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APPROXIMATIVE

EN KILOM. CARRÉS

china-grass et le chanvre de Manille ; — le caoutchouc et la gutta-percha ; — le camphre et le benjoin; — le tabac, le bétel, le gambir et une espèce de poivre (Piper methysticum) qui sert à fabriquer le kawa, boisson enivrante; — le cubèbe et la casse; — le bambou et le rotin : — le bois de teck, le bois de fer, l'ébène, l’ébène à veines rouges, etc.

Le régne animal donne comme productions commerciales : les tripangs, les nids d hirondelles de mer ! et les ailerons de requin, qu'on exporte en Chine, l’écaille, la nacre de perles et les cornes de rhinocéros.

Les principaux animaux qui composent la faune de la Malaisie sont : l'orang-outang et de nombreuses espèces de singes, le tigre, la panthère noire, l'éléphant, l'hippopatame, le rhinocéros, le babiroussa, le sanglier, le buffle, de nombreuses espèces de cerfs, — le casoar, l'argus, -- les serpents, les crocodiles et les tortues.

1 Le mollusque appelé tripang ou trépang est une masse charnue de forme cylindrique, qui ahonde dans les détroits, baies et criques à fond de sable et ‘de vase, et sur les récifs de corail qui sont entre l'ile Papawan (Philippines) et le golfe de Carpentarie. Li pèche de ce mollusque est importante et on exporte en Chine une trés-grande quantité de tripangs préparés. — Les nids gélatineux d’hirondelles de mer (salanganes) se recueillent à Java, sur le bord de lu mer, daus des grottes et sur les parties les plus sauvages du littoral; les Chinois sont très-friands de ces nids, qui sont très-nourrissants et, dit-on, de fort bon goût; les meilleurs se payent jusqu'à 240 à 500 fr, le kilogramme.

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$ 2. Iles de In Sonde. — Les iles de la Sonde, qui forment une longue chaîne, comprennent deux grandes iles :

Sumatra, avec les iles Battam, Bintans, Lingga, à l'Est, et lesiles Banea et Rilliton, au Sud-Est ;

Java, avec l'ile Madoura,

et un nombre considérable de petites, dont les plus importantes sont : Bali, Lombok, Sumbava, Sandelbosch, Flores, Timor, Ombaï, Kambing et Timor-Laont.

SuwaTna. -— L'ile de Sumatra, la plus grande des iles de la Sonde, a 1,500 kilom. de long sur une largeur de 2 à 400 kilom. Sa superlicie est évaluée à 440,000 kilom. carrés et sa population à 4 millions d'habitants. Les Malais y dominent, mais l'intérieur de l'île renferme de nombreuses tribus de races et de langues peu connues.

Sumatra est traversé du Nord au Sud par

une chaine de montagnes volcaniques, hautes généralement de 1,800 à 2,000 m., et dont les principaux sommets sont : le Gounong-Benko (4,950 m.), le Gounong-lassma ou mont Ophir (4,252 m.), et parmi les volcans : le hounong-Merapi (3,675 m.), le Gounong-Dempo (3,000 m.), le Raya (2,680 m.)et l'Indrapour.

Une grande partie de l'ile, surtout au centre et au Sud, est couverte de forèis impénétrables et peuplées d'orangs-outangs, d'éléphants et de rhinocéros. Les hauts plateaux sont partout stériles et forment d'immenses steppes, revêtues de broussailles et d'herbes épaisses, et remplies de tigres. En gén‘ral, Sumatra est un pays souvent désert, très-peu peuplé, et, malgré sa fertilité, mal cultivé et peu productif,

La chaine de montagnes, très-rapprachée de la côte occidentale, partage l'ile en deux versants inégaux: le versant orien.al, le plus large, es: arrosé par de nombreuses rivières, dont quelques-unes ont assez d'étendue. En général, le littoral de Sumatra est bas et trèsinalsain, particulièrement le littoral occidental, appelé la Côte de la peste.

