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PASSAGES PRINCIPAUX DES ALPES

Les grandes routes qui traversent les massifs alpestres rayonnent de la 'plaine italienne du Pô, vers les diverses vallées françaises, suisses et autrichiennes qui aboutissent au Rhône, au Rhin et au Danube.

Routes franco-italiennes

De Turin elles aboutissent :

Par le Col de Tende (1 870 m.), à la noya;

Par lu Col du Genèvre (1850 m), à la Durance (Briançon) ;

Par le Col du mont Cenis (route 2 182 m., et tunnel 1 330 m.) à Y Arc (Modane) ;

Par le Col du Petit Saint-Bernard (2 ICO m.) à Y Isère.

Routes entre la Suisse et l'Italie

De Milan elles aboutissent :

Parle Col du Simplon (2 010 m.), au Rhône ;

Par le Col du Saint-Gothard (route 2110 m. Ct tunnel 1 150 ni.) à. la liens*.

Par le Col du Bernardino [Tcssùi), (2 060 m.), au Rhin (Coire);

Par le Col du Splûgen (Maira), (2 120 m.), in Sihin (Coire):

Par le seuil de Maloya [Maira), (1 800 m.) à YInn ;

Par le Col do la Démina (Adda), (2330 in.) à YInn.

Routes austro-italiennes

De Bologne elles aboutissent :

Par le Col de Brenner (c/iem. de fe?'), (1 360 m.), aYInn (Inspruck);

Par le Col du Tarvis (route et chem. de fer), (811 m.), à la Drave;

Par le Col d'Adelsberg (ch. de f), (550 m.), à la Saue (Laybach).

v.v Ensemble des Alpes. — L'ensemble des Alpes forme une masse de pays montagneux dont la superficie dépasse la moitié de celle de la Frunce. De Nice à Vienne en Autriche, elles s'étendent en arc de cercle sur une longueur de 1 '200 kilomètres , ct leur largeur varie de 150 (massif du mont Blanc) à 300 kilomètres, entre Vérone (Italie) et Munich (Bavière). Sur une carte bien faite, leur masse, foncée parles hachures, se détache nellement entre les parties claires du plateau de Bavière et de la plaine italienne.

■vwn. IiBii>oi»tu.uce des Alpes. — On sait que les vapeurs apportées de la mer par le vent sous forme de nuages viennent se heurter aux flancs des terres élevées, el leur abandonnent la plus grande quantité de leurs pluies. Les Alpes, grâce

à l'étendue de leur surface de condensation, sont le plus grand réservoir d'eau de l'Europe.

Situées au centre de la péninsule européenne relativement étroite, s'allongeant dans le même sens qu'elle, environnées par des mers presque de tous col es, les Alpes sont admirablement disposées et pour recevoir l'humidité de l'atmosphère et pour distribuer l'eau à toutes les contrées européennes qu'elles avoisinent:

France, Allemagne, Autriche, Hongrie, Turquie et Italie.

Les nuées de la Méditerranée arrivent directement aux Alpes par la Provence et la Vénélie; celles de l'Océan ne traversent que des pays de médiocre hauteur (plateau central, Vosges) avantde les toucher. A l'une connue à l'autre mer, les Alpes rendent ce qu'elles en ont reçu par des fleuves abondants : Rhône, Pô, Danube, Rhin.

v/wn. Grands traits «le la. îïôolos-ie alpestre. — Les Alpes se composent de roches granitiques et de nulles calcaires : les premières sont disposées comme un noyau central et orientées dans le même sens que toute la niasse montagneuse; les secondes, comme une

sorte de revêtement, enveloppent ce noyau an Nord ci au Sud.

Les Alpes se partagent ainsi en trois zones longitudinales : celle du milieu, granitique, (jui a déchiré et relevé les deux autres, celles du Nord et du Sud, calcaires, délit is d'une gigantesquecouchede terrains calcaires déposés par un Océan (fig.fifc .

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Fig. 68 . — Tracé géologique des Alpeg.

