Presqu'ile de Malacca
La presqu'ile de Malacca, baignée, à l'Est, par la mer de Chine et, à l'Ouest, par le détroit de Malacca, est soumise au royaume deSiam, à l'exception de la partie méridionale qui est indépendante. — La presqu'ile de Malacca est habitée par deux races : les Malais, sur le littoral ; les indigènes, dans les parties montueuses et boisées de l'intérieur; ces indigènes sont des négres sauvages, féroces, divisés en petites tribus, vivant dans les bois et portant les noms de Krians, de Samangs où Mawas et de Jackoons. Les Malais les appellent les hommes des forêts (orangs-outangs) et Kaïats.
La partie méridionale dela presqu'ile de Malaccarenferme quatre petits états indépendants, gouvernés par des radjahs et ayant pour capitales des villes du même nom, qui sont : Pérak, Salangore, à l'Ouest; Djohcr, au Sud, et Pahang, à l'Est.
$ 5. — Hindoustan!.
Bornes et étendue. — L'Hindoustan, qui forme une grande péninsule, est borné : au Nord, par les monts Himalaya qui le séparent du Thibet ; à l'Est, par la Birmanie et le golfe du Bengale; au Sud, par le cap Comorin; à l'Ouest, par la mer d'Oman, par les monts Hala, qui le séparent du Beloutchistan, et par les monts Soliman, qui le séparent de l’Afghanistan. — La plus grande longueur, entre Kachemir et le cap Comorin, est de 2,700 kilomètres; la largeur, entre l'embouchure du Gange et celle du Sind, est de 2,200 kilomètres, et la superficie est de 3,869,000 kilométres carrés.
1 Nous citerons la Correspondance et le Voyage de Vicron Jacquemonr parmi les principales sources dont nous nous sommes servis pour la rédaction de ce paragraphe.
Littoral. — Le golle du Bengale baigne les
côtes du Bengale, d'Orissa et de Coromandel.
La côte du Bengale est presque entièrement formée par les Îles basses et marécageuses du della du Gange ; la côte d’Orissa présente une suite de plages étendues et dangereuses ; la côte de Coromandel, au contraire, est formée partout de falaises blanches qui tombent sur une mer très-peu profonde ; la mer est soumise tout le long de cette côte, surtout pendant la mousson de Nord-Est, à un violent ressac qui rend le débarquement très-difficile. Toutesles côtes orientales de l'Hindoustan sont dépourvues de ports.— Au Sud du cap Calimere, commence le détroit de Palk, encombré de basfonds et de bancs de corail, large de 100 à 120 kilom. ‘et qui sépare l'Hindoustan de l'ile de Ceylan; ce détroit est barré, dans sa partie méridionale, et dans toute son étendue, par-une suite d’ilots et de bancs de roches corallines qui portent le ncm de Pont d'Adam. On appelle passe de Paumben ou de Pamban, un étroit passage existant à l'Ouest du pont d’Adam, entre l'ile Ramiseran et l'extrémité d'une petite presqu’ile qui se détache de la côte de Coromandel ; de grands travaux ont donné à cette passe une largeur de 27 à 70 m. et une profondeur de 3*,90. Au Sud du pont d'Adam, le détroit de Palk change de nom et s'appelle golfe de Manaar. — L'ile de Ceylan, située au Sud-Est de l'Hindoustan, renferme le port de Pointe-de-Galle et celui de Trinquemalay, qui offre un excellent mouillage; c’est le meilleur port que possèdent les Anglais dans l'Inde. — L’Hindoustan et la chaine des Ghâts se terminent, au Sud, par le cap Comorin, haut de 1,400 m., au delà duquel commence la mer d'Oman, qui baigne la côte de Malabar et la côte du Concan, aux rivages élevés, découpés et contenant de nombreux ports (Goa, Bombay et Surate). La mer d'Oman forme les golfes de Cambaye et de Kotch, entre lesquels est comprise la presqu'ile de Goudjérate ou Kattywar, à l'Ouest de laquelle se trouvent les embouchures et le delta marécageux du Sind.
Montagnes et aspect général. — Les montagnes de l'Hindoustan sont : les monts Himalaya, au Nord, et, au Sud, les trois chaines qui forment le plateau du Dékan, savoir les Ghâts de Malabar, les Ghâts de Coromandel et les monts Vindhya.
Les monts Himalaya forment un grand arc de cercle, dirigé du Nord-Ouest au Sud-Est, long de 2,250 kilom. et compris entre le Sind et le Brahmapoutre; ils sont situés entre le plateau du Thibet, au Nord, et la plaine de l'Hindoustan, au Sud. Les monts Himalaya
s'élèvent brusquement et sans transition au.
dessus des plaines de l'Hindoustan septentrio. nal, et commencent par une ligne de hautes collines appelées les Siwalik et hautesde 500 à 1,000 m. Le pied des Siwalik repose dans toute sa longueur sur une bande de junglest, large de 25 à 50 kilom. et peuplée de tigres, d'éléphants, de daims, de cerfs et de paons : pendant les pluies (mai à novembre), ces jungles se changent en marais pestilentiels. Au delà de la région des Siwalik, le sol s'élève rapidement et présente des rangées successives de hautes terres syéuitiques, disposées en gradins les unes au-dessus des autres et couronnées par des sommets granitiques, qui sont les plus élevés du globe. Les pics himalayens les plus hauts sont : le mont Everest ou Gorishanta, au Nord-Est de Katmandou (8,839 m.); le Kintchin-Djounga (8,581 m.), dans le Sikkim; le Dhawala-Giri (8,176 m.), à l'Guest du mont Everest. — L'Himalaya n'est pas exactement üne chaîne de montagnes; c'est plutôt une région montueuse, qui forme le talus méridional du plateau du Thibet; de sorte que, quand on a gravi !’Himalaya, on ne redescend pas, et on se trouve sur la haute terre du Thibet. Le massif himalayen ne présente partout que des montagnes arrondies, entassées en désordre, et des sommets, également arrvondis, se croisant en tout sens; on ne voit partout que des montagnes séparées par des gorges profondes, étroites et tortueuses, par où s’écoulent les eaux provenant de la fonte des neiges; le paysage est grand, mais monotone et sans beauté ; nulle part, il ne présente, comme dans les Alpes, de larges vallées, de vastes plateaux sur les cimes, de belles prairies, de grands lacs ou de pittoresques escarpements. Les cols sont étroits, difficiles, rares et toujours très-élevés (4,500 à 5,000 m.). La largeur du massif est de 150 kilomètres.
