrida (655 mètres) et coule au Nord. Le Drin Noir coule au ccntraire du Nord au Sud. Formé par la réunion de ces deux cours d’eau, le Drin coule de l'Est à l'Ouest, en passant à Alessio. Ces trois rivières arrosent la Haute Albanie.
La Moratcha descend du mont Dormitor, coule au Sud, traverse le Montenegro et se jette dans le lac de Scutari ; elle en sort, à Scutari, sous le nom de la Bojana et va finir dans l'Adriatique,
La Narenta (Naro des Anciens) est une grande rivière qui arrose l’Herzégovine, coule au milieu de marais pestilentiels, passe à Mostar et se jette dans l’Adriatique après avoir traversé la Dalmatie méridionale.
8 5. Climat. — Le climat de la partie sep.
tentrionale de la péninsule gréco-slave est assez rude, à cause des montagnes élevées qui la couvrent et surtout à cause des vents glacés du Nord-Fet qui, ne trouvant pas d'obstacles, soufflent partout, excepté en Albanie, et abais. sent considérablement la température. Les hi. vers sont très-froids et très-longs dans le bassin du Danube ; pendant cette saison, le thermomètre centigrade descend toujours, dans la Moldo-Valaquie, à 15 et 20°, et quelquefois à 26°; en Serbie, le froid est ordinairement de 10° à 14°, et quelquefois de. 21°; sur le plateau central, la terre reste couverte par la neige pendant sept mois. Des trombes et des ouragans terribles ravagent souvent les hautes régions de cette partie de la péninsule, les Balkans notamment.
Dans la partie centrale de la péninsule, à Constantinople, dans la Macédoine méridionale, la Thessalie, l'Épire et l'Albanie maritime, le climat est trés-doux et l'été tréschaud ; le thermomëtre centigrade y marque souvent 36° et 38°.
Dans la partie méridionale de la péninsule, c'est-à-dire dans la Grèce, le climat est rude sur les montagnes et très-doux sur le bord de la mer. La chaleur est intense pendant les mois de juillet et d'août et pendant la première moitié de septembre. Quelquefois, en février, le mois le plus froid de l’année, le thermomètre descend au-dessous de 0 : maïs ordinairement il n’y a pas moins de +-10° C., pendant l'hiver, dans les plaines. —Les pluies sont continuelles et abondantes depuis octobre jusqu'en mars, et le vent du Nord souffle avec une violence extrême pendant tout l'hiver.
Les parties plates et basses du littoral de toute la péninsule gréco-slave et les parties inférieures des vallées sont partout très-malsaines, et les populations y sont décimées par des fièvres dangereuses, engendrées par les marais et les eaux croupissantes que la barbarie des habitants a laissés se former. — L'extrème malpropreté qui règne à Constantinople et dans la plupart des autres villes, produit souvent des épidémies de peste ou de choléra. — La Grèce est généralement très-malsaine ; le sol déboisé, peu cultivé et souvent marécageux, la grande sécheresse, les brusques variations de la température et la violence du
vent du Nord
Je péninsul péninsule gréd tain nombre unes des autre:
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les hautes insule, les
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ittoral de 2 parties très-malimées par > par les e la bar- .— L'exantinople produit choléra.
saine ; le marécaques valence du
vent du Nord engendrent des fièvres et plusieurs autres maladies dangereuses.
$ 6. Aspect des diverses parties de la péninsule. — Nous avons déjà dit que la péninsule gréco-slave était formée d'un certain nombre de petites régions séparées les unes des autres par des chaines de montagnes et peuplées par des races différentes et ennemies. Ces régions principales se subdivisent elles-mêmes à l'infini, comme l’Albanie, par exemple, dans laquelle chaque vallée est souvent la demeure d’un clan, et comme la Morée, qui se partage elle-même en six petites régions. C’est cette disposition du sol de”? la Grèce qui, dès les temps de l'Antiquité, a occasionné la division de la nation grecque en un très-grand nombre de petits états, dont les rivalités sont célébres.
Les 17 régions principales de la péninsule gréco-slave sont : la Moldo-Valaquie, la Bulvarie, la Serbie, la Bosnie et la Croatie, l’Herzégovine et la Dalmatie, le Montenegro, l’Albanie, la Thessalie, la Macédoine, la Thrace, l'Acarnanie et l'Etolie, la Grèce orientale, l'Eubée, la Morée, les Cyclades, Candie et les iles loniennes.
Moldo-Valaquie,
Les Karpathes couvrent la Moldavie occidentale et la Valaquie septentrionale, qui sont montueuses et boisées, Le reste du pays est accidenté par des collines, bien arrosé et se compose de pâturages et de terres à blé. Toute la partie des deux provinces qui se trouve baignée par le Danube est plate, marécageuse et malsaine. Si ces deux provinces n'avaient pas été sans cesse dévastées par la guerre depuis plusieurs siècles, leur fécondit ct leurs ressources de toutes sortes les placeraient au nombre des plus riches parties de l’'Eu-
rope.
