‹ Géographie générale [microforme]Chapitre 435 sur 630 · APENNINS · texte numérisé non relu

APENNINS

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Chambéry à Aoste, par le col du Petit-Saint- Bernard ;

Genève à Aoste, par le col du Grand-Saint- Bernard;

Genève à Milan, par le col du Simplon ;

Zurich à Milan, par le col du Saint-Gothard;

Coire à Bellinzona et à Milan, par Splugen et le col du Bernardino:;

Coire à Chiavenna et à Milan, par Splugen et le col de Splugen;

Finstermünz à Trente, par Botzen et le col de Reschen;

Inspruck à Trente, par Botzen et le col de Brenner ;

Inspruck à Milan, par le col du Stelvios

Trente à Milan, par le col du Tonal;

Villach à Trieste, par le col de Predil et Tarwvis ;

Villach à Venise, par le col de Ponteba et Tarvis;

Laybach à Trieste, par Adelsberg.

Flore el faune des Alpes. — On peut diviser les Alpes en 4 zones :

Les cultures, les prairies, les chènes (809 m.) et les hètres, jusqu'à. . . . 1,332 m.

Les forêts de pins, de sapins et de mélèzes, jusqu’à. . . . . 1,786 m.

Les alpes ou paturages!, jusqu’à. 2,700 m. Les neiges perpétuelles. . . . , au-dessus.

Partout les pâturages des Alpes nourrissent de belles races de bêtes à cornes (Suisse, Tyrol, Allemagne) ou de moutons (Alpes Françaises); aussi les dix millions d'habitants qui peup'ent les vallées du massif sont-ils presque tous pasteurs. — Quant aux animaux sauvages, il faut citer le loup, l'ours, le renard, le Lynx, le chat sauvage, le chamois, la marmotte et le vautour.

Alpes Italiennes. — Les Alpes Italieñnes se composent :

Alpes Maritimes, Du versant orientalet des } Alpes Cottiennes, contre-forts des. '. . | Alpes ürées, Alpes Pennines ; Des montagnes du laut Milanais, contrefort des Alpes Centrales ; De la partie orientale des Alpes Rhétiques; De la chaine de l’Ortler, contre-fort des Alpes Rhétiques, avec ses ramifications :

les Alpes de la Valteline ct les montagnes du Bergamasque.

Le versant occidental des Alpes Carniques et Juliennes, les Alpes du Trentin et les Alpes Cadoriques, qui appartiennent à la région ilalienne, sont situés dans la province autrichienne de Vénétie.

Aeexniss. — Les Apennins commencent au

! Pour la flure de ces pturages. Voy. page 362. UÉUGR. GÉNÉRALE,

col de Cadibone et se terminent au cap Spartivento, après avoir traversé toute l'Italie, du Nord-Ouest au Sud-Est. Leur longueur est d'environ 1,300 kilométres,

On divise les Apennins en trois parties, qui

L’Apennin ligurien ou séptentrional, jusqu’au mont Falterona !;

L'Apennin romain ou central, jusqu'au plateau des Abruzzes ;

L'Apennin napolitain où méridional, jusqu’au cap Spartivento,

Apennin ligurien. — L'Apennin ligurien se dirige du Nord-Ouest au Sud-Est. C'est la section la moins haute et la moins large de toute la chaîne, surtout l'Apennin ligurien occidental, qui contourne le golfe de Gênes.

La hauteur moyenne est de 800 m., et les sommets ont à peine 1,200 m. Cependant le mont Cattaro s'élève à 4,787 m., le mont Cimone à 2,168 m. et le mont Falterona à 1,648 m. Les Alpes Apuanes, formées par un contre-fort de l’Apennin, séparent la Magra du Serchio et ont pour point culminant le mont Pisanino (2,050 m.); c'est sur leur versant occidental que l'on exploite le beau marbre de Carrare.

Le versant méridional de l'Apennin ligurien est abrupt et raviné, et dans sa partie occidentale, il tombe à pic sur le golfe de Gênes, dont sa crête n'est éloignéeen moyenne que de 15 à 20 kilom. Le versant septentrional au contraire s'abaisse en pentes douces sur la vallée du Pô et est coupé de vallées fertiles ct populeuses.

L’Apennin septentrional est traversé par plusieurs routes et chemins, qui sont :

La route de Gênes à Turin, par le col de la Bocchetta (180 m.), par lequel passe aussi le chemin de fer de Gènes à Turin;

Le chemin de Gênes à Plaisance, par le col de Montebruno;

La route de la Spezzia à Parme, par Fornouc et le col de Pontremoli (1,040 m.);

La route de la Spezzia à Reggio, par Fivizzano et le col de Sassalbo ;

La route de Pistoie à Modëne, par le col de Fiumalbo (1,205 m.);

Le chemin de fer de Florenre à Bologne;

La route de Florence à Bologne, par le col de Pietramala (910 m.);

La route littorale appelée la Corniche, entre Nice et la Spezzia.

1 On divise quelquefois l'Apennin septentrional en deux parties : l'Apennin ligurien jusqu'au, mont Cimone ; l'Apennin toscan ou éfrusque, jusqu'au mont Cornaro.

Apennin central ou romain. — L'Apennin central se dirige du Nord-Ouest au Sud-Est, entre le mont Falterona (source de l’Arno) et le plateau des Abruzzes. 11 forme, dans sa partie septentrionale, une crête étroite, aiguë et boisée sur son versant oriental, et, dans sa partie méridionale, une suite de plateaux élevés de 1,300 à 2,000 mètres et larges de 25 à 30 kilomètres ; ces plateaux, situés entre les Marches et l'Ombrie, sont accidentés, composés de roches calcaires, déboisés, nus et arides, ou couverts quelquefois de broussailles, et coupés de nombreuses vallées dont les cours d'eau se rendent à l’Adriatique. Guelques hauts sommets couronnent l'Apennin central, parmi lesquels on citera le mont Catria (1,669 m.) et le mont Vettore (2,478 m.) dans les monts Sibillini. .

L’Apennin central n'est traversé que par les deux routes :

De Rome à Fano, par Foligno; De Rome à Ancône, par Foligno et le col Fiorito.

À l'Ouest de l'Apennin central se trouvent plusieurs massifs ou plateaux, entièrement détachés de la chaîne principale, plus bas qu'elle, mais également âpres et sauvages. Ces groupes de montagnes portent les noms de Sub- Apennin loscan, en Toscane, et de Sub-Apennin romain, dans les États de l'Église. Les principaux sont : 1° en Toscane : le mont Pisano (910 m.), dans l'angle formé par le Serchio et l’Arno; — le mont Albano (552 m.), entre l'Ombrone de Pistoie et l'Arno; — le plateau de Toscane, sur lequel s’élèvent les trois groupes de Foltenea (838 m.), de Sienne (1,040 m.) et d'Amiata (1,727 m.). A l'Est de cettemontagne est le col de Radicofani (910 m.), par lequel passe la route de Florence à Rome ; —lepromontoire du mont Argentaro(635m.); — 9 dans les États romains : le groupe de Viterbe (1,073 m. au mont Soriano) ;— la chaine d'Albano(975 m.);,—les monts Lepini. — En comprenant le Sub-Apennin toscan, on trouve que la largeur de l’Apennin central, entre Ancône et le mont Argentaro, est de 200 kilom.; c'est la partie la plus large de toute la chaine.

Apennin méridional ou napolitain. — L'Apennin méridional se dirige du Nord-Ouest au Sud-Est et se compose d’abord d'une suite de plateaux (Abruzzes, Sannio, Bénévent). Le plateau des Abruxxes commence au Sud du mont Véttore et est compris entre le Tronto, au Nord, et le Trigno, au Sud, Sa longueur

est de 140 kilom., sur une largeur de 60 à 70. C'est un pays âpre, pauvre, déchiré par des ravins et des vallées sauvages, arrosé par de nombreux torrents (la Pescara, le Sangro, etc.) et couvert de bois ou de pâturages. La population y est tout entière vouée à la vie pastorale et à l'élève des bêtes à cornes et surtout des moutons. Sur la chaine orientale du plateau on trouve les plus hauts :5mmets de l'A. pennin : le Pizzo di Sevo (2,547 m.), le Gran- Sasso! d'Italie, dont le pic le plus élevé, le monte Corno, atteint 2,992 mètres, et le mont Amaro (2,855 m.). Sur la chaine orientale du plateau, escarnée et sauvage comme la chaine occidentale, on remarque le mont Velino (2,505 m.) et le mont Meta (2,210 m.). — Le plateau des Abruzzes s'abaisse à l'Ouest par des terrasses étroites et abruptes, dont l’une, au Nord-Ouest, entre le Tibre et le Salto, porte le nom de montagnes de la Sabine.

Les plateaux du Sannio et de Bénévent sont couverts ue bois et de pâturages comme le plateau précédent, mais ils sont moins élerés, moins âpres et moins larges; ils s'abaissent sur l'Adriatique, à l'Est, en pentes douces, tandis qu’à l'Ouest leur talus est plus raide. Quelques sommets ont de 1,450 à 1,800 mitres d'élévation,

Au sud de Pérévent, l'Apennin méridional reprend le caractère d’une chaine de montagnes et se bifurque bientât au mont Acuto, à la source du Brandano. :: branche occidentale, qui continue la chaine de l’Apennin, se dirige du Nord au Sud et va finir au cap Spartivento, en traversant la Basilicate et la Calabre et en longeant la côte occidentale de lItalie. Les principaux sommets sont : dans la Basilicate, le mont Sirino (1,850 m.) et le mont Pollino (2,275 m.) ; dans la Calabre, le mont Melo et le plateau de la Sila (1,785 m.), remarquable par ses forêts? et ses pâturages alpestres.

À une petite distance au Sud de Nicastro, et à l'entrée de la Calabre ultérieure, l'Apennin s'abaisse et forme, entre les golfes de Santa- Eufemia et de Squillace, une vallée déprimée, dont le maximum d'altitude n’est que de 260 mètres; cette dépression sépare la Calabre du reste de l'Italie. Bientôt le sol de la presqu'’ile de Calabre se relève et forme une petite chaine granitique, abrupte, boisée ou aride, NN ER DRE ER

La grande roche. |

2 Ces forêts, composées de pins, sapins, chênes, hètres et châtaigniers, donnent de bons bois pour les constructions navales ; elles étaient déjà exploites par les Syracusains et les Athéniens.

dont les vallées cime la plus haute, d'élévation.

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Les principaux méridional sont :

qui forme une pet la mer Adriatique, 650 à 975 mètres, tres ; — à l'Ouest, la plaine de Pœst Policastro, au Sud.

Les principales pennin méridonal cara, par Terni, K ples à Popoli, et « enfin, celle de Na

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en Sicile, haute m de 160 kilomètres flancs sont couvert tères secondaires ; yes, peuplés de 15 blis, malgré le dai Les iles Lipari ou É ques; le volcan de en éruption ; celui vapeurs sulfureuse:

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dont les vallées sont très-fertiles et dont la cime la plus haute, l’Aspromonte, a 520 mètres d'élévation.