Au point de vue de la végétation, on peut diviser l'Himalaya en 4 zones. La végétation tropicale domine dans la zone inférieure (jusqu’à 14,600 m.); dans la deuxième zone (de 4,600 à 2,900 m.), les plantes herbacées de l'Asie et les arbres européens excluent peu à peu les plantes de la zone inférieure ; dans la troisième zone (de 2,900 à 3,800 m.), les forêts?, l’abricotier, le framboisier et le groseil-
‘.Fourrés d'herbes et de broussailles ; jungle vient de l'hindoustani djungal.
* Ces hautes forêts ne sont pas épaisses; elles se composent au contraire d'arbres épars au milieu des herbes. Les essences dominantes sont : les pins, sapins, mélèzes, cèdres, genévriers, chènes, charmes, érables, sycomeres, aulnes, marronniers, noyers et tilleuls, avec des rhododendrums et des azalées.
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L'Himalaya indien contient plusieurs pays, parmi lesquels nous citerons : la va/lée de Kachemir, dont la beauté a été fort exagérée ; elle est à 1,600 m. et bordée de montagnes de 4 à 6,000 m.; le Kanaor ou Kanawer, petit pays dont les vallées renferment les plus beaux pâturages de l'Himalaya; le Gherwal, le Kumaon ou Kemaon, le Nepaul, le Sikkim et le Boutan. Toute cette région est habitée par des Hindous mèlés de Mongols et par des individus de race thibétaine. Races, langues, mœurs, religions, climat, produits, tout y est transition entre l'Inde et le Thibet. Le culte de Bouddha est mêlé à celui de Brahma ; la polyandrie thi: bétaine existe partout*, et la langue est un hindoustani très-altéré, dans les quatre premiers pays, ou des dialectesthibétains dans les trois derniers. — L'Assam, au Sud: du Boutan,
est encore une région de transition entre l'Inde, *
le Thibet et l'Indo-Chine, dont elle faisait partie avant 1826. L'Assam est une grande vallée arrosée par le Brahmapoutre, bordée de hautes montagnes et peuplée de tribus à demi sauvages, de race hindoue et thibétaine ; la colonisation anglaise y a fait déjà quelques prors.
, Au pied de l'Himalaya, entre le Sind et le Brahmapoutre, s'étend une vaste plaine ininterrompue, longue de 2,000 kilom. et qui se prolonge au Sud jusqu’au golfe du Bengale, à l'Est, pendant que du côté de l'Ouest elle suit l'Indus jusqu’à la mer d'Uman. Sa largeur, du côté de l’Indus, est de 1,000 kilom.; dans le Bengale, elle n’a plus que 500 kilom. La superficie de cette grande plaine est d'environ 1,500,009 kilom. carrés. Sa partie la plus élevée (350 m.) est entre le Sutledje et la Djamna.
La grande plaine du Nord de l'Hindoustan, entièrement formée par le terrain tertiaire, est généralement plate et monotone; elle présente presque toujours des alluvions fertiles, mais mal cultivées, souvent des jungles sablonneu-
! C'est l'orge qui est la principale culture des vallées de l'Himalaya.
* Chez les pauvres, car les riches pratiquent au contraire la polygamie.
ses!, rarement des furèts® et quelquefois des marais pestilentiels* ; partout son aspect est misérable et triste. La partie de cette plaine située à l'Est de l'Indus est un désert appelé le Thurrou Tschar; c'est un espace plat, sablonneux, salé, couvert d'arbrisseaux épineux ou de quelques maigres herbages, et peuplé d'antilopes, de sangliers, de lièvres et de perdrix. Au Sud du Thurr et au Nord du golfe de Kotch, est situé le Runn+, région de 17,000 kilomètres carrés, qui est un désert de sable, couvert d'incrüstations salines ou de flaques d’eau, pendant la saison sèche, et qui devient, pendant la saison des pluies, un grand lac marécageux dont les eaux s'écoulent dans le
, golfe de Kotch.
Au Sud de la grande plaine de l'Hindoustan est situé le plateau du Dékan, haut de 500 à 700 m. et qui constitue la péninsule de l'Hindoustan. Ce plateau, de forme triangulaire, est compris entre trois chaînes de montagnes : les monts Vindhya, au Nord; les Ghâtss de Malabar, à l'Ouest, et les Ghâts de Coromandel, à l'Est. — Les Ghâts de Malabar ont généralement 1,000 m., mais quelques sommets s'élévent à 2,000 im.; elles sont basaltiques, au Nord, granitiques et syénitiques, au Sud. Exactement, les Ghâts de Malabar se composent de terrasses successives, couvertes de forèts de teck et qui conduisent de la côte au sommet du plateau. -- Les Ghâtsde Coromandeb, entièrement formées de syénite et moins élevées que les précédentes, surtout au Nord, se composent aussi de terrasses successives, au milieu desquelles de nombreuses rivières se sont creusé un lit pour aller se jeter dans le golfe du Bengale. Les Ghâts de Coromandel laissent entre elles et la mer une zone de plaines, large de 80 à 100 kilom., tandis qu'il n'y a entre la mer d'Oman et les Ghâts de Malabar qu'une bande de terre très-étroite. — Les deuxchaines se réunissent, au Sud, dans la haute terre de Travancore et vont finir, sous le nom de monts Aligiri, au cap Comorin, sommet du triangle. — Entre la haute terrede Travancore, au Sud, et le Mysore, au Nord, il existe une dépression remarquable appelée le Gap ou
* La jungle est presque toujours pn taillis, un fourré; quelquefois c’est un espace non cultivé, une lande.
# Presque partout le bois manque et la population n'a d'autre combustible que la bouse de vache, que les femmes pétrissent en larges gâteaux, qui sèchetit au soleil tout autour des villes et des villages.
3 Les marais sont dans les deltas du Gange et de l'Indus,
4 Renn ou Rinn.
# En anglais Ghauls.
vallée de Coiïmbélour. La partie nord du Gap est bordée par les Neilgherries ou montagnes Bleues (1,500 1m.), qui, sont célèbres par l'extrème salubrité de leur climat. — La base du. plateau du Dékan est formée, au Nord, par les monts Vindhya, qui s'ubaissent sur le Gange par les terrasses ou plateaux du Mewar et du Malwah!, au Nord-Vuest, et du Bundelkund, au Nord-Est. Ce dernier, presque désert, a 400 m, d'altitude. — La partie Nord- Ouest du plateau du Dékan, entre la basse Nerbuddah et la haute Kistna, est basaltique, nue, inculte et sauvage. D’autres parties sont très-fertiles; ce sont celles dont le sol est formé par la terre noire appelée le Regur *,
Fleuves et rivières. — L'Hindoustan est arrosé par de nombreux cours d'eau, tributaires du golfe du Bengale et de la mer d'Oman; les principaux sont :
Le Brahmapoutre, Pre Le Gange.. . . . . , Le Mahanaddy. . .