Turquie et Serbie.
Bulgarie. — Cette grande province, la Mœsie des Anciens, est comprise entre le Danun, au Nord, les Balkans, au Sud, la mer Noire, à l'Est, le Timok et le Vretanitza-Planina, à l'Ouest, qui la sépare de la Serbie. Elle est généralement montueuse et couverte de belles forêts et d'excellents pâturages. Les parties voisines du Danube sont moins élevées et trèsfertiles ; mais les ravages de la guerre et les exactions des pachas se sont opposés jusqu'ici à ce que la population puisse tirer parti de la fertilité du sol. La partie orientale de la Bulgarie s'appelle la Dobroudscha ou Dobroudia ; c'est la Petite-Scythie (Scythia Minor) des An-
ciens. Elle est comprise entre le Danube, la mer Noire et le Taban; c'est un plateau assez élevé et couvert de steppes sablonneuses et presque désertes ; mais la Dobroudscha est basse, marécageuse et très-malsaine sur les bords du Danube et du lac Rasin. Il y sévit une fièvre meurtrière, qui fit les plus grands ravages dans l'armée russe en 1829 et dans les armées russe et française en 1854. La Dobroudscha n’a pour habitants que quelques Tartares Nogaïs, des Bohémiens et des Cosaques émigrés de la Russie à cause de leurs croyances religieusés ; en revanche, elle renferme d'immenses quantités d'animaux : aigles, perdrix, outardes, grues, oies sauvages, canards, chiens errants par bandes, troupeaux de buffles et de moutons.
Serbie. — La Serbie, partie occidentale de l'ancienne Mæsie, s'étend entre le Danube et la Save, au Nord, et le plateau central, au Sud; à l'Est, elle est bornée par le Timok ; à l'Ouest, par le brin. C’est un pays montueux et élevé, surtout au Sud, trés-fertile, bien arrosé, sain et couvert de pâturages étendus ou d'immenses forêts de chênes, dans lesquelles vivent en liberté d'innombrables troupeaux de porcs à demi sauvages. Toute la Serbie, entre la Morava et la Koloubara, n’est qu’une forêt continue. Le peuple serbe ést chrétien, très-brave et attaché à ses vieilles mœurs et à ses croyances.
Bosnie et Croatie. — Ce sont aussi des pays montueux et élevés, surtout au Sud, dans la Rascie. Partout le sol est trés-accidenté et couvert de pâturages et surtout de forêts (noyers, châtaigniers, chènes, frènes), qui rendent le climat froid et pluvieux. Comme en Serbie, la principale occupation des habitants est l’élève du bétail.
Herzégovine et Dalmatie.-— L'Herzégovine est un ensemble de plateaux pierreux et stériles, de rochers et de montagnes arides et sauvages, qui forment une partie de la terrasse occidentale du plateau de la péninsule gréco-slave. Le gradin le plus bas de cette terrasse constitue la Dalmatie, province qui est à l'Autriche et dont le littoral est d’une grande fertilité. Les torrents qui descendent des montagnes de l’Herzégovine se perdent dans des pounor ou se rendent à la mer par des gorges longues et étroites. C’est en
général un pays pauvre et peu peuplé.
Montenegro. — Le Montenegro est une petite région occupée par de hauts plateaux calcaires, rocheux, nus, stériles et coupés de vallées peu fertiles, sur les flancs desquelles il y a, çà et là, quelques bois et quel-
ques pâturages. Le Montenegro est un pays sauvage, d'un accès très-difficile, et dans lequel vit une population énergique qui a su conserver son indépendance jusqu’à nos jours.
Albanie. — C'est un pays de montagnes et de rochers!, formé d'une suite de terrasses par lesquelles le plateau central de la péninsule s’abaisse au Sud-Ouest sur l'Adriatique. Partout le sol est accidenté, très-pittoresque, divisé en une infinité de vallées et coupé de gorges, de défilés et de torrents, qui rendent toute la région d'un accès difficile. L'Aibanie est boisée (chènes, ormes, hètres, sapins, pins,
noyers) ou couverte de pâturages ; le blé, les.
arbres fruitiers, la vigne, le mèrier et l'olivier viennent en abondance sur ce sol fertile, mais qu'on cultive à peine. Les vallées albanaises sont peuplées par des tribus plus ou moins indépendantes des Turks, qui forment de nombreux clans séparés et hostiles.
