VOIES DE COMMUNICATIONS
Routes. — Longueur totale : 140 000 kil. (Routes nationales: 40 000 kil.; chemins vicinaux : 00 000 kil.
Voies navigables. — Longueur totale :
13 000 kilomètres. (Fleuves et rivières : 8 500 kil.; canaux : 4 500 kil.). — Principaua objets transportés par voies navigables : Houille (35 %); bois (10°/0); produits chimiques (5 °,0); minerais (4 %); céréales (31/2 °/0); métaux (2 1/2%); betteraves (2 °/0). — Capital dépensé pour les voies navigables de France : 1 milliard 200 millions.
Chemins de fer. — Longueur totale des chemins de fer construits : 32 000 kilomètres ; (8 kil. 1/2 par 10 000 habitants) et (566 kil. par
10 000 kil. car.). — Longueur totale des chemins de fer construits, en construction et en vrojet:ib 000 kil.
Deux Etats dépassent la France pour la longueur otale de leur réseau, savoir : les Etats-Unis (200 000 kil.), l'Allemagne (37 000). — Pour la proportion à la superficie, la France (668 kil. par 10 000 kil. c.) est dépassée par la Belgique (1 460 kil.), le Luxembourg (1400), l'Angleterre (950), la Suisse (730), l'Allemagne (680), la Hollande (680). Les Etats-Unis n'ont que 215 kilomètres par 10 000 kilomètres carrés — Pour la proportion à la population, la France est dépassée par un grand nombre de pays. En dehors de l'Europe, beaucoup de pays, encore peu peuplés, ont construit néanmoins pour leur exploitation des lignes ferrées considérables. Ainsi dans les Étals-Unis, il y a plus de 40 kilomètres par 10 000 habitants ; dans le Canada plus de 35; dans la Nouvelle-Zélande, plus de 45. Toutes les colonies anglaises de l'Australie, la colonie du Gap, le Pérou, le Chili, la République argentine, l'Uruguay, Cuba, Costa-Kica ont plus de chemins de fer que la France, par rapport à leur population. En Europe, la France ne vient qu'au septième rang sous ce rapport : Luxembourg (17 kil. pour 10 000 habitants), Suède (11,5), Suisse (10), Danemark (8,9), Norvège (8,6), Angleterre (8,6), France (8,5).
Capital dépensé pour les cltemins de fer français : l'ensemble des travaux exécutés jusqu'à ce jour pour la construction des chemins de fer représente plus de 10 milliards.
Circulation sur les chemins de fer français :
11 circule actuellement sur les chemins de fer français 250 millions de voyageurs et 80 millions de tonnes de marchandises. En Angleterre !'• c '■ "re des voyageurs est de 600 millions, celui des marchandises de 230 millions de tonnes.
Recettes annuelles des chemins de fer français : 1 300 millions environ (recettes des chemins de fer Allemands : 1 milliard ; —Anglais:
- 7(io millions; — Américains (États-Unis) : 3 600 millions).
Les tarifs de transport français sont en général très élèves. Maîtresses du tr> 'le français intérieur, les Compagnies le frappent de charges considérables; obligées de s'entendre avec les étrangers pour le trafic international, elles transportent trop souvent les produits étrangers à meilleur compte que les produits français.
Circulation générale des marchandises.
— Tonnage total : 14 milliards 500 millions il' tonnes parcourant 1 kilomètre'.
t. Pour mesurer l'importance des transports sur Uû ri leau «le routes, de canaux ou de chemins de 1er, il ne suffit pas de savoir la somme totale des marchandises qui y ont circulé; il faut aussi tenir
Ce tonnage total se décompose ainsi : routes nationales, 1 500 millions de tonnes; — routes départementales, I 000 millions ; — fleuves et rivières, 500 millions; — canaux, 1 500 millions; — chemins de fer, 1 100 millions.
Télégraphes- — Longueur des lignes :
90 000 kilomètres. — Longueur des fils : 330 000 kilomètres. (La Russie a 110 000 kil. de lignes et 250 000 kil. de fils; X Allemagne, 80 000 kil. de lignes et 300 000 kil. de fil ; les Etats-Unis, 300 000 kil. de lignes et plus de 1 million de kil.de fils).
Si l'on compare la longueur des fils à la superficie du territoire, on voit que la France a pins de 6 000 kilomètres de fil environ par 10 Ouo kilomètres carrés.
Elle est dépassée sous ce rapport par l'Angleterre (7 000), la Belgique (9 000). Les Etats-Unis ne dépassent guère 1 000.
Circidationdes télégrammes : 30 millions de télégrammes par an (80 télégrammes par 100 habitants).
Sous ce l'apport la France est dépassée en activité par l'Australie (250), la Belgique (1 50), la Suisse (100), les Etats-Unis et l'Angleterre (90), la Hollande (80). Elle dépasse l'Allemagne (40).
Postes. — Circulation des Lettres: 600 millions par an. — Circulation des journaux, imprimés, échantillons : 700 millions par an.
C'estdoncpourles lettres une circulation moyenne annuelle de près de 17 lettres par habitant. L'activité postale de la France est dépassée par celle de l'Angleterre (40), de l'Australie (35), de la Suisse (30), de la Belgique (25), des Etats-Unis, de l'Allemagne, de la Hollande (20).