Les principales productions de Sumatra sont : le poivre, que l’on récolte surtout sur la côte occidentale et dans le royaume d'Achem, le caié, la cannelle et la muscade (dans le gouvernement de Padang), le riz, le sagou, le mangoustan, le benjoin, le camphre, le sang-dragon, la gutta-percha et le caoutchouc, les bois d’ébène, de teck et de fer. Les cocotiers et les palmiers sont nombrenx, Sumatra

renferme des mines de fer, d'étain et de houille*.

Les Hollandais possèdent plus de la moitié de Sumatra (l'Ouest et le Sud); la capitale de leurs possessions est Padang, ville maritime de 25,000 hab. ?, située sur la côte occidentale, où elle a une bonne rade ; c'est une ville moderne et florissante par le commerce ; on en exporte beaucoup de café. —.Les autres villes sont : Bencoulen, ville maritime située sur la côte sud-ouest et peuplée de 10,000 hab, : on y fabrique d'excellentes lames de sabres et de poignards, des soieries et des cotonnades.

Palembung, ville maritime située sur la côte sud-est et peuplée de 25,010 habitants.

Les états indépendanis de Sumatra sont :

le royauME D'Acnem, au Nord, dont la capitale est Achem, ville maritime située au Nord de l'ile et peuplée de 10,000 hab. ; c'est la résidence du sultan d'Achem. — Analabou, sur la côte occidentale ; c'est un grand marché de poivre. — Le pays Des BaTTaus, peuplades sanvages, abrulies et anthropophages, qui habitent une partie de l'intérieur de l’île. Les Battahs paraissent eu autrefois une certaine civilisation ; tivent encore la terre ; ils avaient fe + des livres, et savaient écrire; on ne ST comment cette nation es arrivée à un tel état de dégradation. — Le ROYAUME DE SIak, sur la côte orientale, dont la capitale est Siak, petite ville maritime.

A l'Est de Sumatra, on trouve les iles de Bar- Tam, de BinrTanG, où est le comptoir hollandais de Rio, et de Lincca. — Au Sud-Est, sont les deux îles de Banca et de Bu.zrrox. L'ile de Banca a pour capitale Muntok, petite ville de 3,000 hab., sur le détroit de Banca. Les mines d'étain de cette ile sont les plus importantes que l'on connaisse et donnent l'étain le plus estimé:

elles sont exploitées par des Chinois. Touie l'ile estgranitique, montueuse et boisée. — Bülliton, situé à l'Est de Banca, ne renferme pas de mines d'étain. Ces cinq iles appartiennent à la Hlollande, ainsi que la chaine d îles qui longe le littoral occidental de Sumatra.

Java. — Java, séparé de Sumatra par le détroit de la Sonde, à 1,000 kilom. de long sur 100 ou 1450 de large; sa superficie est de 418,000 kilom. carrés, et sa popula.ion s'élève à 13 millions d'habitants5. Presque tous sont des Javanais où Bhoumi: les autres sont des

‘ On exploite, dans le district de Pencoulen, des mines de houilie d'excellente qualité.

2 Dont 810 Européens et 1,500 Chinois.

3 En comptant la population et la superticie de Madoura, petite ile située sur la cûte Nord-Est de Java.

Chinois (1 Européens Java pré et dominés 2,000 à 2 formé de quelles s'é 3,000 à 3,5 Semerou a plus élevé “ans, lanç vapeurs, ( chaude.

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Chinois (450,000), des Arabes (25,000) et des Européens et métis (23,000).

Java présen e, à l'Ouest, des plateaux élevés et dominés par de nombreux volcans, hauts de 2,000 à 2,500 m. A l'Est, le pays est bas, formé de plaines immenses, au milieu desquelles s'élève une ligne de hauts voicans, de 5,000 à 5,500 m., parmi lesquels le Gounong- Semerou atteint 3,742 m. ; c'est le sommet le plus élevé de L'ile. On compte à Java #5 vol- “ans, lançant peu de laves, mais des gaz, des vapeurs, des cendres et des torrents d'ean chaude.

Lelittoral méridional est escarpé et rocheux; les côtes septentrionales, au contraire, sont basses partout et marécageuses, et très-malsaines au Nord-Ouest. — Le climat est chaud, énervant, mais généralement sain.

