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TABLEAU DES ÉVÊCHÉS DES ILES TURQUES

: : vêché de Scio Rit latin, , , à (VC 2ei0;

‘ évêché de Famagouste; Rit maronite, | évêché de Chypre.

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‘ Chypre, comme tousles pays tombés sous le joug du Turk, a été dévastée et ruinée ; mais son agriculture se relève depuis quelques années.

* Pour compléter la liste des productions de Ghypre, nous ajonterons ici le sel, qui s'exporte en rie,

$ 9. — Arabie!

(Djézireh-el-Arab, île des Arabes.)

Bornes et étendue.— L'Arabie estune grande péninsule comprise entre 12° £ et 34° lat. N. Elle est bornée : au N., par la Turquie d'Asie; à l’E., par le golfe Persique, le détroit d'Ormuz et le golfe d'Oman; au S., par la mer d'Oman et le golfe d’Aden ; à l'O., par le détroit de Bab-el-Mandeb et la mer Rouge. — Sa superficie est évaluée à environ 2 millions 800,000 kilomètres carrés et sa population à 8 millions d'habitants.

Mers et litloral. — La mer Rouge *, qui s'étend de l'isthme de Suez au détroit de Babel-Mandeb, forme un long et étroit canal, qui a 2,250 kilom. en longueur, avec une largeur qui nulle part n'excède 520 kilom.; les côtes entre lesquelles elle est enfermée sont partout bordées de cônes volcaniques. Elle forme, au Nord, les deux golfes de Suez et d'Akabah, séparés par la presqu'ile du Sinaï, région trianguleire et montueuse terminée, au Sud, par le Raz-Mohammed. Au Sud, elle communique avec la mer des Indes, par le détroit de Bab-el-Mandeb (porte des larmes), que l'ile de Périm partage en deux parties. La mer Rouge est bordée sur chaque rive par une ligne d’ilots, de récifs et de bancs de corail, entre lesquels il existe un chenal libre et profond 5. Ces récifs, les courants et les moussons rendent la navigation de la mer Rouge difficile, surtout pour des bâtiments à voiles. Des chaleurs d’une intensité mortelle sévissent pendant l'été dans ce canal encaissé. Les marées n’y sont pas considérables ; à Suez, le flux et le reflux sont de 1",50 à 2°,13. Les vents soufflent du Nord-Ouest pendant huit mois, et du Sud-Est pendant quatre. La mer Rouge tire son nom de grandes taches rouges qui s'observent quelquefois à sa surface et qui sont produites vu par des algues ou par des animalcules ; ordinairement elle est bleue dans le chenal et verte sur les côtes.

Les îles principales de l’Arabie sont : Kamaran, dans la mer Rouge, au Sud-Ouest de Loheïah; elle est assez fertile, a de bonne eau et possède un bon mouillage ; elle appartient aux Anglais depuis 1859. — Périm, îlot

{ Voy. sur l'Arabie, PazGnave, Narrative of a year's journey through central and eastern Arabia, 2 vol. in-8°, London, 1855. Nous avons largement puisé dans cette importante publication.

2 Sinus arabicus des Anciens; en arabe Bahr-souph, mer des algues.

3 La profondeur est ordinairement de 700 à 1,000 mètres; la plus grande est de 2,000 mètres.

volcanique, rocheux, nu, stérile et situé an milieu du détroit de Bab-el-Mandeb ; il appartient aux Anglais depuis 4857. L'Angleterre a occupé ce rocher pour fermer la mer Rouge au Sud et couvrir l'Inde, pendant qu'on ouvrait la mer Rouge, au Nord, en coupant l’isthme de Suez; elle y a élevé des fortifications qui la rendent maîtresse du passage. — Kowri et Mouria sont deux petites îles situées sur la côte méridionale de l'Arabie, dont les Anglais ont pris possession en 4857 et dans lesquelles ils exploitent des bancs de guano. -- Les îles Bahreïn, situées dans le golfe Persique, sur la côte du Lahsa, sont célèbres par leurs pêcheries de perles, qu'on recherche dans tout l'Orient à cause de leur teinte jaune.

