IV. COLONIES FRANÇAISES
La France, qui a été un moment, sous Dupleix, la maîtresse du Dékan, ne possède plus, depuis les traités de 1754, de 1763 et de 1815, que quelques villes isolées, sans importance et qui sont : Pondichéry et Karikal, à la côte de Coromandel, — Yanaon, à la côte d'Orissa, — Chandernagor, au Bengale, — Mahé, à la côte de Malabar, — et la factorerie de Surate, dans le Goudjérate. La superficie de ces six établissements est de 48,962 hectares, et leur popula-
‘ La partie orientale du Boutan s'appelle les Douars d'Assam.
tion est ‘le 226,000 hab,, dont 2,000 Européens.
Notre cormuerce avec ces comptoirs est d'environ 20 millions de francs. Nous leur expédions des articles manufacturés et nous en ti. rons du sésame, de l'indigo, de l'huile de palme etde coco, du café, des peaux et des cornes,
Pondichéry, le ch.-lieu des possessions fran. çaises et le siége d'une cour impériale, estune belle ville de 40,000 hab., sur le golfe du Ben. gale, mais qui n’a pas de port. On y fabrique des guinées (cotonnades bleues) pour le Sénégal, des mousselines blanches et à raies de couleur, et de la poterie. Pondichéry appartient à la France depuis 41683; avant le traité de 1763, qui exigea la destruction de ses fortifications, c'était une grande place forte, qui fut prise par les Anglais en 1761. — Les autres villes françaises de l'Inde sont : Karikal, au Sud de Pondichéry et à l'embouchure d'un bras du Cauvéry; Yanaon, pelite ville à l'emhouchure du Godavéry; Chandernagor, sur l'Hougly et au Nord de Calcutta; Mahé, ville maritime de 5,000 hab., avec un assez b: n port sur la mer d'Oman; on en exporte des huiles, du poivre et des noix d’arec!.
Iles de l'Hindoustan.
Les îles de l'Hindoustan sont: Ceylan, au Sud-Est, les Laquedives et les Maldives, au Sud-Ouest, et les iles Chagos, au Sud.
Cevran® est une grande terre syénitique, montueuse et boisée, dont les pics les plus élevés sont : le mont Pedrotallagalla (2,526 m.) et le pic d'Adam (2,262 m.). — La plus grande rivière est le Mahavilla-Gunga, qui se jette dans la baie de Trinquemalay.— Tout le littoral de Ceylan est bas et bordé de lagunes (gobbs), qui fournissent beaucoup de sel. — La température moyenne de l’année est de + 27° à l'observatoire de Trinquemalay.
Ceylan est peuplé de 1,800,000 hab., dont:
300,000 Tamouls, au Nord, 1,300 ,000 Chingalais et Veddahs5, 120,000 coulies malabares, amenés de l'Inde pour la culture des planta-
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#Chandernagor appartient à la France depuis 1688; Mahé depuis 1727 ; Karikal depuis 1739 et Yanaon depuis 1752.
2 Sin-hala-dwipa, île des fs du lion. — De Sinbala (fils du lion) nom des Chingalais, vient le non portugais Crilao et le nom anglais Ceylon.
3 Les Veddahs sont au nombre de 8 à 10,000, petits: noirs, misérables, et vivent à l'état sauvage dans les montagnes boisées du centre et de l'Ouest. Une partie a été convertie par les Anglais au protestantisme el amenée à la vie agricole.
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tons, 80,000 Malais, Arabes, Persans, Anglais, etc. Les Tamouls et les Chingalais sont bouddhistes.
Les productions de Ceylan sont : le fer, l'anthracite, la plombagine , le kaolin, les pierres précieuses, les perles et l'ivoire. — Les forèts, très-étendues et formées de palmiers, de bois de teck, de bois de fer et de sapan, d'ébéniers et de cocotiers, sont peuplées d'éléphants ‘, d'ours, de panthères, de singes, de daims et de paons. Aujourd'hui les junyles et les forêts envahissent toute l'ile: autrefois, au contraire, Ceylan était cultivée partout, et des irrigations abondantes fertilisaient le sol; mais les digues, les bassins et les canaux sont en ruine, et la terre est devenue moins productive. Les cultures actuelles sont celles du riz, du maïs, du café, de la cannelle, du cardamome, du cocotier, du dattier, du bétel, de l'aréquier, du palmier à sucre, de l'arrow-root et du tabac.