Le sol de Java est d'une fécondité extrème, eomme tous les sol; volcaniques bien arrosés. C'est 1» seule partie de la Malaisie, avec Luçon, où il y ait d'importantes cultures!, Les principales productions sont : le riz, qui forme la base -de l'alimentaiion, le blé, le maïs, la pomme de terre, la patate, l'igname, le sagou, le manioc, le java-vout (Panicum ltalicum), les légumes d Europe et le pois d’Angola ; — le cocotier, le bauanier, l'arbre à pain, le palmier dont la noix sert à faire de l'huie, le tiguier, l ananas, les fraises et les fruits de la région ; — le calé?, le sucre et le thé5; — la canne.le, le poivre, le poivre long et la vanille; — l'indiso et la cochenille; — le coton, le china-grass ou ramieh ; — le tabac, le cacao, la pistache, etc. Presque toutes ces produc.ions, le sucre et le café particulièrement, donnent lieu à un commerce d'exportation très-considérable 4. -—— L'arbre qui produit le quinquina (le cinchona) est naturalisé à Java depuis quelques années et a complétement réussi. J.va produit aussi «lu caoutchouc, du benjoin, du cubèbe, du hois de teck et de l’ébène.

C'est dans la partie orientale de l’île que se trouvent principalement les pâ.urages, formés

* Les deux tiers des terres cultivées appartiennent au gouvernement hollandais, qui les f'ait cultiver à titre de corvée par les indigènes. Les produits sont vendus par les soins d'une grande compagnie de commerce, sur les marchés d'Amsterdam, de Rotterdam et de Dordrecht. Le reste des terres est cultivé par des Chinois et par d'autres cultivateurs libres.

3 On récolte surtout le café dans la grande et belle province de Préanger, qui est au Sud de Batavia.

% Le thé de Java, jusqu'à présent, est d'assez médiocre qualité.

‘ L'ense nble des échanges de Java et de Madoura avec la métropole et l'étranger est de 400 millions de franes,

de hautes graminées, sur lesquels on élève des bulfles et des bœufs de grande taille, qui spnt à la fois des animat ‘+ travail et de boucherie. On compie à Java . 1,400,000 bu'fles, 530,000 hœnufs et 365,000 chevaux de petite race.

Partout le sol est cultivé dans les plaines et sur les montagnes jusqu'à 1,600 m. au-

. dessus de la mer; partout il est revêtu d’une

végétation splendide. Dans les parties basses, ce sont des rizières; dans les vallées, ce sont des pelouses parsemées ‘de fleurs éclatantes, des arbres à fruits, des plantations de caléiers et de cannes ; sur le littoral, des palmiers, des cocotiers et des bananiers; sur les montagnes, des forêts de figuiers, dechènes, de lauriers ou des fourrés de bambous et de hautes fougères, — La faune de Java est à peu près semblable à celle de Sumatra; les animaux caractéristiques sont : le tigre, la panthère noire, les singes, le rhinocéros, le sanglier et d'innombrables serpen.s de toute espèce. Les oiseaux sont également très-nombreux, surtout l'hirondelle de mer ou salangane,

Java appartient en entier aux Hollandais! et est le centre de leur puissance dans l'archipel des Grandes Indes. La capitale est Batavia, grande ville maritime et commerçante, de 275,000 habitants, située sur la côte nordouest de l'ile. Batavia, construit au milieu de marais pestilentiels et traversé par des canaux remplis d'eaux croupissantes et par des rues étroites et sales, était la ville la plus insalubre de la terre?; ele à é.é en partie détruite et assainie depuis 18085, et actuellement il existe à Batavia trois villes distinctes : la ville chinoise, la ville européenne et la vi.le javanaise. La ville chinvise (le campong chino s), reste principal de l'ancien Batavia, est habitée par 32,000 âmes. La ville europée ne, située à 3 kilom.

au Sud de l’ancienne ville, comp.e à peine 3,500 habitants; mais elie embrasse un vaste espace ; c’est en effet un pare immense, rentermant d'élégantes villas et d'une salubrité complète. La ville javanaise, qui se compose d'une

! Cependant quelques tribus des montagnes de l'intérieur sont à peu près indépendantes.

