CHAPITRE
NOTIONS SUR LES CARTES GÉOGRAPHIQUES. — MESURES ITINÉRAIRES ET TOPOGRAPHIQUES.
$ 1. Cartes géographiques. — Les cartes sont des représentations planes de la
lace du gobe,
Les cartes qui représentent ‘la surface de la l'erretout entière, s'appellent mappemondes (mappa mundi), — (elles qui représentent une partie de la surface du globe, sont des cartes générales (Europe, Asie) ou des cartes
particulières (France, Algérie), — On appelle
, cartes hydrographiques ou marines*, celles L ” qui font connaitre les mers et les côtes : elles surface du globe ou d'une partie de la sur- !
{ On s'est servi principalement, pour rédiger le 8 11, des notes recueillies au Cours de Géologie protessé au Muséum d'histoire naturelle par M. Cordier.
* Les principales cartes marines sont publiées par le Dépôt de la marine en France, par l'Amiranté angleise, par la Divection hydrographique en Espagne
par la Russie, Le Danemark et les États-Unis,
servent à la navigation. — Les cartes topographiques! sont à grande échelle et ont pour but de donner une représentation détaillée du relief et de l'aspect du pays dont on dessine la carte.
Toutes ces cartes sont construites ou dressées d’après divers systèmes de rrojection.
$ 2. Projections*. — Si la surface de la
* Les principales cartes topographiques exécutées ou en cours d'exécution jusqu'à présent, sont :
En Europe : en Autriche, les cartes de l'archiduché, de la principauté de Salzbourg, de la Styrie, de la Carniole, de la Carinthie, de l'Istrie, du Tyrol, de la Bohême et de la Moravie, au 1/144,000- ; de la Galicie, au 1/115,200° ; de la Lombardo-Vénétie, au 1/86,400°, les cartes du duché de Bade, au 1/50,000° ; de la Bavière, au 1/50,000°, de la Belgique, par van der Maelen, au 1/20,000°; la carte du Danemark, au 1/80,000°; les cartes des provinces de l'Espagne, par Coello; la carte de France, au 1/80,000° ; les cartes de la Grande- Bretagne et de l'Irlande, au 1/10,560° et au 1/63,360°, de la Grèce, au 1/200,000, exécutée par le Dépôt de la guerre de Paris, du Hanovre et du Brunswick, au 1/100,000; la carte du Hanovre, par Papen, au 1/100,000°; les cartes de la Hesse-Cassel et de la Hesse - Darmstadt,. au 1 /50,000+, de la Hollande, au 1/50,000-, en Italie, les cartes du Piémont, au 1/50,000° ; des duchés de Parme, Modène, Toscane et des États de l'Église, au 1/86,400° ; la carte de Moldo-Valaquie en vingt feuilles, exécutée par le Dépôt topograpl:ique de Saiut-Pétersbourg (1820); la carte de Norwége, par Amt; la carte d'Oldenbourg, par Schrenck, au 1/50,000- ; la carte de Pologne, par. Chrzanowski ; la carte de Portugal, au 1/100,000°; en Prusse, la carte de la Prusse rhénane, au 1/80,000- ; la carte des provinces centrales, du duché d'Anhait et des états de la Thuringe, au 1/100,000° ; la carte des provinces orientales, au 1/150,000* ; la carte de Russie, en cent-quatorze feuilles, au 1/840,000° ; la carte de la Russie occidentale, en soixante-cinq feuilles, au 1/420 000°; la carte militaire et topographique de la Russie, au 4/126,000°, avec des parties au 1/84,000° (1840) ; la carte de Russie en douze feuilles, au 1/680,000° (1862) ; les cartes de la Saxe, au 1/57,600+, de la Suède, au 1/100,000°, de la Suisse, au 1/100,000°, des cantons de Zurich et de Berne, au 1/25,000°; la carte de la Turquie, en vingt et une feuilles (1829), levée par l'étatmajor autrichien; la carte du Wurtemberg, au 1/50,000°,
En Asie : la Chine par provinces, par d'Anville; la carte de l'Inde anglaise, en cent-soixante-dix-sept feuilles ; la carte des pays Caucasiens, en douze feuil les, par l'état-major russe; la carte de la Basse-Cochinchine, en quatre feuiles, pub'16 en 1863 à Saïgon ; la caïte du Liban, publiée par le Dépôt de la guerre.
En Afrique : la carte de l'Égypte, publiée par la Commission ; les cartes de l'Algérie et de la Tunisie, publiées par le Dépôt de la guerre.
