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vernis ; Le mûrier à papier ; la cire végétale! ; le suif végétal *; le sumac faux vernis (Rhus succedanea) ; le sésame; l'Urtica nivea et des fruits nombreux5.— Diverses algues comestibles servent dans toutes les iles à la nourriture des habitants ou sont exportées en Chine.
Les pâturages et le bétail sont très-rarest ; vu n'élève ni pores, ni chèvres, ni moutons au Japon; le bœuf (bœuf bossu) et le buflle servent seulement aux transports et aux travaux agricoles ; on ne mange pas leur chair.
Les chevaux, plus grands et plus vigoureux que ceux de la Chine, sont employés seulement pour la selle 6, La volaille est très-abondante ? et est, avec le riz et le poisson, un des principaux éléments de la nourriture des Japonais.
Les classes pauvres mangent beaucoup d'algues, qui viennent surtout de Yezo et des Kouiles.
Races, langues et religions. — Les îles du Japon sont peuplées par deux races : les Japouais, peuple intelligent, fin et brave, et les Ainos' ; ces derniers, à demi sauvages, habitent encore les Kourileset l'île de Yezo, où ils sont soumis aux Japonais qui font peser sur eux une dure domination®. Les Aïnos paraissent avoir été les habitants primitifs de toutes les iles du Japon, où ils ont été conquis et détruits par la race japonaise, d'origine mongole, mais qui s’est altérée en se mêlant avec'eux 1°. — Les langues parlées au Japon sont : le japonais, l'aïnos et la langue mandarine. — Les religions sont : le sinto ou culte des aïeux, r'eligion primitive et nationale ; le bouddhisme etladoctrine deConfucius, 27,000 temples sont consacrés, dit-on, aux Aïeux, et 122,000 à
! L'Augleterre en achète beaucoup.
% Produit par le Croton sebiferum et par l'azédurach “(Melia asedarach), dont les graines contiennent une huile concrète, propre à faire des bougies.
% Oranges, pamplemousses, plaquemines ou figues de Kaki, bananes, cocos, néêtles du Japon, poires, coings, abricots, pêches, figues, raisin, marrons, etc.
* Excepté dans l'ile de Yezo, où il y a de vastes et magnifiques prairies.
% Les moutons que l'on y mange viennent deChine,
9 C'est au Japon que la Cochinchine française achète ses chevaux d'artillerie et de cavalerie.
* Les principales races gallines sont celles de Nagasaki et de Yokohama.
# Les Japonais donnent aux Aïnos le nom de Mosinos, c'est-à-dire hommes velus ; en effet, leur épaisse chevelure forme un énorme buisson ; leur batbe est abondante, et leur corps est tout entier couvert d'un poil noirâtre,
% On compte seulement 60,000 Aïnos dans l'ile de \ezo.
40 Principalement dans les classes populaires ; les nobles (les femmes surtout) ont conservé bien davantage les traits mongols, les yeux bridéset lafinesse du type,
Bouddha. — Les Européens ont seuls le droit de célébrer le culte chrétien, Le provicaire apostolique du Japon réside à Yokohama.
Villes. — Les villes principales sont : dans l'ile de Yezo!, Matsmayé où Matsmaï, ville maritime, capitale de l’île, sur le détroit de Sangar ; 20,000 hab. — Hakodade, ville ma ritime de 30,000 hab., située aussi sur le dé. troit de Sangar; ello possède un bon port, ouvert aux Européens*, et fait un commerce considérable d'huile de poisson, d'algues co-
mestibles, de soufre el de salpêtre, La Russie
y a un consulat, un hôpital, un chantier et une flottille en station.