Le Godavéry. : . .. qui se jettent La Kistna ou Krishna. } dans le golfe du Le Penner, . . . .. Bengale ;
Le Palar., . . . ..
Le Pannair. ,
Le Cauvéry
Le Tapty,. , , , ..
La Nerbuddah. . .
Le Myhi., . . . .. qui se jettent dans Le Saburmutti. . . . | la mer d'Oman.
Le Luni. . .,...
Le Sind ou Indus.. .
” Le Brahmapoutre ou Bourrampoutre vient du Thibet, où il porte le nom de Yaro-dzangbotchou; il traverse, sous le nom de Dihong, une longue gorge formée par les monts Himalaya et Langtan ; puis il entre dans l’Assam, où il coule de l'Est à l'Ouest dans une vallée envaissée. En arrivant dans le Bengale, il change de direction, coule au Sud et se partage en plusieurs bras qui se mêlent avec ceux du Gange. La principale embouchure du Brahmapoutre porte le nom de Megna. Ses affluents sont le Tiesta, dans le Sikkim, et le Barak, dans le Bengale,
Le Gange est formé par la réunion de deux
rivières : le Baghirati et l'Alakananda, qui prennent lèur source dans le massif de l'Hi-
* Le talus occidental du plateau du Mewar porte le tom de monts Aravalli.
Le Reguür est un dépôt diluvien, trés-fécond et formé de silice (48 p. 0/0), d'alumine (20 p. 0/0), de carbonate de chaux (16 p: 0/0), de magnésie (10 p. 0/0) et d'oxyde defér (1 p. 0/0).
3 Ganga, fleuve:
malaya. Le Gange coule d'abord daus une haute vallée (2,000 in.), encaissée entre des montagnes aux pentes rapides et boisées : ce n'est alors qu'un torrent, large et bruyant, qui sort du massif himalayen, à Hardouar, pour entrer dans la grande plaine du Nord de l'Hindoustan, qu'il traverse du Nord-Ouest au Sud-Est, en passant par Farrackabad, Caounpour, Allahabad, Mirzapour, Bénarès, Patna et Monghir, Il se jette dans le golfe du Bengale,après s'être divisé en un grand nombre de bras qui forment un vaste delta. Le bras occidental, appelé l'Hougly', passe à Chandernagor, Serampour, Barrackpour et Calcutta. C'est le seul des bras du Gange sur lequel on navigue ordinairement; la marée y remonte plus loin que Calcutta. L'Hougly est un large cours d’eau, d’une navigation difticile, coulant entre des rives basses, plates et marécageuses. — Tout le delta du Gange est couvert de marais d'une extrême insalubrité ?, ou de jungles et de forèts5, peuplées de tigres. — Le Gange a 2,200 kilomètres de longueur; sa profondeur à Bénarès est de 15 m.,et de 28 m. pendant les crues : à Patua, il a 7 kilomètres de large. Il déborde en juin, et ses crues, causées par La fonte des neiges de l'Himalaya et par les pluies périodiques, durent jusqu’à la fin de septembre; il couvre alors d'immenses étendues de terrain, et la végétation de ses rives, bordées de palmiers, de cocotiers, de figuiers sacrés, de bambous et de mimosas, est splendide. -- Le Gange est remonté par les bâtiments à vapeur jusqu'à Allahabad, à environ 1,500 kilom. de la mer; il est navigable pour des bâtiments ordinaires jusqu'à Hardouar; c’est:la grande et principale route de l'Inde septentrionale. — Le Gange est le fleuve sacré des Hindous; ils viennent y faire les ablutions prescrites par leur religion et ils jettent dans ses eaux presque tous leurs cadavres, croyant que le ange les conduira parmi les dieux; aussi les rives du fleuve, et. surtout celles de l'Hougly, sontelles parsemées de corps que dépécent des bandes d'oiseaux de proie. — Les affluents du Gange sont : à droite, la Djamna ou Djemna, le Sône et la Dammoudah ; à gauche, le Goumnti, le Gogra, le Gandack, le Kosy (Coosy) et le Tista. — La Djamna descend des monts Himalaya, passe à Delhi, à Agrah et finit à Allahabad; elle coule parallélement au Gange et forme
* En anglais Hooghly.
# Le choléra y sévit en permanence.
3 Sunderbunis, du bengali sunder-ban, belles forêts. * En anglais, Jumna.
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les forèts.
avec lui une grande ile appelée le Doab (les deux eaux). La Djamna reçoit deux affluents, à droite : le Tchoumboul et le Betwa. Le Tchoumboul sort des monts Vindhya, arrose le Malwah et le Radjastan, et reçoit de nombreux cours d'eau ; le Betwa traverse le Bundelkund. — Le Sône prend sa source dans la partie orientale des monts Vindhya, traverse aussi le Bundelkund et se jette dans le Gange à l'Ouest de Patna. — Le Goumti arrose le royaume d'Aoude et Lucknow. — Le Gogra prend sa source dans l'Himalaya, traverse le Kumaon, l'Aoude et Fyzabad. — Le Gandack et le Kosy traversent le Nepaul. — Le Tista arrose le Sikkim et se partage en deux bras: l’un, appelé l'Astri, qui va se jeter dans le Gange, l'autre, qui conserve le nom de Tista et va se réunir à uue branche du Brahmapoutre.
Le Mahanaddy arrose le Gondwana et l'Orissa. Il passe à Sambalpour et à Kattack, et s jette dans le golfe du Bengale par plusieurs bras qui forment un delta. — Le Godavéry (Gangaj prend sa source dans les Ghâts de Malabar, traverse tout le Dékan (royaume du Nizam) et les Circars ; il se jette dans le golfe du Bengale, un peu au Sud de Yanaon, après un cours d'environ 1,200 kilom. Ses affluents principaux sont : le Mandjira et la Pranita.
Le Godavéry est un cours d’eau large de 100 mètres, profond de 6 à 7m. dans les crues, et qui se réduit à un mince filet d’eau pendant lasaison sèche. — La Kistna ou Krishna prend aussi sa source dans les Ghâts de Malabar, près de Sattarah ; elle traverse tout le Dékan et le Carnatic et se jette dans le golfe du Bengale par plusieurs bouches, entre Mazulipatam et Nizampatam. Son cours est d'environ 1,100 kilom. Ses principaux affluents sont : à gauche, la Bimah; à droite, le Toungaboudra. — Le Penner, qui passe à Nellore; le Palar, qui arrose Vellore et Arcot; le Pannatr, qui a sor
passe à Tandjore, à Tritchinopoly et qui se partage en plusieurs bras, dont le plus septentrional, appelé le Coleroun, finit à Tciulloumbroum, arrosent le Mysore et le Caruatic.