En Amérique : les cartes des États-Unis, par Colton, et plusieurs cartes topographiques de divers états ; la carte de la république de Vénézuela, par Codazzi ; la carte de Cuba, par Coello,
Dans l'Océanie : la carte des Indes néerlandaises, par Melvill de Carnbæe et Versteeg ; la carte des Philippines, par Coello; divers:s curtes publiées par les gouvernements des colonies anglaises de l'Australie,
* Voy. l'excellent ouvrage de M, d'Avezac intitulé : Coup d'œil histor, sur la projection des cartes de géogr., 4 vol, in-8, 1863,
Terre était plate, ou si la Terre avait la figure d'un cône o"1 d'un cylindre, les projections seraient inutiles; mais à Terre est une sphère dont la surface n'est pas développable !. Il a donc fallu avoir recours à des constructions géométriques pour représenter, d'une manière au moins approximative, la totalité ou une partie de la Terre. Ces ON sont appelées projections. |
Les projections sont donc des constructions géométriques à l’aide desquelles on représente une partie ou la totalité de la Terre. On divise les projections en deux classes :
Les projections par perspective, Les projections par développement.
Les projections par perspective sont des représentations perspectives du globe prises de divers points de vue et sur divers plans considérés comme tableaux. On ne les'emploie que pour la construction des mappemondes hémisphériques.
Les projections par perspective sont au nombre de deux :
La projection orthographique *, Et la projection stéréographique *.
La projection orthographique, très-peu employée, est construite d'après le principe que le point de vue est à une distance infinie du globe. Les méridiens sont représentés par des ellipses, et les parallèles par des lignes droites. Cette projection altère surtout la figure de la Terre au centre de la carte.
La projection stéréographique, plus usitée, est construite d’après le principe que la surface de l'hémisphère est représentée sur le plan de l'un des grands cercles, l'œil étant supposé à l’une des extrémités du diamètre du globe perpendiculaire au plan de ce cercle.
Ces deux projections se construisent chacune de trois manières : la projection orthographique et stéréographique polaire, sur le plan de l'équateur ; — la projection orthographique et stéréographique méridienne, sur le plan d'un méridien ; — la projection orthographique et stéréographique horizontale, sur le plan de l'horizon rationnel d’un lieu, de Paris, par exemple,
La projection stéréographique méridienne,
On appelle surface développable celle qui peut s'étendre sur un plan sans déchirure ni duplica: ture.
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Dans la projection stéréographique, les méridiens et les parallèles sont représentés par des arcs de cercle qui sont tracés d'après certaines lois de la perspective. — Cette projection est plus exacte au centre df la carte qu’à la circonférence.
Les projections par, développement, qui servent à la construction des cartes générales et particulières, sont au nombre de deux :
La projection conique, Et la projection cylindrique.
Pour les dresser, on suppose que la portion
de surface sphérique à représenter est une:
portion de surface conique ou cylindrique, c'est-à-dire de surface développable.
Dans la projection conique pure, les parallèles sont des arcs de cercle, décrits du sommet du cône pris pour centre, et les méridiens sont des droites assujetties à passer par ce point. On ne peut évidemment se servir de cette projection que pour des pays qui ne sont pas traversés par l'équateur.
Pour les pays coupés par l'équateur (l’Afrique), on emploie la projection conique rectifiée ou de Flamsteed 1. Dans cette projection, les parallèles sont des droites, et les méridiens sont représentés par des courbes déterminées par le calcul.
La projection de Flamsteed modifiée ou du Dépôt de la guerre*, employée pour les cartes particulières (et spécialement pour la grande carte de France levée par l'État-major), est un mélange des deux précédentes; les méridiens sont représentés par des courbes déterminées par le calcul, et les parallèles par des arcs de cercle. — Dans cette projection, les parties qui s'éloignent du centre de la carte sont un peu défigurées, mais les surfaces restent proportionnelles 5.
Vient enfin la projection cylindrique, appelée aussi projection orthogonale ou de Mercator. Si l'on admet que la surface de la Terre est cylindrique, il est évident que les méridiens et les parallèles seront représentés par des droites se coupant à angle droit. On conçoit qu’en approchant vers les pôles, il y aura sur la carte, entre les méridiens, un élargissement et une déformation très-considérables
1 Géomètre anglais de 1700, * Appelée par les Allemands projection de Bonn. à Il faut aussi nommer : la projec.ion anglaise où d'Arrowsmith, la projection appelée par les Anglais unchanged areas, et la projection homalographique.