Dans l’île de Niphon: Myak : où Kiolo, eapitale du Japon, grande et ‘ile ville de 4,000,000 d'habitants, résidence du Mikado ou empereur du Japon, dont le palais porte le nom de Daïri; elle renferme le célèbre temple de Bouddha, appelé le Fo-kosi, ii y à des fabriques de soicries, de porcelaines, d'ouvrages en acier et en laque et des imprimeries, — Yédo, grande ville de 4,800,000 hab, #, à l'embouchure du O-kavaÿ, C'est la résidence du Taïcoun ; elle se compose de deux villes, la ville officielle et la ville populaire; la ville oflicielle comprend le Siro, grand palais - forteresse du Taïcoun, les palais des princes ou daïmios et les temples. Yédo est fortifié du côté de la mer. On y remarque le collége japonais pour l'enseignement des langues et des sciences de l'Occident, une école de médecine et une école de navigation, dans lesquelles les professeurs sont hollandais. Le port de Yédo, ‘ouvert aux Européens, exporte des bronzes, des laques, des porcelaines et mille objets de curiosité en ivoire, en écaille, en or et en acier, = Le golfe de Yédo, si remarquable par son aspect grandiose, renferme les deux villes maritimes de Yokohama et de Kanagava, qui sont actuelle.
ment, surtout la prengière, le centre des relations politiques et commerciales de l'Europe avec le Japon. — Yokohama, ville maritime avec un bon port, se compose d'une ville japonaise de 3 à 4,000 hab, et d'une viile européenne peuplée de quelques centaines d'Euro-
! La péninsule méridionale de Yezo est seule occupée par les Japonais, qui y sont au nombre de 100,000 environ ; le reste de l'ile est peuplé par les Ainos,.
* C'est depuis 1859 que le Japon est ouvert aux Européens,
% Myako veut dire capitale, .
+ Dont 200,000 prètres, 180,000 soldats et gens de la maison du Taïcoun,
8 La grande rividre,
9 Cette ville, toute moderne, a été fondée en 1859; ce n'était auparavant qu'un village sans importance,
péens, pres( Yokohama du nagava Expo Vasaka, gran de Myako ; sor vert aux Euro commerce du aires en thés brique des cot brochées et d excellentes, des porcelaine des ouvrages en ivoire et.
Dans l'ile ville commer saki, ville ma hab., au fond aux Europée sus de toute du sucre, de miques. Les celaines®, la camphre, vis japonaise, vi (0era) et vill eupe l'ilot de un étroit ca Inassa, villas et en face de
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péens, presque tous Anglaist. On exporté de Yokohama du thé, des soies et du coton *.— Kanagava exporte aussi des soies et des thés, -— Vasaka, grande ville de 800,000 hab., au Sud de Myako; son port est à Hiogo. Oasaka est ou vert aux Européens ; c'est la principale ville de commerce du Japon, et ils'y fait beaucoup d'afaires en thés, soies, soierieset cuivre. On y fabrique des cotonnadbs renommées, des soieries brochées el damassées, des crèpes, des ormes excellentes, des bronzes, des meubles vérnis, des porcelaines peintes et clissées en bambou, des ouvrages d'er et d'argent, des sculptures en ivoire et. des gravures sur bois coloriées 5.
Dans l'ile de Kiou-siou : Kägosima, grande ville commerçante au Sud de l'île. — Nagasaki, ville maritime et cummerçante de 75,000 hab., au fond d'une vaste baie; elle est ouverte aux Européens, qui y importent des tissus de toutes sortes, des métaux, de l'ivoire, du sucre, des épices et des produits chimiques. Les exportations consistent en porcelaines#, laques, soieries, cuivre, soufre, camphre, vis, ete, Nagasaki se divise en ville japonaise, ville chinoise’, ville européenne (0era) et ville hollandaise; cette dernière oceupe l'ilot de Décima, séparé de Nagasaki par un étroit canal, La factorerie russe est à Inassa, village situé sur la baie de Nagasaki et en face de cette ville, — Akonoura, autre
L'Indo-Chine anglaise. , . . , , La Birmanie. ,
CR
Le royaume de Sium, . .
Le royaume d'An-nam. , . . .