Le Tapty et la Nerbuddah, qui se jettent dans le golfe de Cambaye, coulent parallèlement et assez près l’un de l’autre, dans la partie Nord-Ouest du Dékan. La contrée qui les sépare est montueuse {, basaltique, sauvage et couverte de forèts malsaines, peuplées de tigres, de sangliers et d’anulopes. La Ner-
! Ce sontles monts Sautpoura;
buddah, un des fleuves sacrés les plus vénérés, est une rivière large et rapide qui coule dans un lit encaissé et partout obstrué de rochers et de rapides. Le Tapty finit à Surate, la Nerbuddah à Barotch.— Le Mihy et le Saburmulti arrosent le Goudjérate et se jettent aussi dans le golfe à Cambaye. — Le Luné traverse le Radjastan et Djoudpour.
L'Indus ou Sind a sés sources sur le pla- ‘teau du Thibet, dans les monts Gangri, à une élévation de plus de 4,575 mètres; il sort du massif qui dorine naissance au Sutledje, au Gange, au Gogra et au Dzangbo. Le Sind coule d'abord du Sud-Est au Nord-Ouest, dans le Thibet occidental et le Ladak, où il s'appelle le Sing-chab-ab ; il tourne ensuite au Sud, tra-
verse par une suite de gorges les terrasses himalayennés et’ déboucl:e dans les plaines du Pendjab, où il prend le nom de Sind. Il arrose le Pendjab et le Sind, et passe à Attock, Mittan , Haïderabad , Sihouan et Tattah. Ses rives'sont e; général élevées et souvent escarpées, et le pays qu'il ‘raverse est presque partout sablonneux. :érile, désert ou couvert de bois. À Tattar: 1: Sind se partage en plusieurs brnches et forme un dela compris entre le 1f4, qui est le bras oricutal et le plus consid'rable t, et le Baggdr (le destructeur), qui est le bras occidental *. L'Indus envoie aussi de Haïderabad un grand bras appelé le Kori, qui traverse la partie occidentale du Runn et sépare à son embouchure les provinces du Sind et du Kotch. Les parties basses du delta de l'Indus sont désertes, couvertes de buissons et inondées par la mer ou par le fleuve. — L’Indus est un fleuve majestueux, long d'environ 2,800 kilomètres, large, profond (7 à 8 m.) et navigable depuis la mer jusqu’à Attok, bien que les sables et les troncs d'arbres enfouis dans la vase rendent la navigation difficile. Les crues ont lieu
* ! Acpuis Ja fin d'avril jusqu’en septembre, et embouchure à Cuddalore; le Cauvéry, qui |
ciles élèvent le niveau de 3 à 4 mètres. La marée remonte jusqu'à 40 kilomètres audessus de Tattah.
L'Indus reçoit, à gauche, le Pendjinad, qui a son confluent à Mittan, dans le Pendjab®.
Le Pendjinad est formé par laréunion de deux rivières, le Tchinab et le Sutledje. — Le Tchinab#, l'Acesines des Anciens, descend de l'Hi-
{ Le Sata, qui a 1,000 mètres dé largeur, se subdivise en plusieurs branches, dont la plus imporlante est la Gora.
? Toutes les bouches de l'indus sont encombréés de barres dangereuses et de bancs de sable, et changent souvent de lit:
5 Ou pays des cinq rivitres:
4 En anglais Chenaub.
malaya, arrose le royaume de Kachemir, puis le Pendjab, of il passe à Moultan. C'est une grande rivière, profonde, large et aux eaux rougeâtres. Le Tchinab reçoit, à droite, le Djelam ‘, l'Hydaspes des Anciens, et à gauche le Ravi ?, l'Hydraotes des Anciens. Le Djelam prend sa source dans l'Himalaya ; et coule d'abord dans la vallée de Kachemir, où il porte le nom de Bejat ; il traverse Kachemir et le lac Valar ou Voulleur, franchit les gorges de l'Himalaya et entre dans le Pendjab, où il passe à Djelam. Le Ravi arrose Lahore. — Le Sutledje *, l'Hyphasis des Anciens, sort du lac Manasarowar, dans. le Thibet; il traverse d'abord le Thibet occidental, où il coule du Sud-Est au Nord-Ouest dans une vallée très-profonde (1,000 m.), et il y reçoit le Spüti; puis il se dirige au Sud, traverse l'Himalaya par une large dépression naturelle, haute seulement de 900 mètres, passe ensuite à Rampour, capitale du Bissahir, et entre enfin dans le Pendab, où Loudhiana, Firozepour et Bahawalpour sont situés sur la rive gauche. Le Sutledje est une rivière large, très-profonde, aux eaux froides et infestées de crocodiles, et quia pour affluent le Beyah ou Bias. — Les rivières du Pendjab coulent presque parellélement entre elles, en formant de longues presqu'iles (Doab) couvertes de steppes. — Le seul affluent de l’Indus sur sa rive droite est le Cuboul, qui descend de l'Hindou-kouch, arrose l'Afghanistan et la ville de Caboul, et vient finir dans l'Indus à Attok.
Climat. — Le climat de la plus grande partie de l’Hindoustan est tropical, et l'année s’y divise en deux saisons : la saison humide et la saison sèche, qui correspondent aux moussons de Sud-Ouest et de Nord-Est. La mousson de Sud-Ouest et les pluies commencent vers le m:lieu d'avril et finissent en septembre ; la mousson de Nord-Est et la sécheresse durent d’octobre à avril. En général, le climat de l'Inde est sec, et cette sécheresse détermine souvent de grandes famines. La saison pluvieuse est à la fois chaude et malsaine ; c’est le temps pendant lequel sévissent le choléra, la dyssenterie et les fièvres de toutes sortes, qui, avec la lèpre, sont les plus redoutables maladies du pays #. — La côte de Malabar est la contrée
Ÿ En angla.s Jelum.
* Fn anglais Ravee.
