CHAPITRE XXI
LTALUX,
GÉOGRAPHIE PHYSIQUE
$ 1. Bornes. — La région où péninsule
italienne est bornée : au N., par les Alpes, qui
* Corfou était une grande place forte, dont les fortilications ont été détnantelées, en 1864, par les Anglais , au moment de la cession des îles Toniennes à la Grèce,
Elle offre un excell:nt mouillage aux grands bâtiments de guerre.
5 Le cap Leucade, au Sud de Sainte-Maure, est une grande falaise blanche de 60 m. de hauteur.
la séparent de la France, de la Suisse et de l'Allemagne; à l'E, par la mer Adriatique; au S., par la mer lonienne; à l'O., par la partie de la mer Méditerranée appelée la mer Tyrrhénienne.
$ 2. Littoral. — Le litioral du golfe de Gênes, appelé la rivière de Gènes !, est élevé,
{ La rivière ou rivage de Gènes se divise en : Rivicra di Ponente, entre Gênes et la France; Æivicra di Levante, entre Gênes et le golfe de la Spezza.
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de la Spezzia jusqu'au mont Argentaro, la côte de la Toscane est basse, sablonneuse et presque partout bordée de maremmes . Les maremmes sont des landes marécageuses, malsaines et désertes, qui ont été formées par les dunes qui s'étendent le long du rivage et qui s'opposent à l'écoulement des eaux ; les exhalaisuns de ces eaux délétères (malaria) engendrent des fièvres mortelles qui ont fait des maremmes un vrai désert. Au delà de zone des merais, le sol se relève un peu et se couvre de maquis (macchie), épais fourrés formés de bruyères, d'arbousiers et de quelques chènes verts, et peuplés de sangliers, de lièvres et de lapins, de grives et de merles, de vipéres et de tarentules. De grands travaux ont été entrepris, sur quelques points des maremmes, pour faire écouler les eaux,
dessécher et colmater le .sol, endiguer les
cours d'eau et lixer les dunes; mais il reste encore beaucoup à faire pour rendre ce pays habitable. Autrelois, au temps des Étrusques, il renfermait plusieurs villes importantes; aujourd’hui, malgré la richesse des mines qui s'y trouvent, il est presque désert, et le seul port important du lit‘oral toscan est Livourne.
Entre la Corse et la Toscane est située l'île d'Elbe, séparée du continent par le canal de Piombino; aux environs de l'ile d’Elbe sont les quatre îlots de Capraja, au Nord, de Pianosa et de Monte-Cristo, au Sud, et de Giglio, au Sud-Est et près du mont Argentaro. Toute la partie de la mer Tyrrhénienne comprise entre l'ile d'Elbe, la Corse, Giglio et la Toscane, est une région de pèche qui abonde en thons, en sardines et en anchois.
La côte des états de l'Église présente d'abord le port de Civita-Vecchia, puis les marais pestilentiels des embouchures du Tibre et enfin un littoral bas, sablonneux, bordé de petites lagunes et de maquis, au delà duquel s'étendent les marais Pontins. Entre le cap Circea, montagne de 525 m., et Terracine, les marais Pontins arrivent jusqu'à la mer, où leurs eaux s'écoulent par un canal de desséchement commencé en 1777. Ces marais, qui occupent encore une superficie de 18,000 hectres, sont couverts d'eaux stagnantes et de pturages humides où paissent de nombreux troupeaux de buffles. La malaria rend tout ce pays désert ; cependant les parties desséchées sont très-fécondes, ses
‘Ce nom veut dire pays maritime.
Le littoral des provinces napolitaines est découpé par les golfes de Gaëte, de Naples, de Salerne, de Policastro et de Santa-Eufemia, et il est bordé, dans sa partie septentrionale, par plusieurs petitesiles : les iles Ponza, Ischia, Procida et Capri!. On remarque, sur la côte du golfe de Gaële, généralement basse et malsaine, la petite presqu'ile sur laquelle est située la forte place de Gaëte, le lac de Fusaro, lagune qui se trouve entre Cumes et le cap Misène, et qui est importante par ses bancs d'huîtres artificiels®, puis le cap Misène et le canal de Procida, compris entre l'ile de ce nom et la presqu'ile du cap Misène.
Le golfe de Naples est compris entre le cap Misène, au Nord, et la pointe della Campanella (cap de Minerve), au Sud. On remarque sur le pourtour de ce beau golfe les ruines de Baies, Pouzzoles, le Pausilippe, Naples, Torre-del-Greco au pied du Vésuve, Torredell'Annunziata, Castellamare et Sorrente 5. La presqu'île de Sorrente et l’île de Capri séparent le golfe de Naples du golfe de Salerne, sur lequel sont situés Amalfi, Salerne et les admirables ruines de Pœstum. Après le golfe de Salerne, le rivage de la Principauté et de la Calabre citérieurce est élevé, rocheux, sans découpures et sans ports ; mais la côte de la Calabre ultérieure redevient plate, basse, malsaine et déserte. L’extrémité méridionale dela Calabre est séparée de la Sicile par le détroit de Messine (Faro di Messina), sur lequel est le port de Reggio. Au delà, on trouve le cap Spartivento, extrémité méridionale de l'Apennin, et l’on entre dans la mer lonienne.
Avant de quitter la mer Tyrrhénienne, il faut parler des grandes îles situées dans cette mer et qui font partie de la région italienne. Ces îles sont : la Corse, la Sardaigne et la Si- «'e, autour de laquelle on trouve : au Nord, les iles Lipari 4; à l'Ouest, les îles Égades5 ; au Sud, Pantellari:, Malte et Gozzo.