Les villes principales sont : Colombo, capitale, ville maritime et fortifiée, sur la côte occidentale ; 70,000 hab. — Kandy, au centre. — Pointe-de-Galle ?, ville maritime et commerçante, au Sud-Ouest de l’île, avec un bon port qui est situé sur les routes du Cap ou de Suez à Calcutta, en Chine et en Australie; c'est la station principale des bâtiments à vapeur dans la mer des Indes. — Tr'inquemalay ou Trinquemale 5, sur la côte orientale, ville trés-fortifiée et qui possède un des plus beaux ports de toute l'Asie et un arsenal. — Jafnapatam, au Nord. — Newera-Ellia, au Sud de Candy et à 4,920 m. d'altitude; c’est une ville très-salubre, où les Anglais viennent rétablir leur santé.
Ceylan a été enlevé par les Anglais aux Hollandais en 1795.
Laquenives. — L'archipel des Laquedives, !
situé à 150 kilom. à l'Ouest de Malabar, se compose d'attolons de corail, couverts de cooliers et de rizières, et peuplés de 6,500 habitants musulmans. Les Laquedives appartiennent à la Biby, princesse de Cannanore ‘et vassale des Anglais. ;
Maunives. — L'archipel des Maldives est formé de dix-neul attolons rangés sur deux
‘ Les chasseurs anglais détruisent sans raison cette précieuse espèce d'animaux, qui a beaucoup diminué à Ceylan.
* En anglais Point-de-Galle; en portugais Ponta de
le; on devrait écrire Pointe-de-Galé, Galé est le nom indigène de la province ou corla qui forme la partie Sud-Ouest de Ceylan, où est situé Pointe-de- Galle et qui donne son nom à cette ville.
5 En anglais Trincomalee.
# Dans le Malabar.
lignes parallèles et situés au Sud des Laquedives, entre 0°42° et 7° 6° lat. Nord. Chaque attolon comprend un certain nombre de petit:
ilots, couverts de jungles impénétrables, ei dont les principaux produits sont les noix de coco et les cauris, coquilles qui servent de monnaie dans l'Inde. L'ile principale est Malé, peuplée de 2,000 hab.; c'est la résidence du sultan des Maldives, tribataire des Anglais. — Les habitants des Maldives et des Laquedives, appelés Moplays, sont musulmans et semblent provenir du mélange des races indienne et arabe.’
IuEs Cuacos. — Lés iles Chagos sont situées au Sud des Maldives, entre 5° et 7° 30’ de lat. Sud; elles se composent d'attolons couverts de cocotiers. L'ile principale est Diego- Garcia.Cet archipel, dont les habitants sont français, appartient aux Anglais et dépend du gouvernement de Maurice.
Statistique. — GouvEnNEMENT. — Depuis 1858, date de la suppression de la compagnie des Indes, l'Hindoustan relève directement de la couronne d'Angleterre, et est gouverné par un vice-roi gouverneur général, assisté d'un conseil législatif dans lequel siégent de hauts fonctionnaires anglais et quelques princes indiens.
Anuée. — L'armée de l'Angleterre aux fndes se compose d'environ 190,000 hommes, dont 70,000 soldats anglais, 115,000 indigénes (Gorkhas, Sykes et Hindous) et quelques régiments nègres recrutés en Afrique {.
Finances. — Le revenu de l'Inde est d'environ 4,100,000,000 de francs; l d: de 2 milliards et demi de franc”
VoiEs DE COMMUNICASION. Les on communication manquent €.
influe d'une manière fàc' culture et le commerce & pendant ouvert quelques g Æb, y sont celles : de Calcutta à Peichavser, par Bénarès, Agrah, Delhi et Lahore, et prolongée de Lahore à Moultan ; — de Calcutta à Madras ; — de Calcutta à Bombay, par Nagpour, Aurengabad et Pounah; — d'Agrah à Bombay, par Indour ; — de Bombay à Madras, par Pounah et Bellary; — de Madras à Baypour.
Les canaux établis dans le haut bassin du Gange ont un double but : l'irrigation du sol et les communications commerciales. Le principal est le canal du Gunge, entre Hardouar et Caounpour. On peut citer aussi le canal de la Djamna.
‘11 faut aussi mentionner les 97,000 hommes de police militaire (Voy. p. 405).
Les grandes lignes de chemins de fer sont celles de Calcutta à Dacca; — de Calcutta à Mirzapour, par Bardwan !, Paina et Bénarvs ; — de Mirzapour à Delhi, par Allahabad et Agrah; — de Mirzapour à Bombay; — de Bombay à Kouratchi, par Surate, Ahmedabad et Haïderabad ; — de Bombay à Madras ; — de Madras à Baypour.