Thessalie. — La Thessalie est un grand bassin entièrement entouré de montagnes, l'Olympe, au Nord; le Pinde, à l'Ouest; l'Othrys, au Sud; le Pélion et l'Ossa, à l'Est. C'était primitivement un lac, dont les eaux se sont écoulées par la vallée de Tempé, et qui est devenu, depuis son asséchement, un sol d'une merveilleuse fertilité et divisé en deux grandes vallées, celles de la Salamvria et de Pharsale. La Thessalie est un grenier d’abondance, qui nourrit tout le pays environnant et qui produit : blé, soie, coton, fruits, poinmes de terre, huile d'olive, sésame, tabac, bétail, cire, etc. Les pâturages de la plaine de Larisse nourrissent de bons chevaux. Un tiers seulement de ce sol si .fécond est cultivé par de pauvres et ignorants paysans grecs, sans cesse victimes de la rapacité des Turks.
Macédvine. — La Macédoine est baignée par l’Archipel au Sud; dans sa partie méridionale et maritime elle présente de grandes plaines et de larges vallées, très-fertiles et produisant beaucoup deblé, de coton, de tabac, de soie, etc. La Haute Macédoine (Pæonie des Anciens), aù Nord, est montueuse et arrosée par de grandes rivières. Les montagnes de la Haute Macédoine sont couvertes de forêts de chènes et de hêtres, ou de pâturages alpestres, suivant les hauteurs.
Thrace. — La Thrace est une grande plaine arrosée par la Maritza et par ses affluents ; elle “est bornée : au N., par les Balkans ; à l’O., par le Despoto-Dagh qui la sépare de la Macédoine; etàl'E., par un contre-fort des Balkans. C'est
* Aussi le nom albanais du pays est-il Skipéri, pays de rochers. s
la province la plus importante de la Turquie ; elle est peuplée, riche et fertile.
Acarnanie et Étolie. — Ces deux provinces sont montueuses, couvertes de bois ou de landes et presque désertes ; les quelques peuplades qu'on y rencontre sont barbares, mais énergiques, et n'ont jamais été soumises par les Turks; aussi ont-elles conservé intacts les caractères physiques et moraux des anciens Grecs. Une des parties les plus sauvages de cette région est le Valtos (Acarnanie septentrionale), dont le sol formé d'argile bleuâtre est partout montueux, âpre, raviné et coupé de gorges abruptes. L'Acarnanie méridionale, qu'on appelle le Xeromeros (pays sec), est moins accidentée ; mais le sol, composé de roches calcaires, est complétement aride, Le centre du pays est occupé par un plateau mon. tueux, et l’on rencontre de helles plaines fertiles à l'Est et au Sud. Partout il y a de grandes forêts de chênes-vallonée, qui nourrissent beaucoup de porcs de race petite, noire et sauvage.
Grèce orientale. — La Grèce orientale comprend : la Phocide, pays traversé par la branche principale du Pinde et couvert de montagnes élevées ; la Béotie, grande vallée intérieure, baignée par le Potami et le lac Copais, fertile et couverte d’arbres et de verdure ; l'Attique, pays montueux, aride, déboisé et d’un aspect triste. La plaine d'Athènes serait cependant, si elle était cultivée, une des plus riches contrées du monde; les oliviers y abondent encore comme autrefois.
Eubée. — L'Eubée est une grande ile montueuse et boisée , dont les vallées sont fertiles. La principale montagne est le mont Delphi, au centre, haut de 1,745 mètres.
Morée. — C'est un pays de hautes montagnes et de rochers nus et arides, coupé de ravins et arrosé par des rivières coulant au milieu de lianes, de ronces, de vignes sauvages, d'arbustes et de platanes. L'aspect de la Morée rappelle souvent par sa nudité celui de la Provence. Les seules plaines sont celles d’Argos, de Sparte, du Pamiso et de l’Elide ; elles produisent un peu de céréales et en fourniraient beaucoup si elles étaient cultivées; il y a des oliviers et des mûriers en Laconie, des vignes et des arbres fruitiers en Achaïe, et l'Arcadie.est couverte de pâturages ; mais plus des
trois quarts des terres sont incultes.
Cyclades. — Les Cyclades sont toutes montueuses et pittoresques, mais le plus souvent nues et stériles, On remarque dans cet archipel
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une suite d'îles volcaniques, formant une ligne qui va du Nord-Ouest au Sud-Est; ces îles sont : Kaimeni, Falconera, Milo, Kimolo ou Argentiera, Polino, Polycandro, Therasia ‘, Santorin et Christiana. Les plus fertiles des Cyclades sont Andro, Tino, Syra, Thermia et Santorin. Cet archipel forme une région à part, maritime, commerçante et peuplée de marins excellents, qui ont été longtemps d'audacieux pirates.
