Zanguebar
Le Zanguebar est compris entre le cap Delgado, au S., par 14° lat. Sud, et l'embouchure du Djoub ou Juba, au N., par 0° 30’ lat. Sud. Cette règion se compose d’une partie du talus oriental du plateau de la Haute Afrique et est baignée à l'Est par la mer des Indes. La zone maritime est soumise à l’autorité du sultan de Zanzibar.
L'intérieur du Zanguebar n’est connu que sur quelques points, notamment le long de la route de Zanzibar à Kazeh (voy. p. 818), qui suit les vallées du Kingani et de la Mgeta, et traverse l'Ousagara #, Dans cette partie du talus, la terrasse inférieure appelée l'Ousaramo 5 et” arrosée par le Kingani et la Mgeta, est un pays couvert d’une végétation splendide, trèschaud, humide 6 et malsain. Les nègres qui habitent cette contrée sont, comme partout,
nn chef gouverne une petite tribu cafre, de la natioi des Banyais, qui habite sur la rive d:0'*° du Zambèze depuis le confluent du Kafoué jus: 4: na.
! Portugais, négro-portugais, négii-ranes, négres el indiens.
? La valeur «les exportations de la colonie est d'environ 2 millions de francs.
3 Zanguebar est un mot arabe it"ré, qui signifie : pays ds Noirs.
È -+-dire le long de la route pitaines Burton, Speke et Grant, uns leurs expéditions à la découverte des source: du Nil.
5 l'ays compris entre le Kingani et le Loufidji.
® Les pluies sont continuelles.
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agriculteurs et font produire au sol du maïs, du manioc, du dourañ, des patates, des féves, du riz (dans les parties basses), du tabac et du sésame. L'ananas sauvage et, dans les parties voisines de la mer, ie mangoustan, le cocotier, le papayer, l'arbre à pein, le bananier et le citronnier abondent.
Le contact avec les Arabes a scnpléiement perverti les nègres de sétie région littorale, dont une partie a idopt£ «ielques pratiques de l'islamisme.
Au delà de ectie terrasses liftorale, où 1 rive à un pays montueux, volcanique, haut de 1,600 à ©,000 m., ‘ride, quelquefois boisé, et qui se divise en gradins par lesquels on s'élève jusqu'au plateau. Le pays qui est au pied de ces montagnes, appelé l'Ousazara, © désert #l convert de jungles et de grandes herbes.
L'asclepias gigantea, l'eu,.. "be, le cactus, l'alcès, des münuosas rabwugris et des
tamarins sont les espèces dominantes de la
flore de cette région aride ; le chacal, la hyëne, le zèbre, les antilopes, la tsétsé, les abeilles, les termites et de grandes fourmis trèsvoraces, composent la faune. Les gradins supérieurs sont boisés et sains, excepté dans les bas-fonds.
La partie du plateau qui est adjacente aux montagnes de l'Ousagara est l'Ougogo; son altitude est de 12 à 4,500 m. C’est un pays de
jungles formées de plantes épineuses et de
broussailles, et peuplées d'éléphants, de rhinocéros, de girafes, de buffles, de gnous, d'autruches, et parmi les carnassiers, de lions, de léopards et de hyènes. Les nègres sauvages de l'Ougogo forment une race mêlée, de types et de couleurs très-variés. Le dourah, les pastèques, les citrouilles et les fruits du baobad sont leurs aliments ordinaires.
Au Nord de l'Ousagara et de l’Ougogo, entre & et 1° lat. Sud, le plateau est montueux, très-élevé et présente deux hauts massifs, le kilima-Ndjaro ‘, dans le Djaga, et le Kenia, dans l'Oukambani. Le Kilima-Ndjaro à deux sommets, l'un de 6,160 m., l'autre de 5,236 inètres ?; un des pics du Kenia est un volcan éteint. Ces hautes montagnes séparent le Zanguebar de la région des grands lacs où le Nil prend sa source.
Les principales vitres du Zanguebar sont :
le Loufidji, le ! :: xt, formé par la réunion
- montagne; Kilima-Ndjaro si- : Ndjaro.
xt des neiges perpétuelles dans tépassent 5,000 mètres,
" Kilius 9 gnifie dor:
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de la Mgeta et du Moukodongou, qui descend du Kilima-Ndjaro, le Pangani ou Rufu, qui sort de la mème montagne, l'Adi ou Sababi, le Dana ou Osi, qui descend du Kenia, et le Djoi:b ou Juba.
Les productions du Zanguebar sont : le dourah, le riz, le manioc, le maïs, le millet, les patates, les arachides (m'jogo), les fèves, les bananes, les fruits du baobab, le gombaut, l'orange, le citron, le tamarin, la mangue, la goyave, les cocos, l'ananas sauvage, les pastèques, les citrouilles, les concombres, le coton, la canne à sucre, le sésame, la girofle!, le tab, e datura stramonium, etc. Les bèles bovines sont de la race gibheuse et peu nombreuses ; les abeilles sont très-abondantes et fournissent à l'exportation beaucoup de cire. Les forêts produisent de grandes quantités de copal, que l'on trouve aussi à l'état semi-fossile dans le sol 5.