5 En anglais Sullej.
# La partie la plus malsaine de l'Hindoustan est probablement le Bengale. C'est le foyer du choléra, qui parait y être né en 1817, et de la terrible peste appelée nutan-jouar ; ces maladies sont causées par la malpropreté des paysans qui vivent au inilieu d or-
del'Hindoustan où il pleut davantage. —- Les parties les plus chaudes de la péninsule indienne sont : le Thurr, et la côte de Coromandel, où l'on a observé + 44° 7, à Pondichéry!, — En général, les plateaux et les régions himalayennes ont un climat relativement tempéré et sain. — À Calcutta, on distingue trois saisons : la saison chaude, la saison des pluies et la saison froide. La première commence en avril avec la mousson et finit dans le courant du mois de juin. C'est le temps de l'année appelé par les Anglais les hotwinds (vents chauds); il est caractérisé par la sécheresse, par une chaleur intense (+ 38°) et par quelques orages vers la fin. Cette saison est salubre pour les Européens, s'ils ont la prudence de ne pas s’exposer au soleil. La saison pluvieuse dure de juin à la fin de septembre; elle est caractérisée par des pluies abondantes et continuelles, surtout en juillet. La grande humidité, la chaleur oppressive, la lourdeur du ciel chargé de nuages, et des refroidissements subits, en fontune saison malsaine. La saison froide se prolonge d'octobre à avril; les nuits et les matinées sont très-fraiches (+ 5°et 6° seulement) et accompagnées de rosées abondantes et froides ; mais le soleil est chaud pendant le jour, de dix à deux heures (+ 24°), et le ciel est pur. En décembre, par les vents froids et secs du Nord et du Nord-Ouest, les nuits deviennent froides et la température s'abaisse presque jusqu'à la gelée *?.
Productions minérales. — Les principales productions minérales de l’Hindoustan sont:
l'or, que l'on trouve dans les alluvions de plusieurs rivières du Pendjab et du Dékan (Berar, Orissa, Mysore); — l'argent (Golconde, Carnatic); — le plomb et le zinc (Kumaon); — l'étain (Pendjab, Adjemir); — le cuivre (Nepaul, Kumaon, Dékan entre le Toungaboudra et le Penner, monts Elgondah5; — le fer (Bundelkund, Mysore, Carnatic, Malabar, Assam, Nepaul, province d'Agrah, etc.) ; — la houille, dont il existe deux grands dépôts situés : 4° entre Bardwan (Bengale) et Hosangabad sur la Nerbuddah; 2° dans l’Assam
oo
dures, d'immondices et de déjections de toutes sortes, amoncelées à côté des habitations, et qui boivent le plus souvent l'eau de mares pestilentielles.
‘ Pendant les chaleurs extraordinaires du mois de juin 1865, le thermomètre s'est élevé, à Delhi, jusqu'à 42° et demi.
* L'atmosphère, dans l'Hindoustan, est exposée à des perturbations électriques si fréquentes et si intenses, que la télégraphie électrique n'y a été possible, qu'à la condition d'employer des fils d'un diamètre très-considérable.
5 l'artic des Ghâts à l'Est du Penner.
méridional; Rann kom. au Nord-0 principaux centre res précieuses et ] (houde, Sind et Be de grandes quant jurni en abonda du Gange el par pindaden-khan et Productions véd Les productio sont nombreuses 4 werce; mais l'agr le sol épuisé ne grande partie des { culte ; partout le pres par des Jung lions agricoles une dure misère.
Nous citerons p resindiennes : le pale nourriture d ment des séchercs sent les récoltes minée et causent doustan exporte bé la Réunion, Singa rope; — le blé, dd larégion septentri posée du Pendjab supérieur du Gan; aussi le blé dans sur quelques parti diverses variétés donnent des grair espèces de millel #5; —l'arrow-r la patate; — le n tour S et diverses — les fruits, pa rons : les banane nd hr
1 Villes du Pend)j
3 On le cultive su bassin du Gange.
3 C'est-à-dire da kund, d'Aoude, d'A kund.
4 Panicum milit sorghum ({chor) Mahrattes et badjri
5 Qui fournit de comestibles, |
8 Cytisus cajan.
1 Les hautes val diverses espèces ou papheur et P. :
la vallée de Kache dont les feuilles
8L'abricotier, tits truils qui fou GÉOG, GÉ\
tage. — Les ninsule ine Coromanondichéry!, régions himent temlingue trois 1 des pluies mmence en le courant de l'année nds (vents eresse, par r quelques lubre pour e de ne pas ase dure de L caractérintinuelles, imidité, la ciel chargé ts subits, son froide iuits et les et 6° seuées abonhaud pen- + 24), et les vents Ouest, les mpérature
drincipales Stan sont :
ns de pluan (Berar, bnde, Caraon) ; — ivre (Negaboudra — le fer abar, Asc.); — la s dépôts ) et Hos l’Assam
outes sort qui boiilentielles.
s du mois b, à Delhi,
exposée à set si inété possie d'un dia-
méridional; Ranniganje ou Ranegunge, à 170 kilom. au Nord-Ouest de Calcutta, est un des principaux centres d'exploitation ; — les pierres précieuses et les diamants; — le salpêtre (loude, Sind et Bengale), dont l'Inde exporte de grandes quantités en Europe; — le sel, fourni en abondance par les salines du delta du Gange el par les mines de sel gemme de Pindaden-khan et de Kalabagh!.
Productions végétales et cullures: bétail.
les productions végétales de l'Ilindoustan sont nombreuses et importantes pour le commerce; mais l’agriculture est très-arriérée, et lesol épuisé ne reçoit jamais d'engrais ; une grande partie des terres est abandonnée et inculte ; partout les cultures sont interrompues par des jungles ; partout aussi les poputions agricoles sont opprimées et réduites à une dure misère.
Nous citerons parmi les produits des culturesindiennes : le rix, qui constitue la principale nourriture des Hindous ?; malheureusement des sécheresses trop fréquentes détruisent les récoltes de cette indispensable graminée et causent de grandes famines ; l'Hindoustan exporte beaucoup de riz pour Maurice, la Réunion, Singapour, Java, la Chine et l'Europe; — le blé, dont le principal domaine est hrégion septentrionale de l'Hindoustan, composée du Pendjab septentrional et du bassin supérieur du Gange jusqu’à Patna5; on cultive aussi le blé dans les vallées himalayennes et sur quelques parties du plateau du Dékan ; — diverses variétés de coracan (nutchani), qui donnent des grains en abondance; — diverses espèces de millet etde sorghot; —la coloca- #5;—l'arrow-root et le sagou ; — l'igname et la patate; — le nelumbo ; — le pois congo ou tour et diverses espèces de pois et de dolics; — les fruits, parmi lesquels nous nommerous : les bananes, qui abondent $, les dattes,
1 Villes du Pendjab, sur le Djelam et l'Indus.
3 On le cultive surtout dans le Bengale et dans le bassin du Gange.
3 C'est-à-dire dans les provinces de Delhi, du Rohilkund, d'Aoude, d'Allahabad, de Bénarès et du Bundelkund.
4 Panicum miliaceum, Panieum ltalicum, Holcus sorghum (fchor) et Holcus spicatus (badchera des Nahrattes et badjri de la vallée de l'Indus). |
8 Qui fournit des tubercules féculents et des tiges comestibles,
8 Cytisus cajan.
? Les hautes vallées himalayennes cultivent l'orge, diverses espèces de sarrasin (Polygonum Tatarieum où papheur et P. fagopyrum), La chélaigne d'eau (dans la vallée de Kachemir) et le battou, sorte d'amaranthe dont les feuilles sont comestibles,
8L'abricotier, dans tout l'Himalaya, donne de pe- Utstruits qui fournissent l'aliment principal de la po-
GÉOG, GÉNÉNALE.