Candie. — Candie est une grande île de 245 kilom. de long sur 32 de largeur moyenne, et dont la superficie est de 7,800 kilom. carrés ; elle est peuplée d'environ 200,000 habitants appelés Candiotes, sur lesquels 130,000 sont Grecs et chrétiens, et 70,000 mahométans; ces derniers se composent de Turks et surtout de Grecs renégats. L'ile de Candie est montueuse ; on y remarque trois massifs principaux ; à l'Ouest, les montagnes Blanches appelées aussi monts Asprovouna ou montsSphakiotiki (2,470 m.); au centre, le mont Ida ou Psiloritis (2,439 m.) ; à l'Est, le mont Lasithi (2,165 m.). Il y a peu de plaines dans l'ile, mais des vallées nombreuses, fécondes et assez bien cultivées.
Le climat de Candie est chaud ; ainsi, du mois de mai au mois de novembre, le thermomètre donne une moyenne de 26° et { C.
dans les plaines, et les hivers sont si tempérés par la mer qui entoure l'ile et par la proximité de l'Afrique, que le thermomitre descend rarement au-dessous de + 7° G. dans les villes du littoral.
Candie produit en abondance du blé que l’on récolte dans les vallées basses de la côte méridionale, de l'huile d'olive employée dans les
nombreuses manufactures de saveu établies
dans l’île et qui approvisionnent aujourd'hui tout le Levant, du vin, des caroubes, des citrons, des oranges, des amandes, des marrons et de la soie. C’est à des familles françaises, établies dans l'ile depuis quelques années, que Candie doit la prospérité relative dont jouissent son commerce et son agriculture.
Iles Joniennes. — Les îles loniennes sont montueuses et les montagnes sont généralement nues ; mais elles se trouvent sur les bords des iles, dont l’intérieur est occupé par des vallées fertiles. C'est ainsi que Cérigo (Cythére) est rocheuse, triste et déserte sur tous ses rivages, tandis que dans l’intérieur
‘elle présente des vallons couverts d'orangers,
de vignes et d'oliviers.
* Therasia a été séparée de Santorin par un tremblement de terre avant l'ère chrétienne.
& 7. Produetions minérales. — Les productions minérales de la péninsule grécoslave sont jusqu'à présent peu connues, On exploite de la houille en Serbie (à Dobra), à la baie de Caterina, près de Salonique, et à Koumi, en Eubée;— du fer enBosnie, en Bulgarie eten Serbie ; de l'émeri dans l'ile de Naxos, au cap Smeriglio ; du tripoli (dit de Venise), à Corfou; — du sel, dans les mines de Valaquie et dans les salines du littoral de la Grèce. — Le mont Pentélique et l’ile de l'aros fourniraient encore les plus beaux marbres blancs statuaires, si on exploitait leurs carrières. — Les principales eaux minérales (thermales et sulfureuses) sont celles de Novi-Bazar, de Sophia, de Kostendil, d'Aïdos, de Vasiliko, dans l'Eubée, et de Thermia, l’une des Cylades.
8 8. Productions végétales et animales. — Les productions végétales de la péninsule sont nombreuses, et cette région serait au nombre des plus riches de l'Europe, si le sol était bien cultivé. Dans quelques parties, il y a une agriculture primitive et grossière, qui suffit cependant à faire produire à cette terre féconde les plus abondantes récoltes; mais presque partout, surtout en Grèce, le sol reste inculte ‘et les populations vivent à l'état pastoral. Tel a été le résultat de la tyrannie des Turks et de l’absence complète de toute sécurité pour les po-
pulations soumises à leur cupide et brutale
domination. Les peuples ont depuis longtemps renoncé à la culture, puisqu'elle ne leur produisait qu’un redoublement de vexations et d’exactions. La vie pastorale, nomade et libre, mêlée d’un peu de brigandage, a presque partout remplacé la vie agricole, sédentaire et asservie ; et les habitudes pastorales ont persisté, en Grèce par exemple, lorsque la sécurité est revenue avec l'indépendance.
Les principaux produits de la région sont :
le maïs, cultivé partout ; c'est la principale céréale de la péninsule; la Moldo-Valaquie en exporte beaucoup en Angleterre. — Le blé et le seigle ; on les cultive un peu partout, dans les plaines ; la Moldo-Valaquie ? et la Bulgarie en exportent d'assez grandes quantités . — L'orge, l'avoine et le blé noir sont les céréales ordinaires des montagnes; on les récolte sur-
! Ilne parait pas y avoir 500,000 hectares en culture dans toute la Grèce, sur 5 à 4 millions d'hectares de terres arables.
8 L'agriculture de la Moldo-Valaquie est très-ar riérée, comme dans tout le reste de la région; le blé moldo-valaque est de médiocre qualité.