# Ce qui tue le: Européens à Batavia, beaucoup plus que le climat, c'est l'usage et surtout l'abus da genièvre.

5 Les fortifications et la citadelle ont été rasées, el un grand nom re de maisons démolies; il ne reste plus de la vieille ville que quelques rues principales, où se trouvent de beaux hôtels et les magasin; des couimerçants européens, et la ville chinoise. De grandstravaux d'assainissement ont aussi été exéentés dans les marais et les canaux de Batavia.

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ceinture de villages ou de faubourgs, dans lesquels sont agglomérés 240,000 Javanais, entoure la ville européenne.

Le gouverneur général des Indes néerlandaises réside à Buitenxorg, à 40 kilom. au Sud de Batavia. — Les autres villes de l’île sont : Sourabaya, grande ville maritime sur le détroit de Madoura ; elle renferme un awsenal maritime important, des fonderies et fabriques d'armes, de grandes usines pour la construction ot la réparation des machines à vapeur, des chantiers de construction et des dacks flottants pour radouber les vaisseaux. Sourabaya est entouré d'une enceinte bastionnée et défendu par une forte citadelle; c'est le centre de la puissance militaire des Hollandais dans les Indesnéerlandaises. On y compte 50,000 habitants européens, javanais et chinois. — Passouara.r, Chéribon et Samarang, villes maritimes sur la côte septentrionale. — Sourakarta, ville de 100,000 hab., sur le haut Solo, la plus grande rivière de Java. — Djokjakarta et Magelang, au centre de l'ile. C'est prés de cette dernière ville que se trouvent les belles ruines du temple bouddhiste de Boro-Boudo, si remarquable par ses sculptures {.

Le commerce de Java avec la Hollande est de plus de 300 millions de fr. et consiste en un échange des productions de l’île contre des cotonnades anglaises, des soieries, lainages, vins et spiritueux, du {er et des machines pur moulins à sucre, des articles de parfumerie française, etc.

Les Indes néerlandaises se composent de possessions en toute souveraineté (Java, Banca, Banda, Amboine, partie de Célèbes, etc.) et surtout de pays vassaux, dont les sultans sont tributaires ou alliés de la Hollande (Sumatra, Bornéo, petites îles de la Sonde, partie de Célèbes et des Moluques). — L'autorité suprême y est donnée à un gouverneur général, assisté d’un conseil consultatif de cinq membres. Chaque province est administrée par un gouverneur militaire ou par un résident civil, et le plus possible les indigèues sont laiss's à la direction de leurs chefs nationaux. — L'armée des Indes compte environ 28,000 hommes, dont 13,000 Européens, — Les Indes néerlandaises coûtent à la Hollande 112 millions de francs et rapportent 82 millions; le déticit annuel est comblé par le produit de

* On compte à Java, entrele Branbanam et le Gounong-Dieng (montagne des Dieux), plus de 400 temples bouddhistes en ruines, ornés de statues, de bas-reliefs, etc. Ces ruines colossales de splendides monuments portent le nom de Kotah-bedah. En général, ces temples sont construits dans des cratères éleints, et les quelques sectateurs de Bouddha et de Siva qui existent encore à Java se tronvent dans le cratère éteint du Tengger,

la vente des articles coloniaux qui se fait au profit du gouvernement. Ce produit s'élève à environ 80 millions de francs, avec lesquels la Hollande paye le déficit (30 millions) et les intérêts de la dette indienne (20 millions); le reste (25 ou 50 millions) entre dans les caisses de l'État comme boni colonial.

A l'Est de Java, s'étend de l'Ouest à l'Est une chaine d'ies montueuses, volcaniques, boisées et fertiles, parmi lesquelles nous citerons :

Bali. . A Lombok.. . . } à demi soumises aux Hollandais ;

! Sumbava. . .

Sandelbosoh . | indépendantes ;

Flores. .

RE \ en partie aux Portugais, Timor. . | en partie aux Hollandais; Ombaï. .

Thaor: Laouf. à demi soumises aux Hollandais.

