‹ Géographie générale [microforme]Chapitre 532 sur 630 · STE · texte numérisé non relu

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L'Atlas partage le Maroc en deux parties :

au Nord et au centre, le Tell, région montueuse, bien arrosée et fertile; au Sud, le Sahara marocain, région plate, souvent aride et déserte, mais renfermant d'importantes oasis et de vastes steppes, brûlées pendant la saison sèche, mais couvertes d'herbes et de troupeaux pendant la saison des pluies.

Rivières, — Les eaux du Maroc appartiennent à trois versants : ceux de l'Atlantique, de la Méditerranée et du Sahara. Les principaux cours d'eau du versant atlantique sont : l'Ouad-Chibika ou Dréa, qui arrose la partie du Sahara marocain appelée le Dräa et dont le lit est souvent à sec; l'Ouad-Noun, l'Ouud-Sous, qui ne sont aussi que des rivières temporaires et qui traversent des contrées de même nom; le Tensifl, qui passe à Maroc; l'Omm-er-Rbia (la mère des herbes), rivière profonde et rapide; le Bou-Regreg (l'ami des broussailles); le Sebou et l'Ouad-el-Kous ou Loukkos (Lixus). — La Méditerranée ne reçoit qu'une seule rivière considérable, la Moulouia, qui se trouve réduite en été à un mince filet d'eau!, Un affluent d’une rivière algérienne, la Tafna, arrose le Nord-Est du. Maroc; c'est l'Isly. — Les cours d'eau (cuadi) du Sahara ne sont que des rivières temporaires, c'est-à-dire qu'ils sont à sec pendant une grande partie de l’année ; ils descendent du versant méridional de l'Atlas, coulent au Sud et se perdent dans les sables ou dans des lacs marécageux situés à la limite du désert. Les principaux de ces ouadi sont : l'Ouad-Dräa, qui passe à Tammegrout et se perd dans les sables ; l'Ouad-Six, qui arrose le Tafilelt et se jette dans un lac marécageux appelé le Sahamarra ; l'Ouad- Gir ; l'Ouad-Surfana, qui arrose le Figuig; ces deux derniers ouadi forment avec quelques autres encore l'Ouad-Messaura.

Climat. — Le climat du Maroc est généralement sain, bien que la peste, provoquée par la malpropreté et la misère des populations, fasse quelquefois de grands ravages au milieu d'elles. Brûlant dans le Sahara, chaud dans la région méditerranéenne, le climat est tempéré dans l'Atlas.

Productions, cullures, bétail et faune. — L'Atlas marocain renferme des mines de fer,

de cuivre et de plomb qui ne sont pas exploitées. — Toute la région montuense du Maroc est une des plus fertiles et une des plus belles contrées du globe ; à l'exception des hauts sommets de l'Atlas, tont le massif, collines, vallées

! C'est à cause de cela que les Arabes l'appellent auss Bahr-bel-ma (flenve sans eau),

et plaines, est revêtu d'un sol productif; mais la brutalité et l'ineptie du gouvernement de ce pays, les exactions et les violences de toutes sortes commises par ses agents neutralisent la richesse de la terre, qui ne produit qu'une petite partie de ce qu'il pourrait donner, s’il était cultivé partout avec soin, et si le cultivateur avait la moindre sécurité. Aussi la vie pastorale et l'élevage du bétail ont-ils bien plus d'importance que les cultures, parce que le pasteur et ses troupeaux peuvent fuir et échapper plus facilement que le laboureur aux ravages et aux spoliations. Les Marocains él. vent des chameaux, de belles races de chevaux, des mulets, des ânes, des bœufs et surtout des chèvres et des moutons; le Maroc exporte beaucoup de laines, des cuirs et des maroquins renommés, — Les cultures du Maroc produisent en petites quantités : des blés tendres «1 durs, du maïs, du dourah, de l'orge, des fé.

ves, du raisin, des amandes (dans le pays de Sous), des oranges, des jujubes, des caroubes, des dattes*?, du tabac, du lin, du chanvre, du coton, du sésame, de l’anis, du henné, de l'huile d'olive, mais mal préparée. Les produits agricoles exportés en grand sont les dattes et les amandes. C'est autour des grandes villes que se trouvent les terres les mieux cultivées:

elles y sont généralement disposées en huertas bien arrosées et dont les canaux sont entrelenus avec soin. Aiileurs, le sol est couvert de pâturages ou de vastes taillis de genèts, de buis et de lentisques; à l'exception de quelques masses forestières conservées au voisinage des grandes villes 4, les montagnes sont presque partout déboisées et couvertes de maquis. — La faune marocaine se compose de lions, panthères, hyënes, loups, chacals, sangliers, daims, gazelles, autruches (dans le Sahara).

Les sangsues sont abondantes et on en exporte d'assez grandes quantités; les abeilles, trèsnombreuses partout, fournissent aussi an commerce d'exportation beaucoup de cire el de miel.

Races, langues et religions. — Le Maroc est

habité par cinq races :

Les Berbères.. . 4,000,000

Les Maures , . . 2,500.000

Les Arabes, . 4,200,000 } 8,500,000

Les Juifs, . . . 300,000

Les Nègres.. . . 500,000

1 Dans le Sud et pour la nourriture des chevaux.

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5 Le tabac de l'Ouad-Noun est renommé.

