GÉOLOGIE
^•^ Origine de la Terre. Hypothèse de Laplace. — La Géologie, dont un des objets est l'histoire de la Terre, emprunte à l'Astronomie ses premières données sur l'origine de notre planète.
D'après l'hypothèse célèbre du savant français Laplace, le Soleil et tous les corps qui décrivent leurs orbites autour de lui auraient formé d'abord une seule et même Nébuleuse, c'est-à-dire une immense masse sphéroïdale de gaz prodigieusement dilatés et enflammés, animée d'un lent mouvement de rotation et se serait condensée en vastes anneaux concentriques tournant autour du centre commun dans le plan de l'équateur.
A leur tour, ces anneaux se seraient fractionnés en un certain nombre de centres d'attraction animés de vitesses inégales ; puis toutes les parties du même anneau se seraient rejointes successivement et auraient fini par se confondre en une seule masse; chacune de ces masses, continuant à se refroidir et à se condenser aurait produit une planète. La Terre serait l'une d'entre elles. Quant au centre de la nébuleuse resté incandescent, ce serait le Soleil.
vwn. Théorie du feu central. — Une seconde hypothèse, continuant celle de Laplace, essaie de raconter la période suivante de l'histoire de la Terre.
Lorsque notre planète eut été formée en masse sphérique indépendante, elle aurait continué à se refroidir, serait passée de l'état gazeux à Y état liquide, semblable à une merde laves brûlantes. Puis la déperdition de calorique augmentant toujours, des îlots de matière solide auraient commencé à flotter à la surface de cet océan de feu. Enfin, tous ces archipels se seraient soudés ensemble et auraient entouré le globe d'une croûte continue et résistante qui est Vécorce terrestre. La masse intérieure toujours incandescente serait le feu central. Cette hypothèse est contestée; beaucoup de géologues pensent, au contraire, que le noyau central de la terre est d'une grande dureté, qu'il est entouré de croûtes brûlantes et plus ou moins fluides sur lesquelles repose comme une fine membrane la croûte supérieure.
,w^ Relations «le la géologie et de la géographie. — La géographie qui étudie l'aspect extérieur du globe, ses accidents, son relief, a de nombreux rapports avec la géologie, qui étudie les matériaux dont est composée la masse terrestre.
La géologie nous apprend que la distribution actuelle des continents et des mers n'a pas toujours été la même ; elle nous explique, par l'origine et la nature des roches, par l'action des eaux, des vents et de la température, les caractères et les aspects divers des montagnes et des plaines; elle nous montre l'identité des forces de la nature, qui travaillent depuis des milliers de siècles et continuentsous nos yeux ^modifier l'aspect extérieur duglobe.
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sédimentaires - Il y a deux sortes de TOches, les roches massives ou ignées et les roches stratifiées ou sédimentaires.
Les premières sont les matières terrestres, jadis en fusion, qui se sont refroidies ou solidifiées au contact de l'air : ainsi le granit.
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GEOLOGIE. .
Les autres proviennent des débris des roches ignées, que les eaux ont désagrégées et entraînées dans leur chute et leur cours, qu'elles ont déposées ensuite et solidifiées par le poids de leur masse : ainsi, les quartz, les argiles, les calcaires.
Tous les terrains sédimentaires indiquent un séjour ancien des eaux sous forme de lacs ou de mers (Limagne, bassin de la Seine).
Parfois les sédiments déposés au fond des mers ont été soulevés sur place par les actions volcaniques (Causses), ou déchirés par un soulèvement de matières ignées et portés à des hauteurs gigantesques lorsque Vécorce terrestre, encore peu résistante, se prêtait à tous les mouvements des matières en fusion de l'intérieur [Alpes, Himalaya).
Les restes des coquillages marins attestent, sur certains sommets très élevés, que les roches dont ils sont formés ont été autrefois recouvertes par les eaux. Sur d'autres, qui n'ont jamais été submergés (Bretagne, Massif central français, Ardennes), la matière ignée est restée à nu, et sur leurs flancs, rives d'îles anciennes, des forêts mortes depuis des milliers d'années, se sont déposées en couches épaisses de houille (Saint-Étienne, Monchanin, Graissessac, autour du Massif central; vallées de Sombre, Sarre, Ruhr, autour des Ardennes) (p. 63 et 125).
~w* Les soulèvements et les abaissements du sol. — Les forces intérieures qui ont modifié tant de fois l'aspect du globe, sont encore aujourd'hui en activité, quoique avec moins d'énergie. Elles se manifestent soit par le soulèvement, soit par l'abaissement du sol. Ces mouvements que nous mesurons d'après le niveau de la mer et qui nous paraissent insensibles, nous les jugerions rapides et considérables, si notre courte vie avait l'ampleur de celle de la terre.