La Cochinchine française, . ., Le royaume de Cambodge., . , .
Les # royaumes malais de la presqu'ile de Malucou, , . , . ,
EEE REEEEN
! La compagnie des Messageries impériales à un dépôt de charbon à Yokohama:
* lrés de Yokohama et dans lu buie de Jokoska, le gouvernement japonais a établi un arsenal, où les bâtiments étrangers trouvent les moyens de se r'éparer et Loutes les ressources dont ils peuvent avoir besoin:
% Le papier est un des principaux articles de l'industrie japonaise, Le papier fin sert à écrire ou est employé comme mouchoirs de poche. On se sert des papiers forts, qui sont trés-durs, pour confectionner des chapeaux, des parupluies, des ceinturons, des lourreaux, et des tapisseries imprimées.
Les belles porcelaines du Japon sont fabriquées
village situé sur la baie de Nagasaki, renferme une école pratique de cons actions navales, dans laquelle des ingénieurs et des mécaniciens hollandais ont formé des constructeurs japonais pour les bâtiments à vapeur et dans laquelle on construit des bâtiments à vapeur.
Statistique. — La superlicie du Japon parait être de 415,000 kilomètres carrés, et sa population d'environ 40 millions d'habitants. — Le Japon est un empire féodal divisé entre plusieurs princes (daïmios, gockchis) à demi indépendants, très-riches, possédant le sol, maitres des habitants, et ayant leurs armées et leurs forteresses particulières. Les daïmios obéissent et rendent hommage au souverain du Japon, qui est le Mikado, empereur temporel et spirituel, celui-ci délégue une partie de son pouvoir temporel à un vicaire appelé le Taïcons.
$ 4. Indo-Chine,
Bornes et grandes divisions. — L'Indo-Chine estune grande région qui forme la partie orientale des Grandes Indes où Indes orientales ; elle est bornée : au Nord-Ouest, par le Thibet ; au Nord, par la Chine; à l'Est, par la mer de Chine; au Sud, par le détroit de Malacca ; à l'Ouest, par le golfe du Bengale et l'Hindoustan. Elle se divise en 7 parties, qui sont :
SUPENFICIE EN KILOM, GANNÉS,
POlULATION APPRONIMATIVE,
EEE
dans la province de Fizen, dont Nagasaki est le chefslieu,
# Les Chinois sont enfermés dans unçquartier séparé, car le Japon leur est fermé comme aux autres étrangers, ‘
9 Avant 1859, les Hollandais avaient seuls le droit de commercer avec le Japon, en se renfermant dans l'tlot de Décima et-en se soumettant à mille exigences.
7 Les Japonais ont une flottille de batiments de guerre à vapeur et ont organisé une partie de leurs U'oupes et deleur artillerieà l'enropéenne,
# Maitre de la justice; en temps de guerre, le Taïcoun s'appelle Siogoun, maitre de la bataille,
Littoral et iles. — Le littoral de l'Indo- Chine présente : à l'Est, le golfe de Tonkin, le cap Saint-Jacques, à l'embouchure du Dongnaï, dans la Cochinchine française, le golfe de Siam, au Sud-Est duquel est le cap Cambodge ou Ongdok; — au Sud, la presqu'ile de Malacca, réunie à l'Indo-Chine par l’isthme de Kraw, terminée au Sud-Est par le cap Romania et au Sud-Ouest par le cap Bourou, et séparée de Sumatra par le détroit de Malacca, passage difficile et rempli de hauts-fonds ; — à l'Ouest, le golfe de Martaban, le cap Négrais et le golle du Bengale.
Les principales iles sont : les iles des Pirates, dans le golfe de Tonkin; les îles Paracels, labyrinthe d'ilots et de récifs, à l'Est, dans la mer de Chine ; Poulo-Condor!, possession française, au Sud du cap Saint-Jacques ; Singapour, au Sud de la presqu'ile de Malacca ; Poulo- Pinang ou île du Prince-de-Galles, au Nord du détroit de Malacca; l'archipel Mergui, sur la côte de l'Indo-Chine anglaise; les îles Nicobar et Andaman, * l'Ouest, dans le golfe du Bengale.