4“ Les forêts du Maroc sont peuplées surtout de chênes-liège, de chênes verts, de thuyas, de pins d'\lep, de cèdres, de pistachiers, de genévriers et de palmiers-nains.

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La race berbère est la race dominante dans le Maroc; elle peuple la partie montueuse du pays et se compose de tribus barbares, guerrières, mais sédentaires et agricoles. Les Berbères portent les noms d'Amaxighes, danstout le massif de l’Atlas!, de Schellouks, dans la partie septentrionale du Sahara marocain, et de Riffins, dans le Rif; ces derniers sont à demi sauvages, féroces el pirates. Généralement les tribus berbères sont presque indépendantes du sultan du Maroc et ne reconnaissent son autorité que quand une razzia les oblige à se soumettre pour quelque temps.

— Les Maures sont issus du mélange des Arabes et des Berbères, et descendent en grande partie des Maures chassés d'Espagne après la conquête de Grenade: ils forment la population des villes et la classe gouvernante; ils parlent le mogrebin, dialecte arabe mêlé de mots berbères et espagnols. C’est une population perfide, fanatique, cruelle et qui a perdu presque complétement la civilisation que les Maures chassés d'Espagne avaient apportée dans le Maroc. — Les Arabes refoulés du Tell par les Berbères, vivent à l'état nomade dans les steppes du Sahara marocain et le long de là frontière d'Algérie. — Les Juifs s’adonnent comme partout, au commerce. — Les Nègres sont esclaves (abids); une partie des troupes du sultan, la garde noire, est composée de nègres qui lui servent à maintenir son autorité sur les diverses races de l'empire. — Toutes ces populations, les Juifs exceptés, sont musulmans du rit malékite et connues par leur fanatisme sauvage. Le sultan du Maroc est le chef du rit malékite et jouit d’une grande influence religieuse dans l'Afrique musulmane.

Provinces, villes et possessions européennes. — Les villes principales de l’intérieur du Maroc sont : 1° DANS LA PARTIE SEPTENTRIONALE DE L'eMPIRE : Ouchda, près de l'Isly et de la fronticre de l'Algérie; c'est une pelite ville où il se tient des marchés assez importants et dans le voisinage de laquelle les Marocains ont été battus par les Français, le 14 août 1844, à la bataille dite de l'Isly. — Thesa, ville de 10,000 hab.; on y fabrique des burnous.— Fex, grande ville de 60 à 80,000 hab., la plus importante du Maroc: c'est la cité sainte du Moghreb; elle renferme quelques écoles musulmanes renommées dans toute l’Afrique et est célèbre par le fanatisine de ses habitants. Fez est le |

! Beaucoup d'Amuzighes sont blonds ou roux el on la peau blanche avec les traits européens; il est probable qu'ils descendent des Vandales,

? Les Schellouks descendent des anciens Gétnles

centre d’un commerce considérable avec l'Angleterre, par Tanger, et avec l'Afrique centrale, par Tafilelt. On y fabrique : fils d'or, soieries, draps de soie, tissus de laine, haïks, ceintures de soie (rhazan), bonnets rouges feutrés appelés fez, tapis renommés, beaux maroquins rouges et jaunes, babouches en cuir et en velours brodées, ouvrages de sellerie, ustensiles en cuivre, faïence dont la couleur et l’ornementation sont d'un goût remarquable,ouvrages d'orfévrerie et de joaillerie, armes et poudre.—Méquinez, 20,000 hab.— Maroc (Merrakech), capitale, ville de 40 à 50,000 hab., où l'on fabrique des tapis et des maroquins.— 2° Dans LA PARTIE MÉRIDIONALE DE L'EM— PIRE : laroudent, ville de 20,000 hab., dans le pays de Sous. — Talent, Tellent ou Talahint, capitale d'un petit état indépendant appelé le royaume de Sidi-Hescham et fondé en 1810 ; il comprend une partie des pays du Ouad-Noun, de Sous et du Dräa!.— Glemim ou Ouad-Noun, grand marché dans l'Ouad-Noun; les gens du désert viennent y échanger les produits du Soudan contre ceux du Maroc et de l'Angleterre. — Tatta, grand marché dans le Dräa; ville de 140,000 hab. — Texerin et Tammegrout, dans l'Ouad-Drâa, grande oasis très-fertile, dont les nombreux villages (ksours) sont peuplés de Berbères mêlés d'éléments nègres. L'Ouad-Dräa est pien cultivé et produit des dattes et des céréales. — Tafileltou Tafilet, Rissani, Segelmessa, Gourland, dans l'oasis de Tafilelt, arrosée par l'Ouad-Siz et centre d'un commerce important. — L'oasis de Figuig, arrosée par l'Ouad-Surfana, est remarquable par ses cultures et par l'industrie des habitants de ses nombreux ksours ; le Figuig exporte des burnous, des kaïks, des bottes, des babouches brodées, des gandouras *, des ceintures, des cordes de poil de chameau pour serrer les burnous autour de la tète, etc.

Les villes maritimes sont : 1° SUR L'OCÉAN Arianrique : Agadir où Santa-Crux, petite ville avec un bon port, près de laquelle les Espagnols ont depuis 1860 un établissement de pêcherie. — Mogador ou Soueira, la plus commercante des villes marilimes du Maroc :

20,000 hab. Les Anglais y importent beaucoup de marchandises à destination de Tomboukton*.

