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Guyane française

La Guyane française est bornée : au N , par l'océan Atlantique; à l'E. et au S., par le Brèsils; à l'O., par la Guyane holiandaise, dont

elle est séparée par le Maroni.

La côte, généralement basse, plate, humide, marécageuse, très-malsaine et bordée de palétuviers, s'abaisse en pentes douces sur une mer peu profonde; aussi la Guyane française ne possède pas un seul bon port. On rencontre sur celittoral plusieurs iles, dont les princi-

‘ Cette vilte s'appelait autrefois Stabroeck.

* Ce sont les débris des anciennes tribus, qui ont été exterminées en presque totalité par les Hollandais.

$ Bocrs, en hollandais veut dire paysans.

# Actuellement c'est l'Oyapok qui nous sépare, à l'Est, du Brésil, en vertu d'une fausse interprétation du traité d'Utrecht. Nous devrions avoir les 300 kilomètres de côtes au delà de l'Oyapok jusqu'au cap du Nord, à l'embouchure de l'Amazone. L'est la meilleure et la plus saine partie de la Guyane.

pales sont : l'ile de Cayenne, à l'embouchure de la rivière des Nouragues; l'ilot de la Mère, sur la côte orientale de l'ile de Cayenne ; les iles du Salut, en face de l'embouchure du Kourou, parmi lesquelles nous citerons l'ile Royale, à cause de sa rade.

Les rivières qui arrosent notre Guyane sont:

le Maroni, le Sinnamari, le Kourou, la rivière des Nouragues ou de la Comté, l'Approuage, dans la vallée duquel il y des mines d'or, et l'Oyapok, C'est entre les embouchures de ces deux dernières rivières que se trouve la montagne d'Argent,

La Guyane française se divise en deux grandes parties : les terres basses et les terres hautes. Les terres basses ou zone littorale, larges de 15 à 20 kilom., sont comprises entre l'Océan et les premières terrasses de la haute terre; c'est un pays d'alluvions, bas, plat, fertile, mais couvert d'eaux stagnantes et de marais pestilentiels (piripris). — Les terres hautes occupent tout l'intérieur du pays; c'est une région montueuse, complétement boisée, très-accidentée, bien arrosée et saine, Les forêts de cette haute terre renferment une grande variété de bois excellents pour les constructions et l'ébénisterie.

Le climat est chaud, humide, énervant et malsain, Rarement, il est vrai, la chaleur dépasse 35° C., mais aussi.elle n'est jamais moindre de 48 ou 20°. L'humidité excessive est produite par des pluies abondantes qui durent six ou-sept mois; aussi la plus grande partie des plaines basses de la zone littorale est-elle couverte de marais qui engendrent des fièvres meurtrières. En résumé, la Guyane est un pays malsain et de mauvaise réputation !.

Les cullures de la Guyane ont peu d'étendne (environ 6,000 hectares) et produisent du sucre, du café*, du cacao, du girofle, un peu de coton et des vivres (maïs, riz, manioc, bananes, etc.); mais la principale production de la Guyane française est le rocou, qu'elle

fournit à toute l'Europe, et ses richesses prin-

cipales sont les bois de ses forêts.

La principale ville est Cayenne, ch.-lieu de la colonie, dans l'ile de ce nom, petite ville

4 Elle doit cette triste célébrité à plusieurs tentatives de colonisation entreprises par les gouvernements, et qui toutes ont échoué, et à la déportation des ennemis du Directoire à Sinnamari, La plus désastreuse des tentatives de colonisation dont la Guyane a été le théâtre est la colonisation du Kourou, ordonnée par le duc de Choiseul, et dans laquelle périrent 12,000 colons.

* Celui de la montagne d'Argent est très-estimé.

5 La variété de coton indigène de la Guyane esl excellente.

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La population compte environ 27,000 hab., dont 1,300 colons blancs, 1,500 prôtres, administrateurs et soldats, 16,700 noirs libres, 1,500 Indiens, 2,000 émigrants nègres ou coolies de l'Hindoustan et 4,000 transportés*, — La principale tribu indienne de l'intérieur est celle des Galihis.

$ 5. — Brésil.

(En portugais, Bar).

Bornes et étendue. — L'empire du Brésil est borné : au N., par la république de Venezuela et les Guyanes anglaise, hollandaise et française ; à l’'E,, par l'Atlantique ; au S., par la république de l'Uruguay; et à l'O., par la république Argentine, la république du Paraguay, la Bolivie, le Pérou et la république de l'Équateur.—La plus grande longueur du Brésil, du Nord au Sud, est de 4,500 kilomètres ; sa plus grande largeur, de l'Ouest à l'Est, est de 4,000 kilomètres, et sa superficie est de 8,103,420 kilomètres carrés.