3 La Moldo-Valaquie et la Roumélie exportent aussi heaucoup d'orge et de graine de lin.
tout dans la Bosnie, la Haute Albanie et le Montenegro. — Le sorgho, dans les vallées de
Mostar, de Janina, de la Save, de la Thessalie et de la Thrace. — Le rix, dans les parties humides de la vallée de la Maritza, dans la plaine de Sérès et dans. ia vallée de la Salamvria. — Le lin et le c'anvre, un peu partout. — Le sésame, dans la vallée de la Maritza, dans la Macédoine méridionale, dans les vallées basses de l'Épire et dans les Cyclades ; on en fait de l'huile. — Le colxa, dans la Serbie, la Macédoine et la Bulgarie occidentate. — Les roses, au pied du versant méridional des Balkans, où le rosier est cultivé en grand pour la fabrication de l'essence de roses. — Le coton, dans la vallée de la Maritza, dans la Macédoine méridionale, aux environs de Sérès principaiement, dans les vallées de la Thessalie, sur les bords du lac Copais‘, dans la plaine d’Argos, dans les Cyclades et les îles loniennes.— Le tabac, dans les alluvions des vallées de la Morava, de la Maritza, du Karasou, du Strouma, du Vardar, de la Vistritza et de la Salamvria, dans la plaine de Bitolia, dans les vallées occidentales de l'Épire et dans la vallée du Drin inférieur ?. — La garance, sur les rives du lac Copaïs. — La vigne est cultivée partout, soit pour la production du vin, soit pour la production des raisins de table ou des raisins secs. La Thesselie, la Macédoine, l'Herzégovineet lesiles
Joniennes donnent des raisins de table excel- .
lents. Les raisins secs ou raisins de Corinthe 5 sont fournis par toute la Morée et surtout par la côte septentrionale de }a presqu'ile (entre Patras et Corinthe), par Milo, l'Acarnanie, l'Étolie, Céphalonie, Zante et Cérigo. On évalue à 40 millions de kilogr. la production annuelle du raisin de Corinthe, dont les sont exportés en Angleterre. Les meilleurs vins de la région sont ceux de Santorin (vino Santo), de Tino (où l'on fait le malvoisie), de Candie (vin blanc de Retimo), d’Argolide (vin muscat d'Argos), d'Épire, de Valaquie (vin blanc de Dragachan) et de Moldavie (vin vert de Cotnar, qui est un vin de liqueur). — L'olivier abonde sur le littoral de la Chalcidique, de la Thessalie, sur les côtes de l’Albanie au Sud de Durazzo, en
* C'est actuellement la principale région de production du coton en Grèce, culture qui a pris d'assez grands développements depuis 1862. A
* Le meilleur tabac à fumer vient de Larisse et de la Thrace méridionale; le meilleur tabac à priser vient de Janina.
3 On appelle aussi le raisin de Corinthe la passoline.
# On le récolte prés de Jassy. La Moldavie produit aussi l'excellent vin d'Odobeschti,
Grèce!, à Candie, à Corfou, à Zante et à Cépha. lonie, et l'huile serait excellente si elle Gtait bien préparée. — Les grenades, les oranges, les citro:s, les figues, les amandes et les abri cots se récoltent dans la Thessalie, la Basse Épire, la Grèce, les Cyclades, Candie* et les îles Ioniennes; les jujubes, dans les îles loniennes.— Le noyer se trouve partout et en grande quantité; dans le mont Grammo, ses fruits servent à fabriquer de l'huile. — Le poirier, le pommier, le prunier et le cerisier viennent aussi partout. Une variété du cerisier (Cerasus Alepensis) est surtout cultivée pour faire des tuyaux de pipe. — Les fraises abondent sur les montagnes ; les pastèques et les melons sont cultivés en immenses quantités dans la Thessalie, l'Épire, la Grèce, etc. — Le miel est récolté dans les Cyclades et dans les îles loniennes ; celui du mont Hymette est toujours renommé5, — La soie. Les principaux centres de production de la soie sont la Thrace, la Macédoine, la Thessalie, l’Albanie maritime, {a Phthiotide, l’lubée méridionale, la Morée (surtout la vallée de l’Eurotas aux environs de Sparte, la Messénie et l’Arcadie), Candie, Andro et Tino. Le filage se fait isolément dans les campagnes des pays de production, où se fait également le tissage des moustiquières, des écharpes, des tissus pour chemises de femmes et des grandes guêtres pour les hommes.