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1 Suivant quelques auteurs, l'état de Sidi-Hescham n'existe plus et s'est partagé en plusieurs parties, nominalement soumises au Maroc. Un des plus intéressants de ces petits états serait celui de l'Ouad- Noun, habité par des Berbères et dont la capitale est ülemim.

* Chemises ou tuniques en laine. :

3lse fait pour 10 millions de francs d'affaires à Mogador, Les importations consistent en : tissus de

Mogador a eté bombardé et pris par les Français en 1844. — Safi, port de commerce assez actif; l'Angleterre y importe des tissus, du fer en barres, du sucre et du thé, et y achète des laines, du maïs et des fèves. — Masighan où Maxagan (El-Bridja des Marocains), petite ville de $,000 hab., fondée au seizième siècle par les Portugais, qui possédaient alors de nombreux établissements maritimes sur la côte du Maroc. — Rabat, ville fortifiée et peuplée de 20,000 hab. On y fabrique, ainsi qu'à Salé, des armes, des tapis renommés, des cuirs excellents, des babouches, des selles, des harnais, des anneaux et de la bijouterie, de la poterie, des nattes, quelques tissus de coton et des haïks. Rabat a un bon port et est séparée par l'embouchure du Bou-Regreg de Salé ou Sela, ville de 10,000 hab.1. — El-Arisch ou Larache, petite ville de 2,000 hab., près de laquelle s’est livrée la bataille de 1578, dans laquelle périt don Sébastien, roi de Portugal.

Larache à été bombardé par les Français en 1765. — Tanger (Tingis des Anciens, Tandja des Marocains, Tangier des Anglais), ville forte, à l'entrée du détroit de Gibraltar; elle renferme des tanneries considérables et 10,000 hab. Tanger à d'importantes relations avec l'Angleterre par Gibraltar ?; les exportations consistent en bœufs, peaux de bœuf, de mouton et de chèvre, laines, cire, dattes, amandes, oranges et sangsues ; les importations, à destination du Maroc et de l'Afrique centrale, consistent en : tissus de laine et de coton, café, sucre, épices, thé, fer, cuivre en feuilles et soies gréges. Tanger a été bombardé par les Français en 1844, qui y signérent la paix avec le Maroc le 10 septembre de la même année.—°Sur LA MÉDiTeRRANÉE : Tétouan, ville fortifiée et peuplée de 15,000 hab.; elle fait un commerce actif avec Gibraltar, gui en tire du bétail et toutes sortes de vivres. On y fabrique des fusils estimés, des ceintures en laine (fajas) exportées en Espagne, des nattes d'une grande finesse et du tabac à priser.

Tétouan à été pris par les Espagnols en 1860. |

coton, lainages, quincaillerie, fer, sucre et thé; les exportations se composent d'amandes principalement, de peaux de chèvre, de plumes d'autruche, d'huile, de cire et de laines.

* Rabat et Salé font le commerce avec l'Angleterre; elles achètent des marchandises anglaises et vendent des lames.

? Quand J'Angleterre fait la guerre dans la Méditerranée, il lui faut la ferme alliance du Maroc, parce que ce pays est le pourvoyeur naturel de Gibraltar et de ses flottes en croisière dans ces parages. Aussi le Maroc est-il en toutes circonstances protégé pa l'Angleterre.

Les Espagnols possèdent sur le littoral mcditerranéen du Maroc plusieurs villes on iles dé. signées sous le nom général de Présides ! et qui sont : Ceuta, place forte importante, autour de laquelle les Espagnols possèdent un territoire d'une certaine étendue; 6,500 hab. — Peñonde-Velez, Alhucemas, petites places sans importance ; Melilla, place forte assez considéable: les les Zaffarines.

$ 2. Algérie.

(Numidie des Anciens ?,)

Bornes, étendue, superficie. — L'Algérie est bornée : au N., par la Méditerranée; à l'O.

par le Maroc ; au S., par le Sahara ; à l'E., par la régence de Tunis. Son étendue est de 700 kilométres du Nord au Sud, et de 900 de l'Est à l'Ouest. Sa superficié est de 470,000 kilomètres carrés. Elle est à C50 kilomètres de la France, par Port-Vendres, et à 750, par Marseille.

Littoral. — Le littoral de l'Algérie a un développement de 1,000 kilomètres ; il est partout haut, rocheux, presque sans plages et sans ports 5. On y remarque de l'Ouest à l'Est : le ap Milonia ; la petite ville de Djemma-Ghazaouat ; l’île Rachgoun ; le cap Falcon ; le golfe d'Oran, avec les villes de Mers-el-Kebir (le grand pert) et d'Oran ; le cap Carbon ; le golfe d'Arzeu avec les villes d'Arzeu et de Mostaganem ; Tenez ; Cherchell ; la baie de Sidi-Ferruch ; la baie d'Alger, comprise entre la pointe Pescade et le cap Matifou, et dans laquelle se trouve le port d'Alger; bellys; le cap Carbon : à l'entrée du golfe de Bougie, dans lequel il y a, à Bougie, un mauvais mouillage, mais qui est le seul jusqu'à Bône ; le cap Cavallo ; Djidjelli; le cap Boujarone; la baie de Collo ; le golfe de Stora ; Philippeville ; le cap Filfila ou cap Vert: le cap de Fer; le cap de Garde on cap Rouge (Raz-el-Hamra) ; le golfe de Bone, qui contient les mouillages du fort Génois et des Caroubiers; le cap Rosa, où finit le golfe de Bône et qui est le point de l'Algérie où la pèche du corail ÿ est la plus ahondante; la Calle et

‘ Les Présides (presidios) sont des ateliers de condamnés aux travaux forcés,

3 Sous les empereurs, la partie centrale et occidentale de la Numidie prit le nom de Mauritanie vésarienne. — Le Sahara marocain et algérien ren placent l'ancienne Gétulie,

% Mare sævum importuosum, disait Salluste en parlant de la mer de Numidie.