L'Angleterre est jointe à l'Inde par une grande ligne télégranhique qui part de Londres et aboutit à Calcutta, en passant par :
Douvres, Paris, Strasbourg, Vienne, Pesth, Constantinople, le câble du Bosphore, Diarbékir, Bagdad, Bassorah, le câble sous-marir: de Bassorah à Gwadel (sur la côte du Beloutchistan) et la ligne terrestre de Gwadel à Calcutta, par Kouratchi, Bombay et Mirzapour.
$ 6. — Turkestan ou Touran.
Bornes. —- ie Turkestan est borné : au N., par la Sibérie ; à l’E., par le Turkestan chinois ; au S.-E., par l'Afghanistan; au S..0., par la Perse; à l'O., par la mer Caspienne,
Montagnes, plaines, déserts, aspect général.
— Le Turkestan n'a de montagnes que du côté de l'Est et du Sud-Est. Là, le sol est couvert : 1° à l'Est, par les monts Belour, qui forment sur leur versant occidental une haute terrasse appelée le plateau de Pamir ou de Pamer, et par l'Asferah-tagh, contre-fort des monts Belour, qui forme la limite méridionale du khanat de Khokand; — 2° au Sud-Est, par l'Hindou-kouch, qui sépare le Turkestan de l'Afghanistan et dans lequel est le col de Kalou, traversé par la roate de Gaboul à Boukhara. — Partout ailleurs le Turkestan se cempose de vastes plaines, unies, arides et désertes, excepté sur les rives des cours d'eau. Les principaux déserts sont : au Sud-Ouest, les steppes des Turkomans ; au Sud, le désert de Kharism, entre le pied du plateau de l'Iran et l'Amou-Déria ; au Nord, le désert de Kizilkoum, entre la Boukharie et le khanat de Khokand. Ces déserts formés de sables et de dunes, ont une végétation très-rare, composée de quelques arbrisseanx épineux, que broutent les chameanv. . de quelques touffes d'absinthe ; -s, quelques sources peu abondantes deanent de l'eau,
Rivières. — L2s cours d'eau du Turkestan sont: le Sir-Déria ou Sihoun,le Zerafchan ou Kohik, l'Amou=Déria ou Djihoun, et le Mourgab. — Le Sir-Dérin ou Sihoun (Yaxarte des Anciens) descend des monts Mouz-tagh, coule
» Avec embranchemett de Bardwan à Rahiniganje.
du Sud-Est au Nord-Ouest, traverse le khanat de Khokand, et, dans son cours inférieur, le Turkestan russe, dans lequel il passe aux forts Perovski et Aralsk; il se jette dans la mer d’Aral. C'est un cours d’eau très-rapide, guéable en été et qui gèle en hiver !. — Le Zerafchan ou Kohik, descend du plateau de Pamir et coule de l'Est à l'Ouest dans uné vallée très-fertile ; il arrose la Boukharie, passe par Samarkand et Boukhara, et se jette dans un lac marécageux (Denghiz) près de larive droite du Sir-Déris, dont il semble avoir été un affluent. — L’'Amou-Déria ou Djihoun (Oxus des Arciens) sort du petit lac de Sir-i-kol, situé dans les monts Belour, à 4,158 mètres ; il traverse le Badakhchan, sépare le Koundouz du Darvas, traverse la Boukharie et la Khivie, et va finir dans la partie méridionale de la mer d'Aral par un delta marécageux ?. Jusqu'à Balkh, l'Amou-Déria coule dans un pays élevé et montueux, où il reçoit de nombreux affluents, parmi lesquels on citera:le Sourkhab, le Kafirnihan, à droite ; le Kokhtcha, le Ghori,le Khouloum. et le Ballhab, à gauche. Au delà de Balkh, l'Amou-Déria coule au milieu de vastes déserts, et ses rives seules sont fertiles. Il est navigable, large et profond 5 : il gèle toujours en hiver dans sa partie supérieure, et souvent dans son cours inférieur. Ses crues ont lieu de mai à octobre, — Le Mourgab descend de l'Hindou-kouch, traverse le royaume de Hérat et l’oasis de Merv dans la Turkomanie, où il se perd dans des marécages situés à la lisière méridionale du désert de Kharism.
Climat. — Le climat des plaines du Turkestan est extrême; l'été est très-chaud et l'hiver rigoureux. Souvent en été, le thermomètre marque, à Khiva, + 38° et + 40°.