Rivières. — Le Brésil est arrosé : par le fleuve des Amazones et par ses affluents : le Rio Negro et le Yupura, à gauche; le Javary,

le Purus, le Madeira et son affluent le Gua-

pore, le Tapajos, le Xingu, le Tocantins et son affluent l'Araguaya, à droite ; — par le Rio Mearim, le Rio Itapicuru, le Rio Paranahyba et son affluent le Piauhy, qui se jettent dans l'Atlantique équinoxial ; — par le Rio San-Francisco, le Rio Belmonte, le Rio Doce, le Rio Parahyba et le Jacuhy, qui se jettent dans l'Atlantique austral ; — enfin par le Parana et son affluent le Paraguay, et par l'Uruguay.

Montagnes.— Les montagnes du Brésil sont :

au Nord, la Serra Pacarainia, sur la limite de la république de Venezuela; les Serras Acaraï et Tumucuraque, entre la Guyane et le Brésil; au centre et à l'Est, les diverses Serras qui accidentent la haute terre du Brésil. Aspect et grandes divisions. — Le Brésil se divise en deux grandes parties : au Nord, une région de plaines basses, arrosées par l'Amazone et par ses affluents et couvertes de forèts primitives (Selvas);— au Sud, une haute terre montueuse, granitique, qui sépare la

! On y transporte les condamnés aux travaux furcés : ao:

depuis 1852. | * Quelques documents portent à 6,80 le nombre des transportés.

GÉOGR, GÉNÉTALE,

région des Selvas, au Nord, de la région des Pampas, au Sud, Ces deux régions sont trèsfertiles et présentent de belles cultures; sur quelques points cependant, on y rencontre de vastes espaces plats, déserts, sablonneux et à peine revétus de quelques graminées. Ces déserts ou Serlaos se trouvent sur divers points de la haute terre! et dans les provinces de Pernambouc et de Ceara.

Climat. — La partie septentrionale du Brésil, la région littorale du Brésil oriental et les vallées de la haute terre, pays bos et situés dans la zone torride, ont un climat très-chaud et très-humide. Le thermomètre marque souvent, à Rio de Janeiro, de 30° à 35° C. et quelque fois 40°; rarement il s'élève au-dessus de ce dernier chiffre. Cette région chaude est la zone des cultures tropicales (sucre, calé et coton); elle est malsaine, la chaleur humide mêlée aux miasmes des marais, engendrant une foule de maladies *. La partie méridionale du Brésil et les parties élevées de la haute terre ont un climat plus tempéré et plus sain ; c'est la région des cultures de l’Europe e! de l'élevage du bétail.

Le Brésil a deux saisons : la saison sèche, qui dure, dans les provinces maritimes, de septembre à février; la saison pluvieuse, de mai à septembre. Pendant la durée de cette dernière saison, les pluies continuelles, les orages et les brouillards déterminent une humidité intense et particulièrement malsaine.

La fièvre jaune règne sur tout le littoral du Brésil, jusqu'à Rio de Janeiro; rarement, elle apparait plus au Sud ; elle a cependant ravagé quelquefois les villes du Kio de la Plata. La lépre, l'éléphantiasis, une sorte de lèpre ou de pellagre appelée la morphée, et les maladies qui résultent de la profonde dissolution des mœurs (scrofules, phthisie, épilepsie, etc.) font de nombreuses victimes.

Productions minérales.—Les richesses minérales du Brésil sont immenses ; mais, l'or et les diamants exceptés, elles ont été peu exploitées jusqu'à présent. La principale région minière est la grande province de Minas-Geraes, surtout dans la Serra do Espinhaço. — On exploite : l'or, dans le Mato-Grosso, dans le Goyaz, dans la province de Minas-Geraes, où se trouvent les lavages de San-loao del Rey et de Congo-Socco#; le Brésil produit pour en-

* Principalement dans la partie traversée par la Serra Pyreneos.

* Maladies des poumons et du foie, dyssenterie, maladies gastriques, etc.