# En arabe Metsqoub, pierre percée.

5 On péche le corail entre le cap de Fer et le ep Rosa, Cette pâche est faite par 2,00) matelots italiens qui récoltent 25,000 kilogrammes de corail valant 2 millions de lranes.

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l'ilot de Tabarque, où finit l'Algérie. De toutes les positions et villes maritimes que l'on vient de nommer, il n'y a de vraiment intéressantes que les rades de Mers-el-Kebir, d'Arzeu, de Bougie, du fort Génois et le port d'Alger; toutes les autres rades ne sont pas tenables et les ports sont seulement bons pour le ca-potage !. Ù

Montagnes, plateaux, aspect général et grandes divisions. — Le massif de l'Atlas, qui commence dans le Maroc, traverse toute l’AIgérie de l'Ouest à l'Est, étant encore formé de deux chaînes parallèles séparées par de hauts plateaux. La largeur du massif diminue de l'Ouest à l'Est ; elle est de 280 kilom., dans la province d'Oran, et de 180 kilom., dans la province de Constantine. La chaîne septentrionale, large de 80 à 100 kilomètres, s'abaisse sur la Méditerranée par une suite de terrasses trés-accidentées et sillonnées par les vallées de nombreuses rivières torrentielles ; tous ces cours d'eau, le Chélif inférieur excepté, coulent perpendiculairement à la direction de la chaine

et de ses gradins. Les diverses parties de ces

montagnes portent chacune un nom particulier; nous citerons : le Toumxaït (1,834 m.), à l'Ouest de Tlemcen ; le massif de l'Ouanseris où Ouaransenis (2,000 m.), au Sud d'Orléansville ; les monts Matmata, au Sud de Teniet-el-Häad ; le Taguelsa (1,751 m.), à l'Ouest de Boghar ; les monts du Dahra, entre la mer et le Chélif, qui se terminent, à l'Est, par le mont Zaccar (1,580 m.), au Nord de Milianah ; le Petit-Atlus, au Sud de la Métidja, dans lequel est le Djebel-Mouxaïa (1,608 m.) et le col de Mouzaïa® ; le Jurjuraÿ, dans la Grande-Kabylie, entre Alger et Bougie, massif escarpé, très-accidenté, boisé, haut de 1,800 à 2,000 m., et dont les vallées ou les croupes sont cultivées avec beaucoup de soin par les Kabyles; le mont Dirah (1,800 m.), au Sud d'Aumale ; les Babors (1,990 m.) et le mont Magrix (1,722 m.), entre Djidjelli et Sétil; le mont Edough, à l'Ouest de Bône, riche en mines de fer. — La chaine méridionale de l'Atlas est moins large ; elle n’a que 50 kilomè-

! On a construit un petit port marchand à Oran et où a commencé à Bône des travaux qui ont pour but d'y établir un port assez étendu. Le port d'Alger a été agrandi et amélioré,

* Le col de Mouzaïa a été le théâtre d'un brillant combat, le 12 mai 1840, dans lequel le passage fut lorcé par les Français.

* Ou Gourgoura (la montagne des montagnes, la Monlagne par excellence), Gourgoura est un mot slave, ainsi que le nom uu Gouraya, montagne au Nord de Bougie qui forme le cap Carbon. Ces noms sont probablement d'origine vaudale.

tres et s’abaisse sur le Sahara par des gradins successifs, souvent fort escarpés. Les massifs principaux sont : le Djebel-Ksen, dans le pays des Ouled-Sidi-Cheikh ; le Djebel - Amour (1,600 m.), au centre, long de 60 kilom..

boisé et coupé de vallées bien arrosées et fertiles; le Djebel-Sahari, sous le méridien d'Alger ; le Djebel-Aurés (Aurasius mons), à l'Est, massif de 150 kilom. de longueur, boisé, bien arrosé et qui renferme le plus haut sommet de l'Algérie, le mont Chéliha (2,312 m.).

L'Atlas partage l'Algérie en. quatre régions parallèles : une région montueuse, au Nord, appelée le Tell! et située entre la mer et la crête de la chaine septentrionale ; — la région des plateaux, au centre, entre les deux chaines de l'Atlas; — une région montueuse, arrosée et fertile, au Sud, formée par la chaine méridionale de l'Atlas ; — une région de plaines basses, de steppes et d'oasis, appelée le Sahara alyérien, entre la chaîne méridionale et le Grand- Désert.

Le Tell, compris entre la Méditerranée et la région des plateaux, a une largeur de 100 à 120 kilom., dans la province d'Oran, de 70 à 80 kilom., dans la province d'Alger, et de 450 kilom., dans la province de Constantine.