L'hiver est sec, rude 4, long, et la neige couvre
* Le Sir-Déria, dans la partie de son cours qui à ëté explorée par les Russes ét qui est annexée aujourd'hui à leur empire, a une largeur de 300 à 1,000 m:; sa profondeur varie de 6 à 12 m., etil est navigable au moins pendant 1,500 kilomètres. Sa vallée, atitrefois habitée et cultivée, est aujourd'hui déserte, excepté en hiver; quelques tribus kirghiz y aminent alors leurs troupeaux. Le Sir-Déria a des rives basses et plates, et sa vallée est inondée chaque année par les crues; après la retraité des eaux, elle se revèt, en hiver, d'abondants pâturages.
# L'Amou-Déria 8e jetuit autrefois dans la met Caspienne, dans le golfe Dalkan; l'ancien lit du fleuve, qui commence au-dessous de Khiva, est appelé Dettden par les nomades du pays.
$ A Tchardjoui, en Boukharie, où les caravanes de Boukhara en Perse traversent l'Amou-Déria, il à 650 mi de large. Sa profondeir varie de 6",50 à 10 mètres.
# Pendañt l'hiver de 1840, date de l'éxpédition des Nusses cüntre Khiva, le froid fut de 50°,
le sol per neige appe et en été le siére ne SO Produc Les parties le djaougo blé, le ma pauvres), yara (Holc cellent fo chevaux e l'Oxus), le le bang ou l'opium, le breux !, la Le béta les chèvre plus impos appartienn queue, qu trale; la r fournit un foire les de la Bo que l'on e) châles, — renommés faits, granc races sont tail'e; le cl ue Khokan le cheval k le cheval de fait; le che kbarie et 1 mais excel cipale bèt et de grar race kirgl ports. — | la viande € nombreux yack du 1 montagnet Faune.
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le sol pendant trois mois; des ouragans de neige appelés bouranes sévissent avec violence, et en été les trombes et ies ouragans de poussiére ne sont pas moins redoutables.
Productions végétales, cultures et bétail. — Les parties cultivées du Turkestan produisent le djaougon ou djaouari (Holcus sorghum), le blé, le maïs, le riz, les pois (nourriture des pauvres), l'orge (pour les chevaux), le djougara (Holeus saccharatus), qui donne un excellent fourrage et dont le grain nourrit les chevaux et les pauvres gens, le trèfle (rives de l'Oxus), le coton, le chanvre, qui sert à faire le bang ou haschich, le pavot dont on extrait l'opium, le tabac, la garance, des fruits nombreux !, la soie? et la rhubarbe.
Le bétai: est nombreux, les moutons et les chèvres surtout, et l'élevage est partout plus important que les cultures. Les moutons appartiennent à la race kirghize, à grosse queue, qui est élevée dans toute l'Asie centrale; la race du Kara-koul (en Boukharie) journit une peau noire et frisée qui sert à foire les bonnets persans 5. — Les chèvres de la Boukharie donnent un poil très-fin, que l'on exporte dans l'Inde pour faire des châles. — Les clievaux du Tarkestan, déjà renommés au temps d'Alexandre, soni bien faits, grands, forts et rapides. Les principales races sont : le cheval turkoman, de grande tail'e; le cheval ouzbeck, plus petit ; le cheval üe Khokand, bête de somme très-énergique ; le cheval kirghiz, grand, rustique et rapide ; le cheval de Merv, de petite taille et très-bien fait ; le cheval cosaque (steppes entre la Boukharie et la Russie), petit et au poil hérissé, mais excellent. — Les ânes. qui sont la principale bète de somme, sont très-nombreux et de grande taille. — Les chameaux sunt de ace kirghize et servent surtout aux transports. — Le bœuf est rare, petit et donne de la viande et du lait mauvais. — Le brffle est nombreux dans le pays de Samarkand. — Le yack du Thibet est élevé dans, les districts montagneux de l'Est.
Faune. — La faune du Turkestan est surtout composée de loups, renards, chacals, ours, léopards, ànes sauvages, daims, antilopes, chauves-souris, tortues et lézards ; les
! Abricots, pèches, prunes, pommes, poires, cerises, raisin excellent, noix, figues, grenades, melons délicieux (dans la Boukharie).
*? Récollée sur les rives de l'Amou-Déria et du Sir-Détia, °
5 Büukhura exporte 2 ou 300,000 p. aux d'agneaux
de race Kara-koul en l'erse et à Constantinople,
scorpions et les sauterelles pullulent dans les déserts.
