SON GÉOGRAPHIE
rive droite et près de l'embouchure du Gabon; Dents, village situé en face des précédents, sur la rive gauche. Les Américains ont une mission à Glass, village situé près de Libreville. — L'estuaire du Gabon forme une magnifique rade, très-sûre, et la vallée du fleuve est couverte de forêts qui renferment d'immenses richesses, Déjà le Gabon exporte du bois de santal rouge, de l'ébène, du caoutchoue, de l'huile de palme, le plus belivoire connu, de la cire et du copal. Le café vient à souhait, ainsi que le coton, dans les cultures des Européens.
$ 9. Guinée inférieure ou Congo.
Bornes et situation. — La Guinée inférieure est comprise entre 1° et 20° lat. Sud, elle est baignée, à l'Ouest par l'océan Atlgntique et occupe une partie du talus occidental du plateau de la Haute Afrique. Son étendue est de 2,000 kilomètres, du Nord au Sud, sur 400 à 500 kilomètres de lirge, de l'Ouest à l'Est,
Aspect général. — Comme tous les pays de terrasses, la Guinée inférieure est une région montueuse et qui s'élève graduellement en s'avançant de la mer à l'intérieur.
Dans les provinces portugaises, dont la topographie est assez connue, on sait que le sol, accidenté et très-pittoresque, est partout bien arrosé, sain, d'une très-grande fertilité et bien cultivé, excepté dans Ja région maritime, qui est malsaine et peu fertile. À l'Est de l'Angola, de hautes montagnes forment les derniers gradins du plateau de la Haute Afrique; la chaine la plus occidentale, située à l'Ouest de la rivière Coango, porte le nom de Tala-Moungongo (960 m.); la chaine la plus orientale, située à l'Est du Coango, porte le nom de monts Mosamba et a 4,600 m, de hauteur.
Rivières. — Les rivières de la Guinée inférieure se jettent toutes dans l'océan Atlantique ; les plus considérables sont : le Kilongo, dans le Loango ; — le Congo ou Zairé*, dans le
sions assez nombreuses parmi les nègres appelés M'pongué, qui sont doux et dont le type est assez beau.
{La température moyenne du Gabon est de 98°, avec des extrèmes de 23° et de 33°. Le climat est humide et malsain, L'année commence par une saison sèche d'environ six semaines, en janvier et février; puis il tombe des pluies diluviennes depuis le mois de mars jusqu'en juin; suivent trois mois de sécheresse, du 15 juin au 15 septembre, et les pluies recommencent au 15 septembre pour finir en janvier. *Elnon pas Zaire,
Congo, appelé à son embouchure le Moienxi.
Enxaddi; il est formé par la réunion de plusieurs grands cours d'eau qui prennent leur source sur le plateau de la Haute Afrique : le Bankara, le Kasai où Kasye et le Coango ou Quango, qui reçoit le Barbela, lequel sort du lac Aquilonda. Le Zairé descend du plateau et traverse les terrasses de la Guinée inférieure par une suite de hautes cataractes et de ravides ; c'est un grand cours d'eau, très-large à son embouchure, où sa profondeur est de 300 môtres; — le Loxé ou Lodchi, dans le Congo; — le Dandé, le Bengo où Zenxa, rivière fangause, dans l'Angola; — le Coanxa, grande rivière qui sépare l'Angola du Benguela, dont la vallée est très-fertile et qui reçoit, à droite, la Lucalla, dont la vallée est l'une des plus riches parties de l'Angolu; — le Kouvo, le Katoumbéla, le Kouparol et le Nourset, dans le Benguela.
Climat, — Le climat, très-malsain sur le littoral, est plus salubre dans les parties montueuses de l'intérieur.
Productions. — On trouve dans la Guinée inférieure : du fer, qui est abondant partout, du cuivre, de l'argent, du sel, que produisent les salines du rivage du Loango, du soufre, du salpètre (près de Benguela).
Une partie des végétaux utiles de la Guinée inférieure est d'origine étrangère et a été acclimatée par les soins des Portugais et des missionnaires, Les principaux produits du sol sont : le manioc, le millet, le deurah, le luno*, le mais, le riz, le blé, {a patate et l'igname, la pomme de terre, le pois d'angolas; les fruits du baobab, l'ananas, les bananes, l'orange, la goyave et la papaye, les figues, le raisin, la pêche, les chérimolias ou corossols 4; la canne à sucre et le tabac, qui croissent naturellement; le café, qui est trèsbon et provient de plants de Moka'; le coton, qui est excellente qualité et forme l'une des principales cultures indigènes ; les arachides. À ces produits il faut encore ajouter le copal, le bois de santal, l'huile de palme et l'huile de coco, — Les bœufs et les moutons se trouvent dans les provinces portugaises ; mais la tsétsé6 ne permet pas à la race bovine de vivre partout, — C'est avec le Portugal que la
‘ Le Nousse s'appelle Couanène, dans son cours supérieur,
* Probablement le poa d'Abyssinie,
% Ou pois du Congo; c'est le Cylisus cajan.