L'Islande, la péninsule Scandinave, l'Ecosse et l'Irlande, la côte sud-ouest de l'Espagne, la Sicile, la Grèce, la mer Noire occidentale, la Crimée, les côtes de la mer Rouge, l'IIindoustan, la Malaisie, le Japon, les côtes du Labrador et du Chili s'élèvent peu à peu.
Les côtes occidentales du Groenland, de la Chine, entre le fleuve Bleu et Canton, de la Cyrénaïque, de l'Australie orientale, s'abaissent lentement.
aaa« Les volcans. — Les volcans sont des montagnes dont l'orifice ou cratère vomit des matières en fusion qui se solidifient, à leur sortie, en roches tout à fait analogites aux roches ignées. Ils sont toujours disposés en alignements, tantôt rectilignes, tantôt légèrement courbes, que l'on appelle failles volcaiiiques.
Les côtes orientales de l'Asie et de l' Australie sont bordées par une série d'alignements volcaniques, auxquels correspondent sur l'autre rive, les volcans américains (p. 203).
Au centre du Grand Océan, une série commence arec les îles Sandwich et se poursuit à l'Est par les iles Kevillagigedo, vers les volcans du Mexique.
L'océan Indien est enveloppé par les volcans des îles Malaises à l'Est, par ceux des côtes méridionales d'Arabie, do l'Abyssinie, de Seychellea, des Comores, et de Madagascar à
l'Ouest.
Les groupes volcaniques sont moins nom Dreux dans le bassin de V Atlantique ■■ Hekla en Islande, i'n- de Téréniffe (p. 189) dans les Canaries, Antilles, volcans sous-marins du golfe de Guinée, volcans éteints d'Auvergne M
d'Allemagne, volcans d'Italie méridionale (Vésuve, Stromboli, Etna) (p. 141), volcans échelonnés en Asie Mineure (p. 153), depuis les îles de l'Archipel jusqu'à l'extrémité orientai du Caucase.
Tous ces volcans ne sont pas en activité; les uns, comme ceux d'Auvergne ou de YArarat, ne sont reconnaissables qu'à leur cratère et à leurs laves depuis longtemps refroidies; d'autres, qui sommeillaient, ont brusquement recommencé leurs éruptions, comme le Vésuve (75 après Jésus-Christ). L'ile de Java (Malaisie) a été en août 1883 bouleversée par d'épouvantables éruptions, qui ont amené la disparition de l'île de Krakatoa.
Quelques volcans sont entièrement immergés sous les eaux de l'Océan, ou n'élèvent audessus des flots que les lèvres de leur cratère : Santori?i, dans l'Archipel (p. 145), est le rebord d'un cratère sous-marin.
Plus de 310 volcans sont aujourd'hui en activité sur la surface du globe : ils sont ordinairement la cause principale de ces mouvements subits du sol, connus sous le nom de tremblements de terre, trop fréquents dans l'Amérique centrale et la Malaisie, où se trouvent les plus nombreux volcans du monde. En Italie, l'ile d'Ischia (juillet 1883); en Espagne, la province de Grenade (janvier 1885) plus récemment, la Grèce et les États-Unis (août et septembre 1886) ont été dévastés par des secousses formidables.
yw^ I Mit des forces extérieures sur l'éeorce terrestre. — Le relief du globe n'est pas seulement modifié par l'action des forces intérieures, il subit aussi extérieurement celle de la température, des eaux et des vents.
Les eaux du ciel démolissent rapidement des montagnes formées de calcaire friable et les tailladent en pics nombreux et eu vallées profondes comme dans les Alpes ou V Himalaya; elles respectent davantage celles qui se composent do granits ou calcaires durs comme dans les Pyrénées ou les Kouen-Lvn.
Sur un plateau de schiste imperméable comme les Ardennes, les eaux sans écoulement séjournent en marais permanents; au contraire elles s'absorbent dans les pores de calcaires trop perméables comme ceux des Causses ou de la Champagne, qui ne conservent pas même assez d'humidité pour nourritune végétation arborescente.
Les vents, entraînant d'innombrables parcelles déroches désagrégées par les modifications incessantes de l'atmosphère, ont recouvert le sol d'une couche de terre végétale, comme dans la plus grande partie de l'Europe, soit de sables amoncelés ou dunes, comme dans certaines vallées et plaines du Sahara et de YArabie.
V Océan taille les calcaires on falaises dont les assises semblent celles d'un mur, il déchue les granits en golfes, en écueils, en rcci/'s infinis.
~w^ Action de l'homme. — Enfin lo travail do l'homme modifie l' aspect etls nature du sol, l'économie des eaux et leur distribution. Les engrais, les amendements enrichissent ou corrigent la terre et la rendent productive! Le dessèchement des marais, le drainage, la culture l'assainissent. Les irrigations la fertilisent. L«" déboisement dépouille les monta de leur bienfaisante panne, hâte leur destruction,
accélère et grossit les torrents qui vont creuser la plaine et former sur le rivage un dépôt d'allucions.
I l - COIN I INENTS