La population du Zanguebar se compose d'Arabes, de Beloutchis, de Souahilis et de nègres. Les Arabes sont les maîtres du littoral du Zanguebar, et les Beloutchis, venus de l'Asie, servent comme soldats dans l'armée du sultan de Zanzibar, qui les emploie à contenir les Arabes. Peu d'Arabes sont de race pure; le plus grand nombre porte les traces du mélange avec la race nègre. Les Souahilis 4 forment une race métisse, issue du mélange des Cafres avec les Arabes, et dans laquelle domine bien plus souvent le type noir que le type arabe. Les Souabhilis sont musulmans et parlent un idiome qui se rattache à la langue des Cafres et qui est mêlé de mots arabes. Les noirs de l'intérieur, entièrement savvages, sont de race très-mêlée, äppartenant aux négres el. aux Gallas 5, et issus quelquefois du mélange des deux races. — On parle l'arav à Zanzibar, où il est à 1? fois la langue religieuse et la langne officielle du gouvernement du sultan de Zanzibar. Les Arabes, les Souahilis et les Beloutchis sont musulmans.
Les villes du Zanguebar se trouvent sur la côte; les plus importantes sont : Quiloa, dans une petite île située près du continent. — Zanzibar, ville commerçante, peuplée de 20 à 25,000 habitants arabes, souahalis rt indiens;
La culture d: siioilier est ass: importantedans les tles de /'in::5ar et de Pemba.
* Que l'cr ame, ainsi que le bhang où chanvre indien.
5 Cette résine fossile se trouve sur l'emplacement de forêts aujourd'hui détruites,
4 Ou Saouahilis. Ces divers noms viennent du mol arabe sahel, rivage, et veulent dire : les littoraux, lies gens de la côte,
5 Dans le Djaga.
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elle est située sur la côte occidentale de l’île de Zanzibar {, grande ile de 1,600 kilom. carrés, souvent marécageuse, très-insalubre et peuplée de 100,000 habitants arabes, souahilis et nègres esclaves. Les exportations de Zanzibar en Arabie, aux Indes, en Europe et aux États- Unis consistent en : esclaves noirs (20,000), chameaux, chevaux, bœufs, ânes, moutons, chèvres, dents d'éléphant et d'hippopotame, cornes de rhinocéros et de bœuf, peaux de bœuf, de chèvre, de mouton, d'hippopotame et de rhinocéros, miel, cire, suif, beurre fondu, écaiile, ambre gris, cauris*, sésame, huile de sésame et de coco, copre 5, copal, orseille, aloës de Socotora, gomme arabique, myrrhe, dattes, piment, girofle, bois d'ébène et de santal 4. Les importations consistent en cotonnades, poudre et armes, quincaillerie, faïence, petits miroirs, savon, verroterie, fer en barres, fil de laiton, blé, riz, millet, épices, sel, etc. lanzibar est la capitale d’un sultan arabe appelé le sultan de Zanzibar 5, qui possède toute la côte du Zanguebar, les îles qui s'y rencontrent 6, et, sur la côte des Somaulis, la partie du littoral comprise entre l'embouchure du Djoub et Magadchou. Il va sans dire que la souveraineté du sultan de Zanzibar est le plus souvent nominale; son armée se compose de quelques milliers de soldats belouichis. — Les autres villes du Zanguebar sont : Bagamoyo, petite ville maritime située à l'embouchure du Kingani, en face de Zanzibar ; —- Pangani, à l'embouchure du Rufu ; — Tanga; — Mombuze 7, dans une petite île du littoral; cette ville, si importante aux seizième et dix-septième siècles, pendant la domination portugaise, n’a plus aujourd'hui que 2 à 3,000 habitants souahilis, arabes et indiens ; cependant son port est le n lus beau de tous ceux de l'Afrique orientale ; — le Grand-Rabuye, en face de Mombaze, grand village où se tient chaque année une foire très-fréquentée ; — le Petil-Rabaye ou Rabaye M'pia, où il y a une mission protestante ; — Mélinde, qui fut très-importante au
! Zendjibar des Arabes, c'est-dire terre des Zendjes ou des Noirs. C'est de Zendjibar que nous avons fait lanzibar et /anguebar.
Pour la côte occidentale d'Afrique.
$ La copre ou coprah est l'amande desséchée du coco; on en tire de l'huile.
# Tous ces produits sont amenés à /anzibar de l'intérieur du Zanguebar et de l'Afrique, la girofle exceptée,
$ Avant 4857, les possessions du sultan de Zanziba appartenaient à l'iman de Maskate; aujourd'hui elles forment un état séparé, gouverné par un membre de la famille de l'iman de Maskate.
® Monfla, Zanguehar et l'emba.
T Mom'baga des Arabes ; M'vita des indigènes.
temps des Portugais; — Lamou, dans une petite ile du littoral; c'est un grand marché d'eclaves pour l'Arabie.