‹ Géographie générale [microforme]Chapitre 508 sur 630 · ETES EL ET · texte numérisé non relu

ETES EL ET

ou Soliman (Soleiman-koh)}, dont la hauteur est de 3,000 à 5,500 m., et dont le principal sommet, le trône de Soliman (Takit-i-Soleiman) à 5,910 m.; on remarque dans ces montagries deux cols qui conduisent du plateau de l'Iran dans le Deradjat!, et par lesquels passent les deux grandes routes de Fran dans l'Inde; ces cols sont : au Ke des monts Soliman, le défilé de Khaïber (Khyber) ou de Darra, sur la route de Caboul à Peichawer, long de 46 kilom. ettraversast un pays peuplé de tribus féroces ; les Anglais y furent écrasés en 1841; au Sud des moms Ko linnan, le détilé de Bolan, gze longue 4 étroite, siluée sur le chemin du fi à Han dabar; les monts Soliman sont sillon vallées àpres, revètues de pâturages et hahitées pai des peuplades indépendantes, à dem: santvages, pillardes et sans cesse aux prises avec les Anglais ; — au Sud-Est, le talus du plateau de l'Iran est formé par be monts Hala, et au Sud, par les montagnes dt Mekhran, du Laristan et du Farsistan.

Le olateau de l'ran s'abaisse partout par des .rrasses successives, coupées de vallées profondes dans lesquelles coulent de nombreux torrents; les montages qui forment

1! Le Deradjat est la région de plaines, longue « étroite, quiest comprise entre le pieg es monts 50liman et l'indus. Le Deradjat est aux ni ét fait partie de l'Hindoustan.

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Dans leur partie occidentale et centrale, en Perse ex dans le S.-0. de l'Afghanistan, les hautes plaines iraniennes forment presque partout des déserts, dont les plus étendus sont : le Dechti-Kouvir, au centre de la Perse (700 kilom. sur 250); le désert de Kerman, au S.-E. de lo Perse; le désert du Séistan, dans le S.-0. de l'Afghanistan, et le désert de Bampour, dans le N.-0. du Beloutchistan. Tous ces déserts sont de grandes plaines calcaires, qui, pendant l'hiver forment des marécages impraticables, tandis que pendant l'été, elles sont sèches, sablonneuses, grisâtres et brülantes, ne présentant que quelques fiaques d'eau salée et n'ayant pour toute végétation que des buissons de plantes épineuses broutées par les chameaux. De violents ouragans de sable sévissent quelquefois dans ces déserts par le simoun ou vent du Sud et de Sud-Ouest. — Dans sa partie orientale, dans l'Afghanistu, le plateau iranien est inontueux, plus élevé, froid et peu fertile, excepté dans quelques vallées bien arrosées, car de ce côté les rivières sont nombreuses. — Au S.-E., dans le Beloutchistan, le plateau et son talus forment presque partout une région sablonneuse, sauvage, souvent déserte et aride.

‘Rivières et lacs.— Lesprincipales rivières qui arrosent la Perse sont : le Kerkhahet le Kouren, qui traversent le Khouzistan ct se jettent dans le Schat-el-Arab ; le Tab, dans le Farsistan, le Div-Roud, dans le Moghistan; ces trois rivicres sont tributaires du golfe Persique ; — l'as, dus FAderbaïdjan, qui sépare la Perse de la Russie ; le Mefid-Roudt, dans le Ghian ; l'Atrek, dans 16 Mhoraggan, qui arrose de beaux el vastes pâturages : ces trois cours d’eau sont libutaires de la mer Caspienne ; — le Ted- Jend, dans Le Mivrassau, qui reçoit le Heriloud, qui passe & Mérat ; le Zayendeh-Poud, dus l'Irak-Adyéri, qui arrose fspahan : le Bendemir, dans le Farsigfan, qui se jette dans le lac Bachtegan ; ces diverses riviéres arrosent la pattie supérieure du plateau,

Les principaux cours d'eau de l'Afghanistan sont : le Hilmend, qui descend du Khio-)-huba et se jette dans le luc Hamoun; il recoit de nombreux affluents, entre sautres l'Argun

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!LeSelñid-Roud est formé par deux cours d'eau le Kisil-Ouzen et Le Shab-Goud

dab ; le Hilmend, long de 1,000 kilom., est la plus grande rivière de l'Iran ; — le Farrah- Roud, qui se jette aussi dans le lac Hamoun ; — la rivière de Caboul, affluent de l'indus, qui descend de l’Hindou-kouch, coule de l'Ouest à l'Est et passe à Caboul, à Djellalabad et près de Peichawer.