les cocos (Malabar), l'ananas, les mangues!, les durions, lestamarins, les fruits de plusieurs anonacées, la grenade, l'orange, le citron, le cédrat, la pamplemousse, les bigarades, les figues, l’amande, la pêche, les pommes, les poires, le raisin (dans le Sud, dans le Mysore surtout), l’amande du badamier ?, le jambolin ou pomme rose, appelé encore la prune de Malabar5, et les baies du pilou 4; — le sucre de canne et de palmier; — le café (Ceylan, Malabar, Canara, Mysore);—le thé, que l'on récolte au pied del’Himalaya 5 ; — le lin et le chanvre ; le jute où chanvre indien’; — la soie, dont le principal centre de production est le Bengale, qui exporte en Europe des soies de qualité inférieure produites par des vers et des müriers spéciaux à l'Inde ; — le coton, qui est récolté dans la plus grande partie de l'Hindoustans, et dont la culture a pris depuis 4861 d'immenses développements dans l'Inde; — l’indigo, dont le principal centre de production est le Bengale et qui est cultivé aussi dans les provinces de Behar, de Bénarès, d’Allahabad, d'Agrah et d’Aoude; — la garance (Sind, vallée de la Djamna et Inde méridionale), qui est employée à la teinture d'étoffes grossières; — le carthame, dont les fleurs desséchées (safranum) servent à teindre les belles mousselines en rose et en jaune ; — le safran (Kachemir), employé dans le. Kachemir pour Yeindre en jaune; — le
pulation des vallées himalayennes; ses fruits séchés forment la nourriture d'hiver, et de ses amandes on extrait de l'huile pour l'éclairage. Le noyer est aussi trés-commun dans l'Himalaya, ainsi que le pin neoza, qui donne de bonnes amandes comestibles (Kanaor, vallée du Sutledje).
‘ Les mangues de Goa et du Moultan sont renommées.
# Terminalia catappa.
5 C'est le fruit du jambosier, Eugenia jambos.
* Salvatora Persica. Get arbuste est très-communt sur toutes les rives de l'indus et des cinq rivières du Pendjàb et dans le Sind.
8 Le Phœnix sylvestris, qui produit le sucre de palmier, est cultivé en grand dans les plaines du Gange inférieur ; Calcutta exporte de grandes quantités de sucre de palmier, dont le principal centre de fabrication est à Bénarès.
8 Tout le pied de l'Himalayu, entre l'Indus et le Brahmapoutre, et l'Assam forment une zone dans laquelle on peut cultiver le thé; d'importantes plantations ont été faites dans cette région et dans les Neilgherries, au Sud du Dékan, et déjà l'Hindoustan fournit beaucoup de thé à l'Angleterre et de thé en brique à l'Asie centrale. — On a introduit dans les mêmes régions (pied de l'Himalaya et Neilgherries) et à Ceylan, la culture du quinquina, qui à parfai-
tement réussi et qui a pris, dans les Neilgherries surtout, de grands développements.
? Fibres de divers Corchorus.
$ Principalement dans le Dékan.
tabac, dont les meilleures sortes son’, celles du Malwah (Bhopaul) et du Moultan; — l'o:
pium, qui est produit par le Bengale, le Behar, l'Aoude, les provinces de Bénarès et d'Allahabad, et le Malwah ; l'Inde fournit plus de 200 millions de francs d'opium aux Chinois, aux Sykes et aux Radjepoutes; — les roses, qui servent à la fabrication de l'essence de roses (attar) ; c’est dans les provinces d'Adjemir et de Rénarès et dans la vallée de Kachemir que l’on cultive surtout le rosier ; “ le sésame, dont on exporte de grandes quantités en Europe ; — la moutarde, dont la graine sert à faire une huile comestible et cosmétique; on en fait une grande consommation dans l'Inde; le ricin et le colxa; — le poivre (Malabar et Ceylan) ; le bétel ; le cardamome ; le gingembre (Malabar et Canara) ; la cannelle (Ceylan et Malabar).
Les forêts de l'Hindoustan, partout dévastées par les indigènes, ont pour essences principales : les palétuviers (sur les côtes), les cocotiers (Ceylan et Malabar), le teck, le santal (Malabar et pays des Mahrattes), l’ébénier, les bambous, et, au Nord, le platane, le chêne, le marronnier et les conifères. Elles fournissent au commerce des bois recherchés, du caoutchouc (Ceylan), des résines, des gommes, des laques, des huiles et diverses substances tinctoriales.
- Les animaux domestiques de l'Hindoustan sont : le buffle, le bœuf, l'éléphant, le chameau, le cheval, l'âne, le mouton et la chèvre.— Le buffle est très-nombreux dans toutes les parties où l'on cultive le riz, aussi bien dans les plaines de l'Hindoustan que dans les vallées de l'Himalaya; la femelle donne beaucoup de lait. — Les races bovines (espèce bossue) comptent de nombreuses variétés, parmi lesquelles nous nommerons : la race du Goudjérate, la race du Mysore, la race du Malabar, à hautes jambes, qui fournit d'excellents animaux de trait rapide, employés aussi comme bêtes de selle et de bât ; la race du Radjastan, petite et blanche; la race du Nimar! moyenne et rousse ; les races du Bengale, du Penjab et de l'Himalaya, de petite taille ; la race des bœufs blancs des hautes provinces. — Les races chevalines de l'Hindoustan se composent de races indigènes et surtout de races métisses issues du croisement des races indiennes avec le cheval arabe et le cheval persan. Parmiles meilleurs chevaux de l'Inde, nous citerons ceux du Pendjab et du pays des Mahrattes, et les ghountes de l'Hima-
4 Entre la Nerbuddah et le Tapty.
‘ laya, excellente, race de montagnes. — La
mulets du Pendjab sont forts et renommés.