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8 On le cultive en grand dans l'Angola,
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Guinée inférieure a ses principales relations commerciales ; elle lui fournit de l'orseille, de la cire, du café, des cuirs, du copal, de l'huile de palme, du cuivre, de l'ivoire, des cornes de rhinocéros et des dents d'hippopolame, — La faune de la Guinée inférieure est lamôme que celle de la Guinée (voy. p. 806).
Races et religions, — La Guinée inférieure est peuplée par des tribus de nègres sauvages, féroces et abrutis, gouvernés par des chefs cruels, sans cesse en guerre les uns contre les autres, et dont ln religion est le fétichisme. La traite, comme partout où elle est pratiquée, a achevé de pervertir et de décimer ces malheureuses populations. — Dans les provinces portugaises, les nègres sont moins barbares et ont quelques notions du christianisme *, ;
Divisions, villes et colonies européennes.
— la Guinée inftrieure se divise en 6 parties, qui sont du Nord au Sud : le Loango, le lacongo, le N'goyo, le Congo, le N'gola ou Angola et le Benguela; ces deux dernières divisions appartiennent au Portugal et sont peuplées de 2 millions d'habitants,
Le Loanco a pour capitale Bouali ou Loango.
— Le Caconco a pour ville principale Malemba, — Le N'aovo a pour ville principale Cabenda. Ges trois villes, situées sur le littoral sont trois grands centres de traite. — Le Coco est situé entre le Zairé et le Dandé ; les chels sont soumis aux Portugais et les villes principales sont : Banxa-Congo ou San-Salvudor, Batta, Bamba et Ambrix, à l'embouchure du Lozé, comptoir portugais et entrepôt du commerce du cuivre exploité dans la vallée du Lozé, — L'Ancoza où N'aora, situé entre le Dandé et le Coanza, appartient au Portugal. les villes principales sont : Saint-Paul-de- Loanda, ch.-lieu des possessions portugaises de la Guinée inférieure, ville maritime de 8,000 hab. 5, siége d'un évèché et centre du commerce du Portugal avec la Guinée inférieure 4, Massangano, sur le Coanza. Golungo- Allo, au centre de la province. Cassangé, station portugaise dans la partie orientale de l'Angola.— Le Bencueca, au Sud duCoanza, est aussi une possession portugaise; son ch.-lieu est
! Les abeilles sont extrêmement nombreuses dans toute la région.
“Les jésuites avaient répandu une certaine instruction parmi les nègres des missions du Congo ; encore aujourd'hui, un y trouve un certain nombre de nègres qui savent lire et écrire.
3 l'ortugais, nègres et mulâtres.
4 La suppression de la traite et de l'esclavage dans
les colonies portugaises (1856) a diminué beaucoup l'importance de Saint-Paul,
Saint-Philippe-de-Benguela, ville maritime de 2 à 3,000 hab., située à l'embouchure du Katoumbéla,
$ 10. Cote entre la Guinée inférieure et la colonie du Cap ‘.
La côte entre la Guinée inférieure et la colonie du Cap, sur une étendue d'environ 1,000 kilomètres, est sablonneuse, aride, presque déserte, d'un accès difficile et toujours évitée à cause de l'insalubrité du climat, de la chaleur excessive et des calmes sans fin qui y régnent. À l'intérieur, le pays est montueux, élevé *, peuplé et, comme la Guinée inférieure, il forme une partie du talus occidental du plateau de la Haute Afrique; mais il parait être peu fertile. — Les principales rivières sont : le Swakop*, qui se jette dans la baie des Baleines; l'Angra-Pequena, la riviére Orange et son affluent l'Oup ou Great Fish River, grossi du Goangib, — Les nations qui peuplent cette région sont sauvages et appartiennent à deux races : la race nègre, au Nord, qui comprend les Ovampos et les Damaras, et la race hottentote, au Sud, qui comprend les Grands- Namaquas, — Les Damaras, qui habitent en partie sur le plateau et en partie sur son talus, élévent de nombreux troupeaux dans Îles pâturages qui couvrent la plus grande partie de leur pays. Les Ovampos, dont le roi réside à Ondonga, sont cultivateurs. — Le pays des Grands-Namaquas, très-accidenté et traversé par les monts Unuma 4, se compose tantôt de beaux pâturages et tantôt de plaines sablonneuses et sans eau, — D'immenses fourrés de hautes herbes se‘rencontrent dans toute la région et sont peuplés de lions, d'éléphants et de girafes.