La branche orientale de l’Apennin méridionil traverse du Nord-Ouest au Sud-Est la Terre de Bari et la Terre d'Otrante, et va finir au cp Santa-Maria-di-Leuca ; elle se compose d'une suite de collines calcaires, isolées!, hautes d'abord de 325 mètres et qui s’abaissent en approchant du cap Leuca.

Les principaux appendices de l’Apennin méridional sont : à l'Est, le Monte-Gargano, qui forme une petite presqu'ile s'avançant sur la mer Adriatique, et dont le plateau, élevé de 650 à 975 mètres, a un sommet de 1,560 mètres ; — à l'Ouest, un massif qui existe entre la plaine de Pæstum, au Nord, et le golfe de Policastro, au Sud.

Les principales routes qui traversent l’Apennin méridonal sont : celles de Rome à Pescara, par Terni, Rieti et Aquila; celle de Naples à Popoli, et de là Aquila et à Pescara ; enfin, celle de Naples à Foggia.

Voucans, Sazses. — Les volcans d'Italie sent : le Vésuve (1,198 m.), près de Naples ?, et l’Etna, en Sicile, haute montagne de 3,237 mètres, de 160 kilomètres de tour à sa base et dont les flancs sont couverts de plus de deux cents cratères secondaires ; soixante.cinq villes ou villages, peuplés de 150,000 habitants, ont été établis, malgré le danger, sur ce sol fécond. — Les iles Lipari ou Éoliennes sont toutes volcaniques; le volcan de l'ile Stromboli est sans cesse en éruption ; celui de l’ile Vulcano dégage des vapeurs sulfureuses et de l'acide borique; c’est plutôt une solfatare qu’un volcan proprement dit; les volcans de Lipari sont éteints actuellement. — La Solfatare 5 ou soufrière, située près de Pouzzoles, est un volcan en repos, qui a produit vers 4100 une éruption fameuse. La solfatare est couverte de collines (500 m.), du sommet desquelles s'échappent constamment des vapeurs sulfureuses ; le soufre abonde dans toute cette région. — Le Monte- Nuovo di Cenere s'est formé, en 153%, dans le lac Lucrin à la suite d'éruptions, après lesquelles le lac n’a plus présenté qu'un marais fangeux et couvert de roseaux; c'est le Lago di Licola. — Les îles Ponces (Ponza)

‘Ces sommets portent les noms de mont San- Agostino, mont Lupola, mont Sofano, mont Focaro, mont Hidro,

* La Somma, qui entoure en partie le cratère acee du Vésuve, est le reste du cratère primitif du volcan.

* Champs Phlégréens et Forum de Vulcain des Anciens,

sont des restes d'anciens volcans qui ont été démantelés. — L'ile d'Ischia (780 m.) est aussi un ancien volcan, dont l’une des bouches latérales fournissait encore en 1302 une coulée de trachyte. — L'ile de Procida, le cap Misène, les collines de Rome et les monts Euganéens sont aussi le produit d'anciennes éruptions.

— Le Val de Noto, dans la Sicile, renferme plusieurs volcans éteints. Ù

Les salses ou soufflards (Fumacchi et Soffioni) sont des volcans aériens, lançant des vapeurs aqueuses, chaudes (105 à 120°), qui

F s'échappent avec force des fissures du sol et

s'élèvent en colonnes de 10 à 20 mètres de hauteur. Ces vapeurs exhalent une forte odeur d'hydrogène sulfuré. Les salses se trouvent à Sassuolo, dans le Modenais, le Volterrais et le Siennois. — 11 faut aussi mentionner, dans l’Apennin, sur la route de Bologne à Florence, les feux de Pietramala (fuochi di Pietramala), produits par des dégagements de gaz hydrogène et toujours brülants.

$ 4. Hydrographie. — L'Italie se divise en deux parties: l’une, l'Italie continentale, arrosée par le Pô et entourée de tous côtés par la chaîne des Alpes et par l'Apennin septentrional ; l’autre, l'Italie péninsulaire, située au Sud de la précédente.

La première, l'Italie continentale, renferme la grande vallée du PÔ, plaine riche et fertile, qui 1 été le théâtre de guerres nombreuses et sanglantes. Quant à l'Italie péninsulaire, elle est divisée par les Apennins en trois versants, qui sont ceux :

De la mer Adriatique, à l'Est; De la mer Jonienne, au Sud; De la mer Tyrrhénienne, à l'Ouest.

Italie continentale.

L'Italie continentale est tout entière dans le versant de la mer Adriatique ; les fleuves qui l’arrosent sont :

Le Pô, qui traverse le royaume d'Italie et la Vénétie ; L'Adige.. . ..

Le Bacchiglione.

La Brenta.. . .

La Piave. . . .

La Livenza, . .

Le Tagliamento.

L'Isonzo. . . .

qui arrosent la Vénétie, et qui ont été décrits pages 431-52,

Bassin pu Pô. — La ceinture du bassin du Pô est formée par l'Apennin septentrional, par les Alpes Maritimes, Cottiennes, Grécs, Pennines, Lentrales et Rhétiques, et par le contre-fort des Alpes Rhétiques appelé la

chaine de l'Ortier, qui se dirige entre le lac de Garde et l'Adige, et qui finit sous les noms de plateaux de la Corona, du Montebaldo et de Rivoli. — Le Pô prend sa source au mont Viso (1,951 m.); il coule d'abord du Sud au Nord dans une vallée montueuse, étroite et très-inclinée ; il passe auprès de Saluces, où il n'est plus qu'à 351 m. audessus du niveau de la mer, et près de Carmagnole et de Carignan. Arrivé à Turin, le Pô change de direction, coule à l'Est et arrose dès lors un pays de plaines, en passant par Chivasso, Crescentino et Verrue, Trino, Casal, Valenza, Bassignano, Stradella, où la vallée du fleuve est resserrée par un contre-fort des Apennins et forme un défilé important, Plaisance, où il commence à être endigué, Crémone, Casale-Maggiore, Brescello, Guastalla et Luzzara. Au-dessous de ce village, il entre dans la Vénétie (empire d'Autriche), en sort à Ficcarolo, et dès lors sert de limite à la Vénétie et au royaume d'Italie. Dans cette partie de son cours, le là arrose un pays marécageux et endigué, exhaussant sans cesse son lit par les alluvions qu'il charrie, et menacant, dans ses crues, d'une destruction complète les pays riverains, malgré les digues gigantesques qui les protégent. — C'est audessous de Ficcarolo que commencent les bifurcations successives qui constituent le delta du Pô. La première, la plus méridionale, est formée par un bras qui se sépare du fleuve sous le nom de Poatello, se joint au Panaro, traverse Ferrare et y prend le nom de P6 di Primaro, qu'il conserve jusqu'à l'Adriatique. La seconde branche se sépare de la première à Ferrare et se rend à la mer sous le nom de P6 di Volano. La troisième se détache du Pô près de Papozze; c'est le Pô di Goro, qui sert de limite entre le royaume d'Italie et la Vénétie. Un peu au-dessous de Papozze, le Pô se sépare en deux grands bras, le Pô della Maestra et le P6 di Levante, qui est la bouche la plus septentrionale. Le Pô della Maestra se partage lui-même en trois bras principaux : le Pd della Gnocca ou della Donxella, qui est la branche la plus facile pour la navigation, le PO delle Tolle et le PÔ della Maestra. Tout le delta du Po, formé par les alluvions que dépose le fleuve, est marécageux et couvert de lagunes, dont les plus grandes sont celles de Comacchio. Les alluvions déposées par le Pô ont reculé le rivage, depuis 44 ou 1500 ans, de 99 kilomètres!.

{ Eu effet, Adria, qui était sous les empereurs romains une ville maritime importante, est aujourd'hui à 55 kilomètres de la mer.

La longueur du Pô est de 550 kilomètres, — Sa profondeur ordinaire est de 2 à 3 m., et quelquefois de 7 m. — La largeur est généralement considérable; elle est de 227 m., à Turin, de 600 m. à Plaisance, de 910 m. à Crémone, de 1,325 m. à Guastalla, et de 150 à 250 m. pour les diverses bouches du Pô, — Jusqu'à Bassignano, qui est au confluent du Tanaro, le cours du PÔ est très-rapide: à parlir de ce point, la pente du fleuve diminue, et sa vitesee ordinaire est alors de 1 m. par seconde. Depuis Bassignano, les rives du PÔ sont basses, et le fleuve coule au milieu d'un pays plat, uni et couvert de riziéres ou

d'herbages jusqu'à Guastalla; au-dessous ce .

cette ville, la vallée est entièrement maricageuse. — La navigation du PÔ, qui commence au confluent du Tésin, est en général difficile, son lit étant encombré de bancs de sable et d'iles. — Les crues du Pô sont subites et très-fortes; elles ont lieu au printemps et en automne ; leur hauteur est quelquefois de 18 à 20 m., la vitesse du fleuve étant alors de 5",50 par seconde.

Les affluents du Pô sont : à gauche, le Clusone, la Doria Riparia, la Doria Baltea, la Sesia, l'Agogna, le Tésin, l'Olona, le Lambro, l'Adda, l'Oglio et le Mincio ; — à droite : ka Vraita, la Maira, la Stura, le Tanaro, la Scrivia, la Trébie, le Taro, la Parma, le Crostolo, la Secchia, le Panaro, le Reno et le Santerno.

Affluents de gauche.

Le Clusone descend du mont Genèvre:

c'est un torrent qui passe à Fenestrelle et près de Pigaerol. — La Doria Riparia descend aussi du mont Genèvre et passe à Exilles et à Suze. — La Doria Baltea sort du mont Blanc; c’est. un cours d'eau assez considérable, qui passe à Aoste et à [vrée, — La Sesia descend du mont Rosa; c’est un torrent rapide, qui arrose Romagnano et Verceil. — L'Agogna passe près de Novare et de Mortara.

Le Tésin (Ticino) sort du massif du Saint- Gathard ; il arrose d’abord le val Leventina, vallée étroite et bordée de hautes montagnes, et Bellinzona, en Suisse ; il se jette dans le lac Majeur, sur lequel est Arona et qui recoit là Toce, qui descend aussi du massif du Saint- Gothard et passe à Domo-d'Ossola. Le Tésin sort du lac Majeur à Sesto-Calende et coule dès lors du Nord-Ouest au Sud-Est, en passan' Buffalora, près de Turbigo, près de Vigevar:

et à Pavie. C'est une rivière importante el une bonne ligne de défense ; sa longueur depuis Sesto-Calende est de 100 kilom. ; sa lar-

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geur, au pont de Buffalora, est de 300 m.; les crues ont de 3 à 4 m., et alors la rivière a de 900 à 1,200 m. de lurgeur, Le Tésin coule dans un lit profond et divisé partout en bras nombreux entourant de grandes iles ; toute sa vallée est coupée de canaux et de riziéres. — L'Olona est un torrent de 5) kilom., qui passe Milan. — Le Lambro sort du lac de Pusiano, passe à Monza, à Marignan et à San-Angiolo où il reçoit le Lambro méridional qui traverse Landriano ; il prend alors le nom de Grand- Lambro sous lequel il se jette dans le Po, après un cours de 100 kilomètres.