Baut a 6,000 kilomètres a:rés de superficie et 700,000 hab. Elle est cnriverte de hautes montagnes (3,200 à 3,500 n:.), est bien arrosée et fertile, et produit surtout du riz et du coton, dont les habitants se servent pour fabriquer des tissus. Les Baïinois sont braves, énergiques et intelligents ; leur re‘ision est le culte de Bouddha. Le sultan de Bali, chef religieux et politique à la fois, réside à Gilgil. On fabrique à Bali, avec le fer exp'oité dans l’île, de trés-hex1x kris (poignards) en acier excellent ei des manches et fourreaux remarquablement ciselés.

SumBava, montueuse et hoisée, produit du riz, élève de bons chevaux et renferme un volcan dangereux, le Temboro.

Timor, grande île, célèbre par la beauté de ses paysages, a 24,000 kilom. carrés de superficie et 00,000 hab. La partie occidentale appartient aux Hollandais, dont le ch.-lieu est à Koupang; la partie orientale est aux Portugais, qui vnt encore dans l’ile le comptoir de Dilly, amas de cases sans »utre importance que d'être le dernier débris de la puissance portugaise dans l'archipel des Grandes Indes !. — Sobrao, petite île située à l'Est de Flores, est peuplée par des Malais catholiques, qui ont éti autrefois convertis par les Portugais.

Ongaï, au Nord de Timor, est habité par un population redoutable par sa térocité.

A4 ,000 kilom. au Sud-Ouest du détroit de la Sonde, les Angiais possèdent depuis 1857 l'île Keeling ou ile des Cocos (par 12° lat. Sud): elle renferme un bon port, utile relàche et dé-

! Les Portugais possèdent aussi l'ile Kambinq, située à l'Est d'Ombaï.

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$ 3. Bornéo. — La grande île de Bornéo, ou Poulo ! Kalématan, a 680,000 kilom. carrés de superficie ; sa plus grande longueur est de

4,200 kilom., et sa plus grande largeur, c'e

1,000 kilom. On évalue sa population à environ 4 millions d'habitants : Malais, sur les côtes, Dayaks? dans les parties centrales, et Chinois, à l'Ouest. Les Malais seuls sont mahométans. — Les côtes sont généralement basses, marécageuses et malsaines. L'intérieur, presque inconnu, paraît être désert, montueux, couvert de jungles formées de hautes herbes, ou de forêts vierges dans lesquelles vivent l’orang-outang et de nombreuses espèces de singes, de ceris et de reptiles. Les habitants des parties centrales, qui portent le nom de Dayaks, sont entièrement sauvages.

De nombreux cours d'eau arrosent Bornéo dans toules ses parties; nous ne citerons que le Barito, au Sud, et.le Kapuas, à l'Ouest ; leurs rives sont bordées d'une végélation luxuriante, formée de palmiers, d’ébéniers, d’arbustes de toutes sortes, de lianes et d'orchidées, et leurs eaux fourmilient d'all'gators. — La plus haute montagne de Bornéo est le Kini-Ballou (4,166 m.), au Nord de l'ile.

Les richesses minérales5 sont : l'or, dans toute la partie occidentale; les diamants, à Landak; la houille, à l'embouchure de la riviére de Bornéoet à Benjermassin ; l'antimoine et l’étain, à Sarawak; le cuivre à Mampava, près de Pontianak. — Le sol, fertile, mais non cullivé, produit du riz, du sagou, des ignames, du camphre, du benjoin, de la gomme gutte, du caoutchouc et de la gutta-percha, du bétel, de i’ébène, du bois de teck, etc. Les chefs des tribus font constamment la guerre, ravagent et pillent sans cesse leurs sujets et leurs voisins ; aussi cette anarchie a-t-elle établi partout la misère la plus profonde et s’opposet-elle à toute culture.

Bornéo appartient aux Hollandais, au radjah de Sarawak et aux sultans de Bornéo et de Soulou.

Les Hollandais possèdent la partie méridionale de l'ile, dont les chefs, décorés du titre de sultans, sont leurs tributaires. Les villes principales sont : au Sud, Benjermassin, à l'em-

1! Poulo, ile.

* Les Dayaks sont une des nombreuses tribus de la race malaie.