La disposition générale du sol de la région du Tell est celle d’un vaste amphithéâtre faisant face au Nord; sa surface, partout très-accidentée, se compose d’une alternative de montagnes, de vallées et de plaines?. Toutes les rivières qui l’arrosent se jettent dans la Méditerranée. C'est un pays tempéré quoique chaud, généralement sain et fertile ; il appar-

tient à la région méditerranéenne, et sa végé-

tation est la même que celle de l'Europe méridionale. On y trouve, en effet, comme plantes dorninantes : l'olivier, l'oranger, le figuier, le cactus ou figuier de Barbarie, l'amandier, le jujubier et le caroubier, le chène à glands doux, qui fournit aux Kabyles des glands comestibles assez analogues à nos châtaignes, le noyer (en Kabylie), le châtaignier, le grenadier, l'abricotier, le palmier nain, l’alenda5, le genévrier, le myrte, le lentisque et le laurier #, le chène-liége, le chènevert, le chène-zen, le thuya, le pin d'Alep et

1 Tell est un mot arabe, qui veut dire colline, et ne vient pas du latin fellus, terre cultivable,

2 Les principales plaines sont celles de la Métidja, au Sud d'Alger, d'Oran, du Sig, du Ghélif, de Tlemcen, de Bône, de Constantine et de la Medjana.

5 Ephedra alata.

* Ges cinq arbustes se trouvent sur les montagnes, tandis que le palmier-nain ue eroil que dans les plaines,

le cèdre !, Toutes les cultures de l'Europe méridionale y réussissent à souhait.

La région des hauts plateaux, large de 140 kilom, dans les provinces d'Oran et d'Alger, et de 60 à 80 dan: la province de Constantine, a une altitude de 1,000 à 1,200 m., à l'Ouest, et de 12 à 1,500 m., à l'Est. Elle se compose de vastes surfaces sans arbres, presque toujours plates et dans lesquelles on rencontre une suite de chott ou lacs salés qui reçoivent les eaux de la région. La végétation des plateaux se compose de betoum #, qui croissent isolément, de quelques bois de cèdres, qui ont échappé à la destruction et à la dent des troupeaux, de tamaris aux panaches de fleurs roses, qui bordent les chott, et surtout de deux herbes qui recouvrent d'immenses espaces, l'alfa® et l’armoise 4, Les tribus pastorales du Sahara amènent en été leurs troupeaux de moutons sur les plateaux, où ils trouvent une nourriture abondante dans les pâturages formés d’alfa, de diss 5, de drin$, de harmel ? et de broussailles 8: mais en hiver, ces hauts pays sont froids, souvent couverts de neige et déserts, parce que, dès la fin de l'été, les Arabes sont redescendus avec leurs troupeaux dans les steppes du Sahara.

La chaine méridionale de l'Atlas forme les terrasses par lesquelles on descend des hauts plateaux dans les plaines basses du Sahara ; v'est une région accidentée, élevée, souvent aride, et dont les parties les plus fertiles, les mieux arrosées el les plus peuplées sont le Djebel-Amour et le Djebel-Aurès.

C'est dans le Sahara° que commence l’Afrique, avec ses sables, ses déserts, ses oasis, ses dattiers et ses chaleurs torrides. Le Sahara est une région basse, plate, pierreuse ou sablonneuse, inclinée de l'Ouest à l'Est et qui secompose de parties absolument stériles et désertes

* Ces six arbres forment les principales essences des forèts algériennes.

? Pistachier de l'Atlas.

* On donne le nom d'alfa à diverses graminées : Macrochloa tenacissima où Stipa tenacissima, la plus commune; Stipa tortilis; S. yigantea; S. barbuta; S. juncea ; Lygeum spartum, ete. Elles servent à faire des ouvrages de sparterie, des cordes et de la pâte à papier. L'alfa forme de vastes et excellents pâturages.

a Arlemisia herba albu.

5 Fes'uca patula où Arundo festucoïdes.

® Arthralerum pungens. Le drin est une graminée de 2 mètres de haut, On donne sa graine à manger aux chevaux.

7 Peganum larmala.

* Les broussailles se composent de zeita (Limoniastrum Guyanianum), de chieh (Artemisia judaica) et d'alenda, que broutent les chameaux.

Le mot Sahara n'implique pas chez les Arabes l'idée de désert, mais bien celle de steppes alternativement herbacées et brûlées.

(Falat), de chott ou lacs salés, d'oasis peuplées et cultivées (Fiaf) et de vastes steppes herba. cées (Kifar) parcourues par des Arabes nomades et par leurs troupeaux !. Lés oasis, arrosées par quelques filets d'eau permanents, provenant de sources naturelles ou de puits artésiens, sont très-bien irriguées et cultivées : elles produisent surtout des dattes. Le dattier, ce roi des oasis, comme le nomment les Arabes, est la grande ressource du Sahara ; en ef. fet, ses fruits sont la base de la nourriture des hommes et parfois des animaux, et son bois, le seul qui se trouve dans le Sahara, est employé à tous les usages possibles. Les oasis sont habitées par des populations sédentaires, agricoles, de race berbère et soumises aux Arabes nomades, anciens conquérants et maitres de toute la région. Les steppes ou terres de parcours se couvrent, sous l'influence des pluies d'hiver, d'une végétation herbacée* assez abondante pour nourrir les troupeaux des Arabes qui les habitent. De mai à octobre, elles sont entièrement privées d'eau et d'herbe:

‘ aussi, dès le mois d'avril, les nomades se diri-

gent vers le Nord, conduisant leurs moutons sur les hauts plateaux ; ils arrivent sur la frontière du Tell après la moisson. C'est alors que se tiennent chaque année de grands marchés”, dans lesquels les nomades du Sahara échangent les dattes et les fines étoffes de laine fabriquées dans les oasis, contre le blé, l'orge et le beurre du Tell et contre quelques marchandises européennes. À la fin de l'été, les Sahariens quittent le Tell et les hauts plateaux, et redescendent vers le Sud; ils sont de retour dans leurs steppes en octobre, lorsque les premières pluies ont fait repousser l'herbe. A ce moment, la récolte des dattes est faite dans les oasis, et leurs habitants peuvent les

* Voici quelques altitudes du Sahara algérien :

Biskra. . . . . . . . . + 125 m.

Sebkha Melr'ir.. , . . . — 6 — Tougourt. . .....,. + 63 -- Temacin. ....... + 12 — Ouargla.. . . . . . . . + 151 — Metlili, . . . . . . . . + 50 -- Le Souf,. . . . . . . de 62à 125 —

? Lille se compose d'alfa, de drin, d'une polygonée appelée ezel (Calligonum comosum), de besbass (Fæniculum officinale), dont les Arabes mächent les sonmités non fleuries pour se désaltérer, d'armoise, de broussailles (alenda, chieh, zeita, myrte, laurier-rosei et de quelques bouquets d'arbres rabougris (lentisques, betoum, chènes-liège, oliviers et jujubiers sauvages), dans lesquels se trouvent des gazelles, des lièvres, des outardes et des autruches.

3 Principalement à Sebdou, Tiaret et au marché des Djafras près de Saïda. On comprend quelle est l'importance de ces postes; ils commandent aux transactions dont on va parler,

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Rivières, chott et sebkhas ‘. — Les rivières de l'Algérie sont sans importance ré * aueune n’est navigable, ni même flott, .; un petit nombre d'elles peuvent servir à l'irrigation etquelques-unes seulement ont assez d’eau constante pour être utilisées par des usines. La plupart dessèchent complétement ou à peu près pendant l'été et l'automne, mais toutes débordent pendant l'hiver et une partie du printemps. En réalité, tous les cours d’eau du Tell ne sont que des torrents. peu étendus.

« Descendant des pentes souvent rapides, encaissés à fréquents intervalles entre des gorges abruptes, ils traversent le pays plutôt qu'ils ne l’arrosent. Ils présentent rarement ces sinuosités multiples, ondulantes et dormantes qui caractérisent les fleuves des pays de grands bassins. Leurs eaux, tantôt rares, tantôt débordées, toujours torrentueuses, se précipitent vers la mer aussi vite qu'elles peuvent, à travers le pays tourmenté qu'elles ravinent. — Les rivières des plateaux ont encore moins d'importance que les fleuves du Tell.

Leur cours est moins étendu, leurs eaux sont moins abondantes ; elles dessèchent plus vite et plus complétement pendant la saison sèche. Excepté le Chélif, qui se jette à la mer après avoir silionné une partie du Tell, toutes les rivièresde cetterégionse déversent dans des lacs où inarais intérieurs, qui suffisent à absorber leurs eaux. — Les cours d'eau du Sahara sont moindres encore. Tous, sans exception, se perdent dans les sables du sol saharien. Pendant l'hiver, leurs eaux torrentielles débordent fréquemment des ravins qui forment leur lit, et s'étalent çà et là en marécages; mais ces flaques d’eau temporaires, incessamment absorbées par un sol sablonneux et un climat torride, dessèchent presque toutes dès le printemps. Pendant l'été, les rivière: sahariennes tarissent Loutes sans exception. C'est dans leur lit desséché, mais gardant encore çà et là quelques humidités fangeuses, que les populations creusent les puits qui, pendant les neuf douzièmes de l'année, alimentent le Sahara d'une eau souvent saumâtre. Les rives ou plutôt les côtes de ces ravins, plus abrites des vents et plus fraiches que le sol p'at qui les entoure, servent presque exclusivement d'asile aux rares arbustes qui végètent dans ces contrées.

! Une partie de ce chapitre est empruntée à l'AIyerie en 1859, de M. Eu, Canne, excellent travail publié dans le Moniteur, et auquel nous avons fait de nombreux emprunts.