L'Adda descend de l'Ortler, coule d'abord de l'Est à l'Ouest dans la Valteline, vallée étroite et longue de 80 kilom., dans laquelle il passe à Tirano, Sondrio et Morbegno, puis il se jette dans le lac de Côme un peu au Nord de Colico. Le lac de Côme reçoit la Maïra, qui passe à Chiavenna ; il se partage, au Sud, en deux bras, l'un qui finit à Côme, au Sud- Quest, l’autre à Brivio, au Sud-Est. L'Adda sort du lac de Côme à Brivio, coule au Sud- Est, passe à Lecco, à Vaprio, à Cassano, près d'Agnadel, à Lodi et à Pizzighettone, où il reçoit le Serio, qui arrose Bergame et Crema.

L'Adda est une rivière importante et une bonne ligne de défense; sa longueur depuis Brivio est de 440 kilom., et sa largeur est de 100 m. à Brivio et de 300 m. à Lodi; il coule au milieu de prairies et, entre Vaprio et Lodi, il se partage en plusieurs bras et forme de nombreuses iles.

L'Oglio prend sa source au mont Tonal, arrose d'abord le val Camonica, traverse le lac d’Iseo, passe près de Chiari et de Soncino, à lontevico et à Marcaria, et se jette dans le P5 à Scorzarolo, après un cours de 200 kilom. La largeur de l'Oglio varie de 60 à 120 m. Il adeux affluents à gauche : la Mella, qui arrose le val Trombia et Brescia, — et la Chiese, qui traverse le lac d'Idro (près de la rive occidentale duquel est la Rocca d'Anfo) et passe à Gavardo, Calcinato et Montechiaro. — La vallée de la Chiese est séparée de celle du Mincio par une suite de hauteurs calcaires, blanchâtres, arides, mal cultivées et dévastées par des myriades de cigales. C'est sur ces plateaux que se trouvent les villages historiques de Lonato, de Castiglione, de Solierino et de Cavriana.

Le Mincio descend aussi du mont Tonal; c'est d'abord un torrent qui s'appelle la Sarca et se jette dans le lac de Garde, sur lequel sont situées les villes de Riva, de Salo et de Desenzano. Le Mincio sort du lac à Peschiera sous le nom de Mincio et sépare, jusqu'au lac

de Mantoue, la Vénétie du royaume d'italie, arrosant à gauche, en Vénétie, Valeggio et Pozzolo ; à droite, en Italie, Mozambano, Borghetto et Goito. Le Mincio forme un lac marécageux, sur lequel est située la grande place forte de Mantoue; dès lors il coule sur le territoire autrichien et se jette dans le PO un peu au-dessous de Governolo. Cette riviéreest une bonne ligne de défense, bien qu'elle soit guéable presque partout.

Affluents de drôite.

La Vraita est un torrent qui passe à Chàteau-Dauphin, — La Maira est aussi un torrent qui passe près de Genola et à Savisliano.

Le Tanaro, grande rivière de 200 kilom. ct de 80 à 100 m. de large, descend du mont Gioje, dans les Alpes Maritimes, passe à Ceva, Cherasco, Asti, Alexandrie et finit à Bassignano. Il reçoit à droite : la Bormida, formée par deux gros ruisseaux : la Bormida orientale, qui traverse Montenotte et Dego, et la Bormida occidentale, qui passe à Millesimo; ces deux cours d'eau se réunissent à Bistogna ; puis la Bormida passe à Acqui et finit à Alexandrie. — Le Tanaro reçoit à gauche : l’Elero, torrent qui passe à Mondovi,— et la Sura, qui sort du pic de l'Enchastraie et traverse Lemonte, Coni, Fossano et finit à Cherasco;, c'est une rivière large de 50 mètres.

Tous les autres affluents du l'ù descendent des Apennins; ce sont des rivières torrentielles, presque à sec en été, sujettes à des crues subites et terribles, et coulant dans des lits irréguliers , larges de 1 à 2 kilom., emcombrés de gravier et sans berges. Le premier de ces affluents est la Scriviu, qui passe à Serravalle, près de Novi et à Tortone. — Le second, le plus important de tous, est la Trébie (Trebbia), grande rivière de 80 kilom., qui forme une bonne ligne de défense, passe à Bobbio et à Rivalta, et finit un peu à l'Ouest de Plaisance. De nombreuses batailles ont été livrées sur ses bords. — Les autres affluents du Pô sont : le Taro , qui passe à Borgotaro et à Fornoue ; — la Parma, qui arrose Parme et Colorno ; — le Crostolo, qui arrose Reggio ct finit à Guastalla ; — la Secchia, qui passe près de Modëne; — le Panaro, qui finit à Bondeno! ; — le lieno, qui passe près de Bologne et coule ensuite dans plusieurs canaux qui vont se terminer au Pô di Primaro; — le

* Ces trois dernières rivières fournissent un grand nombre de dérivations et alimentent plusieurs canaux d'irrigation.

Santerno, qui passe à Imola et finit aussi dans le Pô di Primaro.

Italie péninsulaire.

L'Italie péninsulaire est arrosée par un grand nombre de cours d'eau tributaires des trois mers qui baignent cette région. Dans l'Italie centrale, quelques-unes de ces rivières sont encore assez considérables, mais dans l'Italie méridionale, ce ne sont plus que de petits cours d’eau torrentiels. Toutes les rivières de l'Italie péninsulaire descendent des Apennins.

Versant de l'Adriatique. Les rivières qui se jettent dans la mer Adriatique sont, dans l'Émilie : le Montone, qui passe à Forli et finit près de Ravenne; — le Rubicon!; — la Marecchia, dont l'embouchure est près de Rimini. — Dans les Marches: la Foglia, qui se jette dans l’Adriatique à Pesaro ; — le Metauro, qui passe près d'Urbin et finit à Fano; — l'Esino, qui arrose Jesi; — le Chienti, qui passe à Tolentino et près de Macerata ; — le Tronto, qui se jetle à Ascoli. — Dans les Abruztes , la Pescara, qui s'appelle l'Aterno depuis sa source jusqu'à Popoli, et qui passe ensuite près de Chieti; — le Sangro ; — le Trigno, qui sépare les Abruzzes du Sannio. — Dans la Capitanate, le Fortore, qui sépare le Sannio de la Capitanate ; — l'Ofanto, grande rivière qui sépare la Capitanate de la Terre de Bari,

Versant de la mer lonienne. Les principales rivières qui se jettent dans la mer lonienne sont : le Brandano et le Basente, qui arrosent la Basilicate, et le Crati, qui passe à Cosenza, dans la Calabre.

Versant de la mer Tyrrhénienne. Lesrivières qui se jettent dans la mer Tyrrhénienne sont : la Magra, le Serchio, l'Arno, l'Ombrone, le Tibre, le Garigliano, le Volturno et le Sele.

La Magra arrose la Lunigiana , Pontremoli et Sarzana, et finit un peu à l'Est du golfe de la Spezzia. — Le Serchio arrose la Garfagnana et Lucques.

L'Arno, la principale rivière de la Toscane, descend du mont Falterona, passe près d’Arez20, à Florence, Empoli, Pontedera et Pise, et coule dans une vallée qui est très-fertile jusqu'à Pontedera , tandis qu'elle ne présente au-d:ssous de cette ville que des landes et des prairies désertes, où paissent des chevaux, des buffles, des bæufs et des porcs à demi sauvages.

4 On trouve entre Gesena et Rimini quatre ruisseaux appelés le Pisciatello, le Ragoste, le Fiumicino et l'Uso; on ne sait pas lequel est le Rubicon de César,

L'Arno a 250 kilom. de long ; sa largeur est de 200 m. à Florence. Ses principaux affluents sont, à droite ; l'Ombrone de Pistoie (0mbrone Pistojese), qui passe à Pistoie et près de Prato; à gauche : la Chiana, l'Elsa et l'Era, — La Chiana, rivière aujourd’hui canalisée, traverse le val de Chiana, autrefois marées.

geux et insalubre, actuellement sain et fertile, Cette rivière , ou plutôt ce canal naturel, qui réunit l’Arno et le Tibre, a deux plans de pente, l’un vers l'Arno, l'autre vers le Tibre: son point de partage est à Callone, à 2 kilom. de Chiusi. La Chiana se divise en : Chiana tos. cana, qui va du Sud au Nord, traverse les lacs de Chiusi et de Montepulciano , prend le nom de Canale Maestro et se réunit à l’Arno, à quelque distance au Nord-Ouest d’Arezzo ; — et Chiana romana, qui va du Nord au Sud et se réunit près d'Orvieto à la Paglia, qui sejette dansle Tibre, à quelques kilomètres plus loin, De grands travaux ont été accomplis pour canaliser le lit de la Chiana et assainir sa vallée; actuellement cette rivière sert de canal d'é. coulement et de navigation. — L'Ombrone arrose la Toscane méridionale et passe à Grosseto. ;

Le Tibre (Tevere) prend sa source dans les Apennins, au mont Comero, et coule du Nord au Sud, en arrosant la Toscane, où il passe à Borgo-San-Sepolcro , l'Ombrie, où il passe près de Pérouse, et les États de l'Église, où il traverse Rome ; au-dessous de cette ville il se partage en deux bras qui forment l'ile Sacrée; le bras septentrional, sur lequel est Fiumicino, est navigable, La longueur du Tibre est de 300 kilom. ; sa largeur est de 75 m. Il coule d’abord dans un pays de montagnes et dans une vallée étroite, profonde et acidentée ; puis, il débouche dans la plaine et roule ses eaux jaunes et chargées de limon, sur un sol plat, qu'il inonde souvent !, Les principaux affluents du Tibre sont, à droite : la Paglia; à gauche : le Topino, la Nera et le Teverone. — La Paglia passe à Orvieto et se joint à la Chiana. — Le Topino passe à Foligno et arrose un pays fertile et bien cultivé. — La Nera descend des Apennins, coule dans une vallée étroite et rocheuse, passe à

Terni et à Narni, et reçoit le Velino, qui passe :

à Rieti et qui a pour affluent le Salto. — Le Teverone (Anio des Anciens) passe à Tivoli, où il forme de célèbres cascades. C'est un torrent très-redoutable à cause de ses crues énormes et subites.

4 La crue de 1794, à Rome, s'est élevée à 14 mètres.

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Les autres affluents de la mer Tyrrhénienne ne sont plus que de petits cours d’eau, parmi lesquels nous mentionnerons seulement le Garigliano , le Volturno et le Sele. — Le Garigliano descend du plateau des Abruzzes ; il porte le nom de Liri dans sa partie supérieure et jusqu'au confluent du Sacco, qui arrose les États de l'Église. Le Garigliano traverse la Terre de Labour , passe près d’Arpino et à Ponte- Corvo. — Le Folturno descend du plateau du Sannio et arrose la Terre de Labour et Capoue. — Le Sele arrose la Principauté et se jette dans le golfe de Salerne.

Lacs. Les principaux lacs de l'Italie sont :

4° Au pied des Alpes, dans la Lombardie :

Le lac d'Orta; — le lac Majeur (lago Maggiore), dont la profondeur est de 800 m. et qui verse ses eaux dans le Tésin ; il renferme les charmantes îles Borromées, situées au fond du golfe dans lequel débouche la Toce ; — le lac de Varese, qui verse ses eaux dans le lac

, Majeur; — le lac de Lugano; — le lac de Côme, traversé par l'Adda; — le lac d'Iseo, d'où sort l'Oglio ; — le lac d'Idro, qui verse ses eaux dans la Chiese; — le lac de Garde, le plus grand lac de l'Italie, très-poissonneux et d'où sort le Mincio. — Tous ces lacs sont célébres par la beauté de leurs paysages et par la limpidité de leurs eaux : tous sont sujets, au printemps et en antomne, à des crues violentes de 3 à 6 mètres.