— Le chameau est employé aux transports dans tout le nord de l'Inde ; on en élève dans la partie méridionale du Sind, dans le Goudjérate, le Malwah et dans les parties du Radjastan appelées le Mewar et le Marwar, — Les éléphants sont d'excellentes bêtes de somme, fortes, dociles et intelligentes ; on les emploie aux transports et ils servent de monture aux grands personnages; ils viennent de Ceylan et de l’Indo-Chine. Il est triste, mais exact, d'ajouter ici à la liste des bêtes de somme, les hommes des castes inférieures (coulies), porteurs de palanquins et de fardeaux!. — Le mouton indien se distingue par la beauté de sa laine, qui est un des principaux produits de l'Hindoustan ; on en exporte beaucoup en Angleterre, Parmi les races indigènes, nous mentionnerons les moutons du Kanoor, race précieuse par sa belle laine, appelée bianggui et composée de poils fins et très-longs, dont l'industrie européenne pourrait tirer le plus utile parti. — Les chèvres du Kanoor, grandes el fortes, fournissent du pashm ou duvet de Kachemir, comme celles du Thibet. — Parmi les races de volailles de l’Hindoustan, on doit citer larace du Gange, qui fournit des coqs de combat, et la race des poules de Brahmapoutra.
Faune. — Les animcux qui forment là faune indienne sont : l'ours, le loup, le cha-
* cal, la hyëne, le lynx, la panthère, l'once, le
léopard et le tigre; les singes; les chauves-souris ; le rhinocéros (delta du Gange):
l'éléphant (Ceylan); les antilopes et les ceris: le daim musqué (région himalayenne) ; — les aigles, les faucons, les vautours, les perroquets, les corbeaux, les hiboux, les paons, les ibis et les hérons. — Il y a beaucoup de serpents et d'insectes (sauterelles, fourmis, araignées, scorpions, abeilles sauvages) et presque toutes les rivières sont infestées de crocodiles. — Les poissons abondent partout; les espèces les plus communes sont : le saumon, la sardine, l’anguill: carpe, le thon, le mango (Polynemus paradiseus) et la gymnote ; les requins sont très-nombreux dans Ja mer qui baigne le Malabar ; aussi est-ce cette province qui approvisionne la Chine d'ailerons de requin. — Les huîtres perlières se pèchent dans le détroit de Manaar.
‘ Les coulies appartiennent principalement à la race djâte; c'est parmi eux que l’on recrute les nombreux émigrants que l'Angleterre et la France envoient travailler à Natal, à Maurice, à la Réunion, aux Antilles et à Demerary.
Races, langue doustan est peu appartiennent à
La RACE HINDO l° les Hindous, et qui occupent le pied de l'Hime wana excepté. 0 Sykes du Pendjs les Radjepoues 4 sont des Hindous diens; — 2° les où ils sont app radjat'; — 3° 1 où ils forment la tresse du pays, et le Beloutchista de l'Inde ?.
La RACE THIBÉT
° les peuples ta
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3 Les gens des très-souvent noirs.
‘Les Gorkhas excellents soldats ; cipal élément de l' la race est thibét dous,
nes. — Les renommés, € transports n en élève nd, dans Je s parties du Marwar, — s bètes de ates ; on les nt de mon- Ïs viennent triste, mais es bôètes de inférieures s et de fare distingue n des prin- ; On en ex- Parmi les nerons les cieuse par et compoont l'indusplus utile grandes el uvet de Ka- — Parmi les n doit citer qs de comamapoutra.
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Races, langues el religions. — L'Hindoustan est peuplé par des populations qui appartiennent à six racesdifférentes, savoir :
La RACE HINNO-EUROPÉENNE, qui comprend :
l° les Hindous, divisés en casles nombreuses et qui occupent l'Inde septentrionale, entre le pied de l'Himalaya et le Godavéry, le Gondwana excepté. On rattaché aux Hindous les Sykes du Pendjab appelés aussi les Khalsa ; les Radjepoues et les Mahrattes; ces derniers sont des Hindous très-mêlés d'éléments dravidiens; — 2° les Afghans, dans le Rohilkund, où ils sont appelés Rohillas, et dans le Deradjat!; — 5° les Beloutchis, dans le Sind, où ils forment la population dominante et maitresse du pays, et entre l'Indus inférieur etle Beloutchistan ; — 4° les Anglais, maîtres de l'Inde ?.
La RACE THIBÉTAINE OU DJATE, qui comprend:
l° les peuples tamouls ou dravidiens du Dékan, du Gondwana, de la partie nord de Ceylan, des Maldives et des Laquedives, mêèlés parfois aux aborigènes nègres 5 ou aux Hindous ; — 2 les Djdtes de l’Assam, du Boutan, du Sikkim, du Nepaul, du Kanoor et du Ladak; à ce groupe se rattachent les castes inférieures
du Penjab, du Sind et du Radjastan; —
& les Gorkhas du Nepaul 4.
La RACE iNno-cuinoise, à laquelle appartiennent les Saumar de l'Assam.
La RACE SÉMITIQUE, qui comprend les Bhoras (Arabes?) du Malwah et du Goudjérate; les Arabes du Sind et du Malabar, et les Juifs du Malabar.
La race MALAIE, qui peuple le littoral de la pârtie méridionale de Ceylan.
La nAcE NÈGRE, qui comprend quelques tribus sauvages du Gondwana (les Gonds), de l'Orissa (les Koles), des monts Vindhya (les Bhils), des forêts du Concan et du Canara (les Pouliahs) et du centre de Ceylan (les Veldahs).
Les langues parlées dans l'Hindoustan sont :
1 C'estsà-dire dans lé territoire compris entre l'Indus et le pied des monts Soliman.
? IL s'est furmé dans l'Inde une race métisse issue du mélangé des Anglais et des femmes hindoues. es métis portent le nom d'Euraxians. — Les Topas sont les métis issus des colons portugais, hollandais et français et des femmes indiennes,
3 Les gens des castes inférieures du Dékan sont très-souvent noirs.
Les Gorkhas sont petits, forts, infatigables et excellents soldats ; ils composent aujourd'hui le principal élément de l'armée anglo-indienne, Le fond de la race est thibétain avec quelques éléments hindous,
Les LANGUES HINDO-EUROPÉE NES OU ARYEN-
NES, Savoir :
Le hindi, qui comprend six principaux
dialectes :
L’hindoustani ou ourdou-zaban ! (langage des caiups), parlé dans les provinces de Delhi, Agrah, Aoude, Allahabad et Bénarès, et dans le Bundelkund;
Le kachemirien (Kachemir);
Le pendjabi (Pendjab septentrional;;
Le moultani (Pendjab méridional);
Le sindhi (Sind); !