Aspect yénéral. — L'Indo-Chine est une région encore peu connue, qui présente au Nord une haute terre montueuse, couverte d'épaisses forêts ou de jungles, et sillonnée par cinq grandes chaînes qui se détachent du massif du Thibet oriental et du Yun-nan, et qui encaissent quatre longues vallées parallèles dirigées du Nord au Sud; — la partie méridionale de la région est une grande presqu'ile montueuse et généralement couverte de jungles, formées d'arbres et surtout de hautes herbes de 3 à 3 mètres et demi. — Le Tonkin ct l’An-nam, à l'Est, se composent de terrasses fertiles ; la Cochinchine française, le Cambodge, la vallée inférieure du Mé-nam et le l’égu, sont formés par de riches plaines d'alluvions, basses, marécageuses et lécondes. Le Laos, qui occupe ioute la partie centrale de l'Indo-Chine, est un pays montueux,. élevé, boisé et peu fertile; c'est la partie la moins connue de toute la région.
Montagnes.— L'Indo-Chine est traversée par cinq chaînes parallèles'et à peu près dirigées du Nord au Sud. La plus occidentale, appelée Youma-ddng ou Yoma?, traverse la province d'Aracan, le Pégu occidental et finit au cap Négrais; sa hauteur est de 450 à 600 m. — La seconde, qui traverse la Birmanie et le Pégu, est entre l'Iraouaddy et le Salouen; dans sa partie méridionale elle a 2,400 m. d'élévation.
4 Poulo, en malais, veut dire fle.
* Epine du dos.
— La troisième, qui traverse le Yun-nan, le Laos, le pays de Siam et la province de Tenasserim, où elle a 1,500 m., sépare le Salouenet le Mé-nam, et se prolonge dans la presqu'ile de Malacca jusqu'au cap Romania. Les sommets les plus élevés sont le Titih-Bangsa, au centre de la presqu'ile (2,000 m.),:et le moni Cphir ou Gounong-Lelang, près de Malacca (1,340 m.).— La quatrième chaîne, entre le Mé-nam et le Mé-kong, traverse le Laos et Siam, et finit dans les plaines du Cambodge. — La cinquième chaîne, dans le Tonkin et l’An-nam, est haute, très-large, boisée et formée de plusieurs reliefs parallèles ; elle est située à l'Est du Mé-kong et s'abaisse sur la mer de Chine par des terrasses successives.
Rivières. — Les cours d’eau sont : le Koladaing et l'Aracan, qui arrosent la province anglaise d'Aracan; — l'Iraouaddy, grand cours d’eau de 4,800 kilom., qui descend des monts Langtan et traverse la Birmanie et le Pégu; il passe à Bampou, près de Mandalé, à Amarapoura, à Ava ét à Prome; au-dessous de cette ville, il se partage en plusieurs bras qui forment un immense delta et sur l'un desquels est Ramgoun. L'iraouadé; est navigable à des bâtiments de 200 tonneaux jusqu'à Ava, et pendant les hautes eaux jusqu'à Bampou. Le principal affluent de l’Iraouaddy est le Kyen-douen ou Thalaouaddy. — Le Salouen parcourt aussi le Laos, la Birmanie et le Pégu, et se jette dans le golfe de Martaban à Moulmeïn. — Le Tenasserim arrose la province de Tenasserim et passe à Mergui; il a son embouchure dans le golfe du Bengale. — Le Mé-klong se jette à Mé-klong, dans le golfe de Siam, après avoir arrosé la partie méridionale du royaume de Siam. — Le Mé-nam (la mère des eaux) sort des montagnes du Laos et arrose Bangkok et la riche plaine de Siam ; ilse jette dans le golfede Siam après un cours de 800 kilom. C’est un fleuve large (1 à 2 kilom.) et profond (10 à 15 