2% Au pied de l'Apennin central, sur le versant occidental ;

Le lac de Trasimène; — les lacs de Chiusi et de Montepulciano ; — le lac de Bolsena ; — le dc de Vico: — les lacs de Bracciano, d'Albano ct. de Nemi, anciens cratères ; — le lac Fucino où de Celano, qui verse une partie de ses eaux fans le Liri par un aqueduc percé, par les ordres de l'empereur Claude, sous le haut plateau de Palenti.

$ 5. Climat. — On peut diviser l'Italie, relativement à la température, en 4 régions ou zones, La première comprend la vallée du P6, dont le climat est tempéré comme celui de la France du milieu; les lacs de cette région et les lagunes de Venise gèlent quelquelois en hiver, et on a vu le thermomètre descendre jusqu’à — 10°G.à Venise, Cette région ne cultive ni l'olivier, ni l'oranger ; mais le maïs et la vigne y viennent très-hien. — La deuxième zone, comprise entre 44° et 41° & lat., renferme la Tos-

ane, l'Ombrie, les Marches, le patrimoine de Saint-Pierre et les Abruzzes. La neige n'y tombe plus que sur les hautes montagnes ; la

température y varie entre O°et 35°; l'été y est chaud et long. L'olivier y réussit. — La troisième zone, comprise entre 41° # et 39 £ lat., renferme toutes les provinces Napolitaines, moins les Abruzzes, au Nord, et la Calabre, au Sud. C'est une région chaude; pendant l'été le thermomètre s'y élève à 44° C.; aussi l'oranger y croit en pleine terre. — La quatrième zone, comprise entre 39° £ et 36° lat., renferme la Calabre, la Sicile et Malte ; c'est une région très-chaude, où l'on cultive le palmier, la canne à sucre et le coton.

Les vents dominants en Italie sont ceux d'Ouest et de Sud-Ouest ; le sirocco s'y fait souvent sentir. — La Toscane est le pays de l'Italie où il pleut davantage ; on y compte en moyenne 120 jours de pluie.

Le climat est généralement sain, excepté dans les lagunes du PÔ, les rizières!, les maremmes, la campagne de Rome*, les marais Pontins et sur les parties du littoral où il y a des lagunes et des marécages ; dans ces diverses contrées presque désertes, la malaria engendre des fièvres dangereuses. — La Lombardie, la Vénétie et l'Émilie sont ravagées par la pellagre (male rossa), qui parait être produite par le maïs, quand il est attaqué par le verdet.

$ 6. Productions minérales. — Les principaux districts miniers de l'Italie sont : la Toscane (montagnes entre Carrare et le Monte- Amiata), l’île d'Elbe, la Sardaigne, les Alpes Piémontaises et le Bergamasque. Les produits sont :

La houille, exploitée à Monte-Bamboli, en Toscane ; le produit de ces mines est de 12,000 tonnes ; — l'anthracite, à Monte-Bamboli et dans les Alpes Piémontaises; — le lignite, dans le Vicentin, en Lombardie, en Toscane, à Cadibone et à Sogliano (Marches) ; — la tourbe, en Toscane, dans le Bergamasque, dans la province de Crémone, dans les provinces de Suze, d'Ivrée et de Novare 5,

Le fer, dont les principaux gites se trouvent à Rio-Marina dans l'île d'Flbe ; on y exploite, dans les roches serpentineuses un fer oligiste excellent. On tire du fer spathique de Sondrio

1 Les rizières ne sont malsaines quelorsque l'eau y reste slagnante; ainsi dans la province de Verceil, comme dans la Ghine, l'eau est sans cesse en mouvement dans les rizières, qui na sont pas insalubres.

* Une des causes de l'insalubrité de la campagne de Rome est la très-grande fraicheur des nuits suc cédant sans transition aux fortes chaleurs de la journée.

5 La production des combustisles en Italie est d'autant plus importante que le bois y est rare.

(Valteline) et du val Campnica. Il y a aussi les

gisements de Traversella, prés d’Ivrée, et de’

Cogne, près d'Aoste. — Les centres de fabrication du fer sont : l'ile d'Elbe, la Toscane et la rivière de Gënés, où l'on met en œuvre le minerai de Rio; les environs de Bergame, de Côme et de Brescia, où l'on fait de bons fers avec les minerais de Sondrio et du val Camohica ; le val d'Aoste, où l’on emploie le minerai de Cogne et de Traversella.

Le cuivre, qui est exploité à Monte-Catinit (Toscane), à Agordo (Vénétie) et à Tartuccia (Sardaigne) ; — le mercure, au Monte-Amiata, à Silvena (Toscane) et à Vallalla (Vénétie) ; — l'antimoine, au lac S'efano et à Pereta, près d'Orbitello (Toscane) ; — le plomb argentifére, au Bottino près de Seravezza (Toscane), au col de Tende et dans le val d'Aoste ; — le plomb, dans les mines de la Sardaigne, qui fournissent du minerai aux usines à plomb de Marseille,

Les marbres et l'albâtre, qui sont une des principales richesses minérales de l'Italie. Les carrières de Carrara et de Massa * fournissent un très-beau marbre blanc statuaire ; on en exploite aussi à Seravezza. Les marbres de couleur se trouvent dans lo Toscane, les Alpes Piéimontaises, l'Apennin ligurién, le Bergamasque ct le Vicentin. — Le vert de mer s'exp'oite dans la Rivière de Gènes; le portor, au cap Porto-Venere (Rivière de Gènes) ; le jaune de Sienne, à Monte-Arenti ; le bleu turquin, à Seravezza. — L’albâtre est exploité à Casiellina-Maritima, au Sud de Livourne, et dans les environs de Volterra (Toscane).

On exploite de belles ardoises, dites de Gènes, à Lavagna, près de Chiavari ; — du kaolin, dans l'ile d'Elbe 5 et dans la province de Novare ; — du plètre, aux environs du lac d'Iseo ; — des corindons, pour la joaillerie ou pour faire de l'émeri, à Iseglio, dans la province d'Ivrée. — On exporte de l’île Lipari une grande quantité de pierre ponce, tirée de la montagne de Campobiancot.

Soufre. — La Sicile est le principal centre

* Le minerai est envoyé aux fonderics de Swansea, en Angleterre,

2 Il ya 580 carrières à Carrara et 80 à Massa ; on en extrait 6,000 tonnes de marbre, valant 1,800,000 fr. — 50,000 tonnes sont exportées, à l'état brut ou à l'état de marbres fabriqués (cheminées, mortiers, ote.), — 5,800 ouvriers sont employés dans les carrières ou dans les ateliers pour le travail dn marbre,

5 C'est le kaolin de l'ile d'Elbe qui alimente la fabrication de Doccia.

+ La terre ocreuse connue sous le nom de terre de Sienne vient de Grosseto (Toscane),

GÉOGRAPIHE GÉNÉRALE.

de production du soufre ; on évalue la quantité qu'elle fournit à 250,000 tonnes. Les soufrières sont aux environs de Caltanisetta. On trouve aussi du soufre à la Solfatare, près de Pouzzoles, dans la Romagne et en Toscane, mais en petite quantité.

Alun. — Les principales alunières de l'Italie sont celles de la Tolfa (près de Civita-Vecchia), qui fournissent l’alun de Rome, si justement renommé, et celles de Montioni, en Toscane.

Borax!.— Ontire le borax des Lagonti (lacs boracifères) du territoire de Volterra, en Toscane.

Sel.— Le sel est fourni par les dépôts de sel gemme de l’Altomonte, en Calabre; — par les salines de Comacchio, de Cervia, de Miliscola et de Barletta (Adriatique), de l'ile d'Elbe (plage de Porto-Ferrajo), de la Sardaigne (Cagliari, Carloforte), de la Sicile (entre Trapani et Mar. sala), de Corneto et d'Ostie, et par les sources salées de Volterra, de Salso-Maggiore (Parme) et de Lungro (provinces Napolitaines).

Eaux minérales. — Les principales éaux minérales de l'Italie se trouvent à :

Abano (Vénétie). — Thermales ; chlorurées.

sodiques.

Acqui (Piémont). — Thermales ; sulfuréescalciques.

Castellamäre (Naples). — Thermales ou froides ; chlorurées-sodiques et calcaires, sulfureuses et lerrugineuses.

Chianciano (Toscane). — Thermales; sulfatées-calcaires.

Civillina (Vénétie). — Froides ; sulfatées et ferrugineuses.

Courmayeur (Piémont). — Froides; carbonatées-calcaires. |

San-Giuliano (Toscane). -- Thermales ; sulfatées-calcaires.

Ischia (Naples). — Thermales : chlorurées et bicarbonatées-sodiques.

Lucques (Toscane). — Thermales ; sulfatéescalcaires et ferrugineuses.

Monte- Alcelo (Toscane). — Thermales ; sulfatées et carbonatées-calcaires et gazeuses.

Monte-Catini (Toscane). — Thermales ou froides ; chlorurées-sodiques et gazeuses.

La Porrelta (Romagne). — Thermales;

chlorurées-sodiques et sulfureuses.

Recoaro (Vénétie). — Froides; sulfatées et carbonatées-calcaires ; sulfatées-magnésiques et ferrugineuses.

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4‘ Le borax est employé dans la fabrication de la poterie,

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Tabiano (Parme). — Froides; sulfatées-calaires et sulfureuses,

Trescore (Lombardie). — Froides ; chlorurées-sodiques et magnésiques, iodurées et sulfureuses.

Valdierit (Piémont). — Thermales ; sulfureuses et magnésiques.

Vésuvienne-Nunxiante (Naples). — Thermales; bicarbonatées-sodiques, sulfatées et chlorurées potassiques, ferrugineuses, gazeuses. é

Vinadio (Piémont). — Thermales ; chlorurées-sodiques et sulfureuses.

Viterbe (États romains). — Thermales ; sullatées-calcaires, sullfureuses, iodo-bromurées, ferrugineuses.

$ 7. Productions végétales et animales: géographie agricole ?. — L'Italie est une région tout agricole, presque partout féconde, mais dont les méthodes et les instruments sont généralement arriérés, excepté dans la province piémontaise de Novare et dans la Lombardie, pourvues d'un admirable système d'irrigations, dans la Toscane, qu'on asurnommée le jardin de l'Italie, et dans la Terre de Labour.

Le Piémont, la Lombardie et la Vénétie sont en général très-fertiles; on y récolte du maïs, principal aliment de la population, du blé et, dans les parties basses et irrigables, beaucoup de riz. .

La Lombardie cultive en grand le trèlle et la luzerne; la vigne et les müriers abondent partout ; mais le caractère principal de la géographie agricole de cette région et d’une partie du Piémont consiste dans de vastes prairies arrosées par le plus beau système d'hydraulique agricole qu'il y ait au monde, et sur lequel il convient d'entrer dans quelques détails.