Races, langues et religions. — La race duminante est la race turque à laquelle appartiennent : les Turkomans, les Ouzbeks, les Kirghiz et les Bouroutes : le reste de la population se compose de Tadjicks, d'Afghans, d’Arabes et de Juifs. — Les Turkomans sont de mème souche que les Turks ottomans ; mais ils ont conservé la pureté primitive de la race, en ne se mélant pas à des femmes étrangères comme l'ont fait les Turks ottomans. Les Turkomans habitent les steppes comprises entre la Caspienne, l’Oust- Ourt, l'Oxus, Balkh et le pied septentrional du plateau de la Perse; ils sont divisés en petites tribus, sont nomades, pasteurs, élèvent des chevaux et vivent surtout de brigandage. Les Turkomans font de continuelles razzias en Perse et sur le territoire russe pour y faire des prisonniers, qu'ils vendent comme esclaves aux khans et aux princes du Turkestan.
— Les Ouxbecks, venus du Turkestan chinois, habitent le Koundous, la Khivie, le pays de Khokand et la Boukharie; dans ce dernier pays, ils sont mèlés aux Tadjicks et ont perdu en grande partie le typeturk. En général, les Ouzbecks sont nomades, pasteurs et divisés en tribus. — Les Kirghix habitent le plateau de Pamir. — Les Bouroutes, qui se trouvent à l'Est du pays de Khokand, sont desKirghiz indépendants ; Kirghiz et Bouroutes sont pasteurs, nomades et à demi sauvages. — Les Tadjicks, de race persane et habitants indigènes du Turkestan, forment la masse de la population de la province de Balkh, du Koundouz et du Dervaz (ancienne Bactriane), de la Boukharie et de la partie sud du Khokand (ancienne Sogdiane) et du district de Khiva; ils sont aujourd'hui soumis aux Ouzbecks, conquérants du pays et qui forment la classe aristocratique. Les Tadjicks sont cultivateurs ou commerçants. — Les Afghans sont nomnbreux à Balkh. — Les Arabes, nomadeset pasteurs comme partout, se rencontrent dans la Boukharie, au Nord de Samarkand, Ils descendent des Arabes, qui firent au septième siècle la conquête de ces régions, auxquelles ils donnèrent le nom de Mavarennahar.
—— Les Juifs, adonnés aux commerce, sont assez nombreux en Boukharie; le type de leur
ace y est très-beau. — Les populations turques parlent divers idiomes turks ; les Tad- Jicks parlent le persan. — La religion de toutes ces populations est l'islamisme, — Les tribus des Turkomans et des Ouzbecks sont gouvernées par de petits chefs soumis à quel-
ques khans plus puissants. Grands et petits, tous ces chefs exercent le brigandage et gouvernent avec violence et cruauté.
Divisions politiques et villes. — Le Turkestan est divisé en 10 parties :
Le khanat de Boukhéra ou
Boukharie. . . . . : qui sont les Le khanat de Khiva on Khivie, | trois principaux Le khanat de Khokand ouFer- états,
ghanah.. , . ,., . ..
Les steppes des Turkomuns, Le khanut de Koundouz avec le Badakhchun, Le khanat de Cheri-Sebz, Le khanat de Hissar, Le khanat de Dervuz, Le plateau de Pamir, Le pays des Bouroutes.
La superticie du Turkestan peut ètre évaluée à 1,800,000 kilom. carrés et la population à environ 8 millions d'habitants !.
Boukharie.
La Boukharie occupe la partie centrale du Turkestan ; elle est arrosée par l'Amou-Déria et le Zerafchan ou Kohik, et se compose d'une alternative de vallées fertiles, de steppes herbacées, formant de bons pâturages, et de déserts sablonneux.
Les villes principales sont : Boukhara, capitale, grande ville de 80,000 habitants tadjicks, ouzbecks, afghans et juifs, située sur le Kohik, dans un pays fertile et sain ; elle est entourée d'une haute muraille. Boukhara est le grand marché de l'Asie centrale et est en relations, par € st he la Russie, par Orsk et Orenbourg ; avec la Sibérie, par Omsk et Semipalatinsk ; avec la Chine, par Kachgar et Yarkand ; avec l'Inde, par Kachemir ; avec l'Afghanistan, par Hérat et Caboul?, et'avec la Per se, par Mesched et Asterabad, Boukhisa reçoit de la Russie : des toiles, des mousselines, du nankin, des indiennes, des draps, des brocarts, des velours de coton à fleurs, des fers, du cuivre, des armes de Toula, de la quincaillerie, des cuirs, du papier, des aiguilles, du sucre et du kermès pour teindre la soie; — de l'Inde : de l'indigo, du coton, du sucre, des toiles, des mousselines, des châles, des brocarts, des turbans du Pendjab, des épices, de
#1 faudrait retrancher de ces nombres la superlicie et la population des parties Accupées par la ussie, et reporter cette superficie et cette populatior: à la Russie d'Asie; mais on ne les connaît pas encore.
