‹ Géographie géneraleChapitre 161 sur 376 · ÉLÉMENTS DE DÉMOGRAPHIE · texte numérisé non relu

ÉLÉMENTS DE DÉMOGRAPHIE

pour 10 000 habitants : — Suisse : 235 ; Hollande : 215 ; — Roumanie : 267 ; — Allemagne : 269 ; — Finlande : 272 ; — Italie : 298 ; — Espagne : 307 ; — Autriche : 313 ; — Serbie : 324 ; — Russie : 267 ; — Hongrie : 378; — Croatie : 419.

Taux annuel de l'augmentation de la population dans les principaux États de l'Europe. {Excédent des naissances sur les décès,. — Suède : 11,5 pour 1 000 ; — Danemark : 11,1 ; — Allemagne: 10,6; — Russie: 9,7; — Grèce: 9,7 ; — Pays-Bas : 9,5; — Angleterre : 9,2 ; — Norvège : 8,6; - Belgique : 8,2; — Autriche : 7,5; — Italie: 7,1; — Suisse : 6; — France: 2,3.

-~,.~ Définition de la démographie. — La statistique ne se borne pasà indiquer, d'après les recensements faits à une date fixe, la population des villes et des États; elle donne aussi, entre autres renseignements, le nombre des mariages, des naissances et des décès, que relèvent, suivant les pays, soit les églises, soit l'administration civile.

Les documents que fournit la statistique, arides en apparence, sont très utiles et très intéressants. Ainsi, de la comparaison entre la superficie et la population d'un pays résulte la notion de la densité de sa population : on voit, par exemple que, malgré le nombre énorme de ses habitants, la Russie est relativement moins peuplée que la France, et que celle-ci l'est à son tour moins que l'Italie ou l'Angleterre.

Ce genre de comparaisons et les idées qu'on en tire appartiennent à ce qu'on appelle la démographie.

La Démographie est l'étude de la vie collective. Elle suit les mouvements de la population d'un pays, examine comment elle diminue, augmente ou reste stationnaire; recherche les cause? des phénomènes qu'elle a constatés, en les comparant à d'autres observés ailleurs.

wva. Mariages et naissances.— Les mariages et les naissances n'ont pas cessé de diminuer en France de 1872 à 1879. En 1872 il y avait une naissance par 37 habitants, et en 1879, il n'y en a plus eu qu'une pour 39.

ww. Décès. — D'une manière générale, grâce aux progrès de l'aisance et de V hygiène, le nombre des décès tend à diminuer. C'est là la principale cause de l'augmentation de la population en France, puisque, au contraire, les naissances "ne cessent de diminuer. En 1869, sur 10 000 habitants il en est mort 234; en 1879, il en est mort 226.

C'està la campagne qu'on meurtle moins : ainsi, tandis que la moyenne des décès parmi les populations rurales a été, en 1879, de 208 sur 10 000 habitants, celle des villes a atteint le chiffre 261.

vwx Paris. — La population de Paris et du département de la Seine ne cesse de s'accroître, non par l'excédent des naissances, mais par une immigration constante de la province.

En 1876, Paris avait 2 millions d'âmes; au recensement suivant, en 1881, il en comptait

2 225 000, renfermant ainsi le dix-septième de la population totale de la France.

Or, les statistiques montrent qu'à Paris on se mnrie moins, on meurt plus, on nait moins que dans le reste de la France. Si la population de Paris était, au point de vue démographique, dans les mêmes conditions que le reste de la France, la population du pays augmenterait de 40 000 «mes de plus par année, c'est-à-dire de 190 000 habitants, au lieu de 150000. Il est facile d'en conclure que tout accroissement nouveau de Paris contribue ('< ralentir celui de la population française, déjà si lent dans son ensemble.

•vwn. Danger qui menace la nationalité française. — Tandis que la population de la France reste à peu près stationnaire, celle des autres puissances augmente très rapidement. Là est le danger le plus redoutable qui menace notre nationalité.

En 1700, la population de la France, comparée à l'ensemble de la population des grandes puissances, en formait les 38 centièmes. En 1789, la proportion n'était déjà plus que de 27 pour 100. Elle est tombée, en 1815, à 20 pour 100 ; en 1880 à 13 pour 100.

En moins de deux siècles, l'Angleterre s'est élevée de 8 à 35 millions d'habitants; l'Autriche, de 12 à 39; l'Allemagne, de 19 à 46; la Russie a atteint 85 millions. La France, dans le môme temps, s'est haussée péniblement de 19 à 37 millions. On a quadruplé, triplé ou plus que doublé autour d'elle. Elle n'a même pas doublé. Tous les peuples voisins fournissent en outre une émigration considérable qui active leur commerce et leur industrie, porte leur langue et leurs mœurs sur les points les plus éloignés du globe, et, par un phénomène bien connu des statisticiens, contribue à accroître l'excédent des naissances dans la mère patrie; la France n'a pas assez d'enfants pour les envoyer au loin, et l'aversion qu'on y éprouve pour les établissements lointains est une des causes qui contribuent à diminuer le nombre des naissances.

Non seulement la population de la France augmente très lentement, mais une grande pa-rtie de son faible accroissement tient à l'immigration des étrangers et non à l'excédent des naissances sur les décès. Ainsi, de 1876 à 1881 l'excédent des naissances sur les décès a été de 507 000 feulement, et l'accroissement total a été de 767 000. Le surplus, 260 000, provient de l'immigration étrangère qui augmente sans cesse- Elle s'est accrue de 30 pour 100 dans la période de 1876-1881 par rapport à la période 1872-1876. C'est là un véritable danger pour la nationalité française, surtout danslesdépartementsfrontières, où les étrangers pourraient un jour se trouver en plus grand nombre que les Français.

Conclusion.— En résumé, la situation démographique de la France est grave et menace surtout de le devenir. Nous sommes plus riches que la plupart de uns voisins, mais qu'est ce que l'argent comparé à cette richesse supérieure qu'assure à une race le nombre île ses fils

Page 1