Les caps sont : le Raz-Mohammed, au Sud de la presqu'ile du Sinaï ; le Raz-Menheli, au Sud-Ouest de l'Arabie, sur le détroit de Bab-el- Mandeb ; le Raz-el-Häd, au Sud-Est ; le Raz- Mocendon ou Mussendom; sur le détroit d'Ormuz, et le Raz-el-Anfir, à l'extrémité de la presqu'île Bahreïn.

Aspect général, montagnes et rivières. — L'aspect général de l'Arabie est celui d'un plateau central entouré de tous côtés par une ceinture de déserts pierreux, au Nord, et sablonneux, au Sud; cette ceinture est à son tour bordée d’une ligne de montagnes, basses et stériles en général, mais hantes!, larges et assez fertiles dans l'Yemen et l'Oman; enfin, au pied de ces montagnes, une bande étroite de littoral, basse, sablonneuse et appelée Tehamah, aboutit aux diverses mers qui baignent l'Arabie. Du côté de l'Euphrate, au N.-E., la chaîne de montagnes manque, et le désert se prolonge jusqu’à l'Euphrate et jusqu'au pied des montagnes de la Svrie.

Le plateau central ou Nedjed ? est un pays élevé (de 1,000 à 1,300 m.), montueux et coupé de chaînes dirigées généralement du N.-E. au S.-0., et dont la plus importante est le Djebel-Toweik. Ces montagnes encaissent de profondes vallées, que les pluies d'hiver rendent fertiles et qui dès lors sont habitées et cultivées par des populations sédentaires 5. — On remarque sur le littoral de la mer Rouge un volcan actif appelé Djebel-Dubleh. — 11 n'y a pas en Ârabie une seule rivièré permanente ;

* Les montagnes de l'Yemen et du Hedjaz paraissent avoir 2,000 mèûtres. On y trouve le Djehel-Ghazaonan, hant de 4,269 mètres.

* Nedjed veut dire haute terre,

Les parties fertiles el habitées de l'Arabie (Ned- Jed, Lahsa, montagnes de l'Yemen et de l'Oman) forment environ la moitié de la péninsule; le désert stérile et inhahitable compose l'antre moitié.

les torrents des talus du plateau sont à see pendant la plus grande partie de l'année, et presque partout l’eau manque, excepté à l'é.

poque des pluies.

Climat. — Le climat de l'Arabie est très.

sec, chaud et malsain, surtout sur les côtes, Les pluies tombent en abondance, pendant l'hiver et au commencement du printemps, dans le Nedjed et dans les montagnes de l'Oman et de l'Yemen et rendent la culture possible dans ces diverses contrées ! ; mais pendant tout le reste de l'année, l'air y est d’une sécheresse extrême, — La chaleur est intense, surtout sur les <ôtes et dans les plaines sablonneuses. À Moka et dans l'Oman, on observe souvent 40° en été, et pendant le simoun, qui dure quelquefois trois jours, le thermomètre marque de 50 à 5à° à Hodeidah et à la Mecque, où souvent cette chaleur est mortelle. Les chaleurs sont relativement plus modérées dans l’Yemen et dans les hautes ré.

gions du Nedjed. — Un des fléaux de l'Arabie est le simoun ou samiel, vent brülant du Sud, qui soulève de redoutables tourbillons de sable dans les plaines. — Le Hedjaz est une des parties les plus malsaines de la péninsule; la dyssenterie, les fièvres pernicienses, la peste ou le choléra y sévissent constamment, mais surtout à l'époque de l'arrivée des 200,000 pèlerins qui, chaque année, viennent à la Mecque. Cette recrudescence des maladies, qui tuent environ le tiers des pêlerins, est occasionnée par l'encombrement, l'extrême malpropreté de ces multitudes, les excës auxquels elles se livrent, et par le sacrifice de centaines de mille d'animaux immolés au prophète et dont les cadavres sont abandonnés sur le sol. C'est de ce foyer d'infection, et par le retour des pèlerins, que se propage dans tout le Levant et en Europe le choléra ou la peste.