* C'est surtout par Caboul que pénètrent dans le Turkestan les marchandises anglaises venant de l'Inde.
la cochenille et des tissus anglais; — de res et Yarkand : du musc et du thé ; — de la Perse : des châles du Kerman et de l'opium (pour la C hine). Toutes ces marchandises sont consoinmées en partie en Boukharie ou réexpédiées. Boukhara exporte : de la soie, à Caboul; de la laine fine dans le Pendjab ; des peaux d'agneaux, en Perse; de la soie, des laines et du coton, en Russie‘, Boukhara fabrique des soieries unies et des couvertures de lit; c'est un grand marché d'esclaves, où l'on vend les prisonniers persans et russes enlevés par les Turkomans. — Sumarkand, ville de 10,000 hab., sur le Kohik, est l'ancienne Maracumda, capitale de la Sogdiane; eJle a été aussi la capitale et la résidence de Tamerlan: mais elle est aujourd'hui très-déchue, — Balkh, l'ancienne Bactres, capitale de la Bactriane, est une ville .de 3,000 habitants arabes et afghans ; elle était autrefois très-importante, mais aujourd'hui elle n’est couverte que de ruines.
La population de la Boukharie paraît être de 2 millions d'habitants. Le khan a une armée de 20,000 cavaliers et de 4,000 fantassins et 40 pièces de canon.
Khivie,
(Kharism des Russes; Chorasmia des Anciens.)
Le khanat de Khiva, traversé par l'Amou- Déria inférieur, est à l'Ouest de la Boukharie et au Sud de la mer d'Pral; il renferme dans sa partie centrale le désert de Kharism.
Les villes principales sont : Khiva, capitale, ville de 10,000 hab., grand marché d'esclaves. — Ourghendÿ, ville de 12,000 hab., près de l'Amou-Déria. — Koungrad, près de l'embouchure de l'Amou-Déria, — Merv, dans la vallée du Mourgab ; cette ville a perdu son ancienne importance.
La population, évaluée à 1,500,000 ou 2,000,000 d'habitants, se compose d'Ouzbecks, maitres du pays, de Sarty où Tadjicks et de Turkomans. Le khan de Khiva est vassal de la Russie depuis 1854.
Khanat de Khokand.
Le khanat de Khokand, situé au Nord-Estde la Boukharie, est traversé par le Sir-Déria. Le sel est montueux et arrosé dans toute la partie qui est au Sud et à l'Est du Sir-Déria; ailleurs ilest plat et aride; c'est le désert de Kizil-koum.
* Boukhara a envoyé en Russie, en 1864, 5 millions de kilogr. de coton, qui formaient la charge de 20,000 chameaux. C'est à Orenbourg que s'arrètent les caravane: de Boukhara,
Les villes pi tante au tel le Sir-Déria Sud-Est.
Le khan millions € les plus n le reste de | jicks et de
Le khana pendances, demi sauva, mir: —le À habité par d sebx, dont li aussi peupl de Dervax, À
Ce pays 0 est situé sur dou-kouch; le Tokharest Cest un pay et dont les v souvent mar rosé par le | affluents de portantes So ville de 2,00 — Fyxabad beau et fertil le Kokhtcha
Le Kound maitres du | jicks du Ba Koundouz, € dage et de 1
Les stepp la partie occ prisesentre Ourt et la pi l'Oxus et Bal Perse, an Su stériles et!
que dans l üibus de re pes, el que
Le nord.
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(HAUNI
s, — de hé ; — de à l'opium dises sont ou réexie, à Caljab ; des soie, des khara faivertures laves, où "usses en and, ville ‘ancienne elle a été amerlan ; — Balkh, actriane, rabes et portante, e que de
it étre de ne armée lassins et
neiens.)
l'Amououkharie me dans n.
capitale, esclaves.
près de 'emboula vallée ncienne
000 ou itbecks, s et de sal de la