Les lacs sont : en Perse, le lac d'Ourmiah ou lac Chahi, au N.-0., dans l’Aderbaïdjan ; ses eaux sont bitumineuses et salées ; le lac Bachtegan et le lac Dehrea, au S..0., dans le Farsistan ; — dans l'Afghanistan, le lac Hamoun ou Zareh ; c’est pendant la saison sèche un marais fangeux (Aria palus), couvert de joncs et de roseaux, qui devient pendant la saison des pluies, un grand lac inondant de vastes espaces ; ses eaux sont saumâtres.

Climat. — Le climat de l'Iran est en général sec, malsain et soumis à des variations brusques et fréquentes. Par la différence des altitudes, le climat est fort différent dans les diverses parties de la région. Sur les bords de la Caspienne, il est chaud, très-humide et très-malsain ; — sur le plateau, le climat est extrème et d’une grande sécheresse; l'hiver y est rigoureux et l'été torride ; des vents violents soufflent fréquemment et déterminent souvent des ouragans redoutables ; — sur les bords du golfe Persique, la chaleur intense, la sécheresse et le simoun ou vent du Sud, ren dent le Ghermasir très-malsain et en font un des foyers ordinaires de la peste ; — la vallée de Schiraz, dans le Farsistan, est la région privilégiée de l'Iran ; son climat est sain, tempéré et délicieux; mais elle est soumise à des tremblements de terre fréquents et violents! ; — au Nord de cette belle vallée, les provinces inontueuses et boisées du Kourdistan et de l'Aderbaïdjan sont humides, mais plus tempé-

. rées que les provinces centrales.

Productions minérales. — Les productions minérales de l'Iran sont peu nombreuses ; on y exploite du fer et du cuivre, du sel gemme, du salpètre, du soufre, du bitume, du sel ammonniac, du kaolin, de l’ambre et des turquoises.

Productions végétales, cultures et bétail.

— Les régions productives de l'Iran sont : le Ghilan, le Mazenderan et la vallée de Schiraz:, en Perse ; la vallée du Caboul, dans l'Afghanistan, et la province de Gondava, dans le Beloutchistan. Toute la zone méridionale de lI-

! Hepuis le tremblement de terre de 1824, on croit que le climat de Schiraz n'est plus aussi saln,

? La vallée de Schiruz est remarquable par ses pro: lHut} el par sa culture.

ran, brûlée par le soleil, est stérile, ainsi que les déserts de la zone centrale. L'agriculture, partout primitive, manque absolument de sécurilé et de moyens de transport ; aussi les cultures sont-elles restreintes et leurs produits peu abondants. — Les productions de l'Iran sont : le blé, qui est très-beau en Perse; l'orge; le dourah ou millet (Holcus sorghum), cultivé sur le littoral du golfe Persique et de la mer d'Oman, et qui sert de nourriture aux Arabes de cette région; le riz (Ghilan, province deGondava);le maïs (Afghanistan); les concombres, les pois, les haricots ; les légumes d'Europe (Afghanistan); la rhubarbe (rhaouach), que l'on récolte en grand sur les montagnes qui forment la vallée du Caboul et qui est un des aliments ordinaires du pays ; — la garance, dont on exporte de grandes quantiés dans l'Inde ; l’indigo (Afghanistan); le safran ; le safranum (fleur de carthame); le henné ; — la canne à sucre ; letabac (Schiraz, Laar', bassin du lac Ourmiah); l'opium; l’eau de roses; — le ricin, dont on consomme l'huile ; le sésame ; l'huile d'olive (Ghilan, Mazenderan); — le coton *; lechanvre et le lin ; la soie 5 (Ghilan, Mazenderan, Mesched, Yezd); — levin (Schiraz!, Yezd et Ispahan); — les fruits 5 ; — l’assa fætida6 ; la gomme urabique; la gomme adragante; la térébenthine ; la manneet la noix de galle 7.