. Productions végélales el bétail. — Les pro: ductions sont : le dourah, un millet appelé douqn(Panicum spicatum), le blé (Yemen), le maïs, le riz (Lahsa), les oignons, les aubergines, les concombres, les melons et les pas tèques, l'orge et les fèves (pour les chevaux), les dattes, les fruits ?, les olives, les jujubes, le raisin, la canne à sucre, le coton, l'indigo, le sésame, la gomme, le calé (Yemen), le ta-

! Les caux pluviales sont ahsorhtes par le sable on dans les crevasses du sol; elles forment des nappes souterraines qui alimentent les puits, Ce n'est que dans l'Oman que les pluies forment quelques petits cours d'ean.

? Figues, abricots, pêches, amandes, grenades, oranges, citrons, cocos et bananes,

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bac (Oman), le séné, l'aloës, le baume de la Mecque, l’encens, le benjoin et la myrrhe. — Les Arabes élèvent une admirable race de chevaux dans !’Oman et surtout dans le Nedjed, des drumadaires rapides dont la race est sans rivale, des ânes d’une très-belle race (dans l'Yemen), quelques bœufs de l'espèce gibbeuse, et surtout des moutons, de la race à grosse queue, et des chèvres, dans les troupeaux desquels se mêlent beaucoup de gazelles domestiquées.

Faune. — La faune de l'Arabie se ompose de lions (au voisinage de l’Euphrate), de panthères, loups, renards, chacals, hyènes, singes, antilopes, gazelles, ânes sauvages, bouquetins, lièvres, autruches et sauterelles.

Races, langues et religions. — Les Arabes, la principale nation de la race sémitique, peuplent toute la péninsule ; ils se divisent en Arabes nomades ou Bédouins, barbares ilolâtres, dégradés et adonnés au brigandage, et en Arabes sédentaires, Ces derniers habitent des villes ou cultivent le sol et sont de beaucoup supérieurs aux premiers, Dans toute l'Arabie située au Sud du Tropique ?, les noirs (Abyssins, Somaulis, Nôgres) sont trèsnombreux, soit comme esclaves, soit comme émirés volontaires, et les femmes noires fournies par latraite sont encore plus nombreuses. Aussi, dans toute cette partie de l'Arabie, il y a beaucoup de mulâtres et la: population arabe cst très-mélangée. — Les Banians, qui sont originaires de l'Inde et ont conservé leurs cultes hindous, habitent les villes du littoral ; tout le commerce est entre leurs mains. — La langue est l'arabe ?. — Les religions sont : l’islamisme et les sectes des Wahabites (dans le Nedjed) et des Zéïdites, dans l'Yemen ; le judaïsme, qui compte un assez grand nombre d’adhérents dans les villes arabes; mais ces juifs sont de race arabe et non pas de race hébraïque ; le christianisme, qui compte 4 à 5 Iilliers de catholiques placés sous la direction du préfet apostolique d’Aden, — Tous les

Bédouins où nomades de l'Arabie ont conservé, bien que musulmans en apparence, le culte du Soleil, comme avant Mahomet.

Divisions et villes. — On partage ordinairement l'Arabie en 7 grandes divisions, dont les limites sont fort incertaines et qui sont :

* Surtout dans les parties maritimes et dans les villes du littoral du Hedjaz, de l'Yemen et de l'Oman. On parle l'arabe dans toute l'Arabie, en Syrie, dans la Mésopotamie, la Babylonie, sur le littoral de Perse, dans l'Inde, à Malabar, et dans l'Afrique septentrionale, centrale et orientale,

L'Arabie Pétrée, au Nord-Ouest:

Le Hedjaz, à l'Ouest ;

L'Yemen, au Sud-Ouest ;

Le Hadramaout, au Sud; L'Oman, au Sud-Est ;

Le Lahsa, à l'Est ;

Le Nedjea, au centre.