Ainsi les Alpes seraient des montagnes relativement jeunes, et leur emplacement aurait été recouvert par la mer à une époque où émergeaient déjà les granits de la Bretagne et de l'Auvergne et les schistes des Ardennes.

*/wv Grantls traits de la tojtogrrapliie alpestre. — Le soulèvement ayant eu lieu de l'Est a l'Ouest, c'est dans ce sens que sont orientées les principales vallées, Save, Drave, Salzach, Inn, Rhin jusqu'à Coire, Rhône jusqu'à Martigny. Puis l'écoulement des eaux a donné naissance à un grand nombre de petites vallées transversales. Il en résulte que les Alpes sont formées aujourd'hui d'un grand nombre de massifs isolés, autour desquels circulent des routes naturelles qui ont permis à l'homme de pénétrer dans cette grande région montagneuse et de la traverser.

Si les principales rivières des Alpes coulent dans les vallées intérieures et longitudinales, aucune d'elles (sauf la Duranoe, la Save, la Drave et la Leitha), ne s'en échappe directement : la plupart sont obligées, pour sortir de la montagne, soit vers le Nord, soit vers le Sud, de faire un coude très aigu qui est véritablement le trait caractéristique des rivières alpestres.

Tel est le cas de l'Isère à Grenoble, du Rhône à Martigny, du Rhin à Coire, de l'Adda à son entrée dans le lac de Côme, de l'Inn à Kuefstein, de l'Adige àBotzen, etc.

Un autre caractère général des eaux alpestres c'est qu'en sortant de la montagne pour traverser soit le plateau suisse et bavarois, soit la plaine lombarde, elles ont formé un grand nombre de lacs qu i bordenl le massif au Sud et au Nord. Du côté de l'Italie, ce sont les lacs Majeur, de Côme, <\'lst'<>, de Garde, auxquels font pendant, du côté du Nord, ceux du Bourges, d'Annecy, de Genève, des Quatre-Cantons, de Zurich, de Constance et les lacs de la Bavière.

w» L«m sommets alpestres. — Le Saint-Gothard n'est pas le point culminant des Alpes, mais il occupe le centre

EUROPE

de la région la plus importante de tout le massif, (le n'est pas un nœud, mais une croupe relativement basse, une de celles où les roules sont le plus nombreuses.

A l'Ouest, se dressent les sommets les plus élevés, se creusent les vallées les plus profondes; à l'Est, c'est le contraire : les montagnes sont moins hautes et Jes vallées moins déprimées. Ainsi le mont Blanc (fig. 69) a 4 81 o mètres, et au pied du mont Blanc, la source de l'Arve se trouve à I 050 mètres ; le montUerm'na, près des sources de l'Inn, n'a que 4052 mètres, tandis qu'à ses pieds le village de Silva Plana, sur les bords du lac où naît la rivière, est à 800 mètres plus haut que Chamonnix. De même le Rhône, de sa source à Martigny,

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Fig. 69. — Les glaciers da mont biauc.

descend I 200 mètres, sur un parcours de 150 kilomètres; l'Inn, qui commence a la même hauteur, doit suivre une rouledeux fois plus longue avant d'être descendu aussi bas (fig. 70).

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Fig. 70. — Gmiparaison entre le cours du Rhône et le cours de l'Inn.

La série de massifs qui, dans la zone granitique, forme le faite de tout le système alpestre, a une pente générale de l'Ouest à l'Est; le pic le plus élevé, le mont Blanc (4810 mètres), est au bord du talus occidental des Alpes, qui s'abaissent rapidement vers la plaine du Rhône, tandis qu'elles se maintiennent très longtemps à une hauteur considérable dans la direction du Danube. Dans les Alpes françaises, il n'y a que le massif du Pelvoux donl l'élévation dépasse 4000 mètres, et, à 200 kilomètres du mont Blanc, le Vcntou.v, n'a même pas 2000 mètres. De l'autre côté, au contraire, les cimes qui dépassent 4o0o mètres sont 1res nombreuses : 1\<>*<i, Cervin, Jungfrau, etc., et, dans les Alpes autrichiennes, deux fois plus loin du mont Blanc que le Ventoux, le pic des Trois Seigneurs et le Gross Glockner onl encore \i 500

et 3800 nielles.