L'Afghanistan, le Khorassan et la Perse sep-

t Laar (dans le Farsistan) produit le fombéki, sorte de tabac pour le narghileh ; Ispahan en exporte beauvoup pour le Levant, et Schiraz pour les Indes.

? Le coton du Ghilan et du Mazenderan est exporté en Russie ; le coton du Farsistan et du pays de Yezd est employé dans les fabriques de Yezd, d'Ispahan et de Borondjird.

5 La l'erse du Nord-Ouest et les provinces russes de la Transcaucasie envoient beaucoup de soies à la toire de Nijni-Novgurod, où elles sont achetées pour les manufactures de Moscou.

4 Schiraz produit des vins rouges, blancs et de liqueur.

$ Amandes, pêches, prunes, abricots, poires, coings, pommes, cerises, noix, châtaignes , nèfles, inûres, tigues, pistaches, grenades, oranges, citrons, cédrats, dattes, amandes de pin neoza, melons et pastèques du Khorassan, Les grands centres de production de fruits sont : Le Haut Afghanistan (la vallée de Cahoul surtout), qui exporte des fruits dans l'Inde, le Ghilan et le Mazenderan.

5 C'est une gomme-résine extraite de divers Ferula, et dont l'odeur repoussante fait les délices des Orientaux. Les Alghans en exportent beaucoup dans l'Inde.

1 Les productions naturelles et fabriquées de la Perse qui donnent lieu à un commerce d'exportation sont :les vins de Schiraz, l'eau de roses, le henné, les soies filées, la laine, le poil de chèvre, un peu de coton, le tabac, la noix de galle, la graine jaune (matiére tinctoriale), l'opium, la sultanine ; les turquoises, le lapis-lazuli, le soufre; les tuyaux de

tentrionale produisent beaucoup de chevaux, Le cheval de la Perse septentrionale provient du croisement de la race arabe et de la race turkomane; il est grand, fort, rapide et trésbeau. Les chevaux de Hérat sont renommés.

— La race bovine est bossue, à l'Est, et d'origine indienne; elle est sans bosse, à l'Ouest, dans la Perse. — Le bufifle est rare. — Le chameau est assez nombreux et sert aux transports, avec l'âne (de race arabe) et le mulet. —-- Les moutons et les chèvres composent les troupeaux des tribus pastorales de l'Afghanistan et du Beloutchistan, et ceux des tribus nomades de la Perse. Dans le Nord de la Perse, la race ovine est la race à grosse queue. La race des chèvres du Kerman est remarquable par la finesse de son poil. — Les principales régions à pâturages de l'Iran sont l’Afghanislan et les provinces du Nord et de l'Ouest de la Perse (Khorassan septentrional, Mazenderan, Ghilan, Aderbaïdjan et Kourdistan).

Faune. — La faune iranienne est surtout composée de loups, de chacals, d'hyènes, de renards, de lynx, d'ours, de léopards, de lions, de tigres; de sangliers; de lièvres (Afghanistan); de daims, de cerfs, d’antilopes, d’ânes sauvages (déserts); de scorpions et de sangsues.

Races, langues et religions. — Six nations habitent la Perse :

Les Tadjicks, les Kourdes et les Arméniens, de race hindo-européenne;

Les Arabes et les Juifs, de race sémitique,

Les Turkomans, de race turque.

Les Tadjicks descendent des anciens ler ses et des Mèdes, et ont conservé le type achéménide malgré leur mélange avec les races arabe et turque; cest une race d'une grande beauté (surtout à Schiraz), qui forme la population des villes et des campagnes, mais qui n’est plus la classe dominante en Perse, bien qu'elle compte environ 7 millions d'individus. — Les Kourdes (500,000) habitent les montagnes de la Perse occidentale ! et se composent de tribus pastorales, nomades et à demi barbares. — Les Arinéniens habitent l'Aderbaïdjan occidental, qui fait partie de l'Arménie. — Les Juifs de la Perse sont presque tous de race persane ; ils ont le type tadjick, et bien peu paraissent être

pipe en cerisier; les peaux d'agneau, les tapis el les chàles du kerman.