AnaBte Pérrée, — Cette région est bornée :

au N., par la Palestine ; au S., par la mer Rouge et le Hedjaz ; à l'O., par te golfe de Suez et l'Egypte; à l'E., par l'Arabie déserte. Elle se divise en deux parties : au N., le Djebel-et-Thy, plateau accidenté, sablonneux, stérile et désert, qui continue celui de la Palestine et qui est coupé par deux grandes vallées, l'Ouad-el- Arisch, dont le torrent se jette dans la Méditerranée, et l'Ouad-el-Arabah, qui débouche dans le golfe d'Akabah (voy. p. 754); — ausS., le massif granitique du Sinaï (Thor-Sina des Arabes), dans lequel se trouvent le Djebel- Mousa (montagne de Moïse), haut de 2,619 m., et le Djebel-Katerin (2,287 m.), au pied duquel est le célèbre couvent grec de Sainte- Catherine ou du mont Sinai. — La végétaion fort rare de ces contrées se compose de quelques acacias gommilères, de coloquintes, de dattiers et de samh !, légumineuse du désert qui produit beaucoup de graines dont on tire une farine abondante. — La population, fort misérable, s'élève à 4 ou 5,000 Bédouins. — Les principales localités sont : Tor ou Tour, bourgade sur le golfe de Suez, au pied du Sinai ; elle est habitée par quelques centaines de grecs et autres chrétiens, qui vivent en vendant de l’eau et des provisions aux vaisseaux. — Akabah (Ælana), bourgade au fond du golfe de ce nom; c’est l'Asiongaber de l'Écriture et le port d'où Salomon expédiait ses vaisseaux à Ophir. — Karak ; on désigne sous ce nom les ruines de Petra*, ancienne capitale de l'Idumée. — Maan, à l'Est de Petra, marché

assez important.

Iensaz (Terre du pèlerinage). — Le lledjaz est situé entre l'Arabie Pétrée, au N.; l'Yemen, au S.; la mer Rouge, à l'O.; le Nedjed, à l'E. Cest une contrée montueuse et presque partout stérile et déserte ; il n’y a que quelques vallées-oasis, çà et là dans les montagnes, qui sont généralement rocheuses, arides et stériles. Entre le pied des montagnes et la mer,

! Le sahm fournit aux Bédouins un de leurs principaux aliments; ils le trouvent dans les ouadis, sortes de vallées ou dépressions allongées, sous le sol desquelles il y a des eaux souterraines qui entretiennent la végétation des onadis.

2 Cest du nom de cette ville que vient celui d'Avabie l'étrée,

y a une zone littorale, le Tehamah, formé de plaines basses, très-chaudes et presque partout désertes. — Le Hedjaz est soumis nominalement au Sultan, qui envoie un pacha à Djeddah avec un millier de soldats ; mais ni le chérif de la Mecque, ni les tribus du Hedjaz, ne reconnaissent la souveraineté de la Turquie, dont l'autorité n'est établie réellement que là où se trouve une garnison turque.

Les villes principales sont : Yambo, petite ville maritime de 5 à 6,000 hab.: son port est mauvais et il s’y fait peu de commerce. Yambo sert de port à Médine. — Médine (Medinet-el- Nabi, la ville du Prophète), ville de 15 à 16,000 hab. C’est une ville savante qui renferme de nombreuses écoles. Le tombeau de Mahomet se trouve dans l'une de ses mosquées ; c'est un des principaux lieux de pèlerinage pour les musulmans. — Djeddah, ville marilime et commerçante, peuplée de 15 à 20,000 hab.!, port et entrepôt de la Mecque, centre d'un commerce assez considérable et dont le chiffre s'élève à environ 30 millions de francs. Les importations consistent en cotonnades et quincaillerie anglaises, couteaux, miroirs, mousselines de l'Inde, épices, sucre, riz, blé, maïs, millet, tapis et chäles de la Perse. Les exportations se composent de café, de gomme, d'encens et d'essences. On fabrique beaucoup de poterie à Djeddah. C'est dans cette ville que réside le pacha turk . En 1858, les habitants de Djeddah massacrérent les chrétiens. — La Mecque (Mekka), ville de 30,000 hab. C'est la cité sainte de l'islamisme et le foyer principal du fanatisme musulman; le pêierinage au temple de la Kaaba, où l'on va adorer la pierre noire qui a servi de siège à Abraham, amène chaque année à la Mecque des musulmans de tout pays. La Mecque est gouvernée par un chérif qui. est un des principaux chefs du Hedjaz ; elle a été sous la domination plus ou moins réelle de la Turquie de 1532 à 1818 ; elle a été placée sous la domination de l'Égypte en 1818, et est retombée sous la souveraineté des Turks en 1841. — Tayef, au Sud-Est de la Mecque, dans une oasis très-fertile.