« Cette siluation fluviale créée pour le Tell et les plateaux par l'irrégularité des pluies, pour le Sahara par une sécheresse excessive, a pour toute notre colonie des conséquences importantes; car de cette situation résultent : un manque absolu de communications par les fleuves, ces précieuses artères si utilisées chez nous et surtout en Amérique ; des inondations annuelles qui ravinent parfois des lieues entières de pays et les rendent incultivables ; une pénurie fréquente d'eau, dont nous ne pouvons nous faire que difficilement une idée en Europe, mais qui, en temps ordinaire, n’a pas même d'analogie avec le manque d’eau de nos années de sécheresse exceptionnelles !. »

Les principales rivières du Tell sont : lu Tafna, l'Habrah, le Chélif, le Mazafran, l'Harrach, l'Hamise, l'Isser, le Sebaou, le Sahel, l'Ouad-el-Kebir, à Safsaf, la Seybouse et la Medjerdah, — La Tafna a sa source près de Sebdou qu'elle arrose ; elle reçoit à droite l'Isser, qui a pour affluent la Sikkah, qui passe près de Tlemcen et qui a donné son nom à la victoire remportée par les Français sur Abd-el- Kader le 6 juillet 1836. La Talna reçoit à gauche l'isly, qui coule presque tout entier dans le Maroc. C’est vers l'embouchure de la Tafna que le général d’Arlanges, bloqué dans son camp par Abd-el-Kader, fut délivré par le général Bugeaud, qui signa avec l'émir le traité dit de la Tafna, le 30 mai 1837. — L'Habrah, qui se jette dans la mer sous le nom de la Mactah?, a pour affluent principal, à gauche, le Sig, qui s'appelle d’abord le Mekerra et qui passe à Sidi-Bel-Abbès et à Saint-Denisdu-Sig, où l'on a établi des irrigations bien entendues. — Le Chélif, long de 450 kilom., qui est le plus grand cours d’eau de l'Algérie ; il “oule d'abord du Sud au Nord sur les hauts plateaux et descend dans le Tell, vers Boghar, par une profonde coupure; il se dirige ensuite del’Est à l'Ouest, en passant par Urléansville. Il reçoit sur sa gauche un grand nombre d'affluents : le Dheurdheur, POual- Rouina, VOuad-Fodda, Y'Ouad-Isly, V'Ouad- Riou et la Mina, qui passe à Relizane et à Sidi- Bel-Hacel. — Lé Maxafran (eau de safran) est formé par la réunion de l'Ouad-Djer et de la Chiffa. La Chiffa débouche du Petit-Atlas dans la Métidja par une gorge étroite et profonde 5. — L'Harrach et V'Hamise sont deux petits

1 Em. CanRey, loc. cil.

2 C'est sur les rives de la Mactah que le général Trézel fut battu en 1835 par Abd-el-Kader

3 On a taillé dans le roc, le long de la gorge de la Chitta, une très-belle route.

cours d'eau qui arrosent la Métidja, -- L'Isser, le Sebuou et le Sahel traversent la Kabylie; le Sahel a son embouchure à Bougie, et son affluent principal est, à droite, le Bou-Sellam; il reçoit aussi l'Ouad-Mahrir, petit cours d'eau qui traverse le fameux défilé des Bibans ou Portes de Fer. — L'Ouad-el-Kebir (la grande rivière) est formé, à Constantine, par la réunion de l'Ouad-Zaouch (la rivière des moineaux) et de l'Ouad-Bou-Merzxoug (rivière de l'abondance); il prend alors le nom d'Ouad-Rummel (riviére du sable) et le conserve jusqu'à son confluent avec l'Endja, à partir duquel il s'appelle l'Ouad-el-Kebir !. — La Safsaf se jette dans le golfe de Stora. — La Seybouse passe près de Guelma et a son embouchure à Bône. — La Medjerdah arrose, dans son cours supérieur, la province de Constantine et entre bientôt dans la régence de Tunis.

Les principales rivières du Sahara sont :

l'Ouad-Djeddi (rivière dn chevreau), grand cours d'eau de 500 kilom., qai descend du Djebel-Amour sous le nom Ge tfitad-Mxi, passe à El-Aghouat et se jette dans la sebkah Melr’ir; — l'Ouad-en-Neça (la riviére des femmes), qui traverse l'oasis des Beni-Mzab.

Le lac Fetxara, au Sud-Ouest de Bône, et la sebkha ? d'Oran sont les deux principaux lacs du Teli.— Les hauts plateaux et le Sahara renfa:sent un assez grand nombre de lacs salés ou saumaâtres qui portent les noms de chott et de sebkha. L:: chott et les sebkhas des hants plateaux sont :le chott-el-R'arbi, le chottel-Chergui, dans ia province d'Oran, les deux sebkhas Zahrex, dans la province d'Alger, le grand chott de la Hodna 5, dans la province de Constantine, et le lac de Tarf, dans le pays desHaractas. La sebkha Melr'ir est la principale du Sahara algérien ; c’est ellequi reçoit l'Ouad- Djeddi. Elle se compose d'un lac salé et de vastes espaces de sables fluides qui sont sujets à s'effondrer. Cette sebkha occupe le fond d’une dépression, qui parait être à 6 mètres au-dessous du niveau de la mer et qui s’‘tend à l'Est jusque dans le Sahara tunisien, où setrouvent aussi plusieurs grandes sebkhas. — On appelle daya, dans le Sahara, des mares ou

‘ Le Rummel traverse, à Constantine, une gorge très-pittoresque.

? Une sebkha ou un chott est un enfoncement, rempli d'eau ou à sec, suivant la saison. Quand les chott sont à sec, on y récolte du sel, et les phénomènes du mirage sont fréquents à leur approche.

5 La Hodna est une région trés-fertile et arrosée par de nombreux cours d'eau qui se jeltent dans le chott, entre autres le Ksab, qui passe à Msilah, l'Ouad- Bousaad, qui passe à Bousaada, et l'Ouud-Melah.

flaques d'eau temporaires, marécageuses où à sec en été, etayant plus où moins d'eau en hiver.