La partie irriguée du Piémont est située au Nord du P6, entre l'Orco et le Tésin; elle est arrosée par de nombreux cours d'eau à pente rapide et, ce qui est essentiel, dont le volume d’eau est très-considérable en été, à cause de la fonte des neiges des Alpes. Cette contrée est donc naturellement disposée pour l'irrigation ; aussi, on a dérivé des cours

“En français Vaudier, Ces eaux, qui se trouvent dans la province de Coni, sont en grande réputation el les rivales de nos eaux d'Aix.

* Cf, Voyage dans l'Italie, par Furcninon; Revue des Deux Mondes du 1° août 1858; Agriculture de l'Italie seplentrionale, par G. Heuzé, 1 vol. in-8°, 1864,

3 L'Orco, la Doria Paltea et son affluent la Chiu- Seila, la Sesiu et ses affluents l'Elvo et le Cervo, l'Agogna, le Terdoppio et le Tésin.

d'eau qui la parcourent,'de nombreux canaux, presque tous navigables! et qui alimentent eux-mêmes un très-grand nombre de dérivations secondaires (navilelti), lesquelles donnent de l'eau à toute la province.

Ce pays* était autrefois inculte, aride et marécageux, pauvre et dépeuplé; c'est aujourd’hui une contrée riche, peuplée et cultivée en rizières ou en prairies. La transformation s'est accomplie du treizième au quinzième siècle, époque de l'établissement des canaux.

Il y a bien aussi sur la rive droite du P6, dans la province d'Alexandrie, quelques irrigations fournies par les torrents des Apennins ; mais ces rivières n'ont que peu ou pas d'eau en été.

En tout, le Piémont renferme 110,000 hectares de sol arrosé.

La Lombardie compte 1,200,000 hectares de plaines d’alluvions entre les Alpes, le Tésin, le Pô et l’Adige, dont le quart est irrigué.

Diverses circonstances ont fait à la Lombardie une situation unique pour l’arrosage de ses plaines. La partie la plus haute du pays est couverte par les Alpes, et chaque été les neiges et les glaces versent leur tribut régulier dans les cours d’eau qui en descendent.

Au pied des montagnes, une ligne de lacs recevant les riviéresqui sortent des Alpes, forme des réservoirs qui servent à modérer et à épurer les eaux torrentielles, chargées d’un limon siliceux, dont les dépôts, inutiles à l’agriculture, encombreraient promptement les canaux.

Aussi, les rivières qui sortent des lacs ont des eaux aussi limpides qu'abondantes; et à la faveur de leur pente naturelle, ces cours d'eau distribuent dans tous les sens les irrigations. Enfin, dans la partie la plus bas: du pays, le P recoit et entraîne toutes ces eaux, et donne

ainsi à la Lombardie le rare avantage d'être constamment salubre, quoiquecontinuellement humectée.

Les rivières lombardes qui servent aux irrigations sont : le Tésin, qui arrose la vaste plaine entre Novare et Milan, et remplit ce but grâce à l'abondance extraordinaire des eaux qui arrivent au lac Majeur d'où il sort; —

‘ Ces canaux portent les noms de naviglio, roggia, cavo, seriola, flume, l'ossa. — Le plus important des canaux du Piémont est le canal Cavour, long de 8h kilom. et allant de Chivasso, sur le PO, à Turbigo, sur le Tésin, en traversant la Doria Baltea sur un pont-canal, l'Elvo et la Sesia par des siphons. Le but de ce canal est d’irriguer, à l'aide des eaux du Pô, les campagnes des provinces de Verceil et de Novarre, et la Lomelline.

* C'est-à-dire la province de Novare presque tout entitre,

602 GÉOGRAPIILE

l'Olona, le Nirone, le'Seveso, le Lambro, la Molgora, torrents qui naissent au pied des Alpes; — l'Adda, qui sort du lac de Côme, et ses affluents, le Brembo et le Serio; — l'Oglio, qui traverse le lac d'Iseo, et ses affluents la Mella et la Chiese; — le Mincio, qui sort du lac de Garde; — enfin l'Adige, qui forme la limite du pays irrigué.

Grâce aux irrigations, la: Lombardie est d'une grande fécondité ; cependant, comme la province de Novare, elle était autrefois couverte de landes marécageuses, insalubres et incultest.

Les principaux:cananx de la Lombardie sont le Naviglio grande (50 kilom.), qui va de Tornavento, sur le Tésin, à Milan, en passant à Buffalora. C'est un canal de navigation et d'arrosage qui alimente d'innombrables dérivations secondaires ; --- lecanal de Pavie, embranchement du précédents entre Milan et Pavie; — le canal de la Muxxa, latéral à l'Adda, sur la rive droite de cette rivière ; — l'Adetta, dérivation du précédent et qui se réunit au Lambro ; — la Martesana, entre Milan et l'Adda, qui continue le Naviglio grande. 2

La Lombardie: compte 315,000 hectares * arrosés en été et 55000>hectares de marciles ou prairies arrosées en hiver. Presque toute cette région est cultivée en prairies et nourrit plus de 80,000 vaches laitières ; 47,000 hectares seulement sont consacrés à la culture du riz,

Le sol des. duchés de Parme et de Modéne est assez fertile dans les plaines, mais pierreux et aride, ou boisé, dans les parties montueuses, c'est-à-dire dans les deux tiers de l'étendue des duchés. La culture pastorale y domine; on y élève du bétail, surtout des moutons el des pores; on y récolte du maïs, du blé, un peu de riz dans les parties basses et voisines du Po, beaucoup de châtaignes 5, de la luzerne et du trèfle pour le bétail. C'est une région pauvre et mal cultivée,

La Romagne, le Ferrarais et le Bolognése for-

* Les canaux ont été exécutés par les grandes républiques lombardes, pendant les douzième, treizième, quatorzième et quinzième siècles,

* 40,000 hectares sont dans les provinces autrichiennes de Mantoue et de Vérone.

# Les marcites (prati di marcita) fournissent beaucoup d'herbe pendant l'hiver. Ils sont arrosés par des eaux de source dont la température est plus élevée que celle de l'air, et qui se trouvent sous le sable qui supporte les alluvions dont se compose le sol cultivable de la Lombardie,

# Cf. Navauur ne Burvon, Traité des irrigations, 1.1.

5 Celles de la Garfagnana sont trés-bonnes.

ment, dans la vallée du P6, une région assez semblable à la précédente, mais plus féconde et surtout beaucoup mieux cultivée. Les mont:gnes et les collines, peu fertiles, sont boisées ou couvertes d'arbres à fruits et de vignes:

les plaines produisent du chanvre excellent et beaucoup de maïs, de blé, de pois chiches, de trèfle incarnat, de fenugrec, d'anis et de coriandre ; elles sont plantées de vignes et de môriers, qui donnent en abondance un vin blanc assez estimé et de la soie. Dans les parties basses de la vallée du Pô, on récolte du riz; enfin, de grasses prairies naturelles nour. rissent de nombreuses bêtes à cornes.

La riviére de Gênes, pays montueux et ma.

ritime, cultive, dans la zone littorale, l'olivier, le figuier, l'amandier, l’oranger, le citronnier et les fleurs pour la parfumerie; dans la zone montagneuse, la vigne, et au-dessus de la vigne, le blé, le maïs et le châtaignier; les régions les plus élevées sont couvertes de pâturages. — Le duché de Lucques produit surtout de l'huile et de la soie.

Dans Ja Toscane, le sol très-fertile est cultivé partout avec soin et par de bons procédés?; il est sillonné de routes et de chemins ; la population est active et laborieuse, et partout, dans les campagnes, les femmes ajoutent à leurs travaux agricoles un métier; elles fabriquent des chapeaux de paille 5 ou tissent des cotonnades. De bons systèmes d'irrigation augmentent presque partout, dans les plaines, leur fécondité. On récolteen abondance le blé, le maïs, les fèves, qui remplacent l’avoine et sont données aux chevaux, et le lupin, qui sert d'engrais végétal et qui est cultivé commetel dans le Frioul et dans toute l'Italie centrale et méridionale 4. La “Toscane a peu de prairies naturelles; le bétail, assez rare, est nourri à l'étable avec le trèfle, le lupin, les raves et les turneps produits par les prairies artilicielles. Les moutons et les chèvres vivent dans les macchie des montagnes 5, d'avril à octo-

* La culture de l'oranger et du citronnier se continue dans l'Italie péninsulaire, par le duché de Massa.

* La plus belle partie de la Toscane est le val di Chiana, autrefois inhabitable et inculte, aujourd'hui desséché, colmaté et devenu une région riche et de culture perfectionnée.

3 Pour obtenir les pailles fines employtes à ln fabrication des chapeaux, on sème une variété de blé rabougri (blé marzuolo\, et encore dans les terres les plus maigres. C'est surtout dans la vallée de l'Armo, que se récolte le blé marzuolo,

* L'iris est un des produits des cultures toscanes; il donne la matière première aux fabriques de Pontussieve qui produisent l'iris de Florence.

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Les Marches et l'Ombrie forment une des meilleures parties de l'Italie. Les Marches ressemblent à la Romagne pour l'aspect, la culture et les productions; c'est un pays fertile et peuplé. —L'Ombrie, pays accidenté et trèspittoresque, est également fertile, peuplée ‘et cultivée partout; on y récolte du blé, de l'huile, du vin et de la soie.

La Sabine, le patrimoine de Saint-Pierre, la campagne de Rome et les marais Pontins se composent de vastes plaines presque désertes, accidentées, aux paysages sévères, tristes et de grand style, et auxquelles la malaria (ou aria catliva) impose un mode de cu!ture spécial. Ces diverses contrées, dans toutes leurs parties basses, ne renferment aucune habitation ; la culture et les habitants seréfugient sur les hautes collines, où l'airest sain *. Quant aux plaines, elles sont couvertes de mauvais piturages, ou quelquefois de blé, sortes de cultures qui n'exigent pas la présence permanente du cultivateur, lequel demeure sur les hauteurs et ne descend dans les champs que trois fois par an, pour couper les foins, labourer et moissonner, en se faisant aider dans cette triple opération par de pauvres montagnards venus des Abruzzes ou de la Sabine. En quelques jours, le travail est accompli, mais un grand nombre d'ouvriers a été atteint de la maladie et frappé de mort 5. Après la récolte, ces terres redeviennent nues, brûlantes et dépeuplées; il n’y reste que quelques habitants disséminés et chargés de la garde des bâtiments et des troupeaux. Mais là où le sol s'élève, à Albano par exemple, ce ne sont que vignes, arbres à fruits et riches cultures partout.

Les marais Pontins occupent encore 18, 000

herbes fines et aromatiques. Au-dessus des macchie, les montagnes toscanes sont couvertes de forèts de hôtres, de châtaigniers et de genévriers, qui donnent beaucoup de sandaraque.

‘ Les marrons de Toscane et de Lucques sont renommés.

* La malaria, qui engendre des flèvres tenaces et souvent mortelles, s'élève seulement jusqu'à 30 et 40 in. au-dessus de la plaine,

5 On évalue à 25 ou 30,000 le nombre des montagnards qui descendent chaque année dans ces plaines insalubres,

hectares et rendent très-malsain tout leur voisinage, malgré les grands travaux d'assainissement exécutés pendant le pontificat de Pie VI et la domination française !.