Forêts. — Les parties les plus boisées de la région gréco-slave sont les montagnes de ln Moldo-Valaquie, de la Serbie, de la Bosnie, de la Haute Albanie, quelques parties de la Macédoine, les Balkans et leur grand contre-fort qui longe la mer Noire jusqu’au Bosphore, — l’Acarnanie et l'Étolie, le Parnasse et l'Euhée, en Grèce, — le Taygète, dans la Morée.
La Thrace, le Despoto-Dagh, la Basse Macidoine, la plus grande partie de la Thessalie et de la chaine du Pinde, presque toute la Grèce et la Morée sont déboisées et nues ; les arbres y sont brülés par la négligence des bergers ou pour cultiver le sol après l'incendie, et les jeunes pousses sont dévorées par les moutons et les chèvres.
Les principales essences des forèts de la Turquie sont : le pin, le sapin, le buis#, le hètre, le platane et le chène.
! La culture de l'olivier s'est considérablement développée en Grèce depuis quelques années; le sol de la Grèce est en effet très-favorable à cette culture,
? Les oranges de Candie sont renommées et se vendent dans tout le Levant.
% Un produit curieux et spécial à la Moldavie, est la cire fossile, qui s'y trouve en abondance.
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Parmi les différentes espèces de chênes qui se trouvent en Turquie et en Grèce, le chènevallonée ou chène-égilops est la plus précieuse ; il fournit la vallonée! qui sert à la teinture et à la préparation des cuirs, et dont il se fait une grande exportation par Patras et par la Valone. Le chêne-vallonée abonde en Serbie, en Bosnie, en Épire, dans l’Acarnani:, l'Étolie et l’ile de Candie.
Bêtes à cornes. — La Moldo-Valaquie élève un grand nombre de bêtes à cornes de race hongroise, mais petite et dégénérée; cette race est élevé aussi dans la Serbie et la Bosnie. Dans l'intérieur de la Turquie il n’y à que fort peu de bétail, et il appartient à de petites races de montagnes. Les bêtes à cornes ne sont guère employées en Turquie et en Grèce qu’au labourage et aux transports, car on n'y mange pas leur chair. — Les buffles, assez nombreux en Valaquie, en Bulgarie, dans les plaines de la Haute Albanie et en Thrace, sont employés aux charrois, et les femelles donnent d'assez bon lait.
Chevaux. — Les chevaux de la région grécoslave appartiennent à trois races, toutes les trois d’origine orientale : le cheval moldave, le cheval turk, le plus grand des trois, et le cheval tartare qu'on élève dans toutes les montagnes. Ces chevaux sont en générai petits, rustiques, pleins d’ardeur et de solidité. On les élève surtout dans les plaines de la Moldo-Valaquie, dans Ja Bulgarie orientale et entre Sophia et Ichtiman, dans la Thrace septentrionale entre la Maritza et la Toundja, dans la Serbie et le Sud-Ouest de la Bosnie, dans les vallées du Scoumbi, de la Voïoutza et du Dévol en Albanie, dans la Macédoine et la Thessalie. La Macédoine et la Thessalie vendent à la Grèce tous les chevaux dont elle. a besoin.
Mulets et ânes. — Les mulets se trouvent surtout dans le Montenegro, l’Albanie et dans l'Acarnanie ; les ânes, dans la Thrace, la Macédoine et l'Albanie méridionale.
Moutons et chèvres. — Les moutons (de race commune) et les chèvres sont très-nombreux partout; leur chair est la nourriture principale de la population de toute la péninsule.
Porcs. — Il existe d'innombrables troupeaux de porcs dans les forèts de la Moldo- Valaquie, de la Serbie, de la Bosnie, de l'Herzégovine et de l’Acarnanie ; ils appartiennent à une race petite et féroce, et vivent à l’état
pour la gravure, de la Turquie, où cet arbre abonde et où il arrive à une hauteur de 8 à 9 m, avec un tronc variant de 15 à 95 centimètres d'épaisseur.
! Capsule qui enveloppe le gland,
presque sauvage dans les bois où ils se nourrissent de glands.
$ 9. Ethnographie: races et langues.
— La péninsule gréco-slave est habitée par 10 populations fort distinctes, qui sont :
Les Turks, Les Tartares Nogais, Les Slaves, comprenant Fe Duran Les Albanais, * Les Grecs, Les Roumains, Les Magyars, Les Arméniens, Les Juifs, Les Tsiganes.
À. Turks et Tartares. — Les Turks (en turk Osmanlis) sont de race scythique, mais le type a été très-modifié par le mélange avec les femmes esclaves du Causase et de la Grèce. C’est la race dominante et maîtresse de la plus grande partie de la péninsule, dont elle a fait la conquête aux quatorzième et quinzième siècles. ‘cs Turks sont disséminés dans la Bulgarie, la T'race, la Macédoine et la Thessalie, où ils habitent çà et là quelques villes et leur district. Constantinople et ses faubourgs comptent 325,000 osmanlis. C'est un peuple orgueilleux, fanatique, ignorant, féroce, oppresseur et fourbe.