Le marwadi (Marwar et Radjastan méridional), auquel se rattachent les autres idiomes radjepoutes.
Le bengali ou gaure (Bengale et Berar), qui comprend :
L'assami, dialecte de l’Assam ; L'ourya, dialecte de l’Orissa.
Le mahratti, (Canara, pays des Mahrattes et Malwah)}, fort mélé d'éléments dravidiens et auquel se rattache le concana, dialecte du Concan.
Le goudjérati (Goudjérate).
La langue afghane ou pouchtou, à laquelle sa rattache celle des Beloutchis.
L'anglais, qui fait partout de rapides progrès et est enseigné dans toutes les écoles éta-
blies par le gouvernement.
Les LANGUES DE LA FAMILLE THIBÉTAINE COMprennent :
Le thibétain (Ladak, Nepaul, Sikkim et Boulan).
Les idiomes dravidiens ou tamouls ?, savoir :
Le tamoul ou tamil (partie sud de Coromandel et partie nord de Ceylan);
Le telougou ou felinga (partie nord de Coromandel) ;
Le talava et le codagou (Malubar central);
Le malayalam et le foda (partie sua de Malabar, Laquedives et Maldives);
Le canara ou carnataka (centre du Dékan ;
Le chingalais (partie sud de Ceylan.
Les dialectes de l'Assam (le garo ou garow, le mikir, le miri, le kasia ou khassia);
Le djâtki (Pendjab).
! L'hindoustani, issu du mélange du prakrit (qui lui-même dérivait du sanskrit), du pérsan et de l'arabe, est la langue la plus répandue dans l'Ilindoustan ; on la parle dans toutes les villes, et c'est la langue que le gouvernernement anglais émploie dans ses rapports avec les indigènes:
2 On évalne à 43 millions d'individus le notitbre de ceux qui parlent ces idiomes, Ê
Au groupe des langues birmanes se rattachent les dialectes naga et manipouri de l'Assam. — Le rialai (littoral sud de Ceylan) et l'arabe (Malabar et Sind) sont aussi au nombre des langues parlées dans l'Hindoustan.
Les religions de l'Hindoustan sont : le brahmanisme des Hindous, auquel se rattache le culte des divinités aborigènes et dravidiennes du Dékan; — le bouddhisme (Ladak, Nepaul, Boutan, quelques tribus djâtes de l’Assam, Ceylan); — l'islamisme! (provinces de Delhi et d'Aoude, Sind, Arabes du Malabar,
Vicariat apostolique d’Agrah..
LISTE DES ÉVÈCHÉS, VICARIATS ET PRÉFECTURES APOSTOLIQUES DE L'HINDUUSTAN,
Bhoras du Malwah, iles Laquedives et Maldives); — la religion des Sykes ou doctrine de Nanek (Pendjab}, qui-compte 1 million de sectateurs ; — le judaïsme (à Cochin et à Tra.… vancore!);— le maxdéisme (Guèbres ou Parsis de Bombay et de Surate); — le christianisme. Le christianisme compte, indépendamment des Anglais, des Portugais et des Français établis dans l’inde, environ 1 million d'indigènes catholiques, 250 à 300,000 chrétiens-syriens (Cochin et Travancore) et quelques
‘nestoriens appelés chrétiens de Saint-Thomas,
4 4 + + + 20,000 fidèles.
Vicariat apostolique de Bombay. . . . .. es Mission septentrionale ou de Pounah. . . . . 30.000 Vicariat apostolique de Bombay. . . . . .. De ! ri Mission méridionale, . , ,. . . ., ne
Vicariat apostolique de Calcutta. . . . . . .. . 15,000 —
Évéché de Cochin,
Pro-vicariat apostolique de Coïmbétour.. . « . . . 15,000
Vicariat apostolique de Colombo (Ceylan). . 100,000
Pro-vicariat apostoliqueide Dacca.. , . . .. ° .. 15,000
Archevêché de Goa,
Vicariat apostolique de Haïderabad, , , 4,000 —
Vicariat apostolique de Jafnapatam (Ceylan). | Re et 60,000 —
Vicariat apostolique de Madras.. . . .. ©. + + 450,000 —
Vicariat apostolique de Maduré,, . ,,. ,., .... 140,000 — … Vicariat apostolique de Mangalore ou du Canara. . . 91,000 —
Vicariat apostolique de Mysore,. . .. , .. 17,000 —
Vicariat apostolique de Patna., . . , , . . . . .. 4,000 —
Préfecture apostolique de Pondichéry.. . . .., . 100,000 —
Vicariat apostolique de Quilon, . , .. .. . . .. 40,000 —
Vicariat apostolique de Sardhana,
Évèché de San Thome-de-Meliapour,
Vicariat apostolique de Verapolly.. . . . ,, . .. 460,000 —
Vicariat apostolique de Vizagapatam, . . . , .. ‘ 7,000
Provinces et villes. — L'Hindoustan se divise en quatre parties :
L'Hindoustan anglais, comprenant :
La présidence du Bengale.. .
La présidence de Bombay.. .
La présidence de Madras,
Ceylan, ,...,..,,..
Le Nepaul,, , .....,.
Le Boutan., . .. . . . ..
Les colonies portugaises, . . . .
Les colonies françaises, . . . ..
SUPERFICIE
EN KILOM. CARRÉS, POPULATIONS
351,397 22 300,000 Le 66,660 1.800,00 LL 1 4,453,300 46,000,000
3,565 521 © 164,400,000 l 201,149 3,850,000 2 492,960 420,000 Fe 489 296.000 “800,410 168,806,000
* On compte 12 à 15 millions de musulmans dans l'Inde,
! On ne compte guère que 13 à 1,400 juifs dans ces
deux localités,
L'Hindous joute la pé martine des possessl
Elles se du Behar et sont :
Dans le Be anglaise, gr bitants hind glais, située ja mer. EHe grande fort ville et ren sins import:
de commer lions de fra ment avec | Unis, l'Aust
importation coton, laina vins, AUX
1 L'Assam 680,000 babit * La partie les provinces pend de la p 3 Les villes ques villes € sulrs, mals:
tueuses, ren formées de | nes de palai fakirs (c'es errent dans chiens gale rable. Tont de vache de tassie en n mau\, à de animaux de dures sans pestes, que vautours € rare nourr
dives et Maldiou doctrine de million de secchin et à Tra..
ébres ou Parsis — le christia- +, Indépendam- Is et des Franron 1 million 300,000 chrére) et quelques Saint-Thomas,