Les Anglais possèdent sur la côte l'ilot d'Itchaboe, où l'on exploite des bancs de guano.
$ 11. Colonie du Cap.
(Cape Colony.)
Situation et étendue. — La colonie du Cap est située à l'extrémité méridionale de l'Afrique ; elle est bornée : au N., par la rivière Orange et le Nu-Gariep ; à l'E., par la république de la rivière Orange et la rivière Keis-
ro
‘ Cette côte est appelée quelquefois laCimbébasie.
* Au Nord de Barmen, la haute terre des Damaras a 2,000 m.; on y trouve le mont Omatako, élevé de 2,683 mètres.
5 Dans la vallée supérieure duquel est Barmen, dernière station des missionnaires anglais de ce côté, :
4 Situés entre le Great Fish River et le Goangib.
kamma, qui sépare la colonie du Cap de la Calrerie anglaise ; au S. et à l'O., par l'océan Atlantique austral. — La superticie de cette contrée est de 518,000 kilomètres carrés.
Littoral, —La colonie du Cap est pour les Anglais, qui en sont les possesseurs, üne position militaire et une relâche de premier ordre sur la route de l'Europe aux Indes. On remarque sur le littoral de cette importante région : à l'Ouest, la baie de Sainte-Hélène, peu sûre; la baie Saldanha, excellente rade qui offre le meilleur mouillage de la colonie ; la baie de la Table, sur laquelle est la ville du Cap; elleest très-fréquentée !; — au Sud, False- Bay, à l'Est de la presqu'ile du cap de Bonne- Espérance qui se termine par le cap de ce nom; Simon's-Bay, qui est une partie de False-Bay ; elle est très-sûre et forme la principale station navale de la colonie*; le cap des Aiguilles; la baie Saint-Sébastien : Mossel-Bay; Pleltenberg-Bay et la baie d'Algoa.
Montagnes el aspect général. — La colonie du Cap forme le talus méridional du plateau de la Haute Afrique; elle se compose de plusieurs terrasses superposées et séparées les unes des autres par des chaines parallèles. La terrasse littorale est très-fertileét bien arrosée; elle est bornée au Nord par une chaine appelée Groote-Zwarte-Berg et qui est le gradin de la terrasse centrale ou Grand-Karrou 5. Le Grand- Karrou est une longue steppe, de 300 m. d'altitude, comprise entrele Groote-Zwarte-Berg, au Sud, et les monts Nieuveldt, au Nord. Pendant la saison des pluies, ces steppes se revètent de verdure et forment des pâturages peuplés d’antilopes, de buffles et d’autruches ; mais le soleil a bientôt brûlé toutes ces herbes et la steppe redevient un désert de poussière. Au Nord du Grand-Karrou, s'étend la chaîne des monts Nieuveldt qui se joint, à l'Ouest, au Roggeveld-Berg et, à l'Est, au Draken-Berg ou Spitxkop, haut de 3,111 m. — Au delà des monts Nieuveldt, le sol de la colonie du Cap appartient au plateau de la Haute Afrique et se compose le plus souvent de grandes plaines arides, inclinées vers la rivière Orange et faisant partie de son bassin. A l'Ouest, cette haute région (pays des Pelits- Namaquas)
1 On ; a créé un port de refuge. La baie de la Table (Table-Bay), abritée des vents du Sud-Est, est le mouillage d'été.
# Simon’s-Bay, abritée des vents du Nord-Ouest, est le mouillage d'hiver. -— Simon's-Bay et Table- Bay sont les deux positions maritimes qui constituent l'importance de la colonie du Cap et assurent la domination de l'Angleterre dans la mer des Indes.
* En hottentot karrou veut dire sec.
s'abaisse sur l'Océan par des terrasses successives, sur lesquelles on trouve le Kahiskow (1,376m.) et le Kamies-Berg (1,571 m.).
— Un des traits caractéristiques de la géo.
graphie de la région du Cap et de la Cafrerie anglaise, est la splendeur et l'abondance de s flore ; les bruyères, les orchidées, ies plantes grasses el les pelargoniums y sont particulii. rement remarquables.