3 En général, les mines de Bornéo sout exploitées par des Chinois.

bouchure du Barito, et presque en face de cette ville, sur la même rivière, le fort Van Tuyli, résidence des Hollandais ; — à l'Ouest, Pontianak, à l'embouchure du Kapuas; — Landak, au Nord-Est de Pontianak.

La province de Sarawak, sur la côte occidentale, appartient à un Anglais! auquel le sultan de Bornéo l’a cédée en 1841. Bien admiuistré, ce pays est devenu l’un des plus civilisés et des mieux cultivés de l'Océanie; sa population s'élève à 250,000 hab., Malais, Dayaks et Chinois. La ville principale est Sarawab, ville maritime de 45,000 hab.; c'est un centre de commerce assez considérable, qui a des relations importantes avec Singapour.

Le royaume de Bornéo ou de Brouni comprend toute la partie nord-ouest de l’île et a pour capitale Bornéo ou Brouni, ville de 25,000 hab., qui possède un bon port.

Les iles Soulou, archipel composé de 60 iles et situé entre l'extrémité septentrionale de Bornéo et les iles Philippines, appartient à un sultan puissant qui possède aussi tout le littoral nord-est de Bornéo. — Sa capitale st Béouang. Les perles sont les principales productions de ces îles, dont les habitants sont les plus audacieux pirates de la Malaisie.

L’archipel des Grandes Indes, avec ses innombrables iles de toutes formes et de toute grandeur, aux côtes découpées par une prodigieuse quantité de baies, de ports, de golfes et de détroits, est le théâtre d’une piraterie exercée en grand par des populations nombreuses et disposant de flottes redoutables.

Lestrois principaux repaires sont les îles Soulou, Bornéo et Célèbes. Les pirates malais ont généralement pour chels des Arabes, qui leur sont supérieurs par la taille, la force et l'intelligence; leurs demeures sont à quelque distance de la mer, dans de fortes positions à l'embouchure des rivières, dontils défendent les entrées par de puissantes estacades. Les Hol.andais, les Anglais et les Espagnols font depuis plusieurs années une guerre énergique aux forbans el sont parvenus à diminuer leurs ravages.

L'ile de Labouan, peuplée de 2,500 hab.

et située sur la côte nord-ouest de Bornéo, a été cédée aux Anglais, en 1846, par le sultan de Bornéo; elle est à peu de distance au Nord de la ville de Bornéo. Eile possède d’importantes mines de houiile de bonne qualité et un bon port (la baie Victoria). Labt an est une relâche et un dépôt de charbon très-utiles au commerce, sur la route de l'Inde à la

1 Sir James Brooke.

un ess

Chine, entre Singapour et Hong-kong ; elle assure un refuge aux navires désemparés par les typhons de la mer de Chine,

À l'Ouest de Bornéo sont situées lestles Natunas et Anambas, et au Sud-Ouest les bles Karimala.

$ 4. Célèben et les Moluques. — Les principales îles de ce groupe sont :

Célèbes, avec les îles Bouton et Mouna;

Gilolo,

Les Petites Moluques, savoir : Ternate, Tidor, Matchian, Motir, Batchian, situées sur la côte ouest de Gilolo;

Les Grandes Moluques, savoir : Bourou, Amhoine, Céram et les îles Banda,

Cécènes est une grande île, de forme bizarre, composée de quatre grandes presqu'iles de 4 à 600 kilomètres de longueur, qui se détachent du centre de l'ile et qui portent les noms de : presqu'ile de Menado !, au Nord, presqu'île de Balante, à l'Est, presqu'ile de Tabunkou, au Sud-Est, et presqu'i e de Macassar, au Sud. Célèbes est séparé de Bornéo, à l'Ouest, par le détroit de Macassar, et borné, à l'Est, par la mer des Moluques. Sa superficie est évaluée à 190,000 kilomètres carrés et sa population à 2 millions d'habitants, appartenant à trois nations : les Bouguis ou Bouginèses, habitants du royaume de Boni, commerçants actifs répandus dans tout l'archipel des Grandes Indes, les Alfourous ou Turaos, en partie chrétiens et soumis à la Hollande, et les Chinois.