{ On voit à Capri {la Caprée des Romains) les ruines du palais de Tibère, dont les habitants de l'ile conservent encore le souvenir. Capri est un rocher très-bien cultivé, qui produit des vins renommés et des figues blanches excellentes. — La grotte d'Azur de Capri est célèbre parmi les touristes.
2 Ces bancs d'huitres ont été établis par les Romains. .
3 Le littoral du golte de Naples a subi des affaissements et des soulèvements alternatifs, dus sans nul doute à l'agtion volcanique; la trace de ces changements de niveau est visible dans les ruines du temple de Juniter Serapis à Pouzzoles,
+ Les principales iles de cet archipel sont : Stromboli, Panaria, Saline, Filicuri, Alicuri, Vuleano et Lipari.
5 Les îles Egades portent les noms de Levanzo, Maretimo et Favignana.
La Corse et la Sardaigne sont séparées l’une de l’autre par un détroit de 12 kilom. de large, appelé les Bouches de Bonifacio et dans lequel on trouve l'écueil dangereux de Lavezzi.
La mer lonienne baigne la partie de l'Italie méridionale comprise entre les caps Spartivento et Santa-Maria-di-Leuca. Elle forme le golfe de Squillace, sur la côte de Calabre, et le grand golfe de Tarente, sur les côtes de la Basilicate et de la Terre d'Otrante. En général, le rivage de la mer lonienne est bas, plat et bordé de petites lagunes. Le golfe de Tarente est poissonneux et d'importantes pêcheries y sont établies ; on y prend beaucoup de thons, d'espadons, d'anchois et de mulets; les huîtres de Tarente sont renommées. Les ports sont rares sur tout ce littoral, où l’on ne peut citer que Tarente et Gallipoli.
En doublant le cap Leuca on entre dans le canal d'Otrante, qui joint la mer lonienne à la mer Adriatique et qui baigne le rivage oriental de la terre d'Otrante, toujours bas, plat, sablonneux et hordé de petites lagunes.
Le littoral de la mer Adriatique, depuis le cap Leuca jusqu'à la presqu'île du mont Gargano, est droit, bas, sablonneux, souvent peu salubre et bordé de lagunes, dont la plus grande est celle de Salpi, près de Barletta. La presqu'ile du mont Gargano forme deux golfes : au Sud, le golfe de Manfredonia, et au Nord, un golfe très-ouvert, dans lequel on remarque les îles Tremiti. La côte septentrionale de cette presqu'ile présente une suite de grandes lagunes. À partir de l'embouchure du Fortore, le littoral de l'Italie est droit et élevé, et conserve ces caractères jusqu’à Rimini. Au Nord de Rimini et jusqu’au golfe de Trieste, le rivage redevient bas, plat, sablonneux ou vaseux, encombré d'atterrissements et de bancs, et couvert de grandes lagunes (lagunes de Comacchio, lagunes des bouches du P, lagunes de Venise (voy. p. 466-7) et lagunes du Frioul), séparées de la mer par des cordons appelés lidi.
Les lagunes de Comacchio (valli di Comacchio}), comprises entre les deux bras du PO, appelés le Pà di Primaro, au Sud, et le Pô di Volano, au Nord, ont 30 kilom. de longueur et autant de largeur; ce sont des marëcages de 1 mètre ou 2 de profondeur; un lido ou cordon de terre très-étroit les sépare de l'Adriatique, avec laquelle elles ne communiquent que par un chenal appelé le Porto di Magnavacca.
Les pêcheurs de Comacchio, petite ville bàtie dans la partie orientale de la lagune, ont établi, au milieu de leurs marécages, par un
système de digues, de canaux et de claies de roseaux, une quarantaine de bassins, commu.
niquant avec le PÔ et avec la mer Adriatique, qui renouvelle sans cesse l'eau des lagunes.
Les bassins servent à recueillir le poisson né dans la mer ct qui cherche des eaux douces et calmes, afin d'y grandir en süreté jusqu'à l'époque où il retournera à la mer pour y déposer ses œufs. À l'époque de la montée, les jeunes poissons trouvent toutes les écluses ou. vertes, et le troupeau vient de lui-même s'emmagasiner dans son parc; à la seconde époque, quand le poisson descend à la mer, il se prend dans les claies qui ferment les issues, L'espèce la plus abondante à Comacchio est l'anguille ; on en prend chaque année près d'un million de kilogrammes, que l’on mrine ou que l'on vend à des marchands qui en remplissent les viviers de leurs bateaux et les conduisent.le long du Pà pour les vendre dans la Haute Italie. — La Mira et Treporte, près de Venise, font concurrence à Comacchio; on y marine les anguilles prises dans les lgunes vénitiennes, et on les expédie en Lombardie, dans le Tyrol et en Autriche.
L'Italie n'a que deux ports importants sur l'Adriatique : Ancône et Venise.
$ 5. Grographie. — L'Italie renferme la chaine des Alpes et celle des Apennins.
Aves, La chaine des Alpes a la forme d'une demi-circonférence ; elle s’étend depuis le col de Cadibone, situé dans les monts Saint- Jacques (San-Giacomo) et au Nord de Savone, jusqu'au mont Bittoray, en Hlyrie ; elle sépare l'Italie de la France, de la Suisse et de l’Allemagne,.
On divise les Alpes en 9 sections, savoir :