Les routes alpestres. —

Parmi les avantages que présentent les Alpes, si, par exemple, on lescompare aux Pyrénées, le plus important est d'être très accessibles. Dans les Pyrénées, les mut, s sont rares, tandis que les passages alpestres sont très nombreux.

Entre la Erance et l'Espagne, se dresse un véritable mur, qu'on ne peut tourner qu'à ses extrémités, par Bayonne et Perpignan (carte p.31); dans l'intervalle, aucune route, seulement des sentiers à mulets, encore très dangereux. Dans les Alpes, au contraire, des roules de toute sorte ont développé l'activité et la vie.

Nulle part l'épaisseur des massifs n'est assez considérable pour qu'on hésite à y creuser des tunnels : la France a percé celui du mont Cenis; l'Allemagne a ouvert au commerce celui du Saint-Gothard, qui fournit une route plus courte pour le transit de la Méditerranée et de l'Inde vers l'Angleterre; mais la Erance projette de percer le Simplon ou le mont Blanc pour faire concurrence au Saint-Gothard, comme on a percé le Saint-Gothard pour faire concurrence au mont Cenis.

•vwv. Conelusion. — Les Alpes n'offrent pas seulement à nos yeux des sites admirables, elles ne sont pas seulement un précieux réservoir d'eaux qui ruissellent des glaciers et des neiges éternelles; ce sont des montagnes sociables en quelque sorte, qui s'ouvrent docilement au génie industriel, aux relations des peuples et à la civilisation. On peut dire qu'au point de vue humain, ce sont les premières montagnes du globe.

Chamonix, la Mer de glace et le mont Blanc. — Le mont Blanc, qu'on aperçoit des quais de Genève dans un lointain vaporeux, revêt, au soleil couchant une teinte rose d'une douceur idéale. Il semble nager entre ciel et terre et défier la curiosité du voyageur. L'accès du pied de la montagne est facile par la riante vallée de l'Arve, dont les eaux, claires et rapides vont se jeter dans le Rhône un peu en aval de Genève, après avoir arrosé Sallanches et Bonneville. Chamonix, situé à 1 0S0 métrés, était jadis pauvre et ignoré : c'est aujourd'hui une petite ville prospère, rendezvous des touristes, quartier général des guides, musée du muni, Blanc. A deux, ou trois heures de marche de Chamonix est le Mont envers, pâturage élevé de 1921 mètres, d'où l'on aperçoit la Mer de glace, le principal glacier du mont Blanc. Cette expression de mer est très exacte : on dirait en effet une mer qui aurait subitement gelée*, les vagues très hautes, mais arrondies courent parallèlement à la longueur du glacier; leur masse de blancheur éclatante est coupée de crevasses bleues de cavernes profondes, de ruisseaux et de cascades. Il faut sept à huit heures peur aller de Chamonix aux Grands-Mulets (3 050 m.), grands rochers où une cabane a été construite pour 1rs touristes; dans cette première partie de l'ascension, on traverse la région des Séracs, énormes masses de glace dressées comme des tours et dont les flancs paraissent teints du plus beau vert. On couche ordinairementaux Grands-Mulets. Le reste de la route est pénible et parfois dangereux, a cause des crevasses cachées sous la nappe blanchi' des névés ou champs de neige ; les avalanches sont également à craindre, et quand on a dépassé i- 000 mètres le mal des montagnes abat souvent les forces des plus intrépides. Mais sur la cime, quel admirable panorama : la vue plane sur tout le Jura, sur toute la Suisse-, elle s'étend jusqu'aux Alpes-Maritimes, aux plaines du l'o et a l'Apennin.

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