Le Djebel-Asir, pays montueux situé entre le Hedjaz et l'Yemen, appartient aux Wahabites du Nedjed,

Yeuex, — Le Djebel-Yemen, qui est la plus belle partie de l’Arabie?, est une région montueuse, boisée, coupée de vallées arrosées,

Arabes, Turks, Grecs, Arméniens, Juifs, Nègres et Européens.

C'est l'Arabie Heurense des Anciens,

assez fertiles et renfermant un grand nombre de villes et de villages. Le café est une des principales productions du pays. — L'Yemen est peuplé de 3 millions d'habitants et forme un ftat gouverné par un iman nominalement vassal des Turks et chef de la secte des Zéïdites. Ses villes principales sont : Sana, capitale, ville de 40,000 hab., au centre du pays ; c’est la résidence de l'iman de l'Yemen, On y fabrique des étoffcs de coton, des narghileh, des gargoulettes ou alcarazas et des fusils, et on récolte dans ses jardins le meilleur café de l'Yemen. — Mareb, à l'Est de Sana, dans le Mjôf, pays de plaines sablonneuses et maréca. geuses ; cette petite ville est bâtie près des ruines de Saba. — Bedr, ville de 5,000 hab., capitale du Nedjeran, province de l'Yemen septentrional. — Damar, au Sud de Sana ; c'est là que sont les écoles de la secte des Zéïdites. — Loheïah ei Hodeïdah, villes maritimes dans le Tehamah ; elles exportent du café. — Zebid, petite ville industrielle, où l’on fabrique des étofles appelées rédifs, des mouchoirs bleus et des zemzamieh!. — Moka, petite ville de 3 à 4,000 hab., à l'entrée du détroit de Bab-el-Mandeb, avec une rade vaste et sûre. Le commerce d'Aden a presque complétement détruit celui de Moka, qui était, il y à encore quelques années, une ville maritime importante. — Aden, ville maritime et commerçante sur le golfe d'Aden, au pouvoir des Anglais depuis 1839. Sa situation à l'extrémité méridionale d'une presqu'ile montueuse et volcanique a permis d'en faire une place de guerre inexpugnable, qui, avec Périm, rend les Anglais maîtres de la navigation de la mer Kkouge et de l'entrée de la mer des Indes par le golfe d'Aden. Aden est une des principales stations pour les vapeurs qui font le service entre Suez, l'Inde et la Chine, et la baie de Steamer-Point, à côté de la ville, est un port de relàche, où tous les grands navires trouvent un mouillage excellent. Aden est le centre d’un commerce d’'entrepôt considérable; les exportations consistent en café, ivoire, gomme, safran, dattes et perles ; les importations se composent de charbon de terre, destiné à ravitailler les paquebots qui font le service de l'Inde, de coton, de grains et de tabac. Les principales relations d'Aden sont avec Bombay, Surate, Maskate, Moka, Iodeïdah, l'Abyssinie, Berberah, l'Angleterre, la France et les États-Unis. — Aden a été pendant l'Antiquité et le Moyen Age, une cité très-

‘ Sorte de bouteilles à l'usage des pêlerins qui les emplissent d'eau sacrée à la Mecque,

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florissante, comme entrepôt des produits de l'Asie et de l'Afrique, et comme centre du commerce de l'Arabie, de l'Inde et de l'Afrique orientale avec l’Europe ; elle conserva son importance jusqu'à l’époque où les Portugais la détruisirent, afin qu’elle ne pût pas entraver le commerce qu'ils faisaient par le cap de Bonne-Espérance. Parmi les débris de son ancienne splendeur, on remarque les citernes alimentées par les eau: de la montagne ; les Anglais ont restauré ces immenses constructions, qui donnent à la ville une provision d'eau potable pour un an où deux. La population d'Aden s'élève à 30,000 habitants arabes, hindous, somaulis, parsis, juifs-arabes et anglais. IL existe dans les environs de cette ville une immense carrière de carbonate de soude.