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de race sémitique. — Les Arabes (400,000), à l'état de tribus nomades et pastorales, habitent le littoral de la Perse sur le golfe Persique et certaines parties du Kerman. — Les tribus turkomanes comptent de 7 à 800,000 individus et forment la race dominante en Perse; la dynastie régnante, les gouvernants et la plus grande partie de l’armée sont de race turkomane. ües tribus sont nomades et pastorales; maîtresses du pays, elles le parcourent et le ravagent, pillant le paysan tadjick, détruisant l'agriculture et ruinant le pays. Les principales tribus turkomanes sont : les Kadjars, aux environs de Téhéran, d'où sortent les Shahs actuels de la Perse ; les Efchars, dans l'Aderbaïdjan oriental; les Goklans et les Yamouds, au Nord, qui élèvent beaucoup de chevaux.

L’Afghanistan et le royaume de Hérat sont peuplés par trois nations : les Afghans !, qui sont divisés en tribus (oulous) à demi barbares ; c’est un peuple de montagnards, pasteur, brave et énergique, dont les principales tribus sont celles des Douranis et des Ghildjis; les Afghans forment une aristocratie maitresse du sol et du pouvoir; —les Tadjicks habitent les villes et y sont mélés avec des Hindous (Hindkis) et des esclaves de toutes races ; ces populations sont durement opprimées par les Afghans; — les Haxareh et les Eimaks (Hérat septentrional), qui sont des tribus de race turque.

Le Beloutchistan est habité par des tribus nomades, pastorales et barbares très-rapprochées des Afghans. Les principales sont celles

La Perse, à l'Ouest, . . . . . .

Le royaume de Hérat, au centre.

L'Afghanistan, à l'Est. . . . . .

Le Beloutchistan, au Sud-Est. .

Perse.

Bornes. — La Perse est bornée : au N., par la Russie, la mer Caspienne et le Turkestan; à

1 Le nom d'Afghansleur est donné par les Persans; ils s'appellent Pouchtaneh et Paktou; on leur donne le nom de Patans dans l'Inde.

? Les Persans sont presque tous schäites. — L'islamisme compte de nombreuses sectes dans la Perse ;

la plus nombreuse est celle des Ehl-è-Hekh (gens |

de la vérité), que les Persans appellent à tort Nossayris, en les confondant avec les chrétiens. Le nossayrisme regarde Mahomet comme un imposteur, rejette la polygamie, admet l'usage du vin, se montre tolérant à Fégard desehrétiens et, en tout, est plus moral que Vislamisme, Le nossayrisme, qui est en

des Beloutchis, des Brahouis et des Lamris.

Les langues parlées dans l'Iran sont : le persan, par les Tadjicks; le turk, par les tribus turques et à la cour de Téhéran ; le kourde; l'arménien; l'arabe; le pouchtou, par les Afghans, et le beloutchi.

Les diverses religions de l'Iran sont : l'islamisme, religion dominante et suivie par les Tadjicks, les Kourdes, les tribus turkomanes et arabes, les Afghans et les Beloutchis?; — le mazdéisme, ancienne religion de la Perse, aujourd'hui à peine pratiquée par 7 ou 8,000 Guëbres ou Parsis, à Yezd; — le judaïsme (200,000); — le christianisme (350 à 400,000).

Le centre principal du christianisme, en Perse, est l'Aderbaïdjan occidental, dont les habitants appartiennent à l'Église arménienne ou aux Arméniens-Unis. Il y a aussi en Perse quelques milliers de Nestoriens ou Chaldéens et des chrétiens de Saint-Jean appelés aussi Mendaïtes ou Sabians ; cette secte, qui prétend descendre des Esséniens et de saint Jean- Baptiste, a mêlé entre elles diverses doctrines juives, chrétiennes et mazdéennes, et donne plusieurs fois le baptème.

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