Rivières. — Les rivières de la région sont nombreuses, mais ce sont des torrents qui sont presque toujours à sec et n’ont de l'eau qu'à l'époque des pluies, pendant laquelle ik sont sujets à des crues subites de 10 à 16 m. Le principal cours d'eau est la rivière Orange ou Gäriep, formée par la réunion de deux branches : au Nord, le Kei-Gariep ou Val appelé encore le Likwa ; au Sud, le Nu-Gariep ou Orange, qui est formé par deux rivières :
le Noka-Mogokaré ou Caledon, au Nord, et le Noka-Sinku ou Orange. Ces divers cours d’eau sortent desinonts Kathlamba, La rivière Orange reçoit beaucoup d'affluents : à droite, le Molopo, le Nosob et le Great Fish River, grossi du Goangib, qui arrosent le plateau de ha Haute Afrique, le pays des Betjouanas, le Kalahari et le pays des Namaquas; à gauche :
le Modder, affluent du Kei-Gariep, dans la république de la rivière Orange, et le Hartebeest, dans la colonie du Cap. La rivière Orange n’a pas assez d’eau pour la naviga-
tion; son cours est cependant d'environ,
4,700 kilom., depuis la source du Noka-Sinku. Elle forme la limite septentrionale de la colonie du Cap, depuis le confluent du Kei-Gariep et du Nu-Gariep jusqu'à la mer. — Les autres rivières de la colonie du Cap sont : à l'Ouest, lh rivière du Buffle et la riviére des Éléphants, qui descend du Roggevéld-Berg ; au Sud, l Breede, le Gaurilx, le Gamtus (Camtoos), le T'hoba ou Great fish River, et le Keishkamma.
Climat. — Le climat de la région du Cap est sec, tempéré et très-sain !, quoique sujet à des variations brusques et fréquentes. Le thermomètre dépasse rarement + 33° en été®, et dans les nuits froides de l'hiver (mai à septembre), il ne tombe pas u-dessous de + 8. — Le défaut capital du climat de ce pays est. dans l’inconstance et l'irrégularité des pluies; aussi l’agriculture,
! Les Anglais de l'Inde viennent au Cap rétablir leur santé délabrée par le climat de l'Hindoustan.
# Ici l'été commence au 1* décembre et dure jusqu'en mars; l'automne s'étend de mars à juin; l'hiver, de juin à septembre; le printemps, du 1° septembre au 1° décembre, Les pluies tombent de mai à septembre.
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dans les districts de l'intérieur surtout, souffre-t-elle considérablement du manque d'eau, tandis qu’à d’autres moments, les pluies et les wrrents dévastent tout. Dans quelques districts qui avoisinent le Grand-Karrou, la pluie manque quelquefois pendant deux ou trois ans ; mais les districts maritimes ne sont pas soumis à de telles sécheresses !.
Productions minérales, — La colonie du (ap ne parait pas renfermer d’autres mines que les mines de cuivre du pays des Petits- Namaquas, dans le bassin de la rivière du Buffle; elles fournissent 4,000 tonnes de minerai.
Productions végétales, cultures et bétail. — la région du Cap, très-fertile, est un pays de grandes cultures et d'élevage du bétail, On y récolte du blé excellent, qui fournit à l’exportation des farines très-recherchées, de l'orge,
: de l'avoine, du seigle, les fruits de l'Europe
et ceux des tropiques, et des vins justement renommés?, dont on exporte 3 millions et demi de litres. — Comme dans tous les pays peuplés par la race hollandaise, l'élevage du bétail se fait en grand et avec soin dans les principales fermes de la colonie qui disposent de vastes pâturages. — La production du mouton, au point de vue de la laine, est la principale industrie agricole de la région. La race ovine indigène est le mouton à grosse queue, dont la laine commune a été améliorée à l’aide de béliers mérinos français ou par le croisement avec les races anglaises. Cette race croisée fournit de belles lines dont on exporte 10 millions de kilogrammes en Angleterre.— Les bêtes à cornes se composent de bœufs de race hollandaise à grande cornure, de zébus, race de bœufs rapides que l’on emploie aux transports et que lon monte, et de buffles que l’on appelle bœufs cafres. Les Lêtes à cornes sont trèsnombreuses ; on en exporte à Maurice et à la Réunion 5. La colonie élève aussi des chevaux,
‘Le climat de toute l'Afrique australe semble devenir de plus en plus sec ; la sécheresse et la chaleur de l'été de 1865-66 ont été extrèmes dans la colonie du Cap, où le bétail a péri faute d'eau et où toute végétaLion a été brûlée et détruite,
? Les meilleurs sont : le vin de Constance rouge, le vin de Constance blanc, le frontignac blanc, excellents vins de liqueur; le hawpoot et le stein, vins blancs secs;le pontac rouge, le muscadel, le geropica rouge, lehoeck de Constance et le hoeck ordinaire. On les récolte surtout à Constance, près et au Sud de la ville du Cap, et dans les districts de Stellenbosch et de l'aari, à l'Est de la ville du Cap. Ce sont des proteslants français réfugiés au Cap, après la révocation de l'édit de Nantes, qui ont établi la culture de la vigne dans la colonie,
* L'exportation des cornes, du suif et des peaux en Europe est considérable,
dont elle envoie plusieurs milliers à Maurice et dans l'Inde pour les remontes de l'armée.