m.), mais dont l'embouchure est obstruée par une barre formée de bancs de sable. Le Mé-nam déborde régulièrement de septembre à décembre, et ses crues fertilisent le pays qu'il traverse, et qui est couvert de rizières et d'une végétation splendide. Son affluent principal est le Mé-ping. — Le Mé-hong (grand fleuve) ou Cambodge parait se former dans leThibet! par la réunion de divers cours d’eau (Voy. page 704); il traverse la haute terre du Laos, où des rapides interrompent sa navigation, puis il entre dans
! Dans cette hypothèse, le Mé-kong aurait au moins 5,900 kilomètres,
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J'An-nam et forme, à son embouchure, dans le Cambodge et la Cochinchine française, un immense delta. C’est un fleuve large, profond, et soumis, comme le Mé-nam, à des crues périodiques (d'août à novembre), causées par la fonte des neiges du Thibet. La différence des niveaux entre les hautes'et les basses eaux va dans certaines parties jusqu’à 40 m.; cependant, malgré leur volume énorme, les crues du Mé-kong fertilisent le pays. Le principal affluent du Mé-kong est le Mé-sap, dans le Cambodge, qui sort du lac Touli-sap et qui passe à Oudong'. — Le Dong-naï, traverse la Cochinchine française et passe à Saïgon.
— Le Sang-ka ou Sang-koï est la principale rivière du Tonkin.
Climat. — Le climat de l'Indo-Chine est trèsvarié comme sa topographie; en général, ilest chaud et sain, quoique pour les Européens il soit débilitant et souverit dangereux, surtout dans les forêts marécageuses et dans les plaines inondées de Siam,où sévissent des fièvres mortelles. — Dans le Cambodge, le thermomètre marque ordinairement + 27° et quelquefois 32°. Dans la Cochinchine, la chaleur varie de + 11° à 40°. Le froid, dans le Tonkin, est quelquefois de — 8°, À Singapour, la température moyenne de l’année est de+- 27° et diffère peu des extrêmes, car il n'y a de différence entre le plus grand froid et la plus grande chaleur que un degré et demi ou deux.
— Comme dans tous les pays voisins de l’équateur, l'année ne se compose que de deux saisons ; la saison des pluies, de mai à septembre, et la saison sèche, d'octobre à avril. — Les typhons sévissent fréquemment dans le golfe de Tonkin et sur le littoral de la Cochinchine, d'octobre en janvier.
Productions minérales. — Les richesses minérales de l’Indo-Chine sont : l'or, dans les alluvions des montagnes du pays de Myédou, situé dans la Birmanie septentrionale ; — l’argent, dans la Birmanie, près de Bhanmo ; — le plomb (Birmanie) ; — l'étain, le métal le plus abondant dans la région, qui est exploité dans la Birmanie, le royaume de Siam et la presqu'île de Malacca ; — le cuivre, le zinc, l'antimoine ; — le fer ; on trouve du fer excellent dans les montagnes situées à 50 kilom.
au S.-E, d'Ava (Birmanie) ; — les pierres précieuses (émeraudes, rubis, topazes, saphirs) et le jaspe ; — la houille (Birmanie septentrio-
! Lorsque la crue du Mé-kong s'est élevée à une certaine hauteur, elle refoule le courant du Mé-sup et vemplit le T'ouli-sap, qui forme ainsi un immense réservoir ; lorsque la crue a complétement cessé, le Mé-sap apporte au fleuve les eaux du Touli-sap,
nale, iles Nicobar) ; — l'huile de pétrole, le salpètre et le soufre (Birmanie).