Célèbes est en général moniueux, mais moins boisé que les autres iles de la Malaisie, et il ren‘erme de grands espaces couverts de hautes herbes; il y a dans la presqu'i.e de Macassar de vastes plaines revèêtues de beaux pâturages, où l'on élève d'excellents chevaux, des bufles et des bœufs de la race bossue. Le sol est fertile et souvent bien culiivé; les productions de la Malaisie, qu'on a déjà plusieurs fois indiquées, y abondent On yrécolte du girofle, d'excellent café et, dans la presqu'ile du Nord, du cacao. Célèbes exporte aussi du riz. du sagou, du coton, dela cire, du miel, des nids d'hirondelles, des tripangs, de l’écaille, des perles, des chevaux, du bois de santal, de teck et d'ébène, etc. Les produciions minérales sont l'or (à Gorontalo, dans la presqu'ile du Nord), le soufre (à Menado) et le sel.

Célèbes appartient à la Hollande, en ce sens que presque tous les chefs de l'île sont ses tributaires etses vassaux. Les villes principales

‘ Cette presqu'ile est volcanique, montueuse, et sa hantenrest d'au moins 2,50 mêtres,

sont : Macassar, grande ville maritime de 17,000 hab., qui comprend Vlaardingen, ville hollandaise dé endue par le fort Rotterdam, et un campong bouguis. C'est un port franc, qui est devenu le centre d'un commerce assez considérable. — Menado, port franc, dans ln presqu'ile septentrionale. — Boni, capita'e du royaume de Boni, l'un des états les plus importants de l'île ; il a été soumis à la Hollande en 1860,

Au Nord-Est de Célèbes, se trouve une chaine d'îles volcaniques, appelées les îles Sanghir : au Sud, il ya lesîles Bouton et Mouna, et, à l'Est, les iles Xulla; toutes dépendent de la Hollande.

Guoo (Djilolo, Halmahera) est une grande ile, découpée en quatre presqu'iles comme Célèbes ; elle appartient aux Hollandais.

Morvques. Sur la côte occidentale de Gilolo, se trouvent les cinq îles de Ternate, Tidor, Matchian, Motir et Batchian, qui sont les Moluques proprement dites ou Petites Moluques. Au Sud de Gilolo, sont les Grandes Moluques : Bourou, Amboine, la pius importante de l'archipel et peuplée de 186,000 hab., en partie chrétiens, Céram, la plus grande de ce groupe, et les les Ban‘lu.

Touies ces îles sont d'origine volcanique et sans cesse houleversées par les éruptions des volcans et par les tremblements de terre :

elles sont montueuses, déchirées, sauvages et couvertes de forêts épaisses ; cependant elles sont très-fertiles et quelques-unes bien cultivées. Les productions principaies sont : la muscace (iles Banda et Amboine), le girofle (Amboine), le sagou, le riz, le manioc, le cacao et le china-grass. Les oiseaux de paradis se trouvent aux Moluques avec une foule d'autres beaux oiseaux, perroquets, kakatoës, martins-pêcheurs, etc.

Gilolo et les Moluques appartiennent à la Hollande. Les villes principales sont : Amboine, ville importante, résidence du gouverneur des Mo!uques et peuplée de 8,000 hab.

européens, malais et chinois ; elle est défendue par le fort Victoria. — Ternate, petite ville fortifiée.

$ 5. Iles Philippines. — Les iles Philippines (Felipinas) se composent de 40 grandes îles et d’une infinité de petites. Les plus importantes sont : au Nord, les iles Babuyanes; Luçon, la mieux cultivée et la plus riche : elle est longue de 800 kilom. et large de 150 à 200 ; sa superficie est de 112,000 kilo. carrés, et sa population de 2,330.000 hab.; c'est une des plus importantes colonies de

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vrenant : Méndoro, Panay (550,000 hab }, qui rivalise avec Luçon pour ia fabrication des tissus et pour l'agriculture, Negros et Cébu ou Zétu, l'une des plus belles Îles de l'archipel; à l'Oueut, les es Calamianes et Palawan; au Sud, Mindanao, et les des Basilun, au Sud- Ouest de Mindanao. — La presque totahté de ces iles appartient à l'Espagne, excepté la partie sud-ouest de Mindanao.