Les Tartares Nogaïs sont de même race que les Turks. Un grand nombreest venu de Crimée s'établir dans la Dobroudscha (1856-60), pour échapper au ressentiment des Russes, contre lesquels ils s'étaient déclarés pendant la guerre de Crimée.
Slaves. — Les Bulgares (Boulgar) ont fait la conquête de la Mæsie, qu'ils occupent aujourd'hui, au septième siècle. Ils sont d'origine finnoise, mais dès le neuvième siècle ils s'étaient mélés aux Slaves et avaient accepté leur langue ; c'est actuellement une nation entièrement transformée et dont le type diffère très-peu du type slave. Une partie des Bulgares suit l’islamisme ; on les appelle les Po-
maks; mais le plus grand nombre appartient à l'Église grecque ou à l'Église catholiquet. À la fin du dixième siècle, sous le roi Samuel, le royaume des Bulgan.3 fut très-important et se composa de la plus grande partie de la péninsule. Les Bulgares peuplent aujourd’hui la Bulgarie, la Thrace septentrionale et le nord de la Macédoine.
Les Serbes ont été aussi un instant les
* On compte environ 250,000 Bulgares musulmans et 60,000 catholiques.
maitres de la péninsule, au milieu du quatorzième siècle, sous le czar de Serbie, Étienne Douchkhan. C'est contre eux que les Grecs de Constantinople appelèrent les Turks, qui remportérent, en,1389, la bataille de Cassovo, détruisirent l'empire des Serbes et firent en mème temps la conquête de toute la péninsule, ne laissant aux Grecs que Constantinople, qu'ils leur enlevèrent, comme on le sait, en 1453. Les Serbes comprennent les Serbes de la Serbie, les Bosniaques, les Croates (Horvat, Kervat), les Herzégoviniens et les Monténégrins. Ïls habitent aussi une partie du nord
de la Haute Albanie. La noblèsse de Bosnie, de :
Croatie et d'Herzégovine s’est faite musulmane pour conserver ses fiefs et ses priviléges, tout en gardant sa langue et ses usages ; elle est très-dure pour le peuple qui lui est soumis et qui est demeuré chrétien. — La langue principale des Slaves de Turquie est le serbe ; le bulgare est un idiome slave fort âltéré.
rte province slave a un dialecte particuier.
Albanais. — Les Albanais ou Skipétars (en turk Arnaoutes), de race pélasgique, descendent des anciens Illyriens, mais sont fortement mêlés d'éléments slaves et grecs; leur langue, le skipe, renferme, dans son ancien fond d’illyrien, une grande quantité de mots slaves, grecs, turks et italiens. C'est une race de bons soldats, braves, forts, beaux, sobres et infatigables, mais pillards et féroces; ils forment, dans l’armée turque, les meilleurs bachibouzouks:; ils ont été célèbres autrefois comme soldats de Pyrrhus et de Scanderbeg. Les Stradiotes de Venise étaient des Albanais.
Ils se divisent en deux parties : les Guègues, au Nord, les Toskes, au Sud, et se subdivisent en une infinité de clans (phis), La plupart des Albanais se sont convertis à l'islamisme; ily en a beaucoup cependant qui sont demeurés catholiques ou chrétiens grecs. Une de leurs principales tribus, les Mirdites, dans le nord de la Haute Albanie, est restée catholique et à peu près indépendante de la Turquie. :
Les Skipétars habitent l'Ajbanie; mais il y a encore de nombreuses colonies d'Alhanais qui se sont établies en Grèce et dans la Morée, où elles ont pris possession du sol et ont remplacé l'ancienne population grecque ou se sont mèlées avec elle. La population de Corfou est aussi en partie d'origine albanaise; en effet, les Corflotes sont un mélange d'Albanais, de Grecs et d'Italiens.
Grecs. — Les Grecs, que les Turks appellent
Roumler (Romains), portent le nom de Ro.
maïoi (Romoi:s) dans loutes les provinces turques, tandis que ceux du royaume de Grèce ont repris leur ‘ancien nom d’Hellènes. Les Grecs modernes sont les déscendants de l’ancienne nation grecque, mêlés cependant çà et là, depuis le Moyen Age, à des peuplades slaves et albanaises; mais ces mélanges n’ont pas sensiblement modifié le type physique et les caractères moraux de l’ancien peuple grec, Les Grecs modernes ont, en effet, les mêmes quaütés et les mêmes défauts que leurs ancétres, et le type de la race s'est parfaitement conservé ; les femmes de Sparte sont aussi belles qu’autrefois!. Mais les éléments étrangers etletemps ont modifié l’ancienne langue, en altérant sa grammaire et en y introduisant une foule de mots latins, turks, slaves, albanais et:italiens.