# Au Sud de l'itacolumi,.

* l'rés de Sabara, dans la Serra do Espinhaço.

viron 20 inillions de francs d'or, chaque année; — on exploite le platine, dans la province de Mihas-Géraest, ét lé cuivre, dans les provinces dé Bahia et de Ceara (Serta-Ibiapaba); -— le fér abotide partout, dans toutes les monta-

gnes, étsüriout däns les provinces deMaranhao, de Saint-Paul (dans là Serra Araassoiava), de Goyaz tt dé Minas-Geraés ; — ja houille se trouve dans les provincés de Sainte-Catherine et de Rio Grardé do Sul {au Triompho).— On à aussi feconnt des gisements importants d'étäih, de zinc et dé manganèse. — On trouve les diarhatits dans les alluvions des vallées et dés éibouchures du Rio Doce, du Rio Arassuaki, du Rio lequitinhonha, du Rio Paraguassu (à Cinéofa), et aussi dans la vallée du Rio das Velhas, älfüént du Rio San-Francisco. Le Brésil livré annuellement au, commerce 30,000 carats de diamants bruts. L'extraction de cette germe du limon des rivières est accomplie par des nègres esclaves.

Productions végétales, cultures el bétail. — Les produètions végétalés spontanées du Brésil sont : lés bois d'ébénisterie et de teinturé$ ; — le caoutchouc, produit en grandes quantités par lés forêts du bässin de l'Amazone, et pr cellés dé la province de Maränhiao et du Mato-Grôsso ; on l'exporte principalement aux États-Unis, où l'on en fait deschäussures pour lé môhdé énilier ; — diverses drogues médicinales (ipécacuañhaÿ, sassalras, jalap, ‘salseparétilé, copähu), que l'on trouve aussi dans les Forêts de l'Amazone ou du Mato-Grosso ; — la châtaigne du Brésil ou juvias, fruit coméstible du Bértholletia excelsa, arbre dés forêts du bassin de l'Orénoque.

Les principaux produits des cultures tropicales du Brésil sont :le café (provinces de Rio de Janeiro surtout, de Saint-Paul, de Minas-Gerâes) ; le Brésil produit plus de la moitié du café qui se récolté sur le globe, et la moitié du câfé brésilien est consommée aux États- Unis. — Le sucre; la canne est cultivée en grand dans toutes les provinces orientales, depuis Pérnambouc jusqu'à Saint-Paul, pour en obtenir du sucre et une sorte d’eau-de-vie appélée cachaça. Le Brésil exporte d'assez grandés quantités de sucre.— Le coton (provinces de Maranhao4, Para, Pernambouc, Parahyba, Alagoas et Bahia), dont la culture a pris de grands développements au Brésil depuis

4 Dans la Serra de Ouro-Branco (or blanc).

Palissandre, bois de rose et bois du Brésil.

5 Le meilleur ipécacuanha vient de la partie du Mato-Grosso qui est située dans le bassin du haut Paraguay. .

4 C'est la province de Maranhao qui fournit le plus beau coton du Brésil.

1862; le commerce d'exportation du coton est concentré à Pernatnbouc.— Le tabac (province de Bahia surtout, ét provinces de Minas- Geraës et de Saint-Paul! — Le thé, qui est cultivé avec succès sur les plateaux des provinces de Rio de Jañeiro (à Nouveau-Fripourg) et dé Saint-Paul (Sao-Paulo, Santos, fu, Caritiba) ; lé thé brésilien est bon et la quantité récoltéé est considérable ; il est consommé au Brésil même. — Le maté, qui est cultivé surtout dans les provinces de Parana, de Sainte- Catherine, de Rio Grande do Sul et aussi dans le Mato-Grosso. — Le cacao, qui est fourni par les provinces de Para, de l’Amazone et de Bahia et par le Mato-Grosso.

Là culture dés plantés aliméntairés est en général nulle où très-arriërée ; on n'en produit qu'une petite qualité, et presque tous les vivres sont ächétés aux Étäts-Uhis, à l'Angleterré ét à l'Uruguay. Lés plantes alimentaires

de l'o cultive au Brésil sont : le fit (Para et ile Maräjo), lémaïs, le manioc, un arôidé appelé mahgareto, la patate, l’igname et surtout le haricot hoir rs Le hanähier, lés palmiers, l'oranger et le titronniér, lé pêcher, le figuier ét l'ananas donhent des fruits abondants.

