MER
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belt danois sont de véritables déchirures dans la barrière compacte qui fermait autrefois la Baltique.
2° La mer du Nord. — La mer du Nord étant ouverte, les marées s'y font sentir vivement, et l'on y observe une grande instabilité de la côte, entre la lisière de la basse mer et celle de la haute mer. Celte instabilité est d'autant plus grande que le continent est, plus faiblement incliné : aussi, en Angleterre, en Belgique, en Hollande, en Allemagne et en Danemark, la mer du Nord, qui s'étend en réalité sur la partie la plus basse de la plaine européenne, est-elle bordée par des marécages, des îles détachées, des estuaires agrandis parles marées, et presque partout il a fallu construire des digues pour protéger ces pays bas contre l'invasion des Ilots; mais ces digues cèdent parfois, et l'on voit alors se renouveler les cataclysmes comme ceux qui ont formé les golfes du Dollart et du Zayderzée.
•vwv Côtes méditerranéennes.
— Les côtes de la Méditerranée sont presque généralement rocheuses et pittoresques; mais leur variété même est uniforme, et presque partout, en Espagne, en France, en Italie, dans la Barbarie et le Levant, elles offrent des aspects semblables et une même végétation. Toutefois, lu mer ne borde pas toujours directement les montagnes : il y a alors entre ces dernières et la mer une étroite lisière de plaines cùtièreî, qui ont un caractère del-
taïque très prononcé.
Ce ne sont pas seulement de grands fleuves comme le Rhône, le Pô, le Nil ou le Danube qui ont un delta : les plus petites rivières exécutent un travail semblable, et c'est à elles qu'est due, par exemple, la physionomie du royaume de Valence (p 1 37>, avec ses lacs ou albuferas, ses huertas ou jardins sillonnés de canaux artificiels.
Le Languedoc français (p. 33) olfre le même aspect, ainsi que le Frioul (Italie) (p. 141) au fond de l'Adriatique, et tout le pays voisin de la mer d'Azov. Tantôt les petits fleuves, descendus des Pyrénées, des Cévennes et des Alpes, tantôt les grandes rivières venues de la plaine, ont déposé des alluvions, qui, empiétant sur la mer, ont créé des étangs comme celui de Thau (carte p. 33), et des lagunes comme celles de Venise.
Comme les marées sont très fortes sur les bords de l'Europe septentrionale, il a été possible de profiter des heures de basse mer pour fortifier contre elle les plages qu'elle laisse momentanément à découvert. Bien de tel sur les bords de la Méditerranée : le flux et le reflux n'y sont sensibles que sur quelques points; partout ailleurs, et notamment en Languedoc, les oscillations du niveau marin sont plutôt déterminées par les vents qui l'abaissent s'ils souillent de terre (cers ou mistral), qui l'élèvent s'ils viennent du large (vent marin), viciante!, remplissant alternativement les étants latéraux.