HaonamaouT. — La partie méridionale de l'Arabie, entre l’Yemen et l’Oman, porte trois noms ; on l'appelle Hadramaout, à l'Ouest; Mahrah, au centre; Cheher, à l'Est. Elle se compose d'une zone littorale, basse et sablonneuse, et d’une région montueuse qui la sépare du désert. Quelques parties de cette région sont un peu fertiles et cultivées ; presque partout, surtout dans le Mahrah et dans le Cheher, ce ne sont que des sables arides.

Les villes principales sont : Makalla, dans

Je Hadramaout, et Dafar, dans le Mahrah, Ma.

kalla est une ville maritime peuplée de 4 à 5,000 hab.; c'est le centre du commerce de la côte et un grand marché d'esclaves nègres et de filles nubiennes. Les exportations consistent en gommes, peaux et séné; les impor tations, en cotonnades, poterie, fer et riz de Bombay, grains d’Aden et dattes de Maskate.

Oman. — La partie Sud-Est de l'Arabie, comprise entre les caps Raz-el-Hàd et Raz-Mocendon, porte le nom d'Oman; elle se compose, comme la région précédente, d'une zone littorale et d'une région montueuse, haute de 900 à 1,200 m., large de 200 à 250 kilométres, fertile et peuplée. Cette région de monlagnes sépare l'Oman du désert ; son sommet le plus élevé est le Djebel-Akhdar (1,830 m.). — L'Oman est le centre d'un royaume appelé le royaume d'Oman et qui se compose de l'Oman, du Katar !, des iles Bahreïn ?, en Ara-

Le Katar est le pays situé sur la côte Est de la presqu'ile Bahreïn, terminée au Nord par le Raz-el-Anflr ttsituée entre 24° et 26° lat. La ville principale du Kalar est Bedaa. C'est sur cette partie du littoral du golfe Persique que se trouvent les plus belles pêcheries de perles du monde; elles sont exploitées par les pêcheurs du Katar et sous la protection de la maline anglaise qui les défend contre les pirates.

* Les îles Bahreïn sont peuplées d'au moins 100,060 hab; elles sont gouverntes par un vice-roi vassal

bie, d'une partie du littoral de la Perse, des iles de Kischm et d'Ormuz, et de la partie occ1dentale de la côte du Beloutchistan ?. L'Oman est habité par des Arabes de la secte des Biadeyeh 5, dont les mœurs polies et élégantes et la civilisation contrastent avec l'esprit fanatique et barbare des gens du Nedjed et du Hedjaz ; les nègres et les mulâtres y sont trèsnombreux et forment au moins le quart de la population du pays. — Les villes principales sont : Maskate, grande ville maritime et commerçante de!60,000 hab. de toutes nations, située sur le golfe d'Oman ; c'est la résidence du roi de l'Oman ou iman de Maskate. Maskate est l'entrepôt du commerce entre Bombay, Boushir, Moham'rah et Bassorah. — Matrah, ville maritime de 25,000 hab., située près et au N.-0. de Maskate. — Sohar, ville maritime de 25,000 hab. — Sharjah, ville maritime de 30,000 hab., sur le golfe Persique; c’est un grand marché d’estlaves. — Nexveh et Rostak, dans l’intérieur.

Lausa ou Ec-flasas — C'est une province formée de plaines basses et marécageuses, mais bien arrosées et fertiles. Le Lahsa borde le golfe Persique, entre 25° et 28° lat., sur une largeur moyenne de 400 kilomètres ; il est séparé du désert par une chaine de hautes collines. Le Lahsa est aujourd'hui soumis aux Wahabites, qui l'ont ruiné par leur domination stupide et brutale. La capitale est Houfhouf, ville de 25,000 hab., très-déchue ; sa citadelle est occupée par une garnison de soldats wahabites. À quelque distance de Houfhouf et sur la route de Riad, se trouve le village de Ain- Nejm (fontaine de l'étoile), où il y a des sources thermales sulfureuses renommées. 1] faut encore citer : Kalif, ville située sur le golfe

de l’iman de Maskate, mais en même temps soumis à l'influence des Wahabites. Le vice-roi réside à Moharrek, mais la ville la plus importante est Menamah, ville commerçante et habitée par des tisserands, des forgerons, des armuriers, des sculpteurs en bois, des tanneurs et des teinturiers renommés dans tout l'Orient.