L'extrémité méridionale du Brésil (provinces dé Sainte-Cathériné et dé Rio Grande do Sul) renféritie üiie population dé 40,000 colons

.allémands, qui ont donné quelques dévelop-

péments aux cultures dé l'Europe (blé et chanvré) ét à l'élevage dés thérihos dé racé allémade. — La provinté de Rio Grande do Sul est aussi lé principal centré d'élevage du bétail. Les immehses pâturages dé ce sol plat, ou faiblément ondilé, ét semblablé à l'Uruguay ou à l'Entre-Rios argentin, nourrissent de norbréux troupeaux de bœufs et dé chevaux à démi sauvages ; aussi cétté provincé exportet-elle de grandes quantités de viandé sèche, de vüirs et de suif. Les attrés partiés du Brésil où l'on élèvé du bétail sont : le Parana (chevaux), les provinces dé Sainté-Catherine, Saint-Paul, Bahia, Ceara, Piauhy, Maranhao, Goyaz ét Minas Geraes 5; cés mêmes provinces produisent aussi beaucoup de Mules éxcelléntes, que l'on vend à toute l'Amérique du Sud.

Faune. — Les principales espèces qui consti-

t C'est à cés quatre cultures que sont employés les nègres esclaves, dont le nombre diminue considérablement depuis l'abolition de la traite et les ravages du choléra; aussi les bras commencent-ils à manquer pour l'exploitation des terres consacrées aux cultures serviles.

® De race espagnole, mais dégénérée.

* La race bovine de cette province, à cornes glgantesques, est une excellente race de travail,

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tuent la faune si variée du Brésil, sont, dans les ifummifères : le jaguar et le cougouar, les singes, qui pullulent dans les forêts, le tapir, lé cabiai, le pécari, l’agouti, les cerfs, les fourmiliers, le tatou, lé porc-épis et les chauvés-souris; — dans les réptiles: le boa, le serpent à sonnettes et de nombreuses espèces d’autres serpents venimeux, les caïmans, les lézards, les tortues, et en prodigieuse quantité, les grefouilles et les crapauds ; — dans les oiseaux : l'ema où nändou, qui habite lés Sertaos, les pétfoquéts, l’ara, 18 hocco, les pérruches, le hétôn, les colibris, les oiseaux-inouchés, lé vattour et, sur les côtes, les mouettes, les frégates, les hirondelles et l'albätros; = duns les insectes: des fourmis de toutes sortes, les termites, les aräignées, les moustiques, les papil- \ôns ét les abeilles.

Un des cätactères principaux de iu faune di Brésil est lé grand hombre d'animaux grimpeurs qui vivent sur les arbrés de ses forêts, tels que: Singes à queue prenante, cercoléptes, édentés, serpents, insectes carnivores, qu: pare tout ailleurs vivent sous la terre, et gallinuc#"31,

PROVINCES

Para. ,., Amazone !.. N Mato-Grosso, . . .

Goyaz., . .

Manaos. ,

Goyÿaz.. , .

Maranhao, : 5 à Ceara.. , : , .

Piauhy. , . . . . .

Rio Grande do Norte, Natal, Parahyba do Norte... .

Pérnambuco.. . . .

Alagoas.. . .

Setgipe. . . . à . . .

Bahia. . , ....

Minas-Geraes, à , .

Espiritu-Santo.. .

Rio de Janeiro. , .

Sao-Paulo.. .

Fortaleza. .

Ouùro-Préto Victoria. ,

Santa-Catharina. , .

Rio Grartde do Sul. . .

Total.. . , . .

grimpantes.

UAPITALES,

Cuyaba, . , , . . .

Theresina. . . . . . .

tar es 44,024 Parahyba do Norte.

Recile.. . . .. « «« 159,627

Nictheroy. . . .

Sao-Paulo. . . à Curityba, , . . . .

Desterro, . .

Porto-Alègre. .

À La flore brésilienne à aussi ce caracttre; elle compte un très-grand nombre d'espèces de plantes

Lés cavérnes à ossements fossiles, que l'on louve, au nombre de plusieurs centaines, dans le plateau calcaire situé dans la partie méridionale dé Minas-Gerües!, renferment les débris d’une faune añtétieure à celle d'aujourd'hui ; elle se composait des mêmes genres que ceux qui existent actuellement, mais les espèces étaient différentes et beaucoup plus grandes que celles qui forment la faune actuelle. On y trouve des Jourmiliers, des tatous et surtout des paresseux, dont les nombreuses espèces gigantesques (Mégathérium, llatyonyx, Megalonyx, Sphenodon) jouaient alors un grand rèle; puis le mastodonte ; un cheval identique à l'espèce actuelle?, des ruminants, des carnassiers, des marsupiaux,; des rongeurs, des singes, des siseaux et des reptiles. Dans quelques cavertes, des oscements humains, d'une race absolument sénblable à la race actuelle, ont été trouvés imêlés à des ôs d'animaux d'espèces éteintes ou ecore existantes.

Provinces et villes. — Le Brésil se divise en 20 provinces, dont suit le tableau .

SUPER#ICIE

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