Les provinces Napolitaines sont un pays de montagnes calcaires et sauvages, dont les parties supérieures sont couvertes de pâturages, que.viennent brouter, en été, les moutons transhumants, et au-dessous desquels croisser:t de vastes forêts, de gigantesques châtaigniers, tandis que les pentes inférieures sont plantées d'oliviers. Les plaines sont réservées aux céréales, aux fèves, au maïs, aux lupins, aux raves, au chanvre, aux orangers, citronniers, figuiers, amandiers, et dans les environs des grandes villes, à la culture des melons, des pastèques, des concombres, des tomates et des aubergines, dont il se fait une énorme consommation, la population des villes se nourrissant presque exclusivement de légumes, de poisson et de fruits. En général, les provinces Napolitaines sont: fertiles, mais le sol est appauvri par le manque d'engrais et de bétail * ; le pays est malsain, mal cultivé, sans routes, sans chemins, sans débouchés, pauvre et dévasté par le brigandage.

La Terre de Labour, la province de Naples et la Principauté citérieure sont les plus belles parties du royaume de Naples. Leur sol, formé de plaines fécondes, salubres *, bien arrosées à l’aide de norias et bien cultivées, produit en abondance : blé, maïs, concombres, melons, pastèques, chanvre, lupins et seigle pour fourrage, huile, fruits, oranges, raisin, vin, soie, etc. Pour protéger ces

* Le sol de cette région élant presqu'au niveau de la mer, il est difficile de faire écouler les eaux d'une intinité de rivières torrrentielles, dont les crues sont considérables et fréquentes; on a établi cependant un système de canaux d'écoulement qui jettent leurs eaux à la mer. Les quatre cinquièmes du pays couvert autrefois par les marais Pontins ont été en grande partie desséchés, et l'admirable voie Appienne, désubmergée et restaurée, conduit de nouveau de Rome à Terracine, Ce: terres autrefois marécageuses et infectes sont aujourd'hui des prairies, nourrissant de nombreux troupeaux de bœufs, de buffles et de chevaux, et sont de temps à autre cultivées en blé, fèves ou maïs, mais toujours désertes, la malaria forçant les loboureurs à vivre au loin et plus haut; on n'y vient que pour inbourer, moissouner ou faucher, comme dans la campagne de Rome.

* Il n'y a que 60,000 bœufs et 40,000 buffles dans les provinces Napolitaines,

5 Plus d'un million d'hectares de bonnes terres reste en friche et désert, à cause du mauvais air qui se dégage des marais, dans la Capitanate, la Basilicate, la Terre d'Otrante et la Terre de Bari,

.* Excepté sur les rives du Volturno et du Garigliano.

604 GÉOGRAPIIIE GÉNÉRALE.

terres, naturellement sèches, contre les ardeurs du soleil, on couvre les champs de peupliers gigantesques, d'ormeaux, d'oliviers, de müriers et d'orangers, dont l'ombre protége les récoltes, et aux branches desquels s'entrelace la vigne.

Les Abruxxes, le Sannio et la Principauté ullérieure forment une région à part, montueuse ,. boisée, revêlue de pâturages alpestres et habitée par une population de pasteurs, qui vit surtout de châtaignes et de fruits. Les moutons de la Capitanate viennent pâturer sur les plateaux des Abruzzes d'avril’ en septembre!. — La Capitanate, la Terre de Bari, la Terre d'Otrante et la Basilicate (la Pouille du Moyen Age) f‘rment une grande région, presque partout composée de plaines, en général arides et mal cultivées®; l'Ouest de la Capitanate et le Nord de la Basilicate sont au contraire montueux. D'immenses et excellents pâturages d'hiver et des terres de vaine pâture abandonnées aux moutons, constituent le trait principal de la géographie de la Pouille. En été, toutes ces plaines sont brülées et arides; mais dès le mois d'octobre, elles se couvrent d'herbes et servent de pàturages aux moutons qui descendent des Abruzzes. La transhumance, ici comme en Espagne et dans les Alpes Françaises est une cause de ravages et de ruine sur toute l’étendue du parcours des troupeaux. Toute cette région, la Capitanate principalement, est un pays d'élevage; les bœufs, les buffles5, les moutons, les chevaux, les ânes, les mulets et les porcs y sont en grand nombre et de belle race. Les parties cultivées et arrosées produisent : blé, fèves, amandes, figues, vin et huile. La culture de l'olivier est très-répandue, ét, dans la Terre de Bari et la Terre d'Otrante, occupe au moins les deux tiers du sol.

La Calabre est une presqu'ile étroite, montueuse, boisée ct sillonnée de vallées fertiles ; mais les plaines littorales sont malsaines et désertes. Les parties cultivées des vallées produisent : vin, huile, fruits, oranges, citrons, blé, soie, safran, réglisse et coton, et les prairies nourrissent du gros bétail et d'excellents chevaux ; mais une grande partie de ce sol fécond reste sans culture.

Les principales productions de l'Italie sont :

{ La transhumance avait déjà lieu chez les Anciens; l'Apulie envoyait, en été, ses moutons dans le Samnium.

* Dans la Capitanate et la Terre de Bari, ces plaines portent le nom de Tavoliere di Puglia, plaines de la Pouille,

3 Sur les rives de l'Ofanto.

le blé, que l’on cultive partout‘; — le seigle, que l'on ne récolte qu'en petite quantité et que l'on emploie comme fourrage dans les provinces Napolitaines ; — le rix, qui croit en abondance dans les parties irriguées du Piémont, de la Lombardie, du Ferrarais, du Bolognèse, des Marches et des provinces Napolitaines adriatiques? ; — le maïs (grano turco), cultivé partout, mais surtout dans l'Italie septentrionale (Piémont, Lombardie, Vénétie, Émilie, partie de la Toscane); il sert à faire la polenta, bouillie à l’eau et au sel,

qui constitue le principal aliment de la popu-

lation; — les châtuignes, qui nourrissent les habitants de toutes les parties montueuses et pauvres.

La principale culture industrielle de l'Italie est cee de la soie, qui se récolte surtout dans la Lombardieÿ, le Piémont, la Vénétie, le Frioul et l'Ombrie. La quantité de soie produite par l'Italie, il y a quelques années, était estimée à 4,200,000 kilogr. de soies grèges, valant 240 millions de francs 4. La filature, le moulinage et le dévidage de cette énorme quantité de soie occupait au moins 300,000 ouvriers et ouvrières. L'Italie emploie dans ses fabriques le dixième de la soie qu'elle produit ; elle exporte la presque totalité en France, en Angleterre, en Suisse, en Allemagne et en Russie. — Le Bombyx-Cinthia, ver rustique et se nourrissant des feuilles du ricin, du saule et de la chicorée, est déjà très-abondant dans le Piémont.

Après la soie, le chanvre tient le principal rang dans les cultures industrielles italiennes; on le récolte surtout dans le Ferrarais et le Bolognèse. C'est là que l'on cultive en grand le chanvre géant, dit de Venise, haut de 4 à 6 mètres, d'une qualité excellente et que l'on exporte en Angleterre et en France par Veniseÿ. — Les provinces de Crémone et de

* Le blé dur, que l'on emploie dans la fabrication des excellentes pâtes dites d'Italie (dont les meilleures sont fabriquées à Florence, à Naples et à Gènes), est cultivé dans la Sicile et dans les provinces Napolilaines.

# L'Italie exporte une quantité considérable de riz.

5 La Lombardie produit le quart de la récolle de la soie; les plus belles qualités viennent des provinces de Milan et de Côme, et de la Valteline; la plus grande quantité vient du Bergamasque, du Brescian, du Pavesan et du Crémonèse. Les autres pays de production sont : Lucques et la Toscane, les Marches et la omagne, le l'érugin, la Terre de Labour et la Principauté, la Calabre et la Sicile.

4 La maladie des vers à soié a réduit, depuis quelques années, ces chiffres de plus de moitié.

5 On cultive aussi le chanvre en Toscane, dans la Lombardie et dans le Piémont,

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Depuis 4862, la culture du coton a pris de grands développements dans l'Italie méridionale (Pouille, province de Salerne, Sicile?, Calabre ultérieure seconde5).Les espèces cultivées sont le coton herbacé, blanc et rouge#, qui est indigène, et le coton turk, ou variété blanche de Siam. Diverses variétés (Louisiane, Égypte) introduites depuis peu, ont parfaitement réussi.

L'Italie cultive : l'anis, dans la Pouille et la Romagne (surtout à Faeuza) ; ses qualités le font exporter en grand (par Livourne) en Hollande et en France ; — la garance, en Toscane et à Salerne ; le Loublon, dans les environs d'Alexandrie ; — la réglisse, dans les Abruzzes et surtout dans la Calabre, où l'on fabrique (à Cassano) le meilleur jus de réglisse en bàton; — le safran, dans la Basilicate , la Calabre ultérieure et les Abruzzes ; — lesumac, arbrisseau dont les feuilles et les petites branches séchées et réduites en poudre servent aux maroquiniers et aux teinturiers ; la Vénétie et la Sicile sont les principaux centres de production du sumac; — le sorgho à balais (Penicillaria spicata), dans le Vicentin et 1e Padouan ; ses panicules sont employés à faire des balais, et sa graine est utilisée pour l’alimentation du bétail et de la volaille ; — l’Andropogon ischœnum et le Chrysopogon gryllus, graminées, dont les racines, fines et jaunûtres, servent à faire des brosses fines pour la toilette, dites brosses de chiendent ; c’est l’Émilie qui est le centre de cette culture. — La culture de la canne à sucre, qui a été importante en Sicile, du douzième au quinzième siécle, y est

à peine représentée aujourd'hui.

Les cultures arbustives (vigne, olivier, arbres à fruits) jouent un grand rôle lans l'Italie. La vigne se trouve dans toute la péninsule, cultivée en hautains, en treilles ou en berceaux ; partout on y fait du vin, maisil est en général mal préparé. Les meilleurs vins sont : le vino santo (vin de liqueur), récolté à Casliglione et à Lonato, le lacryma-christi (vin rouge de liqueur), récolte sur les flancs du Yésuve, les vins blancs de Marsala et les

vins de liqueur de Syracuse (Sicile), les vins

‘ On cultive aussi le lin dans les provinces de l'rescia et de Lodi, dans la Romagne, les Marches, l'Ombrie, le Piémont et la Valteline.

* Dans l'arrondissement de Terra-Nova.

% Entre Nocera et Monteleone, sur le rivage tyrrhénien de cette province.