Productions végétales et cultures. — Les productions de l'Indo-Chine sont aussi nombreuses et abondantes que l'on peut le concevoir d’après la douceur du climat et la fertilité du sol; nous citerons parmi les plus importantes : le riz, qui forme la principale nourriture et dont on extrait une eau-de-vie appelé arak ; Siam et la Cochinchine française produisent de très-bon riz eten exportent en Chine et dans les Indes; — le sorgho, appelé aussi millet indien et petit millet ; — le blé (en pe: tite quantité) ; — le maïs (Laos, parties hautes de Siam et de l’An-nam); — la patate et l’igname ; — le sagou ; — le kladi (Arum colocasia), dans la presqu'ile de Malacca; — les dolics, l'arachide ou pistache de terre (dont on mange les graines), la châtaigne d’eau, les concombres et les melons; — les fruits, qui abondent partout et fournissent une grande partie de la nourriture ; — le cocolier, qui donne à la fois des fruits et de l'huile d’éclairage ; — le bambou; l'arbre à suif ; — le coton (Birmanie, Pégu, Cochinchine française et Cambodge); — le chanvre; le china-grass (fibres d'Urtica nivea); le jute (fibres de divers Corchorus) ; — la soie; — la canne à sucre ; le palmier à sucre ; le sorgho à sucre (An-nam); le café, qui est très-bon mais à peine cultivé ; l'arbre à thé, qui croit spontanément, mais n’est pas cultivé ou l’est très mal; — le poivre (Siam et presqu'île de Malacca), très-recherché en Chine; le piment ; la muscade (Singapour) ; la cannelle (Cochinchine); le bétel du Cambodge, qui est le meilleur de l'Asie et dont on exporte une grande quantité ; la noix d'arec ; le cardamome du Cambodge, qui est excellent et trés-estimé en Ghine; — le tabac; — l'indigo ; les fleurs: de carthame, qui donnent une belle teinture rouge; le bois de sapan (fang des Siamois), qui donne aussi une belle, couleur rouge et dont on exporte de grandes quantités en Chine; —- le sésame, qui fournit l'huile comestible ; — le gambir ou gambier (Gutta gambir des Malais), gomme extraite de
‘ Les principaux fruits sont : les amandes, les ananas, les bananes, le durion (Durio 3ibethinus), les fisues, la goyave ou maloko des Siamois, la grenade, le jack ou fruit de l'arbre à pain, le jambos, le litchi,le mangoustan, la mangue ou mango, les oranges, les cédrats, les citrons, les pamplemousses, la papaye, la pomme-cannetle (Anona squamosu), les prunes, le ramboutan ou rampostan (Euploris nephelium), espèce de li-tchi, le tamarin et les grappes du vaï, qui remplace en Cochinehine notre cerisier,
l'Uncaria! et qui sert de masticatoire dans toute l'Indo-Chine, laMalaisie et la Chine méridionale ; l'emploi du gambir a pour but de teindre en noir les dents, la langue et toute la bouche; le centre principal de la production de cette gomme est l'ile de Singapour?; le cachou; la laque et les vernis ; la gommegutte; la gomme-laque; la gutta-percha ; le caoutchouc; — le benjoin ; l'essence de roses ; — le camphre. — Les forèts sont très-étendues et fournissent en: abondance les plus précieuses essences : le bois de teck, le bois de santal, le bois. de fer (Baryxylum rufum), le bois d’aigle* (Aloexylun' agallochum), l'ébène, etc.
Faune.— Les animaux sauvages sont nombreux dans les vastes forêts et dans les jungles de l'Indo-Chine ; les principales espèces sont : l'éléphant ; l'éléphant blanc, qui est très-rare et pour lequel les Birmans et les Siamois ont un grand respect, parce qu'ils croient que l'âme de Bouddha a vécu dans un de ces animaux ; le rhinocéros, le tigre, le léopard, la panthère, l'ours, le loup, lorang-outang, le gibbon, lessinges de petite espèce, les cerfs, les daims, les chevreuils, le sanglier, le porc-épic, les perrocuets,, les drongos, l’argus, les hirondelles salanganes qui abondent sur les côtes, le crocodile, la tortue et le boa; les poissons fournissent un aliment de grande consommation; on mange même le requin. — Le règne animal fournit au commerce d'exportation :
des holothuries ou biche: de mer (trépangs), des nids d’hirondelles, de l’ivoire, de l’écaille, des cornes de rhinocéros, de buffle et de cerf, et des peaux de cerf et de buffle.