Les deux principales espèces d'animaux sauvages sont le canna, grande antilope, trèsnombreuse dans toute l'Afrique méridionale, et l'autruche. Le canna vit et se reproduit très-bien en captivité ; il donne une chair fine, savoureuse et abondante; il se domestique et s'engraisse aisément. On élève aussi beaucoup d'autruches dans les fermes, en vue de km vente des plumes.
Races, langues et religions. — La population de la colonie du Cap est de 350,000 hab.t, dont 120,000 se composent d’Anglais, de Hollandais* et de quelques descendants de réfugiés français, qui parlent le hollandais et se confondent aujourd'hui avec les Hollandais®, Le reste
de la populationest formé de Hottentots (Petits-
Namaquas), de Cafres, de mulâtres et de Malais. — Les Hottentots peuplent la partie Nord-Ouest de la colonie, et beaucoup sont employés comme hergers et garçons de ferme chez les cultivateurs européens, ou comme soldats par le gouvernement. — Les Cafres se trouvent dans les parties orientales. — Les mulâtres dérivent du mélange des Hollandais avec les Hottentots, les esclaves nègres ou les Malais. Une population assez nombreuse, les Griquas, métis issus des Hollandais et des femmes hottentotes, habite le Nord de la co-
-lonie; ils sont chrétiens, agriculteurs et par-
lent un patois hollandais 4. — Les Malais sont en assez grand nombre au Cap.
La religion dominante est le protestantisme chez les Anglais, les Hollandais et les Griquas. Un grand nombre de missions protestantes ont été fondées dans la colonie et au delà ; elles ont converti beaucoup de Hottentots. — Les Malais sont musulmans.
Divisions et villes prin. :pales..— La colonie se divise en deux grandes provinces, la province de l'Ouest, qui a pour capitale le Cap ; la province de l'Est, qui a pour capitale Gra-
* Des documents de 1866 donnent 567,000 habitants à la colonie du Cap et à laCafrerie anglaise, qui y est réunie, :
? Les Hollandais dominent surtout dans la partie occidentale du pays; les Anglais, dans la partie orientale, Les Boers, paysans hollandais à demi barbares, vivent dans de grandes fermes isolées, élevant d'innombrables troupeaux et exécrant les Anglais, conquérants de leur pays. Une partie des Boers a émigré et a fondé au Nord du Cap deux républiques dont on parlera plus loin.
5 Ces Franco-Hollandais vivent à quelques kilomètres du Cap, dans les villages de Paarl et de Fransche-Hoeck.
* Les Griquas sont grands, d'un beau type et olivâtres,
ham's-Town. — La province de l'Ouest renferme : le Cap (Cape-Town des Anglais, Kapstad dés Hollandais), capitale de la colonie, belle ville maritime de 40,000 hab., située au fond de la baie de la Table et au pied de la montagne de la Table (1,163 m.). Le Cap est une place très-forte. C'est le centre du commerce de la colonie avec l'Angleterre, Maurice et l'Inde, et la relâche ordinaire des bâtiments qui vont de l'Europe aux Indes. On y a établi un observatoire, un collège, une bibliothèque, un jardin botanique et un grand hôpital. — Simon's-Town, sur la baie de Simon (Simon's- Bay), ville maritime qui renferme un arsenal, un hôpital maritime et sert de résidence à l'amiral anglais qui commande la station. — Constance, village à 22 kilom. au Sud-Est du Cap. — La province de l'Est renferme : Graham's-Town, capitale, ville de 6,000 hab. — Uitenhagen, — Port-Elisabeth, ville maritime et importante par son commerce ; elle est située sur la baie d'Algoa et est peuplée de 8,000 habitants.
Statistique et historique. — La colonie du Cap a un gouvernement particulier dirigé par un gouverneur nommé par la Couronne et qui la représente, par deux conseils électifs et par des ministres responsables. — Cette colonie fut fondée par les Hollandais en 1652 ; les Anglais s'en emparèrent une première fois en 1795 et.la rendirent en 1802; mais ils reprirent le Cap en 1807 et en devinrent les possesseurs réguliers par la paix de 1814.