‘ Avec le coton rouge, la Calabre fabrique de Lelles couvertures.

de Montepulciano (Toscane), de Montefiascone et de Gensano(États de l'Église), d'Orvieto (Ombrie), d’Asti (Piémont), d'Oristano (Sardaigne), et les vins blancs de Marciana et de Porto-Ferrajo (ile d'Elbe). On évalue la production du vin à environ 50 millions d'hectolitres, valant 460 millions de francs. — On fabrique dans l'île d’Elbe et à Turin le vermouth, vin blanc dans lequel on infuse de J’absinthe et d'autres herbes aromatiques. — On fait beaucoup de raisins secs dans la Sardaigne, la Calabre, les iles Lipari, etc,

Les provinces Napolitaines (Pouille, Terres de Bari et d'Otrante, Calabre, Sicile) sont de toutes les parties de l'Italie celles où la culture de l'olivier est le plus développée ; quoique les procédés de fabrication laissent beaucoup à désirer, l'huile est la production la plus importante de l'Italie méridionale, Les autres pays producteurs d'huile sont : la Rivière de Gènes, le duché de Lucques, la Toscane, l'Ombrie et le duché d'Urbin. Les meilleures huiles viennent du duché de Lucques et de la Rivière de Gênes, puis de la Toscane, du duché d'Urbin et de la Terre d'Otrante. L'Italie produit des huiles comestibles ou lampantes pour une valeur de 125 millions de francs, et elle en exporte pour 45 millions de francs. Les provinces Napolitaines et la Sicile, qui sont les grands centres de production, sont aussi les principaux centres d'exportation; ce commerce se fait à Naples, Gallipoli, Tarente et Bari. .

Les fruits abondent partout et les fruits secs donnent lieu à une grande exportation. Les meilleures figues sèches viennent de la Calabre, de la Sicile, de la Pouille, de la Sardaigne et de Gènes; — les amandes, de l'Italie méridionale et de la Rivière de Gènes ; — les oranges et les citrons, de la Rivière de Gênes, entre Nice et Savone, de l'Italie méridionale et de la Sicile. — Les cédrats de Reggio (Calabre) et de Sicile servent à faire les cédrats confits dont Livourne et Gènes exportent de grandes quantités, — La Calabre et la Sicile récoltent beaucoup de pistaches. — À Reggio (Calabre) on cultive des ananas renommés.

Forêts. — En général, les Alpes Italiennes et les Apennins sont déboisés ; la dent du mouton et des haches inintelligentes ont partout dévasté ou détruit les forêts. Chacun, sans règle et sans souci de l'avenir, coupe et taille à volonté, pour faire de la potasse ! et du charbon, que l'on exporte; aussi, le bois est rare

RE * La Toscane (à Sienne principalement), les États

romains et la Sardaigne font beaucoup de potasse, qu'on exporte en France et en Hollande.

616 GÉUGRAPHIE GÉNÉRALE.

dans toute l'Italie, et les pentes déboisées augmentent partout les ravages des torrents. — Les principales essences des forèts sont : les chènes blanc, rouge et yeuse !, le chêneliége (Sardaigne, maremmes), l'orme, le hètre, le charme, l'érable, le noyer noir, le micocoulier, le tamarin, le huis, l’acacia, l'aulne et le bouleau, le frêne, qui donne la manne (Calabre, Sicile, Monte-Gargano), le pin pignon (Toscane et forêt de Ravenne?), qui fournit des amandes (pinoli) estimées, objet d'un commerce assez étendn, le mélèze, qui

donne, sur les plateaux de la Sila, de très--

bonne poix, le pin sylvestre, le pin maritime, le cyprès ét le laurier.

Chevaux, mulets, ânes. — Les principaux pays producteurs de chevaux sont : la Polésine, le Padouan, la campagne de Rome, les marais Pontins et le patrimoine de Saint-Pierre (chevaux de carrosse, de selle et de trait); la Capitanate, la Terre de Bari et la Terre d'Otrante (Pouille), où la race, d’origine barbe, est belle et bonne, quoique petite; la Caläbre, où l’on élèved’excellents petits chevaux.— Les mulets et les ânes sont nombreux dans le Piémont et dans les provinces Napolitaines méridionales.

Bœufs et buffles. — En général, il y a peu de bétail en Italie 5, surtout dans les provinces Napolitaines. Les principales races bovines sont : la race p’émontaise, résultäiit du mélange de diverses races, et dont les vaches sont assez bonnes laitières; — la race de Schwitx, dans la Lombardie, à Parme et dans la Vénétie, où l’on trouve aussi des bœufs du Tyrol et de la Styrie. C'est avec le lait si abondant des 80,000 vaches Schwitz qu’ellé nourrit, que la Loi”bardie fait le fromage de la Grana, appelé en F. ance fromage de Parmesan #;—la race de la Valteline; — la race de la Romagne, dans toute l'Italie centrale et méridionale ; c'est la race de Hongrie, qui a été importée, ainsi que le buffle, par les conquérants barbares des cinquième et sixième siècles; elle est assez nombreuse dans la Romagne, les Marches, la campagne de Rome, le patrimoine de Saint-Pierre et dans les grandes prairies de

1 L'écorce du chène de la Calabre, très-chargée de tannin, est excellente pour la tannerie,

# La forêt (pineta) de Ravennc est la plus belle de l'Italie,

5 C'est surtout dans le Piémont, la Lombardie, les duchés de Parme et de Modène et dans les parties basses de la Toscane que l'on engraisse les bœufs.

# La Lombardie (surtout les provinces de Lodi, de Pavie et de Milan), produit 20 millions de kilogr. de fromage, valant 40 millions de francs; elle en exporte une grande quantite,

la Capitanate, de la Terre de Bari, des Abruzzes et de la Terre de Labour ; — la ruce des montagnes des États de l'Église, à pelage fauve.

Les buffles se trouvent dans les marais des bouches du P6, dans les marais Pontins, dans la Terre de Labour et sur les rives de l'Ofanto.

Moutons. — Les moutons sont peu nombreux !, et les races indigènes, très-bonnes comme races laitières et de boucherie, ne fournissent que des laines dures ‘et grossières, Les meilleures races italiennes sont : la race nostrale: (Piémont), bonne’ laitière ; — la race bergamasque, très-bonne laitière et dont les brebis donnent le lait avec lequel on fait le fromage stracchino (Bergamasque et Gorgonzola, près de Milan); — la race de la cumpagne de Rome, également bonne laitière et dont le lait sert aussi à faire des fromages estimés ; — les ruces de la Vénétie et du Modenais, qui donnent une laine assez bonne; — la race des Abruxxes et de la Pouille, dent les brebis sont bonnes laitières et dont la laine est assez fine; — la race de Sicile, la meilleure des races italiennes.

C’est dansle Piémont, la campagne de Rome et le patrimoine de Saint-Pierre que l’on élève les mérinos saxons et espagnols et les métis nés du mélange des races indigènes et mérine.

Chévres. — Les chèvres sont partout trèsnombreuses, surtout sur les pentes arides de l'Apennin, où elles nourrissent les montagnards; en Lombardie, leur lait, mélé au lait de brebis, sert à faire le stracchino.

Porcs.— Les porcs'abondent principalement dans les provinces Napolitaines, dans les forèts de l’Apennin romain et dans la Romagne ?. Les mortadelles (saucissons de Bologne) sont renommées et donnent lieu à une certaine exportation.

Abeilles. — Partout on élève beaucoup d'abeilles, et le commerce de la cire est assez important.

$ 8. Ethnographie; races et langues.

— L'Italie est habitée tout entière par les Italiens, à l'exception des vallées des Alpes Maritimes, Grées, Cottiennes et Pennines, dans

4 L'Italie possède seulement 8 millions de bêtes à laine, dont la moitié se trouve dans les provinces Napolitaines, Ce nombre est très-faible, si on le compare aux 16 millions d'hectares de pâturages à moutons que renferme la péninsule, qui pourrait encore, comme elle le faisait au Moyen Age, élever un nombre beaucoup plus considérable de hètes ovines.

? Les Italiens mangent peu de viande de boucherie; le chair de porc est celle qu'ils consomment de préférence,

lesquelles les pop qaise et parlent population de la !

au contraire d'orig core l'allemand.

libre une popul reste des anciens Crèce, conservée langue grecque. L braises atteste l'o population du pays de Rome conserve de l'ancienne raca nais, isolés au lienne, dans la C:

au Nord-Ouest de Terre de Bari et de Monopoli, Brindisi Palerme). — La gine berbère, très et surtout d’Arabe La langue parlé altéré, qui se div ou patois *, qui si d'italien et de fra particulière, dans —le génois ; — le le Mantouan, la canton du Tésin ; Pergamasque et dans le Tyrol il le vénitien, dans Vénétie ; — le fu padouan ; — le L dans les duchés d Ferrarais ; — le Marches; — le pe lète; — le toscar dont l'accent est différe du toscan le napolitain, di lectes de Naples Principautés et B zs, de la Pouille — le sarde, re français, espagn inconnus ; — le formé d'arabe e

1, SanoAlG!

La Sardaigne

‘ En y compre Dalmatie, parlé he

? On distingue « rence, de Sienne, d'Arezzo.

r'uzzes Onla- 'e.

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nombonnes e fourssières, t: la >; — la et dont el on que et de la aitière Dmages du Mo-

laine illeure

Rome élève métis érine, | trèsdes de 10ntalé au ement forèts 3, Les t ree ex-

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tes à inces on le ges à rrait lever bêtes

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lesquelles les populations sont de race franaie et parlent des patois français. — La population de la haute vallée de la Sesia est au contraire d'origine allemande et parle encore l'allemand. — Il existé encore dans la Calkbre une population hellénique, dernier reste des anciens habitants de la Grande- Grèce, conservée très-pure, et qui parle la langue grecque. La beauté des femmes calabraises atteste l'origine grecque de toute la population du pays. Les lemmes de la campagne de Rome conservent aussi lestraits et la beauté

de l'ancienne race latine. — Il y a des Alba-,

nais, isolés au milieu de la population italienne, dans la Cälabre (à l'Est de Reggio et au Nord-Ouest de Cosenza), sur le littoral de la Terre de Bari et de la Terre d'Otrante (à Mola, Monopoli, Brindisi) et dans la Sicile (au Sud de Palerme). — La population de Malte est d'origine berbère, très-mêlée de Grecs, de Romains et surtout d’Arabes.

La langue parlée en Italie est l'italien, latin altéré, qui se divise en vingt et un dialectes ou patois ‘, qui sont: le piémontais, mélange d'italien et de français avec une prononciation particulière, dans le Piémont et le Montferrat ; —le génois ; — le milanais, dans la Lombardie, le Mantouan, la province de Novare et le canton du Tésin ; — le bergamasque, dans le Pergamasque et la Valteline; — le trentin, dans le Tyrol ilalien ou pays de Trente ; — le vénitien, dans la plus grande partie dela Vénétie ; — le furlana, dans le Frioul ; —-. le padouan ; — le bolonaïs ; — le bas lomburd, dans les duchés de Parme et de Modène, et le Ferrarais; — le patois de la Romagne et des Marches; — le pérugin ; — le patois de Spolête; — le toscan, qui est l’italien pur, mais dont l’accent est dur ? ; — le romain, qui ne diffère du toscan que par la prononciation; — le napolitain, divisé lui-même en sous-dialectes de Naples (Terre de Labour, Bénévent, Principautés et Basilicate), de Capri, des Abruzzes, de la Pouille et de la Calabre; — le corse ; — le sarde, rempli de mots latins, grecs, français, espagnols, catalans et de radicaux inconnus ; — le sicilien; — le maltais, patois lormé d'arabe et d’italien.

$ 9. Iles italiennes.

4, Sanoacne (en italien Sardegna).

La Sardaigne est au Sud de la Corse, dont

Dalmatie, parlé hors de l'Italie.