Climat. — Le climat de l'Algérie est différent dans chacune des grandes régions; il y est modifié, en effet, par l'altitude du sol (hauts plateaux), par le voisinage de la mer (Tell) ou par la proximité du Grand-Désert (Sahara). Le Tell a un climat analogue à celui de l'Europe méridionale, chaud et sec en été, frais en hiver, sain partout où il n’y à pas de marais !. Les températures extrêmes sont de + 50° et + 40° en été, et de — 2° et — 3° en hiver? ; la neige couvre souvent les mont:gnes du Tell. Les saisons sont encore au nombre de quatre : l'hiver, saison des pluies, dure de décembre en mars ; le printemps jusqu'en mai; l'été, qui se prolonge jusqu’en octobre, est toujours sec; l'automne est court et finit en décembre. Le caractère dominant du climat du Tell et de toute l'Algérie est la sécheresse excessive et prolongée: après les pluies de l'hiver, qui durent environ quatre mois, il ne pleut presque plus ; l'eau devient rare partout et manque souvent. Des irrigations sont absolument nécessaires dans une pareille contrée et rendent le sol, lorsqu'on les a établies, extrèmement fécond. -— Le climat des plateaux ressemble beaucoup à celui de Ja France du Nord ; l’été est chaud et sec, comme dans le Tell, mais l'hiver, qui y dure de novembre en avril, est froid, pluvieux et accompagné de neiges abondantes. Le thermomètre descend à 5° et 8° au-dessous de zéro. — Le climat du Sahara est ses. et torride. Il n'y à plus ici que deux saisors, l'hiver (novembre à mars), époque des pluies, quand elles tombent, car elles manquent quelquefois plusieurs années de suite, et l'été, saison sèche et brûlante. La chaleur, à Biskra, est souvent de 45° et quelquefois de 48° ; à Tougourt, le thermomètre monte à 51°: le sable, chauffé par le soleil, atteint 90° et brûle littéralement la plante des pieds des hommes et le sabot des chevaux. Pendant ces grandes chaleurs, les nuits sont trèsfraiches, et quelquefois le thermomètre marque seulement + 10° pendant la nuit, quand, dans le jour il s'élevait au - dessus de 40°. En hiver, le thermomètre descend quelquefois à zéro, à Biskra; à Tougourt, il marque encore pendant le jour + 20, mais pendant la nuit il descend quelquefois à — à".

! C'est l'abus des liqueurs, et surtout de l'absinthr. qui engendre tant de maladies en Algérie,

? Le mois d'août est le mois le plus chaud; février le plus froid,

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Quand le sirocco ou vent du désert wuffle, en | été, dans le Sahara, transportant des nuées de poussière sablonneuse, cette région devient une fournaise intolérable. Dans le Tell, en été, le sirocco fait monter le thermomètre à + 60° et 65°; cette température, toujours douloureuse, détermine souvent des maladies et des morts; heureusement, le sirocco ne souffle «re douze ou quinze fois par an, et sa durée dépasse rarement deux ou trois jours.

Malgré tout, c'est un des fléaux de l’Algérie.

Productions minérales. — Les productions minérales de l'Algérie sont : le fer, qui est partout abondant et constitue la principale richesse minérale du pays ; les gisements les plus importants sont ceux du mont Edough, aux environs de Bône, qui fournissent un minerai de fer magnétique excellent pour la fabrication de l'acier; le cuivre (Mouzaïa, Tenez); le plonb (montagnes de la Kabylie, Djebel-Bou- Thaleb, au Sud-Ouest de Sétif, Djebel-Kef- Oum-Teboul, sur la frontière de Tunis, Tenez, Sebdou, l'Ouanseris); l’antimoine (province de Constantine); le zinc (Maaziz, dans la province d'Oran); le beau marbre blanc statuaire du mont Filfila, à l'Est de Philippeville; l'onyx translucide ou albâtre antique d'Ain-Tembalek, près de Tlemcen ; le gypse, très-répandu et de bonne qualité ; le salpêtre (Sétif, Sebdou, le Zab, Tougourt); le sel, qui est fourni par les mines de sel gemme du Djebel-Sahari, par les chott et les sebkhas et par la saline d’Areu. Les principales eaux minérales sont celles de Hamman-Meskoutin (les bains maudits), où l'on a fondé un établissement thermal; ces eaux, trés-chaudes, sont chlorurées-sodiques et très-efficaces contre les rhumatismes, les affections cutanées et lymphatiques, les douleurs et les raideurs résultant de blessures.

Productions végétales et cultures. — Les principales cultures du Tell sont celles des céréales, de l'olivier, des orangers, des fruits à sécher, du tabac et des légumes de primeur’. Le Tell cultive comme céréales : le blé dur ?, le blé tendre 5, l'orge et l’avoine ; à côté de ces cultures se range celle des fèves, féveroles, haricots, dolies, pois, lentilles, pois-chiches, pommes de terre et arachides, dont on mange les pistaches. Le Tell exporte déjà des céréales et peut en produire de grandes quantités.

t Ce minerai est converti en fontes aciéreuses en Corse, à la Solenzara.

? Le blé dur est indigène en Algérie; il est le plus riche en principes nutritifs et sert principalement à la fabrication des pâtes alimentaires.

* Le blé tendre à été importé par les colons enropeens,

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