La superticie des iles Philippines est d'environ 990,000 kilomètres carrés; la population s'élève à db millions d'habitants et se compose de sept races, savoir :

Les Mauais (T'agals et Bissayas), appelés Indiens par les Espagnols, chrétiens civilisést et parlant le tagala; — 3,700,000 ;

Les Iloouorres ou Aconurrés, peupludes de race maiaie, mais sauvages ;

Les Nëoues aborigènes, populations sutuvages, appartenant surtout à la race des nègres océaniens et aussi à celle des Papous ,Aetas et Negritos del dlonte); ils vivent dans les montagnes les plus àpres de l'archipel ;

Les Auvounous, peuplades noires et petites.

vivant à l'état sauvage dans les forêts de Mindanao ;

Les Esrauxozs et métis espagnols ?, qui résident presque tous à Manille; — 25,000; Les Curnois et métis chinois (Sangleyes) ; —

Les Tixéuraxes, population peut-être d'ori-

gine arabe.

Les iles Philippines sont de hautes terres inontueuses, buisées et ren ermant de noinbreux volcans éteinis ou en activité, parmi lesquels le Taal, P'Albay et le Bulusan, daus l'ile de Lucon, sont les plus redoutables Elles sont souvent ravagées par des tremblements de terre et par des typhons. Luçon et Mindanao, les deux plus grandes iles de l'archipel, sont arrosées par des rivières assez ten dues et peuplées de caïmans. Un trouve aussi, dans toutes ces iles, de grands lacs, des tourbières et des marais.

Les productions minérales sont : l'or, le fer, la houille, le cuivre et le soufre, mais on n'en tire pas parti. — Le sol des Philippines est généralement très-fertile ; on y cultive (à Luçon

! La conversion et la civilisation des Indiens, œuvre remarquable des missionnaires espagnols, remonte au seisième siccle.

* Les deux populations les plus actives, Les plus industrieuses et qui ont le plus d'importance, sont les métis chinois et surtout les métis espagnols.

principalement) : ie riz, la canne à sucre, le tabac, le, cacao, le musa textilis, esp'ce de palmier dont on tire l'abaca où chanvre de Manil.e, qui a la finesse et ia beauté de la soie, l'indigo, de très-bon café, le coton, les épices, le cocotier, le manguier, l'oranger, ete. Malgré les développements récents des cultures, il reste encore, mème à Luçon, d'immenses espaces incultes. Les forôts qui recouvrent les montagnes de l'archipel fournissent de beaux bois de construction, du bois de sapau, de L'ébène, du bois de santul, ete, — Les animaux domestiques sont : le buftle, de belle race, des bœuis du Bengale, de petits chevaux d'origine espagnole, le pore, la chèvre et le mouton.

Les villes principales sont : Manille, dans l'ile de Luçon, capitale des iles Philippines, siége du gouvernement et d'un archevéché, grande ville maritime de 200,000 hab., située au iond de la baie de Manille et l’un des principaux ports de la mer de Chine. Manitle se compose de la ville européenne et officielle, peuplée de 10,000 hab., fortifiée et défendue par une citadelle, et du grand faubourg de Binondo, ville moitié européenne et moitié tagale; c'est là qu'habitent les Chinois, les Sangleyes et les Tagals. C'est avec l'Angleterre, les Etats-Unis et la Chine que se fait le commerce de Manille; on en exporte }'eaucoup de sucre, du chanvre, des cordages excellents its avec les filaments du pisang, du labac, des cigares et cigarettes (labriqués à Mani le et à Cavite), de l'indigo, du riz, de l'écaille et de la nacre de perles, — Cavite, ville maritime et fortifiée, sur la baie de Manille ; c'est le port militaire des Philippines ; is y a uu arsenal et des chantiers de coustruction.

— Zébu, duns l'ile de même noin ; on y fabrique de la poterie en terre rouge remarquable par le bon goût de l'ornementation. —- Samboangan, ville waritime dans l'ile de Mindanao, aux Espagnols. — Selangan, dans l'ile de Mindanao ; c'est la capitale d’un sultan encore indépendant et qui possède la plus graude partie de l'ile.

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