4 Une des villes principales du littoral de la Perse soumises à l'Oman est Linja.

2 Les possessions que les imans de Maskate avaient ily a quelques années sur les côtes orientales de l'Afrique forment , depuis 1857, un état séparé el gouverné par un imari de la famille de l'iman de Maskate. £

3 Les Biadeyeh se font remarquer par leur esprit de tolérance; la polygamie n'existe pas chez eux,

4 C'est à l'influence de la civilisation persane, qui a exercé de tout temps une action considérable sur le Lahsa et l'Oman, qu'il faut attribuer ces différenves si caractéristiques entre les Arabes de la région orientale de la péninsule et ceux des autres parties de l'Arabie.

766 GÉOGRAPHIE GENÉRALF

Persique et peuplée en partie par une population d'origine persane: c'est l'ancienne capitale des princes “armathes, mais elle n'est plus remarquable que par ses beaux jardins.

— Koweit, ville maritime florissante, située sur le golfe Persique et au Nord du Lahsa.

Neuseo. — Le Nedjed est une haute terre montueuse, généralement fertile, cultivée et habitée, et qui occupe tout le centre de l'Arabie. Le Nedjed se partage en un grand nombre de pays, dont les plus importants sont :

le Djebel-Sharmar, le Kasem et le Djebel-Toweik. — Le Djebel-Shammar, au Nord, forme un état assez important, dont la capitale est Haïl, ville de 20,000 hab. Le Djebel-Shammar est peuplé d'environ 300,000 hab., et l'émir qui le gouverne dépend des Wahabites. — Le Kasem ou Kasim, pays situé au Sud du précédent et peuplé de 40,000 hab., renferme les villes d'Oneixah, capitale, et de Bereydah. Le Kasem est soumis aux Wahabites. — Le Djebel-Toweïk ou El-Arid est un grand pays, montueux et élevé, qui est habité par les Wahabites, sectaires farouches et fanatiques, à la domination desquels est soumise toute l’Arabie centrale. Les villes sont nombreuses et assez peuplées; la principale est Riad, capitale des Wahabites ct résidence de leur sultan ; c’est une grande ville de 30,000 hab., entourée de fortes murailles flanquées de tours !. Les premières capitales des Wahabites, Eyaneh et Derreyeh, n'existent plus ; la première a été abandonnée parce que l'eau a disparu ; la seccude a été détruite par les Égyptiens en 1819 *.

Le Nedjed :i entouré de tous côtés par une ceinture de déserts, dont les plus étendus sont ceux qui se trouvent au Nord et au Sud du Nedjed. Les déserts du Nord, désignés sous le nom général d'Arabie Déserte, s'étendent entre 28° et 54° lat. Leur extrémité septentrionale porte le nom de Désert de Syrie, Entre 30° et 31° lat., le désert renferme une grande et belle oasis appelé le Djauf, longue de 115 kilomètres, large de 16 à 20, pourvue d'eau pure et abondante, et couverte de palmiers, de vignes, de pèchers, d'abricotiers, de figuiers et de jardins. La ville de Djauf se compose de 400 maisons et l’oasis tout entière est soumise au Djebel-Shammar, pays du Nedjed, dont elle est séparée par un désert appelé le Nefoul et composé de sables rouges et mouvants, disposés partout et toujours en ondulations uniformes. de 60 à 100 mètres et dirigées du Nord au Sud.

Le grand désert de l'Arabie méridionale, situé au Sud du Nedjed, entre 16° et 24 Int et entre 42° £ et 55° long. E., couvre toute la partie de la péninsule comprise entre le Ned- Jed, l’Yemen, le Hadramaout, l'Oman et le Lahsa, c'est-à-dire environ le tiers de sa surface. On l'appelle le Dahna ou désert de feu; il se compose partout de sables mobiles ct profonds, au milieu desquels on trouve cà et là quelques puits d’eau saumätre et des palmiers nains, qui produisent de mauvaises dattes ; il renferme aussi une oasis (EI-Akhaf), mais elle est inhabitée. Jamais on ne traverse le Dahna.

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