Le grec moderne, le romaïque, date de la conquête de la péninsule par les Turks; il descend du grec ecclésiastique et du grec hellénistique, qui eux-mêmes sont des dialectes altérés, nés du grec ancien dans l'empire byzantin. Les dialectes du romaïque sont nonbreux ; on citera ceux : de Constantinople on des Fanariotes, d'Athènes, d’Acarnanie et d’Etolie (mêlé d'italien), de Morée, du Magne, des Cyclades, de Candie et de Chypre. Le grec classique (aplo hellinica) est écrit avec pureté par les Grecs instruits, et tous les jours, à Athènes, on modifie le romaïque en chassant certains mots étrangers et modernes, et en les remplaçant par des mots, des locutions et des tours de phrase repris au grec ancien.
Les Grecs habitent toute la Thrace méridionale, la Macédoine méridionale, la Chalcidique, les îles turques de. l'Archipel, la Thessalie, l'Epire, où ils sont mélés aux Albanais, le royaume de Grèce, les Cyclades, Candie et les îles loniennes.
Roumains. — Les Roumains ? (Roumouni), descendent des anciens Daces5, mêlés aux colens italiens et gaulois #, établis dans la Dacie
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{ Les Grecs sont demeurés beaucoup plus purs dans la Grèce que dans les provinces turques.
* En grec Viachos; en slave Vila; en turk Eflak ou Voulak.
5 Qui élaient un des rameaux de la race pélas. gique (Voy. page 68).
4 Le nom de Valaques sous lequel on désigne souvent les Roumains, et qui leur est inconnu, est une altération du mot slave Vlakh, le mème que Velche, dont les Slaves, et d'après eux les Allemands, se servent pour désigner les peuples de race gauloise. — Cf, Scnaranicr, in Nouvelles Annales des Voyages, juillet 1848.
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On compte:
4,000,000 de Roumains dans la Moits quie,
en Serbie,
en Bulgarie et dans la Dobroudscha,
dans le Pinde,
Les Roumains du Pinde sont appelés par les Slaves, Zinvares, Koutx0-Valaques (Valaques boiteux) ou Karagountis (capotes noires);+ ils habitent sur les revers de la chaîne du Pinde, en Épire et en Thessalie.
La langue roumaine (roumaneschli) ou langue d'or est une espèce d'’italien dérivant du latin, et dont les neuf dixièmes des mots sont des mots latins corrompus; l’autre dixième se compose de mots grecs, turks, hongrois:et slaves. Deux cents mots environ semblent venir de l'ancien dace.
Magyars.— Les Magyars forment de nombreuses colonies dans la Moldavie; ce sont des Szeklers, appelés par les Moldaves Tchanghet. Ils sont catholiques, parlent un magyar fort altéré et sont au nombre de 45 à 50,090.
Arméniens. — On compte 400,000 Arméniens dans toute la Turquie ; ils habitent principalement Constantinople, où l’on en trouve 200,000, Andrinople, Philippopoli, Bukharest et quelques autres grandes villes. Ils par- Jent turk, grec ou roumain, suivant le pays dans lequel ils sont établis, ou bien ils se servent de l'arménien, mais mêlé de beaucoup de mots étrangers. — L'arménien littéraire, le haïkan, n’est employé que par les lettrés. — Les Arméniens s'occupent de commerce.
Juifs. — Les Juifs’ sont disséminés dans
dans toute la péninsule.
! L'ancienne Dacie, que les Roumains appellent la Rotaanie, comprend aujourd'hui :
La Moldo-Valaquie, avec. 4,000,000 hab.
La Bessarabie, . . . . 420,000 — La Bukowine,,. . . . . . 175, — La Transylvanie ou Ardialie, . 4,200,000 Lex La Hongrie orientale et le 1,300,000 —
Banat, , , , 4 . . .
Dans le travail de reconstitution des nationalités qui se fait dans tout l'Orient, les Roumains jouent un rôle important; ils tendent à réunir les parties sé parées de la Roumanie et à en former un seul état indépendant.
toute la Turquie;.ils sont surtout nombreux dans la Moldo-Valaquie. À Salonique, ils forment une colonie importante.
Tsiganest. — Les Tsiganes ou Bohémiens, qui s'appellent Romnitschel, appartiennent aux diverses races de l'Hindoustan et parlent un sanscrit très-corrompu et mêlé de toutes sortes d'éléments étrangers. Ils sont païens, musulmans ou grecs, suivant le pays qu'ils habitent. En général, ils vivent à l'état de vagabondage ?.
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