Les animaux demestiques sont : l'éléphant, l'animal de trait par excellence, et qui sert partout de monture aux souverains et aux personnages importants ;— les chevaux, qui sont petits et peu nombreux et ne servent que comme bêtes de somme ; les meilleures races sont le cheval birman (dans la vallée inférieure
” de l'Iraouaddy) et le cheval cochinchinois, rustique et infatigable ; — le bœuf bossu, qui est presque partout employé comme bête de trait 'apide. Les races birmanes, de taille moyenne, ne servent qu'au labour et aux transports.
Les pâturages des montagnes du Tonkin nourrissent d'immenses troupeaux de bœufs et de buffles. Le buffle sert partout au lahour,
* Arbrisseau de la famille des Rubiacées,
* En Europe et aux États-Unis, on emploiele gambhir dans la teinture et le tannage.
% Le hois d'aigle se recueille surtout en Cochinchine et à Siam, et s'exporte en Chine, où il est employé camme parfum dans les temples,
et à Siam on mange sa chair séchée au soleil; —le porc fournit avec la volaille! Ja presque totalité de la viande que l’on consomme. — Il y a des moutons dans la Bir.
manie.
* Races, langues et religions. — L'Indo-Chine est peuplée par :
Les nations indo-chinoises, Les Chinois, Les Malais, Les nègres océaniens.
Les NATIONS INDo-CHINOISES, qui forment une des quatre subdivisions de la race chinoise, sont certainement d'origine mêlée; elles semblent provenir du mélange des races aborigènes, très-peu connues?, avec des Chinois*, des Dravidiens et quelques éléments hindous4. Les principales de ces nations sont : les Annamites, dans le Tonkin, l'An-nam et la Cochinchine française ; — les Kmer on Kaomen, dans le Cambodge et la Cochinchine française ; — les Siamois ou Thaï (libres), appelés Schan par les Birmans, dans le royaume de Siam ; — les Lao ou Laotiens, dans le Laos, c’est-à-dire dans toute la partie centrale de l'Indo-Chine; — les Birmans ou ran.
mas6, dans la Birmanie et l’Aracan ; — les Mons ou Talaings, dans le Haut Pégu ; — les Karens ou Karians, dans le Bas Pégu.
Les Cuinois peuplent la partie méridionale du royaume de Siam, où ils cultivent le soi, et se trouvent aussi en grand nombre dans l'ile de Singapour et le royaume de Cambodge.
Les Macais peuplent le littoral de la presqu'ile de Malacca et sont disséminés dans presque toutes les villes du littoral de l’Indo- Chine. — Un rameau de la race malaie, mêlé aux nègres océaniens, et dans lequel le type négre prédomine, forme la population des iles Andaman et Nicobar.
Quelques tribus de NÈGREs ocÉANIENS habitent les montagnes de la presqu'île de Malacca.
Deux civilisations et deux races ont pénétré dans l’indo-Chine, la civilisation hindoue, à l'Ouest, dans la Birmanie et Siam ; la civilisation chinoise, à l'Est, dans le Tonkin et l'An-
1 Poules, canards, oies et pigeons.
# Parmi lesquelles il y a eu des peuplades brunes ou noires. L'ethnographie des tribus aborigenes brunes et à demi sauvages des troisièmes el quatrièmes chaines de l'Indo-Chine (Stiengs, Thi, Kemoi ou Moï, Xong, ete.) est à peu près inconnue.