* On distingue dans le toscan les dialectes de Flo- MH de Sienne, de Pistoie, de Pise, de Lucques ct V'ez20,

‘En y comprenant le atois de l'Istrie et de la

elle est séparée par le détroit de Bonifacio. Sa longueur est de 268 kilom.; sa plus grande largeur est de 144 kilom., et sa superficie est d'environ 24,000 kilomètres carrés. La population s'élève à 573,000 habitants.

La Sa”i: “ne occupe une position importante entre l'Italie, la France, l'Espagne et l'Afrique; elle offre aux vaisseaux plusieurs abris, et le port de Cagliari est l’un des meilleurs de la Méditerranée. C'est une terre montueuse, « quoiqu'il n’y existe pas à proprement parler une véritable chaîne de montagnes; on ne saurait donner ce nom, en effet, à l'arète centrale de l'ile, qui offre, il est vrai, dans son ensemble, un relief de terrain assez élevé ; mais ce terrain, étant interrompu à plusieurs reprises par de profondes coupures transversales, par de grands plateaux et mème par de larges plaines basses, ne saurait constituer ce qu'on nomme exactement une chaîne !,» Les montagnes principales de la Sardaigne, sont : au centre, le groupe du Gennargentu (Janua argenti), dont les deux pics les plus élevés ont 1,917 et 1,864 mètres; au Nord, le mont Limbara, élevé de 1,320 mètres. — Les plateaux sont assez nombreux ; le principal est celui de Rudduso, entre le Gennargentu et le Limbara.--Les plaines sont celles d'Ozieri et de Sassari, au Nord ; celle que bai-gne le Tirso, au centre, et le Campidano, au Sud, entre Cagliari et Oristano. Le Campidano est très-fertile, mais presque toutes les autres plaines sont couvertes d’étaugs ou de marais. — Les rivières les plus remarquables sont :

le T'irso (100 kilom.), qui se.jette dans le golfe d'Oristano, le Flumendoxa et le Coghinas, :

Le climat est d'une extrème insalubrité sur le littoral et danstcutes les parties basses ; sur les montagnes seulement règne un air pur. L'intemperia sarde est.presque toujours meurtrière ; aussi la population n'est-elle que de 24 habitants par kilomètre carré.

La Sardaigne avait, dans l'Antiquité, une grande importance par ses productions minérales; mais le produit de l'exploitation des mines est peu considérable actuellement, quoique l'ile renferme d’abondants gisements de galène (plomb sulfuré), de fer et d'anthracite, et, pour exploiter ces richesses, d’immenses forêts, composées de chènes, d'yeuses, de chènes-liége, d'érables, de hêtres, de frénes, d'ormes, de pins et de sapins.

* Cf, Ausgnr DE La Manuona, Voyage en Sardaigne, t I, P. 99,

La feriilité de la Sardaigne était aussi trèscélèbre dans l'Antiquité ; aujourd'hui quel:

ques plaines sont seules cultivées, et encore d'une manière arriérée; cependant on y récolte du blé excellent, de l'huile d'olive, du vin, de la svie et des fruits (oranges, citrons, grenades, figues, poires). La Sardaigne élève des chevaux et des poneys (a/teche); le bétail etles moutons sont peu nombreux et de petite taille; les chèvres, au contraire, sont multipliées et donnent aux habitants le lait qu'ils consomment.

Les Sardes ont une langue nationale, dérivée du latin et formant un dialecte fort distinct de l'italien. Cette langue conserve, surtout dans les montagnes du centre de l'ile, un grand nombre de mots latins purs; elle renferme aussi quelques mots grecs et étrangers. L’italien est employé dans les actes administratifs et parlé dans les villes.

Les antiquités de la Sardaigne sont intéressantes ; on a trouvé dans cette ile, comme en Espagne, aux Baléares et à Malte, des menhirs(perdas-fillas), des murs de construction cyclopéenne, des grottes taillées dans le roc, des statuettes d'idoles en bronze portant des inscriptions en caractères orientaux ; mais de toutes les antiquités sardes, les plus curieuses et les plus fréquentes sont les nur-hags (nuraghe, noraghe), dont le nom parait venir du radical phénicien nur, feu. Ce sont destours coniques, construites en pierres sèches, temples ou tombeaux, sans doute d'origine orientale; on en compte plus de 3,000 dans l'ile.

Les premiers habitants qui peuplèrent la Sardaigne furent les Phéniciens et les Étrusques; les Grecs vinrent après eux et fondèrent Caralis (Cagliari). L'ile appartint ensuite aux Carthaginois (512), puis aux Romains, qui jui imposérent leur langue et leurs mœurs (253). Aux Romains succédèrent les Vandales, les Goths, les Grecs et les Sarrasins qui s'établirent sur divers points du littoral. Les Pisans après avoir chassé les Barbares, s'emparérent de la Sardaigne; puis en 1326 elle passa à l'Aragon. L'Espagne la conserva jusqu'au traité d'Utrecht (1713) qui la donna à l'Autriche; enfin, en 1720, par le traité de Londres, la Sardaigne fut cédée au Piémont.

2, Srce (en italicn Sicilia).

La Sicile, la plus grande des îles de la Méditerranée, est située à la pointe méridionale de l'Italie, dont elle est séparée par le détroit de Messine. Sa forme est celle d'un triangle;

elle est comprise entre le cap Faro, au Nord. Est et à l'entrée du détroit de Messine; le cap Passero, au Sud-Est, et le cap Boeo, à l'Ouest. Sa plus grande longueur est de 350 kilom., et sa superficie est de 26,500 kilom. carrés, en y comprenant les petites îles qui en dépendent et qui sont : au Nord, les iles Lipari, et à l'Ouest, les iles Égates. La population est de 2,316,000 habitants.

Le litioral de la Sicile a une étendue de 1,300 kilomètres. Dans l'Antiquité, les républiques grecques qui s'y étaient établies avaient su mettre à profit les avantages qu'elles trouvaient sur ces côtes pour développer leur marine et leur commerce; aujourd'hui, à l'exception de Palerme, de Messine et de Catane, il n’y a que des ports sans importance com.

merciale. Les grands ports de Syracuse, toujours si sûrs et si profonds, sont déserts; ceux de Girgenti (Agrigente) et de Marsala (Lilybée) sont comblés, et la plus grande partie du lit. toral méridional est inhabitée, inculte et malsaine. La côte septentrionale et la côte orientale, entre Messineet Catane, sont pittoresques, fécondes et couvertes d'une splendide végétation.

La Sicile forme un plateau accidenté, déboisé, inculte presque partout, sans routes et souvent désert. L'altitude moyenne du plateau est de 450 à 500 m.; elle est plus considérable dans la partie septentrionale de l'ile, où il existe une chaîne assez élevée, qui s'étend du cap Boeo au cap Faro et couvre l'ile deses nombreux rameaux. Cette chaîne porte les noms de monts Madonia ou Nebrodi; sa hauteur est de 1,450 mètres, et son point culminant, le Pizzo dell’ Antenna, a 2,008 mètres d’élévation.

Le plateau intérieur et le:littoral forment deux régions distinctes. Le plateau, très-peu peuplé, est habité par une population normande ou arabe d'origine, et conservant les caractères du type auquel elle appartient, parlant le patois sicilien, vivant à part et regrettant encore le roi Roger et le temps où la Sicile était un royaume indépendant ; c’est le pays le moins italien de toute la région italienne. Le littoral, beaucoup plus peuplé, est habité par une population d'origine grecque, qui conserve encore, à Syracuse surtout, la beauté caractéristique de la race hellénique. Il y a aussi beaucoup de Napolitains dans les villes du littoral.

4 Les clicveux blonds, les yeux bleus et une g:ande taille, pour les premiers ; le teint bistré et les cheveux noirs pour les seconds.

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Les nombreuses rivières qui arrosent l'ile sunt des cours d'eau torrentiels ; les plus importantes sont : sur la côte orientale, l’Alcantaro, qui baigne le pied septentrional de l’Etna; la Giaretta, qui arrose la plaine de Catane et qui est formée de la réunion du Simetto et de la Guaralonga; l'Anapo, qui finit à Syracuse ; — sur la côte méridionale, le Sa/so, le Platani, le Bellice; — sur la côte septentrionale, le Termini.

La Sicile renferme le volcan de l’Etna et, dans le val de Noto, de nombreux volcans éteints. Elle est souvent dévastée par les tremblements de terre. Ÿ

Il n'existe qu’une seule plaine en Sicile, c'est la piana de Catane, remarquable par sa fécondité; elle a 30 kilomètres de long sur 15 de large, et est comprise entre la Guaralonga etle Simetto. Les eaux de cette derniére rivière ont été récemment endiguées et servent à irriguer cette plantureuse vallée et à la féconder par leur limon. — Au pied septentrional de l'Etna, il y a encore la vallée de Taormina, baignée par l’Alcantaro et plus fertile que la piana de Catane ; on y récolte de très-beau blé et elle est couverte d’abricotiers, de citronniers, d'orangers, de grenadiers, de figuiers d'Inde, d'oliviers, de vignes, defraisiers, elc.; cependant cette terre si fertile est à peine cultivée, et sa population est très-restreinte el misérable. Rien ne rappelle, nulle part, la grandeur et la richesse de l’époque grecque et romaine.

Le soufre, qui abonde aux environs de Caltanisetta, est la seule richesse minérale exploitée ; cependant la Sicile renferme des marbres, de l'albâtre, du plâtre, du fer, du plomb et du cuivre, dont on ne tire aucun

arti.

; La Sicile est la région la plus féconde de l'Italie, mais à l'exception de la plaine de Catane, de la vallée de Taormina et dés environs des grandes villes, le sol est inculte et couvert presque partout de palmiers nains, d’aloës, de chardons que l’on mange, et de lauriers-roses, sil y a quelque cours d’eau. Les cultures ne produisent qu'un peu de blé, surtout des pois et des courges, de l'huile, des citrons et des feuilles de sumac. La vigne donne à Marsala et à Syracuse des vins excellents.

Excepté sur les flancs de l'Etnat, où il y a

! Les châtaigniers de l'Etna sont remarquables par leur grosseur,

encore de belles forêts, et sur quelques parties des pentes septentrionales des monts Nebrodi, le reste de la Sicile est déboisé et nu. Presque tout le plateau intérieur est abandonné au parcours des troupeaux d« chèvres et de moutons.

Le climat est sain, sauf dans les parties marécageuses du littoral.

GÉOGRAPHIE POLITIQUE

$ 1. Divisions politiques.

Avant la guerre de 1855, ia région italienne se divisait en 8 parties :

Le Piémont ou royaume de Sardaigne,

Le royaume Lombard-Vénitien, à l'Autriche,

Le duché de Parme,

Le duché de Modène,

Le grand-duché de Toscane,

Les Etats de l'Église.

La république de Saint-Marin,

Le royaume de Naples ou des Deux-siciles ;

Saps compter :

Le canton du Tésin, à la Suisse, Le Tyrol italien, à l'Autriche, La Corse, à la France,

L'ile de Maite, à l'Angleterre.

La péninsule italienne se divise actuellement en 4 parties :

Le roÿaume d’ftalie,

Les États de l’Église,

La république de Saint-Marin,

La Vénétie et Mantoue, à l'Autriche.

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