•v/w\. Les chemins naturels. — Les
voies de communication naturelles sont celles que représente la disposition du relief du sol. Ces voies sont de deux sortes: les voies par eau, c'est-à-dire les fleuves, les rivières; et les voies par terre, c'est-à-dire les plaines, les vallées et les cols.
■w^ Voies fluviales. — 11 semble que les cours d'eau aient invité les hommes à se confier à eux. Moyen de transport facile et économique, « les fleuves sont des chemins
compte du chemin parcouru par chacune des unités qui forment cette somme totale.
On comprend, en effet, qu'une tonne de marchandises qui a parcouru 2 kilomètres représente un transport deux fois plus important que si elle n'en avait parcouru qu'un seul : elle équivaut à 2 tonnes qui auraient parcouru 1 kilomètre, ou 2 tonnes kilométriques.
De même, une tonne qui a parcouru 10 kilomètres équivaut à 2 tonnes qui auraient parcouru 5 kilomètres, ou à 5 tonnes qui en auraient parcouru 2, et, dans les trois cas, la valeur du transport est exactement représentée par 10 tonnes qui auraient parcouru 1 kilomètre, ou 10 tonnes kilométriques.
Ainsi on peut exprimer la valeur d'un transport quelconque eu tonnes qui n'auraient parcouru qu'un kilomètre ou tonnes kilométriques : il sufiit pour cria de multiplier le chiffre lies tonnes transportées par celui des kilomètres parcourus. En additionnant les tonnages kilométriques qui représentent les transports effectués sur un reseau, on obtient le tonnage kilométrique de ce réseau, et on représente ainsi par leur équivalent en tonnes qui auraient fuit un seul kilomètre, les quantités diverses de tonnes qui ont parcouru ce réseau sur des longueurs diverses.
Si enlin on divise le tonnage kilométrique du réseau par le chiffre de ses kilomètres, on obtient la quantité moyenne de tonnes qui a passé sur chaque kilomètre de ce réseau.
On peut faire pour les voyageurs un calcul analogue.
qui marchent, » a dit Pascal. Ces chemins sont nombreux en France.
Notre pays, on l'a vu, possède dans le Massif central, dans les Pyrénées et dans les Alpes, de puissants condensateurs d'humidité qui alimentent presque constamment toutes ces rivières.
11 y a peu de cours d'eau français qui, non loin de leur source, ne deviennent propres au moins à la petite batellerie, la seule usitée à l'origine; et l'on ne voit guère qu'une grande rivière, la Durance. qui ne soit pas navigable.
Ainsi le réseau fluvial de la France offre un grand nombre de chemms naturels, conduisant de l'intérieur du Pays aux rives de la Manche, de l'Océan et de la Méditerranée, ou vice versa. De grands ports, le Havre, Nantes, Bordeaux, se sont établis au débouché des fleuves, et, pour ne citer qu'un exemple, c'est en pénétrant dans la Seine et la Loire, que les pirates Normands ont pu, au neuvième siècle venir assiéger Paris et Orléans.
■^^ Voies terrestres. — Les montagnes, même dans l'état actuel de la science, qui fournit les moyens de les percer par des tunnels, sont des obstacles sérieux aux communications. Au contraire, les vallées et les plaines et surtout les dépressions du sol dans les montagnes (cols, ports, défilés), ou entre deux groupes de montagnes (trouées, passages, seuils), sont des chemins terrestres naturels.
Le Massif central (carte p. 33) est entouré de plaineset de vallées qui communiquent les unes avec les autres, et permettent de le tourner.
Le bassin Parisien (qui comprend géologiquement la moyenne Loire et la Seine) est relié à la vallée de la Saône et du Rhône par deux dépressions : — l'une située entre les Cévennes et les monts du Morvan (vallée de la Bourbince); — l'autre, entre les monts du Morvan et de la Côte-d'Or, d'une part, et le plateau de Langres, d'autre part (vallées de VOucheet deVArmançon), où le sol n'est qu'à 400'" au-dessus du niveau de la mer.
La vallée du Rhône, continuée par la plaine maritime du bas Languedoc, communique avec celle de la Garonne par le seuil de Naurouse, qui n'est qu'à 190'» d'altitude, entre Carcassonne (101'») et Toulouse (122m).
De la Garonne à la Loire, le Poitou offre, entre les monts du Limousin et les collines du Poitou, une large voie naturelle (passage du Poitou) où le niveau du sol n'est nulle part supérieur à 200'».
Les plaines de la Limagne, à la descente de l'Allier, et celle du Forez, à la descente de la Loire, ouvrent accès dans l'intérieur môme du Massif central.
Au nord, le bassin Parisien communique librement avec la grande plaine flamande.
A l'est, la trouée de Belfort (145»'), entre le pied des Vosges et celui du Jura, offre un passage de la Saô?ie au Rhin; — la vallée du Rhône, de Lyon à Genève, permet aussi de tourner la masse du Jura pour entrer en Suisse.
Au sud-est, par les grandes vallées alpestres, on peut pénétrer assez facilement en Italie. Le col du mont Genèvre n'a que 1860 mètres d'altitude, le col de Tende n'en a que 1873.
Au sud, les Pyrénées s'abaissent à leurs deux extrémités. Près de la Méditerranée, le col de Perthus n'a que 2(J0>». Celui de la Perche, plus élevé (1622m) est beaucoup plus large et relie la vallée de la Sègre (Espagne) à celle de