3 L'élément chinois prédomine incontestablement dans le Tonkin et l'An-nam.
4 Dans la Birmanie.
# Les Siamois sont très-mêlés d'éléments malais. 5 On prononce Miamma,
nam, Les ra et leurs systé cette double i la limite q l'Ouest, domi dien (alphab celles du syst — Les Birma (un des plus siamois ou t tout entier fa contraire ont Ja langue ma de l'Indo-Chi gien, le laoti (dans le Pé Toutes ces la ports entre e Le boudd danstoute l’I nam, les lettr trine de Conf la langue. — Le catholicisi nam et laCoc cest la plu Orient ; elle €
Le
Les villes | d'Aracan, CO Akyab, ch.
à l'embouch portation du ville de 40,
Dausla pr Pégu, ch.-1 belle ville l'un des bra
commerce
Angleterre del'hnile d terie et on :
teck, —Bas
‘ Les Birm can Yakayn Sitoué.
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3 Les Birn
4Les Birir prononcer €
hée au s0olaillet Ja l'on con- S la Bir.
ndo-Chine
ment une chinoise, elles semces abodes Chiéléments ons sont :
n-nam et Kmer on chinchine res), aproyaume dans le rtie. cenou Hran.
mn; — les 1; — les Tu, ridionale t le soi, bre dans mbodge, la presés dans e l'Indoie, mèlé le type 1 des iles
habitent ACCA.
pénétré ndoue, à civilisaet l'An
+s brunes borigenes
nam, Les races de l’Indo-Chine, leurs langues et leurs systèmes d'écriture se ressentent de cette double influence; le Mé-kong semble être la limite qui sépare les deux courants; à l'Ouest, dominent les écritures du système indien (alphabets birman et siamois); à l'Est, celles du système chinois (alphabet annamite). — Les Birmans ont pour langue sacrée le pali (un des plus anciens ‘dérivés du sanskrit); le siamois ou thaï littéraire et sacré est presque tout entier formé de pali. Les Annamites au contraire ont pour langue savante et officielle, la langue mandarine. — Les langues vulgaires de l'Indo-Chine sont : l’annamite, le cambodgien, le laotien, le siamois ou thaï, le mon (dans le Pégu) et le birman ou mranma.
Toutes ces langues ont les plus grands rapports entre elles et avec le chinois.
Le bouddhisme est la religion dominante danstoute l’Indo-Chine. Dans le Tonkin etl’Arnam, les lettréset les mandarins suivent la doctrine de Confucius, de même qu'ils en parlent la langue. — Les Malais sont musulmans. — Le catholicisme compte dans le Tonkin, l’Annam et laCochinchine environ 550,000 fidèles; cest la plus belle chrétienté de l'extrême Orient ; elle est dirigée par 7 évêques, assistés
d’Aracan,. . .
Les provinces { du Pégu.. . .
de Tenasserim.
Les îles Ardaman,
Le gouvernement des Détroits, c’est-à-dire les possessious anglaises situées dans la presqu'ile de Malacca et comprenant : . . . . . .
Les villes principales sont : dans la province d'Aracan, conquise sur les Birmans en 1896, Akyab, ch.ieu de la province, ville maritime à l'embouchure de l’Aracan ; le commerce d'exportation du riz y est considérable. — Aracan!, ville de 40,000 hab. , sur l’Aracan.
Dansla province du Pégu ?, annexée en 1855 :
Pégu, ch.-lieu de la province. -- Ramgounÿ, belle ville de 25,000 hab., avec un port sur l'un des bras de l’Iraouaddy : c’est le centre du commerce du Pégu. Ramgoun exporte en Angleterre du riz, des bois de construction et de l'hnile de puirole; on y fabrique de la poterie et on y construit des navires en bois de teck, —Bassein *, ville commerçante sur le bras
chacun d'uncoadjuteur , par 60 missionnaires européens et 250 prêtres indigènes.